🕊️ Dimanche 8 mars 2026 – Le blog laromagne.info découvre l’exposition Pacifistes ! Une autre histoire du courage au musée Guerre et Paix (Novion-Porcien, Ardennes)


Au Musée Guerre et Paix (Novion-Porcien, Ardennes), l’exposition Pacifistes ! Une autre histoire du courage (du mercredi 3 décembre 2025 au mardi 30 juin 2026) propose une relecture du pacifisme européen entre la fin du XIXᵉ siècle et l’entre-deux-guerres.
À travers une scénographie originale et des objets rarement exposés, le parcours présente une vingtaine de figures franco-allemandes (diplomates, militants, intellectuels) engagées en faveur de la paix.


Aristide Briand, Frédéric Passy ou Jeanne Mélin illustrent la diversité des actions pacifistes, entre initiatives individuelles, réseaux militants et diplomatie internationale.
L’exposition présente le pacifisme comme un engagement pour le dialogue, la réconciliation et la coopération entre nations, dans le contexte historique des efforts pour une paix durable en Europe.


Pensée en écho aux enjeux contemporains, l’exposition invite également à réfléchir sur le courage : celui de s’opposer à la guerre et de promouvoir des alternatives pacifiques, souvent à contre-courant des logiques dominantes.
Le blog laromagne.info a visité le musée à cette occasion, et a couvert l’événement.

📚 Mercredi 14 janvier 2026 – Ouvrage autoédité diffusé en impression à la demande, disponible exclusivement sur Amazon – « A la mémoire du général Dumerbion, enfant de Montmeillant » par Méira Serguia (autrice), avec la contribution de Raphaël Lacaille – Recension critique


Diffusé en impression à la demande le mercredi 14 janvier 2026, À la mémoire du Général Dumerbion : enfant de Montmeillant, attribué à Méira Serguia (ou Meira S.), avec la contribution de Raphaël Lacaille, relève visiblement de l’autoédition, sa mise en circulation étant assurée exclusivement par Amazon.
Ce mode de publication ne garantit ni comité éditorial, ni relecture scientifique, ni validation académique préalable. Comme c’est fréquemment le cas des publications à compte d’auteur, cet ouvrage a indéniablement échappé aux dispositifs de contrôle habituels de l’édition, ceux des ouvrages d’histoire universitaire rédigés par des historiens et ceux des romans historiques produits dans le champ de la fiction littéraire.
Les modalités propres, limitées à une plateforme unique, ne permettent aucune consultation préalable de l’ouvrage avant achat. Cette absence de mise à disposition en amont confère au dispositif une dimension strictement transactionnelle, proche d’une logique de vente forcée.
À cet égard, la présence en quatrième de couverture de la mention « PV [prix de vente] : 25 € TTC », affichée en caractères particulièrement visibles, renforce cette impression en inscrivant clairement cet objet-livre dans une logique de produit commercial standardisé, davantage que dans celle d’un ouvrage ouvert à une évaluation critique préalable.
L’idée de dédier un ouvrage à ce général ardennais était pourtant bonne : en dehors de la brochure publiée en 2005 par Alain Chapellier, aucune autre étude sérieuse n’avait été consacrée à ce militaire, si ce n’est il y a plus d’un siècle, par Henri Jadart (1847-1921) et par Paul Henri Laurent (1860-1935).
Cette monographie s’ouvre sur une ambition déjà contestable : être « plus qu’une biographie » (p. 8). Or, la biographie est un genre majeur, fondé sur la rigueur des sources, la confrontation des documents et une distance critique indispensable. Se dire « au-delà » sans démonstration méthodologique revient surtout à s’exempter de ses exigences.
Dès les premières pages, l’autrice multiplie les déclarations d’intention : « c’est un hommage », « c’est un témoignage sur la guerre », « c’est une réflexion sur le courage » (p. 8).
Cette accumulation ne clarifie pas le projet, elle le dilue. Aucun de ces registres n’est véritablement assumé dans ses contraintes spécifiques, notamment celui de l’histoire militaire, qui suppose un travail d’enquête et de vérification ici absent.
La démarche est explicitée sans détour : « J’ai donc décidé d’écrire à ma façon sur Pierre Jadart – Général du Merbion. Écrivaine de romans, thrillers et biographies, je suis donc sortie de ma zone de confort afin d’écrire son histoire le plus fidèlement possible.
Mais, ce que je voulais avant tout, c’est que mon récit soit autre chose qu’un récit historique sur d’atroces batailles. Je suis donc restée fidèle à sa vie, à ses batailles et son énorme courage mais, je l’ai raconté avec élégance au travers des yeux d’une femme admirative pour un grand homme.
En espérant que les fans d’histoire auront le même plaisir en le lisant que j’ai eu en l’écrivant. » (p. 292)
Tout est dit : écriture « à ma façon », rejet du « récit historique », fidélité revendiquée, mais filtrée par une admiration assumée. La posture remplace ici la méthode. L’histoire est annoncée, mais immédiatement reconfigurée en récit subjectif, assumé comme tel.
La référence finale aux « fans d’histoire » réduit encore l’ambition critique du texte, en l’inscrivant d’emblée dans un registre consumériste et de réception enthousiaste, plus proche de l’attente d’un public acquis à l’avance que d’une véritable démarche historiographique.
Cette orientation se confirme : « Je suis fière d’avoir rédigé cet ouvrage car le Général Dumerbion fut un homme avec un grand H et un Général qui mena ses batailles avec Honneur. » (p. 341). L’emphase typographique et la tonalité laudative relèvent davantage de la proclamation que de l’analyse.
Au total, ce livre revendique plusieurs genres, sans en respecter les attendus : la biographie est invoquée, l’histoire militaire évoquée, mais le tout est dominé par une écriture laudative et programmatique. À force de vouloir s’affranchir des cadres, le texte ne se stabilise dans aucun.
Globalement, il suit une progression chronologique sur les quinze premiers chapitres, consacrés à la carrière du personnage étudié. En revanche, le seizième, centré sur Montmeillant (Ardennes) en 2026, rompt cette logique sans lien évident avec l’ensemble.
Le dix-septième se limite, sur huit pages, à la reproduction d’un tableau de filiation non sourcé. Plus largement, l’arbre généalogique correspondant (pp. 308-315), dépourvu de toute référence, apparaît comme un simple copier-coller de matériau préexistant, intégré sans véritable travail de réédition ni mise en perspective.
À quoi sert, en définitive, le « Récapitulatif historique » (p. 316), sinon à donner un vernis de sérieux à un ensemble déjà fragilisé par des inexactitudes et des erreurs chronologiques ? Quelques courtes citations suffisent à en révéler la portée très limitée :
- « Il connut trois rois – Louis XV, Louis XVI, et la République qui les remplaça. » (p. 4). [N.B. : la République n’est pas un roi.] ;
- « Engagé à l’âge de quinze ans, il a servi sous trois régimes différents : la Monarchie, puis la République. » (p. 281) et « Il connut trois régimes – la Monarchie de Louis XV, celle de Louis XVI, et la République. » (p. 338). [N.B. : il n’y a en réalité que deux régimes, la monarchie et la République. L’autrice semble avoir assimilé les règnes de Louis XV et de Louis XVI à deux régimes distincts.] ;
- Pierre Jadart du Merbion aurait traversé « trois continents. » (p. 3) et « combattu sur trois continents. » (pp. 9 et 289). [N.B. : cela est contradictoire avec son « Bilan d’une carrière » (p. 333), qui évoque un « service sur deux continents. »] ;
- L’église paroissiale de Montmeillant est, selon l’autrice, dédiée tour à tour à saint Martin (p. 11) et à saint Nicaise (p. 19). Il est à nouveau question plus loin de « l’église Saint-Nicaise dont le clocher de bois se dressait comme un doigt levé vers le ciel. » (p. 36) [N.B. : ce qui est faux pour la première affirmation et correct pour les deux autres.] ;
- L’anticipation du système métrique : « le clocher roman, haut de vingt-cinq mètres. » (p. 11) ; « Le tintement de la cloche, que l’on entend à plusieurs kilomètres à la ronde, appelle les retardataires. » (p.19) ; « Pierre les fit s’entraîner dur. Marches de vingt kilomètres avec le sac complet. » (p. 90) ; « Le village était à plus de trois cents kilomètres de Metz. » (p. 97). [N.B. : il aurait été préférable d’indiquer les distances en lieues.] ;
- « On parlait de lui dans toute la région, dans tout le département. Le général du Merbion, celui qui avait servi sous le célèbre Bonaparte, celui qui avait été décoré de la prestigieuse Croix de Saint-Louis et du Mérite militaire. » (p. 258). L’on retrouve plus loin cette idée de « deux décorations prestigieuse. » (p. 275). Et « sur sa poitrine brillaient ses deux décorations : la croix de Saint-Louis et la médaille du Mérite militaire. » (p. 276). Lors de son enterrement, il est rendu « un dernier hommage au général de brigade Pierre Jadart du Merbion, Chevalier de Saint-Louis, décoré du Mérite militaire, héros de la République. » (p. 280). [N.B. : ceci est fort curieux. D’une part, la médaille du Mérite militaire est une décoration créée par Louis XV, destinée uniquement aux militaires non catholiques, souvent des officiers protestants au service du royaume de France. Or, Pierre Jadart du Merbion ne pouvait en aucun cas arborer cette dernière, dans la mesure où il était catholique, ce que prouvent les registres BMS déposés aux archives départementales des Ardennes. Et il pouvait encore moins porter à la fois la catholique croix de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, et la protestante médaille du Mérite militaire. L’autrice semble ici avoir établi un amalgame avec la Décoration militaire, créée en 1791 puis supprimée dès 1792.]
L’anachronisme est souvent indiscutable : la fonction de préfet n’étant créée que par la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), le lecteur voit mal comment, le 25 février 1797, le maire Fossier aurait pu envoyer des messagers « à la préfecture. » (p. 276).
De la même manière, les phrases suivantes reposent sur une réalité administrative incompatible avec cette date, ce qui en fragilise la crédibilité et crée un écart marqué avec les faits :
- « Des gerbes magnifiques arrivaient de partout : du préfet, des communes voisines, d’anciens camarades d’armes qui avaient appris la nouvelle. » (p. 277) ;
- « Le préfet du département avait annoncé qu’il serait présent en personne. » (p. 277) ;
- Le préfet descendit de sa voiture. » (p. 278) ;
- « Puis venaient les porteurs de cercueil, suivis du préfet, du maire. » (p. 280) ;
- « Le préfet s’avança et prit la parole. » (p. 280).
L’autrice semble ici se perdre entre l’époque révolutionnaire et un cadre institutionnel bien plus tardif, sans doute celui des commémorations du centenaire de la mort du général.
Dans le même ordre d’idées, en septembre 1792, le colonel Bertrand annonce au général son intention d’émigrer : « C’est trahir, je sais. Mais rester, c’est servir ceux qui ont massacré le roi. Je ne peux pas. J’ai fait serment à Louis XVI, pas à cette… Convention. »
Il s’agit là d’une lecture rétrospective des événements : Louis XVI n’étant exécuté que le 21 janvier 1793, cela brouille la chronologie et traduit une projection anticipée des faits historiques.
Mais ce décalage paraît presque anodin au regard de celui qui suit (p. 317), d’une saveur autrement plus remarquable : « En 1752, à l’âge de quinze ans, Pierre Jadart s’engage dans l’armée royale. Le 1er avril 1754, il est nommé lieutenant dans un bataillon de miliciens levé par Mazarin. »
Cette phrase attribue, en 1754, la levée d’un bataillon de miliciens au cardinal Mazarin, alors que Jules Raymond Mazarin, né à Pescina dans les Abruzzes le 14 juillet 1602 et mort à Vincennes le 9 mars 1661, est décédé depuis près d’un siècle à cette date. Une telle discordance suffit à invalider l’énoncé.
Il apparaît incontestablement une méprise chez l’autrice entre le cardinal Mazarin et Rethel-Mazarin, c’est-à-dire entre un homme et un territoire.
Une consultation des travaux historiques locaux, ou une visite de l’exposition Comtes de Rethel, ducs de Mazarin, princes de Monaco : une histoire ardennaise (Xe-XIXe siècles), présentée au musée de l’Ardenne à Charleville (Ardennes) en 2025, aurait permis d’éviter cette erreur grossière, l’information semblant reprise sans vérification depuis Wikiwand, simple interface de consultation reprenant les contenus de Wikipédia, dont la fiabilité demeure variable selon les sujets et les sources mobilisées.
En réalité, le nom « Mazarin » ne renvoie pas directement au cardinal, mais à une clause du contrat de mariage entre sa nièce Hortense Mancini et Armand Charles de La Porte de La Meilleraye, imposant que le duché de Rethel prenne le nom de « Mazarin ».
La ville devint ainsi officiellement « Mazarin » en 1663, sans que cette dénomination soit réellement acceptée par la population, qui continua le plus souvent d’employer le nom de Rethel.
Concernant le « chirurgien Larrey » que doit aller voir en urgence le « citoyen général », à la suite de l’interpellation d’un infirmier (p. 188), l’autrice semble confondre deux figures distinctes : Jean-Dominique Larrey (8 juillet 1766 à Beaudéan – 25 juillet 1842 à Lyon) et Alexis Larrey (26 décembre 1750 à Beaudéan – 17 décembre 1827 à Toulouse), tous deux issus d’une même lignée de chirurgiens, Alexis étant l’oncle paternel de Jean-Dominique.
Elle met en effet en scène un « chirurgien en chef Larrey, un homme d’une quarantaine d’années », description qui ne correspond précisément ni à l’un ni à l’autre dans le contexte chronologique du « 29 avril 1794 » (p. 186).
Dans le cas de Dominique-Jean Larrey (1766-1842), les sources concordent sur un ensemble limité, mais solidement établi, de fonctions de chirurgien en chef, tandis que d’autres attributions relèvent davantage de reconstructions biographiques ou de simplifications secondaires.
Les fonctions les plus sûres sont les suivantes : Dominique-Jean Larrey est d’abord chirurgien en chef de l’armée d’Égypte (1798-1801), poste central durant toute la campagne. Il devient ensuite chirurgien en chef de la Garde consulaire autour de 1800-1802 jusqu’en 1804, fonction étroitement liée à la structuration du service de santé du Consulat.
Avec l’avènement de l’Empire, il est confirmé comme chirurgien en chef de la Garde impériale (1804-1815), puis comme chirurgien en chef de la Grande Armée (1805-1815), fonctions unanimement attestées par les sources institutionnelles et la littérature académique.
En revanche, d’autres désignations apparaissent de manière plus fluctuante dans l’historiographie : une éventuelle fonction de chirurgien en chef dans les armées républicaines en 1794 (parfois identifiée comme la 14e armée ou l’armée de Corse), ainsi que des attributions à l’armée d’Italie (1796-1797), à l’Espagne (1808-1809) ou encore à l’Hôtel des Invalides, relèvent de formulations secondaires, souvent issues de synthèses tardives ou d’extensions terminologiques. Leur statut exact demeure moins assuré et varie selon les auteurs.
Il convient, enfin, de souligner une incohérence déterminante : le « 29 avril 1794 », date à laquelle l’autrice situe l’action (p. 186), Dominique-Jean Larrey a 27 ans et 9 mois. Il est donc très éloigné de la quarantaine attribuée au « chirurgien en chef Larrey » évoqué dans le texte.
Cet écart d’âge rend l’identification délicate et suggère soit une erreur d’attribution de personnage, soit une construction fictionnelle approximative, indépendamment de la carrière réelle du futur chirurgien en chef de la Grande Armée.
Sur le plan strictement biographique et chronologique, Alexis Larrey (1750-1827) pourrait effectivement correspondre à l’idée d’un « homme d’une quarantaine d’années » vers 1794, puisqu’il a alors environ 43 ans et 4 mois. De ce point de vue, l’indication d’âge serait compatible.
Mais il n’a pas occupé de fonction officielle de « chirurgien en chef » au sens strict, même s’il a exercé à Toulouse des responsabilités chirurgicales de premier plan. Chirurgien major, puis responsable à l’Hôtel-Dieu et à l’hôpital de La Grave dès les années 1770, il y assure une direction médicale durable.
Pendant la Révolution, il prend également la direction d’un hôpital militaire toulousain (1793) et participe à l’organisation de l’enseignement chirurgical local.
L’expression de « chirurgien en chef » qui lui est parfois attribuée relève donc surtout d’un usage rétrospectif et simplifié de ses fonctions de direction hospitalière et militaire locale.
Cette œuvre apparaît au fond comme un étrange objet de lecture : elle ne comporte ni table des matières, ni index des noms ou des lieux, ni véritable appareil critique.
L’on peut également relever l’absence de bibliographie, de notes de bas de page, de références archivistiques précises ou, plus largement, de toute indication fiable concernant les documents supposément consultés.
De fait, le poids des « Sources historiques » (p. 337) et des « Notes importantes » (p. 341) demeure très faible, ces dernières ne comportant aucun des éléments de référence habituellement attendus dans un travail archivistique, notamment les cotes et les indications permettant de situer les documents dans le cadre de classement des archives départementales des Ardennes.
L’ensemble prive ainsi le lecteur des principaux outils de vérification, de contextualisation et de navigation habituellement attendus dans ce type de parution.
Il s’agit là de partis pris particulièrement regrettables, d’autant qu’un véritable travail de traitement éditorial et d’harmonisation iconographique aurait été nécessaire afin de garantir une exploitation rigoureuse de la documentation.
Ces cas, non exhaustifs, témoignent plus largement de lacunes éditoriales récurrentes dans le traitement des sources et des illustrations.
Tout d’abord, la présence de nombreuses irrégularités typographiques et de problèmes de structuration des pages affecte la cohérence textuelle et visuelle de l’ouvrage ; l’autrice aurait dû, afin de préserver la fluidité de la lecture, veiller :
- au respect élémentaire des règles de ponctuation typographique appliquées aux dialogues, notamment en s’assurant que les guillemets français soient toujours ouverts avant d’être fermés ;
- à l’application des normes typographiques en usage, telles qu’elles sont définies notamment par Le Ramat européen de la typographie ou par le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale. Cela lui aurait permis d’éviter un usage erratique des polices (maigre, gras, romain, italique), employées aléatoirement au fil de l’ouvrage ;
- à la mise en page (réglages précis des blocs de texte, marges, interlignage, espacements, alignements, sauts de section) ;
- à une gestion des blancs correcte, ce qui n’est nullement le cas aux pages 8, 28, 108, 169, 174, 189, 196, 227, 259, 332 ;
- à la suppression d’une répétition malheureuse de « petit village où je vis, je vis » en quatrième de couverture, reprise à l’identique dans l’introduction (p. 3), et qu’on pouvait encore lire au début du trimestre 2026 dans la description publiée sur Amazon, et qui a depuis été corrigée.
L’illustration de couverture présente plusieurs caractéristiques techniques évoquant fortement un procédé de génération d’image par intelligence artificielle, fondé sur un modèle d’apprentissage automatique, sans qu’aucune mention de source, d’auteur ou de méthode de production ne vienne en préciser l’origine.
Cette absence de crédits iconographiques renforce cette zone d’incertitude et rend difficile toute identification précise du processus de création à partir des seuls éléments fournis dans l’ouvrage.
En général, le traitement du corpus visuel demeure sommaire : les reproductions, exclusivement en noir et blanc, présentent un rendu souvent granuleux, de faible définition, avec une trame visible et un contraste irrégulier.
Plusieurs illustrations sont en outre dépourvues de légende explicative, comme cette lettre reproduite (p. 247), difficilement déchiffrable même à l’examen rapproché, tandis que certains documents souffrent d’un cadrage approximatif (pp. 249 et 252).
L’illogisme du récit apparaît de façon flagrante et récurrente. Quel crédit peut dès lors être accordé à l’ouvrage lorsqu’un personnage, déclaré décédé (« Mais en 1740, Thomas mourut », p. 51), est ensuite censé être vivant à l’hiver 1742 (p. 45), où il est interpellé par sa sœur Prudence (« Pierre ! Thomas ! Debout, fainéants ») ? Une résurrection, peut-être ?
Un autre exemple du même acabit : l’âge de Prudence (p. 45) est, selon l’autrice, de « dix-sept ans », ce qui est exact, dans la mesure où elle est née le 15 avril 1725, et que l’action décrite se passe en 1742. Mais l’autrice écrit ensuite : « Elle avait quarante ans maintenant » (p. 98). Or, la scène qui commence (p. 97) est censée se passer à « Noël 1775 », et elle aurait donc en réalité cinquante ans.
L’autrice réitère son erreur (p. 107) en écrivant : « Prudence, qui avait quarante ans maintenant », alors que le passage concerné fait état de la remise de la croix de Saint-Louis en 1779 à son frère Pierre Jadart du Merbion (ce qui n’empêche pas d’ailleurs l’autrice d’affirmer catégoriquement, et à tort (p. 5) : « En 1785, il reçut la croix de Saint-Louis »). Et donc, Prudence aurait alors en vérité cinquante-quatre ans.
Pire encore, le général aurait retrouvé à l’automne 1795 « sa sœur Prudence, sa seule famille » (p. 7). Puis l’autrice ajoute, à cette même page : « Prudence mourut en février 1797 ».
De même, « L’hiver 1794 fut rigoureux » introduit des retrouvailles entre le général et sa sœur Marie. Il évoque des souvenirs tendres. Alors, « Prudence sourit faiblement » à cette évocation, est-il écrit (p. 264). À l’automne 1795, Pierre reçoit la visite d’un certain Dubois. Et « Prudence prépara un repas » (p. 266).
Et, alors que la date du 19 mai 1794 est mise en avant (p. 238), plusieurs occurrences évoquent encore Prudence : « un soir, il écrivit à Prudence » (p. 243) ; « Le travail physique l’aidait à ne pas penser, à ne pas s’inquiéter pour Prudence » (p. 270) ; « Il n’en avait parlé à personne, pas même à Prudence. Il ne voulait pas l’inquiéter alors qu’elle était elle-même si malade » (p. 270).
Mais tout ceci est absolument impossible, puisqu’il est indiqué (p. 313) que celle-ci est morte le 29 novembre 1791, ce qui est attesté par les BMS de La Romagne. Une autre résurrection, peut-être ?
La multiplication des redondances et autres répétitions lexicales tend progressivement à alourdir l’écriture ; le lecteur peut alors voir son attention détournée du récit lui-même, au profit de ces effets de langage devenus particulièrement perceptibles :
- « Il avait bouclé la boucle » (p. 7) ;
- Monsieur Lelièvre « construit les meubles qui meubleront les foyers » (p. 19) ;
- « Le recul fit reculer les pièces d’un mètre » (p. 179) ;
- « Les deux masses d’hommes s’entremêlèrent dans une mêlée confuse et sanglante » (p. 235) ;
- « Finalement, il réussit à le désarmer. L’officier tomba à genoux, désarmé » (p. 236).
L’appellation « Robespierre junior » (pp. 160 et 212), calquée sur un américanisme, est impropre en français. Cet usage de suffixer un patronyme pour distinguer deux générations relève en effet de conventions onomastiques propres aux États-Unis, telles que Bush Senior / Bush Junior ou John Kennedy Jr., mais demeure totalement étrangère aux usages français, où ce type de hiérarchisation nominale sonne comme artificiel et peu naturel.
Mais l’erreur est également grave sur le fond : elle suppose une filiation directe (typiquement celle d’un fils portant le même nom que son père), alors qu’il s’agit ici du frère cadet. La confusion entre modèle culturel importé et réalité historique aboutit ainsi à une double inadéquation, à la fois linguistique et factuelle.
Un autre américanisme employé par l’autrice n’appartient pas au vocabulaire de l’époque, et impose une lecture contemporaine trompeuse. Ainsi en est-il de « Dumerbion fit preuve d’un leadership exemplaire » (p. 74) et de « Il créa une école pour les sous-officiers, où les sergents et caporaux recevaient une formation avancée en tactique et en leadership » (p. 110).
Le « leadership » n’existe pas au XVIIIe siècle : l’on parlait alors de commandement et d’autorité, dans un système militaire fondé avant tout sur la discipline et l’obéissance, non sur une notion abstraite de « leadership », qui constitue une incongruité lexicale et militaire. Il en est de même pour le « stress » qu’auraient vécu les soldats (p. 271).
Dans la phrase « Puis remonter vers le nord pour capturer Ormea » (p. 171), le verbe « capturer » est impropre appliqué à une localité : en français, on capture un individu ; on s’empare d’une ville, on la prend ou on l’occupe. L’expression trahit ici un calque transparent de l’anglais militaire (to capture a city), incompatible avec le lexique de la guerre historique français.
Exprimer que « les Austro-Piémontais étaient en retraite » (p. 243) relève d’une approximation du vocabulaire militaire, dans la mesure où cela transforme une action tactique en simple état, ce qui en affaiblit la précision. Il convient de lui préférer l’expression « battre en retraite », qui désigne un repli organisé.
Un glissement de sens, relevant d’une personnification abusive, apparaît dans l’expression « les descendants actuels de Montmeillant » : un village ne pouvant avoir de descendants, seuls ses habitants peuvent en avoir (p. 34).
L’énoncé « Il avait trouvé ce qu’il cherchait depuis si longtemps : la paix. Et cette paix, il la trouva dans les bras de son village natal, là où tout avait commencé » (p. 289) relève d’une intention lyrique évidente, mais dont la réalisation demeure maladroite.
Cette répétition du mot « paix » alourdit le passage et produit un effet artificiel, tandis que la personnification du village, censé le « prendre dans ses bras », apparaît convenue.
Quelle surprise pour les Ardennais de découvrir l’existence de « toits de torchis » (p. 35), ce qui constitue une impropriété technique, le torchis n’étant pas un matériau de couverture mais de remplissage mural, comme structure porteuse.
Par ailleurs, du point de vue de l’architecture vernaculaire ardennaise, il convient plutôt de parler de « pans de bois à remplissage de torchis » que de « colombages » (pp. 11 et 38), ces derniers étant davantage associés aux traditions alsaciennes ou normandes.
Toujours en ce qui concerne le vocabulaire, une « chambre spartiate mais confortable » (p. 88) associe deux qualificatifs difficilement compatibles : « spartiate » renvoie à un espace austère et dépouillé, tandis que « confortable » en atténue directement la portée. Cette juxtaposition crée une tension sémantique non résolue, nuisant à la précision descriptive de l’énoncé.
Parfois, ce n’est pas tant le lexique que la syntaxe elle-même qui pose difficulté, comme « Le curé n’était pas un bon pédagogue était impatient, colérique, mais il était le seul homme instruit du village » (p. 47).
Les idées ont du mal à s’articuler correctement après « n’était pas un bon pédagogue » ; il manque une ponctuation ou un mot de liaison avant « était impatient, colérique ». La lecture en devient heurtée et donne l’impression d’une construction insuffisamment maîtrisée.
Toujours d’un point de vue syntaxique, l’écriture présente plusieurs maladresses qui nuisent à la clarté du propos. Ainsi, dans la phrase « Quand la tombe fut complètement remplie, on y planta une croix en bois provisoire » (p. 285), « complètement remplie » constitue un pléonasme.
L’ordre des mots crée, en plus, une certaine ambiguïté. Il semble que « provisoire » se rapporte au « bois » et non à la « croix ». La formulation « une croix provisoire en bois » aurait permis de restituer clairement le sens attendu.
Dans l’extrait « Il était capitaine dans l’armée du roi, un homme qui avait voyagé jusqu’en Amérique, qui avait combattu les sauvages » (p. 98), l’autrice emploie le terme « sauvages » sans guillemets.
Or, la typographie permet normalement de signaler une mise à distance à plusieurs niveaux : guillemets français (« sauvages »), guillemets anglais (« sauvages ») ou guillemets simples (‘sauvages’), ces derniers marquant souvent une distanciation interne ou une citation enchâssée.
Leur absence entretient ici une ambiguïté énonciative : il devient difficile de savoir si ce lexique relève du discours des personnages ou s’il est assumé par la narration. Ce manque de marquage ne permet donc pas de clarifier la charge idéologique du terme ni son attribution précise.
Certains problèmes d’écriture s’entremêlent étroitement, touchant à la fois le choix des mots et la construction de la phrase. Déclarer que « le taux d’attrition était élevé entre les morts au combat, les maladies tropicales et les désertions » (p. 79) se révèle à la fois défaillant sur le plan lexical et sur le plan logique.
L’attrition, qui désigne l’érosion globale des effectifs, y est traitée comme une catégorie distincte, mise sur le même plan que ses causes, alors que morts au combat, maladies et désertions en sont précisément les facteurs. Cette confusion entre phénomène et explications affaiblit la cohérence du propos.
Des comparaisons apparaissent comme surréalistes ou dadaïstes, en tout cas absurdes : « Sur une colline en retrait, le capitaine Bonaparte dirigeait ses canons avec une précision chirurgicale, comme un chef d’orchestre dirigeant une symphonie de mort. » (p. 179).
Parfois, c’est davantage le fond que la forme qui pose difficulté, l’autrice n’étant pas avare de stéréotypes, comme lorsqu’elle affirme péremptoirement : « Les fils de militaires deviennent militaires. C’est ainsi depuis toujours. » (p. 53).
Il s’agit ici davantage d’un cliché que d’une analyse historique : la transmission familiale des carrières militaires a certes existé, mais elle n’a jamais constitué une règle universelle, et encore moins intemporelle.
Pour ce qui est des poncifs, la comparaison « Il faisait noir comme dans un four. » (p. 234) manque d’originalité, tout en restant immédiatement compréhensible. Il en va de même pour « quelques secondes qui parurent une éternité. » (p. 235) et « Pierre combattait avec l’énergie du désespoir. » (p. 240), qui relèvent de lieux communs.
Sur le plan formel, « Il avait un vrai lit, une vraie table, une vraie fenêtre avec des vitres. » (p. 88), est grammaticalement correct, mais repose sur une redite de « vrai », qui n’apporte pas de précision supplémentaire à la description.
Cet effet entraîne, sur le fond, une certaine redondance, voire une tonalité légèrement naïve, notamment avec « une vraie fenêtre avec des vitres », qui s’apparente à un truisme.
Sur le plan stylistique, de nombreux passages reposent sur une forte répétition, à la fois des mots et des structures, selon des procédés globalement similaires. Cela se manifeste notamment par des retours de certains termes, et des constructions itératives :
• « Pierre revint à Montmeillant chaque année pendant qu’il était à Metz. Parfois pour Noël, parfois pour Pâques, parfois pendant l’été. » (p. 99) ;
• « Il s’agenouilla et pria. Il pria pour les morts, français et ennemis. Il pria pour les blessés. Il pria pour que cette guerre se termine bientôt. » (p. 242) ;
• « Mais ce soir-là, seul dans sa tente, il pleura. Il pleura pour tous les morts. Il pleura pour toute la souffrance. Il pleura pour l’homme qu’il avait été et qu’il ne serait plus jamais. » (p. 245) ;
• « Montmeillant n’avait guère changé depuis son départ en 1752. Les mêmes maisons de pierre aux toits de tuiles rouges, les mêmes ruelles étroites et tortueuses où résonnaient les pas, la même église dont les cloches rythmaient la vie du village depuis des siècles. Mais Pierre, lui, était devenu un autre homme. » (p. 246) ;
• « Pierre écoutait, les yeux fermés, priant silencieusement. Il priait. Il priait pour tous ceux qu’ils avaient perdus. Il priait pour la France, pour que les guerres cessent enfin. » (p. 269).
Ces effets cherchent ouvertement à produire de la solennité et une intensité émotionnelle, mais débouchent sur des tournures rapidement mécaniques. Le même type d’écriture engendre des situations assez attendues, reposant sur des images génériques, davantage que sur une véritable singularité stylistique.
D’une manière générale, les descriptions des combats et de ses répercussions, telles les opérations chirurgicales, reposent sur une écriture de l’excès qui privilégie l’effet immédiat, au détriment de la justesse. Elles multiplient les images frappantes, sans véritable retenue ni variation, au point de verser dans une forme de grand-guignol anatomique.
Cette surenchère, entre horreur insistante et réalisme appuyé, repose sur une accumulation de scènes violentes et de descriptions anatomiques crues, avant de produire une impression de facilité expressive :
- « Le premier coup de feu claqua. Puis un deuxième. Puis une salve entière qui déchira l’air avec un bruit de tissu qu’on arrache. » (p. 175) ;
- « Les crosses de fusil écrasaient les crânes avec un bruit de melon qu’on brise, projetant des fragments d’os et de cervelle. » (p. 177) ;
- « Ses intestins commençaient à s’échapper de la plaie, serpents gris et brillants. Il essayait de les maintenir à l’intérieur avec ses mains, ses doigts glissant sur les organes visqueux. » (p. 178) ;
- « Le nez explosa dans une gerbe de sang et de cartilage. Des dents volèrent. » (p. 178) ;
- « La crosse s’enfonçait dans la chair molle avec des bruits sourds. Jusqu’à ce que l’homme cesse de bouger, son visage transformé en une bouillie méconnaissable. » (p. 178) ;
- « Un soldat français, le ventre ouvert par un coup de sabre, essayait de maintenir ses intestins à l’intérieur avec ses mains tremblantes, ses yeux suppliant qu’on l’achève. » (p. 178) ;
- « Le couteau était si affûté qu’il glissa dans la chair comme dans du beurre. Le sang jaillit immédiatement. L’homme hurla – un hurlement animal, primitif, qui venait du plus profond de son être. » (p. 190).
Les images de soldats envoyés « à l’abattoir » (p. 282) ou transformés en « viande hachée » (p. 180) relèvent d’une stylisation de la violence guerrière. La première s’inscrit dans une métaphore attestée au XIXᵉ siècle.
Quant à la seconde, elle projette sur la bataille de Saorge (24-28 avril 1794) un imaginaire contemporain lié aux guerres industrielles du XXᵉ siècle et à la mort de masse.
C’est là un choix d’écriture assumé par l’autrice, privilégiant l’impact émotionnel au détriment d’une restitution plus fine des sensibilités de 1794.
orsqu’il s’agit de rendre hommage à ce personnage, il est regrettable d’en altérer le nom. Jusqu’à la Révolution française, la forme « Jadart du Merbion » est en effet attestée, en référence à un lieu-dit situé entre Montmeillant et Saint-Jean-aux-Bois, alors propriété de la famille Jadart, qui ajoute ce toponyme à son patronyme au début du XVIIIe siècle.
Par ailleurs, la désignation d’usage « dit Dumerbion » (p. 217), employée à plusieurs reprises dans l’ouvrage, apparaît historiquement fragile : elle suggère un simple sobriquet, alors qu’il s’agit en réalité d’une forme nominale stabilisée et officiellement en usage sous la Révolution.
En outre, le récit adopte une posture polémique, en affirmant d’un côté que les mémoires du général n’auraient pas existé, tout en multipliant de l’autre les assertions explicites attestant leur existence :
- « Dans ses mémoires, qu’il écrivit dans les derniers mois de sa vie, Pierre se dévoila avec une honnêteté rare. » (p. 4) ;
- Pierre Jadart du Merbion « laissa des mémoires qui comptent parmi les témoignages les plus honnêtes et bouleversants sur la réalité de la guerre. » (p. 3) ;
- « Il paraît que dans ses mémoires, il écrivit des pages déchirantes sur cette bataille. » (p. 6) ;
- « Il consacra ses derniers mois à écrire ses mémoires. » (p. 7) ;
- Un soir de décembre 1796, « Pierre était assis près de la cheminée. Il écrivait ses mémoires à la lueur d’une chandelle. Il voulait laisser un témoignage, raconter ce qu’il avait vraiment vécu, loin des récits glorieux des journaux. » (p. 268) ;
- « Il termina ses mémoires. Les dernières pages étaient consacrées à son retour à Montmeillant, à ces mois paisibles qu’il y avait passés. » (p. 272) ;
- « On dit au village que vous avez écrit un livre sur vos campagnes. » (p. 273) ;
- « Oui. Un témoignage. Pour que les gens sachent ce qu’est vraiment la guerre. » (p. 273) ;
- « Tu le liras, Jacques. Je l’ai confié au Maire. Il sera conservé aux archives du village. » (p. 274) ;
- « Vous savez, le général m’a laissé un manuscrit. Ses mémoires. Il me les a envoyés quelques semaines avant sa mort, me demandant de les faire publier si je le jugeais bon. Je vais le faire. Le monde doit savoir qui était vraiment le général du Merbion. » (p. 286) ;
- « Le jeune Jacques Moreau « avait finalement lu les mémoires du général, et ces pages l’avaient profondément marqué. » (p. 288) ;
- « Mais jamais les mémoires du Général ne seront publiées [sic], si, elles [resic] ont existé ! » (p. 288).
Cette accumulation rend difficilement soutenable l’hypothèse de l’absence des mémoires, et met en évidence une contradiction interne du raisonnement. Par ailleurs, le recours final à la mise en gras — « Mais jamais les mémoires du Général ne seront publiées [sic], si, elles [resic] ont existé ! » (p. 288) — crée un effet d’emphase marqué.Bas du formulaire
L’on constate en plus ici une ambiguïté entre les acceptions du mot « mémoire » au féminin (quand il s’applique à la faculté mentale) et au masculin (quand il désigne un genre littéraire en relation avec des récits autobiographiques, ou qu’il concerne des rapports militaires).
Il est également légitime de s’interroger sur la nature exacte de la participation de Raphaël Lacaille, maire de Montmeillant de 2020 à 2026, à la genèse de cet ouvrage.
Faute d’une page de titre conforme aux usages bibliographiques minimaux, la répartition des responsabilités intellectuelles ne peut être établie avec certitude, notamment quant à une éventuelle co-responsabilité éditoriale aux côtés de Méira Serguia, présentée comme autrice.
Une présentation éditoriale conforme aux normes en vigueur aurait en effet précisé le titre complet et son éventuel sous-titre, l’identification claire du ou des auteurs, la nature et le statut des contributions, l’éditeur ou la mention d’autoédition, les informations de publication, ainsi que les principaux éléments de catalogage, notamment l’ISBN et, le cas échéant, les mentions de copyright.
Or, dans À la mémoire du Général Dumerbion : enfant de Montmeillant, ces informations ne sont fournies que de manière très partielle. Les éléments de couverture et de paratexte s’écartent également des usages éditoriaux les plus courants :
- la première de couverture ne mentionne ni Méira Serguia ni Raphaël Lacaille ;
- le dos de l’ouvrage ne mentionne que le titre, le sous-titre et une forme abrégée du nom de l’autrice (« Méira S. ») ;
- la quatrième de couverture ne comporte ni notice biographique ni clarification des responsabilités respectives, mais seulement une vignette photographique en noir et blanc.
Les mentions finales de fabrication demeurent, elles aussi, réduites au minimum : l’ouvrage ne comporte pas d’achevé d’imprimer au sens éditorial habituel, mais uniquement une indication technique d’impression : « Printed in France by Amazon Brétigny-sur-Orge, FR ».
S’y ajoute un code-barres de type marchand, propre à Amazon, qui renvoie davantage à une logique de mise en circulation commerciale qu’à un dispositif éditorial traditionnel, où l’objet-livre est défini par ses références bibliographiques et ses mentions de fabrication.
Dans l’ensemble, ces choix de présentation rendent difficile l’identification précise de l’ouvrage et de ses responsables intellectuels.
Le terme de « participation », plus vague encore que celui de « contribution », n’éclaire pas davantage le rôle exact de Raphaël Lacaille, qui pourrait aussi bien avoir pris part à la rédaction qu’avoir simplement mis à disposition quelques documents conservés dans sa famille depuis la disparition du général ardennais.
🌸 Vendredi 19 décembre 2025 – Noël des mille grues au musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – Participation du blog laromagne.info à la réalisation d’origamis.


Le musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) invite le public à participer à un projet collectif inspiré de la légende japonaise des mille grues, selon laquelle plier mille origamis permettrait de voir son vœu exaucé.
Ce geste, symbole de paix et d’espoir, rend hommage à Sadako Sasaki, jeune victime d’Hiroshima.
Depuis janvier 2025, visiteurs, écoles, associations et le blog laromagne.info réalisent leurs propres origamis, exposés dans l’atrium du musée sous forme d’une guirlande de la paix.


Le projet a également reçu des créations envoyées par courrier de toute la France, y compris de la part d’enfants de familles de déportés, renforçant le message collectif de solidarité et de paix.
Sous la direction de Stéphanie Martin, directrice de l’Aménagement et de l’Attractivité du territoire au Conseil départemental, cette initiative illustre la persévérance et la collaboration nécessaires à la construction de la paix.


🪖 Visite de l’exposition temporaire au musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) le lundi 5 mai 2025, à l’occasion des 80 ans de la Victoire du 8 mai 1945
Du 5 au 11 mai 2025, le musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) a présenté une exposition temporaire en hommage au 80e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945.

Parmi les pièces exposées figuraient un brassard de Volkssturm (milice populaire), un casque de la Schutzstaffel (escouade de protection, connue sous le nom de SS) et une Feldbluse (vareuse) de prisonnier allemand. Cette présentation s’inscrivait dans le contexte historique de la capitulation allemande : signée à Reims le 7 mai 1945, puis ratifiée à Berlin le 8 mai au soir, elle mit officiellement fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Le musée, géré par le conseil départemental des Ardennes et situé à Novion-Porcien, se distingue par une approche unique qui couvre la guerre de 1870-1871, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale. Ce parcours chronologique et comparatif met en lumière les conséquences de ces conflits sur la société ardennaise, tout en les replaçant dans un cadre européen.

Sa collection, forte de plus de quatorze mille pièces, comprend uniformes, armements, véhicules, objets du quotidien, affiches et archives iconographiques. La Galerie du Temps, avec ses cent vingt costumes et bustes, constitue l’un des points forts du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes), retraçant de manière continue l’évolution des guerres entre 1852 et 1945.

La muséographie repose sur une forte dimension immersive : tranchées reconstituées, dioramas, décors urbains et industriels, ainsi que projections audiovisuelles, permettant au visiteur de mieux appréhender l’expérience des combattants et des civils.

Enfin, le musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) assume des missions scientifiques et éducatives. Il conserve et valorise le patrimoine militaire et mémoriel, développe des actions pédagogiques auprès des scolaires et des chercheurs, met à disposition un centre de documentation spécialisé et propose une programmation culturelle régulière. Il se veut ainsi un lieu de mémoire, de transmission et de réflexion sur la guerre et la paix.
📖 Remise aux souscripteurs et présentation du catalogue scientifique de l’exposition temporaire Comtes de Rethel, ducs de Mazarin, princes de Monaco, le mercredi 23 avril 2025 aux archives départementales des Ardennes à Charleville-Mézières

Le mercredi 23 avril 2025, les archives départementales des Ardennes ont organisé la remise officielle du catalogue de l’exposition Comtes de Rethel, ducs de Mazarin, princes de Monaco. Préfacé par Son Altesse Sérénissime le prince Albert II de Monaco et par le président du conseil départemental des Ardennes, l’ouvrage réunit des contributions scientifiques majeures et de riches illustrations.



Fruit d’un travail collectif associant institutions françaises, italiennes et monégasques, ce catalogue éclaire huit siècles d’histoire du comté-duché de Rethel-Mazarin, de ses origines féodales à son héritage dans la titulature des princes de Monaco. Plus qu’un simple support d’exposition, il constitue un outil de référence destiné à mettre en valeur un patrimoine ardennais d’envergure européenne.






📚 Avril 2025 – Parution de l’ouvrage Novion, Joffreville et Provisy : les trois villages de Novion-Porcien du XVIe siècle à la Révolution par Luc Bouilly – Dédicace à Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Après avoir publié en 2022 une étude consacrée aux commerces et métiers de Novion-Porcien du XVIIIe siècle aux années 1960, Luc Bouilly propose cette fois une enquête en amont, couvrant la période allant du XVIe siècle à la Révolution.
L’ouvrage complète la monographie de Maxime de Sars (1937), tout en élargissant la perspective à la société villageoise dans son ensemble : familles seigneuriales, institutions ecclésiastiques et royales, mais aussi notaires, artisans, laboureurs et « petites gens ».
La richesse du sommaire témoigne de l’ampleur du projet : seigneuries et lignages, maisons seigneuriales, possessions ecclésiastiques, vie paroissiale, organisation communautaire, activités économiques et destins individuels sont traités avec précision. Plusieurs annexes et un index viennent renforcer la valeur de l’ouvrage comme outil de référence pour l’histoire locale.
Ce travail d’érudition offre ainsi une synthèse claire et documentée sur l’évolution des trois villages de Novion-Porcien – Joffreville, Novion et Provisy – avant leur réunion. À noter que l’exemplaire reçu a été dédicacé par l’auteur à l’auteure de ce blog, marque d’attention et de reconnaissance.



👑 Visite guidée de l’exposition Comtes de Rethel, ducs de Mazarin, princes de Monaco le jeudi 20 mars 2025 au musée de l’Ardenne (Charleville-Mézières)

Façade du musée de l’Ardenne (Charleville-Mézières). Prise de vue effectuée le jeudi 20 mars 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Organisée par les archives départementales des Ardennes en collaboration avec le musée de l’Ardenne (Charleville-Mézières), l’exposition Comtes de Rethel, ducs de Mazarin, princes de Monaco : une histoire ardennaise (Xe-XIXe siècles), retrace l’histoire du comté-duché de Rethel-Mazarin, depuis l’an mille jusqu’à la Révolution française et ses suites.


Elle met en lumière les liens historiques entre le territoire de Rethel (Ardennes) et la principauté de Monaco, notamment à travers des successions et alliances matrimoniales à partir de la fin du XVIIIe siècle.

STIEZ BONHOMME.

L’exposition s’appuie sur des documents inédits, des sources iconographiques et des œuvres d’art prestigieuses, provenant de collectionneurs privés ou de grandes institutions patrimoniales telles que les archives princières de Monaco, la Bibliothèque nationale de France, les archivio di Stato di Mantova (Italie).


Un catalogue d’exposition réunissant des études inédites d’universitaires et de spécialistes, accompagné de notices détaillées des œuvres présentées, est disponible à la vente.


Des visites guidées, animées par Léo Davy, directeur des archives départementales des Ardennes, sont programmées pour découvrir les enjeux et l’histoire de cette dynastie.


Le jeudi 20 mars 2025 à partir de 11 h, une couverture photographique d’une d’entre elles a été réalisée par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.


🏰 Le loto du patrimoine le samedi 21 septembre 2024 à Rocquigny (Ardennes) : un mécénat pour l’avenir du « château Mermoz »

Le château de Rocquigny fait partie des monuments soutenus par le loto du patrimoine 2024. Actuellement en mauvais état, il nécessite des travaux de restauration urgents pour préserver son héritage.

Grâce aux fonds collectés par le loto du patrimoine, le château bénéficiera des réparations nécessaires. Les travaux comprendront la consolidation des structures, la restauration des façades et la mise en valeur des intérieurs, afin de redonner au château son éclat d’origine.

Le samedi 21 septembre 2024, à 10 h, Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME a réalisé une couverture photographique de la cérémonie de remise symbolique du chèque de soutien à la sauvegarde et à la restauration du « château Mermoz ».

Les participants ou les personnes représentées à l’événement étaient : Serge Labie (maire de Rocquigny, empêché), Philippe Pampagnin (premier adjoint), François Grenier (directeur régional de la Française des jeux), Pierre Posseme (délégué régional de la Fondation du patrimoine), Michel Caquot (descendant de l’ingénieur Albert Caquot), Bernard Blaimont (président de la communauté des communes), Lionel Vuibert (conseil départemental des Ardennes), Guillaume Maréchal (conseiller régional Grand Est), Marc Lamenie (sénateur des Ardennes) et Marie-Pierre Soly (attachée parlementaire).

Le loto du patrimoine permet à chacun de participer à la sauvegarde des monuments en achetant un billet. Chaque contribution aide à la préservation de bâtiments comme le château de Rocquigny, un témoin précieux de l’histoire régionale et locale.

Avec l’implication de tous, ce projet de restauration offrira au château une nouvelle vie et garantira sa transmission patrimoniale pour les générations futures.

🎖️Cérémonie du quatre-vingtième anniversaire des fusillés de Wadimont (Ardennes) le vendredi 30 août 2024



La cérémonie du quatre-vingtième anniversaire à la stèle des fusillés de Wadimont s’est tenue le vendredi 30 août 2024 à 17 h 30. Ont participé à cette commémoration : le premier adjoint de Chaumont-Porcien (Philippe Laneau, retraité de l’enseignement supérieur) représentant le maire (Guy Camus[1], ancien artisan, commerçant) ; le maire délégué de Wadimont (Philippe Samyn, agriculteur exploitant) ; l’Union nationale des combattants de Chaumont-Porcien ; le comité de Chaumont-Porcien du Souvenir français.
Un discours d’hommage a été prononcé par Jean-Louis Léger, président du comité du Souvenir français de Chaumont-Porcien, et administrateur de la Société d’histoire des Ardennes. Cet acteur engagé dans le devoir de mémoire joue un rôle essentiel dans la préservation et la transmission de l’histoire régionale et locale, en particulier des événements marquants de la Seconde Guerre mondiale dans les Ardennes.
[1] Décédé le lundi 2 septembre 2024 à l’âge de 78 ans.



Le 30 août 1944, lors de la Libération de la France, un événement dramatique s’est déroulé à Wadimont. Ce jour-là, des soldats allemands, feignant de se rendre, tendent une embuscade aux habitants du village.
Quatre jeunes hommes, Yvon Bellot, Yves Totin, Victor Micheli, et Antoine Toporniski, espérant récupérer des armes abandonnées, sont capturés et interrogés par les Allemands. Yves Totin et Victor Micheli sont violemment frappés avant d’être fusillés. Antoine Toporniski, libéré dans un premier temps, est abattu alors qu’il tente de s’enfuir. Yvon Bellot, assigné à résidence, est finalement libéré par des membres de la Résistance le soir même.
Ce tragique épisode a pu être reconstitué grâce au témoignage d’Yvon Bellot, survivant, et au récit de Jean-Claude Canard, ancien maire de Wadimont, alors âgé de quatorze ans.



Les trois jeunes hommes fusillés ont été reconnus « morts pour la France », et leurs noms sont inscrits sur les monuments commémoratifs locaux. Antoine Toporniski a reçu à titre posthume la médaille de la Résistance française, tandis qu’Yvon Bellot a été homologué Forces françaises combattantes.
Cette cérémonie rend hommage à ces résistants modestes, victimes de la barbarie des troupes en déroute, et rappelle l’importance de se souvenir des sacrifices faits pour la liberté et la paix.




🪖 Fête de l’Armistice le samedi 11 novembre 2023 à Signy-l’Abbaye (Ardennes)
Bien que l’essentiel des négociations de l’Armistice se soit déroulé dans le wagon de Rethondes, en forêt de Compiègne (Oise), les Ardennes ont également joué un rôle important dans les jours précédant cet événement historique.
Dernier territoire français occupé par les troupes allemandes jusqu’à la veille de l’armistice, les Ardennes ont subi de lourds dommages de guerre. Le repli des forces allemandes mit un terme à une occupation brutale pour les populations locales.
Aujourd’hui, peu de monuments rappellent directement le rôle de Signy-l’Abbaye dans cette période décisive. Pourtant, le devoir de mémoire incite à redonner à des lieux modestes leur place dans le grand récit de la fin de la Première Guerre mondiale.









