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La Romagne, Montmeillant et le monument du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797)

Montmeillant, village des Ardennes, a vu naître le général Pierre Jadart du Merbion (1737 1797), héros des guerres d’Italie. Le village lui a dédié un monument, régulièrement restauré. À La Romagne (Ardennes), la famille Merlin, alliée aux Jadart du Merbion, a activement soutenu ce projet, perpétuant la mémoire militaire et le patrimoine local…


[1] le 30 avril 1737 à Montmeillant[2], Pierre Jadart du Merbion, général en chef de l’armée d’Italie et des Alpes jusqu’en 1794, décède[3] dans ce même village, le 25 février[4].


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 2 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 2 = baptêmes, mariages, sépultures 1691-1754, page non foliotée, vue 134/202, consultable en ligne [Nota bene : certains cahiers sont en mauvais état, notamment pour 1691-1692. Les années 1693, 1704 et 1710 sont manquantes. Pour 1706, 1709 et 1713, la minute et la grosse sont conservées ; en 1714, la grosse est incomplète. La période 1718-1726 est très fragmentaire : minutes tronquées ou incomplètes, grosses partielles (dont une rédigée en 1731), et un cahier de grosse couvrant l’ensemble de la période.]

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 6 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 6 = décès 1793-1812, en mauvais état de l’an VII à 1812.], page non foliotée, vue 18/77, consultable en ligne.

[4] 7 ventôse An V.


Dalle funéraire de Pierre Jadart du Merbion, père du général du même nom, inhumé dans l’église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Dalle funéraire de Pierre Jadart du Merbion, père du général du même nom, inhumé dans l’église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Alors que son père[1] repose sous une dalle funéraire à l’intérieur de l’église du village, il est inhumé dans le petit cimetière qui l’entoure, et y reste enseveli jusque dans les années 1860[2], date à laquelle, à l’initiative du jeune curé de la paroisse, son exhumation est décidée.


[1] Portant le même nom, Pierre Jadart du Merbion, et exerçant également la carrière militaire, né et mort dans le même village, il ne s’en distingue que par ses dates de naissance et de décès (1692-1759).

[2] Meyrac, Albert, « Montmeillant & le général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5656, mardi 20 octobre 1896, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.


Gisant de l’abbé Eugène Miroy – René de Saint-Marceaux (1845‑1915), bronze, 33 x 202 x 90 cm, 1872, musée des Beaux-Arts de Reims (numéro d’inventaire D.2012.1.2). Commandé par la Ville de Reims après l’exécution de l’abbé Miroy par les Prussiens en 1871, ce gisant réaliste représente l’instant fatal de sa mort, symbolisant courage et fidélité. L’original est conservé au musée, tandis que des copies en résine se trouvent au cimetière du Nord de Reims et à Cuchery, village où il exerçait son ministère.
Gisant de l’abbé Eugène Miroy – René de Saint-Marceaux (1845‑1915), bronze, 33 x 202 x 90 cm, 1872, musée des Beaux-Arts de Reims (numéro d’inventaire D.2012.1.2). Commandé par la Ville de Reims après l’exécution de l’abbé Miroy par les Prussiens en 1871, ce gisant réaliste représente l’instant fatal de sa mort, symbolisant courage et fidélité. L’original est conservé au musée, tandis que des copies en résine se trouvent au cimetière du Nord de Reims et à Cuchery, village où il exerçait son ministère.


L’abbé Eugène Miroy[1], souhaite rendre hommage à ce militaire en procédant à une nouvelle inhumation, et en érigeant un monument à sa mémoire. En attendant la réalisation de ce projet, les ossements du général sont exhumés, conservés dans une petite caisse en bois déposée au presbytère. Une souscription est ouverte, mais elle ne recueille pas l’intérêt du public[2].


[1] L’abbé Eugène Miroy, né le 24 novembre 1828 à Mouzon (Ardennes), est fusillé par les Prussiens le 12 février 1871 à Reims. À l’issue d’une visite au musée des Beaux-Arts de Reims (Marne), Catherine Drouin, professeur-relais au service des publics, a communiqué à l’auteure, par courriel du jeudi 4 mai 2017, des informations sur la sculpture de René de Saint-Marceaux représentant le gisant de l’abbé Miroy, ainsi que des photographies à titre documentaire.

[2] Sergines, « Trente ans dans un grenier » [les échos], in Les Annales politiques et littéraires : revue populaire paraissant le dimanche, Paris : [s.n.], 1883-1939, n° 2212, 15 novembre 1925, page 504, vue 4/28. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-5269, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, FOL-LC2-4214.


Acte de décès du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 6  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 6 = décès 1793-1812, en mauvais état de l’an VII à 1812.],  page non foliotée, vue 18/77, consultable en ligne.
Acte de décès du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 6  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 6 = décès 1793-1812, en mauvais état de l’an VII à 1812.],  page non foliotée, vue 18/77, consultable en ligne.

Le projet n’a toujours pas abouti en 1865, faute d’argent au moment où l’abbé Eugène Miroy est nommé pour quelques années curé de Joigny-sur-Meuse[1], avant de rejoindre ensuite la cure de Cuchery[2].


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.


Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant. – Maison natale du général du Merbion ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant. – Maison natale du général du Merbion ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

« La maison natale de Du Merbion est encore debout. Elle est en dehors du village, de l’autre côté du chemin de fer, au lieudit Beauchamp, nom que prit un oncle de notre illustre compatriote, Jean Jadart, mort commandant en Louisiane C’est une demeure des plus modestes ; une toiture d’ardoise remplace le chaume rustique qui abrita plusieurs générations. »

Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach Matot‑Braine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 370. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

Signature de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach Matot‑Braine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 374. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.
Signature de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach Matot‑Braine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 374. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

Les ossements sont relégués dans le grenier presbytéral, et y restent jusqu’à la fin du XIXe siècle, et ce d’autant plus, qu’entre temps, la guerre franco-prussienne de 1870-1871 a éclaté, et que le village de Montmeillant en a souffert.


Carte postale ancienne colorisée, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion. – Porte le nom du chevalier du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) le 30 avril 1737. – Lieutenant au bataillon des milices de Rethel. – Capitaine de grenadiers à l’époque de la Révolution. – Colonel au 91e régiment d’Infanterie. – Général de brigade en 1792. – Général de division en 1793. – Général en chef de l’armée d’Italie. – La Convention, en lui accordant sa pension de retraite, ajouta cette déclaration honorable à son décret : Du Merbion est non seulement un général républicain, mais encore un des généraux les plus instruits de la France ». Décédé à Montmeillant le 25 février 1797 ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Carte postale ancienne colorisée, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion. – Porte le nom du chevalier du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) le 30 avril 1737. – Lieutenant au bataillon des milices de Rethel. – Capitaine de grenadiers à l’époque de la Révolution. – Colonel au 91e régiment d’Infanterie. – Général de brigade en 1792. – Général de division en 1793. – Général en chef de l’armée d’Italie. – La Convention, en lui accordant sa pension de retraite, ajouta cette déclaration honorable à son décret : Du Merbion est non seulement un général républicain, mais encore un des généraux les plus instruits de la France ». Décédé à Montmeillant le 25 février 1797 ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Jadart, Henri, Le général Pierre Jadart du Merbion: 1737-1797: documents sur son origine, sa famille et ses états de services. Rethel : G. Beauvarlet, 1892. 20 p., p. 3. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Jadart, Henri, Le général Pierre Jadart du Merbion: 1737-1797: documents sur son origine, sa famille et ses états de services. Rethel : G. Beauvarlet, 1892. 20 p., p. 3. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion (91e régiment d’Infanterie) . – Porte le nom du général du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) 1737-1797, d’abord capitaine des grenadiers sous la Révolution, puis commandant en chef de l’armée d’Italie ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion (91e régiment d’Infanterie) . – Porte le nom du général du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) 1737-1797, d’abord capitaine des grenadiers sous la Révolution, puis commandant en chef de l’armée d’Italie ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Ce général n’est cependant pas tombé dans l’oubli. Le ministre de la Guerre[1], en 1887, pour redonner quelque fierté à la population après la défaite de Sedan[2], survenue le 1er septembre 1870, décide que les établissements militaires des Ardennes recevront de nouveaux noms.

Ainsi, la caserne B de Mézières[3] reçoit celui de caserne du Merbion[4], tandis que le conseil municipal, après en avoir délibéré le 22 août 1891, décide de donner à l’une des rues macériennes le nom de ce général[5].


[1] Le général Boulanger est ministre de la Guerre du 7 janvier 1886 au 18 mai 1887 ; le général Ferron lui succède du 30 mai au 4 décembre 1887.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Charleville-Mézières, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Jadart, Henri, Le général Pierre Jadart du Merbion: 1737-1797: documents sur son origine, sa famille et ses états de services. Rethel : G. Beauvarlet, 1892. 20 p., p. 3. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

[5] En 2016, elle est rebaptisée « rue du 3ᵉ Génie » par décision du maire Boris Ravignon, sur proposition du colonel Charles Michel.


Plaque toponymique de la rue Général du Merbion. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plaque toponymique de la rue Général du Merbion. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le monument, installé en 1898, est représenté sans sa grille de protection (réalisée après 1911) et avant la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914 1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument sont peu visibles sur le cliché. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes) : monument érigé à la mémoire du général du Merbion ». Cachet postal au verso : 11 septembre 1911. Librairie-photographie Nicaise (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Le monument, installé en 1898, est représenté sans sa grille de protection (réalisée après 1911) et avant la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914‑1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument sont peu visibles sur le cliché. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes) : monument érigé à la mémoire du général du Merbion ». Cachet postal au verso : 11 septembre 1911. Librairie-photographie Nicaise (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

En 1997, à Montmeillant, lors de la préparation du bicentenaire de sa mort, deux habitants demandent que la rue principale soit officiellement nommée rue du Merbion, appellation déjà consacrée par l’usage. Le conseil municipal accepte, sous réserve de l’accord des autorités compétentes, qui est donné[1].


[1] Consultation sur place en mairie des délibérations du conseil municipal de 1988 à nos jours, avec l’aimable autorisation de Raphaël Lacaille, maire de Montmeillant [documents non cotés.]

Lieu-dit du Merbion (détail). [Charleville-Mézières-Sedan], n° 78, Feuille 43e. Carte générale de la France, gravée par Nicolas Chalmandrier, lettres par Le Roy le jeune, sous la direction de César François Cassini de Thury. France : dépôt de la guerre, 1759-1760. Échelle 1:86 400. Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-53095169, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE FF-18595 (78), document numérique, consultable en ligne sur Gallica.
Lieu-dit du Merbion (détail). [Charleville-Mézières-Sedan], n° 78, Feuille 43e. Carte générale de la France, gravée par Nicolas Chalmandrier, lettres par Le Roy le jeune, sous la direction de César François Cassini de Thury. France : dépôt de la guerre, 1759-1760. Échelle 1:86 400. Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-53095169, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE FF-18595 (78), document numérique, consultable en ligne sur Gallica.

La « translation des restes mortels[1] » de ce général a lieu un siècle plus tôt, le jeudi 3 décembre 1896[2], après plusieurs décennies d’oubli. Elle est célébrée par le curé de la paroisse[3], l’abbé Perlier.


[1] Cet événement est relaté dans plusieurs journaux :

  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-septième année, cinquième série, n° 3571, samedi 5 décembre 1896, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.
  • « Translation des restes mortels du général du Merbion » [chronique] in Revue de Champagne et de Brie : histoire, biographie, archéologie, documents inédits, bibliographie, beaux-arts, dir. Léon Frémont, deuxième série, tome IX, vingt-et-unième année (Paris : H. Menu, 1897 ; Arcis-sur-Aube : L. Frémont, impr., 1884–1901), page 61, vue 67/984, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-12775, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC19-116.
  • « Cérémonie patriotique à Montmeillant » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5701, samedi 5 décembre 1896, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.

[2] Un auteur indique de façon erronée la date du 3 novembre. Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 371. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

[3] « Montmeillant. » [chronique locale] in Bulletin du diocèse de Reims : revue religieuse, historique et littéraire, vingt-neuvième année, n° 50, samedi 12 décembre 1896, page 614, vue 598/1023. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-10685, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC11-842 (7).


Vestiges du Merbion, lieu-dit de Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le lundi 22 novembre 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vestiges du Merbion, lieu-dit de Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le lundi 22 novembre 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les édiles et la population se rassemblent pour accompagner la dépouille, portée par trois sous-officiers d’artillerie et un sous-officier de sapeurs-pompiers de Montmeillant, précédés du drapeau tricolore.


Cette photographie est postérieure au dimanche 4 octobre 1925 (date de la pose commémorative des soldats morts pour la France en 1914 1918). Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Le monument au général du Merbion (1737-1797), érigé en 1899, et la plaque commémorative aux morts 1914-1918, inaugurés le 4 octobre 1925 ».  A. Wilmet, éditeur Photographe, Rethel (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Cette photographie est postérieure au dimanche 4 octobre 1925 (date de la pose commémorative des soldats morts pour la France en 1914‑1918). Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Le monument au général du Merbion (1737-1797), érigé en 1899, et la plaque commémorative aux morts 1914-1918, inaugurés le 4 octobre 1925 ».  A. Wilmet, éditeur Photographe, Rethel (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Quelques conseillers municipaux[1] tiennent les cordons du poêle[2], tandis que monsieur Jaillot, sous-lieutenant de chasseurs à pied, et alors ingénieur agricole de la ferme du Bois de Château[3], porte le sabre d’honneur[4] du général Merbion, sur laquelle est gravée sa devise : « Je suis ferme comme une roche[5] ».


[1] Il s’agit de messieurs Onézime Lelièvre (un des vice-présidents du comité d’initiative), Philogène Lantenois, messieurs Ernest Lelièvre et Pâté-Lelièvre.

[2] « Drap mortuaire noir ou violet dont on couvre le cercueil lors des cérémonies funèbres. Expr. Tenir les cordons du poêle, naguère, tenir les cordonnets reliés à ce drap et, aujourd’hui, marcher à côté du cercueil ou immédiatement derrière. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] Aujourd’hui, domaine du Bois de Château, sur la D 56, à Montmeillant.

[4] D’après un auteur, celui-ci est entre les mains de « M. Charles Merlin de Reims », tandis que son « sabre de combat » aurait été donné par la « citoyenne Merlin, nièce de du Merbion », au général Marès, qui, alors jeune officier, a été l’ aide de camp du général durant la campagne d’Italie. Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 371.

[5] Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 371.


Onézime Lelièvre souligne, à propos du discours de monsieur Merlin que ce dernier, l’un de ses descendants, « est venu vous retracer mieux que je n’aurais pu le faire la brillante carrière du général du Merbion[1] ».

A ce propos, une remarque s’impose : Pierre Jadart du Merbion est resté célibataire et n’a pas eu de descendance connue. Monsieur Merlin, apparenté à sa famille, n’est donc pas un descendant direct mais un parent collatéral.


[1] « Cérémonie patriotique à Montmeillant » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5701, samedi 5 décembre 1896, page 3, vue 3/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.


Cette photographie date d’avant novembre 1898, représentant le monument en chantier avec trois blocs de pierre, sans inscriptions, sans grille, et sans plaque commémorative. Le trophée militaire révolutionnaire et le soldat de la République sont déjà représentés sur le monument. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée, « Montmeillant. – Monument commémoratif. Erigé à la mémoire du général du Merbion, né le 30 avril 1737 à Montmeillant. Commandant en chef de l’armée d’Italie (1737-1797). Un trophée composé d’attributs militaires du temps de la Révolution surmonte ce monument où un soldat de la République vient y déposer la palme du Vainqueur ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Cette photographie date d’avant novembre 1898, représentant le monument en chantier avec trois blocs de pierre, sans inscriptions, sans grille, et sans plaque commémorative. Le trophée militaire révolutionnaire et le soldat de la République sont déjà représentés sur le monument. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée, « Montmeillant. – Monument commémoratif. Erigé à la mémoire du général du Merbion, né le 30 avril 1737 à Montmeillant. Commandant en chef de l’armée d’Italie (1737-1797). Un trophée composé d’attributs militaires du temps de la Révolution surmonte ce monument où un soldat de la République vient y déposer la palme du Vainqueur ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Deux mois plus tard, le 25 février 1897, l’on célèbre le centenaire de sa mort[1], occasion pour la presse locale de publier des éléments biographiques sur lui[2]. Le projet d’élever un monument à sa gloire ressurgit. Des comités se forment depuis quelque temps, pour organiser une souscription publique[3], qui va rencontrer cette-fois un grand succès.


[1] La transcription des discours a été publiée dans l’article « Centenaire du général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5785, samedi 27 février 1897, pages 2 et 3, vues 2/4 et 3/4, consultables en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] « Montmeillant. – Centenaire de la mort du général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5772, dimanche 14 février 1897, pages 1 et 2, vues 1/4 et 2/4, consultables en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[3] Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-septième année, cinquième série, n° 3563, jeudi 26 novembre 1896, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.


Cette photographie est postérieure à 1925, présentant le monument après la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914 1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument restent partiellement lisibles. La grille de protection, installée avant 1925, est visible. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Monument du général du Merbion, sur lequel on a placé la plaque commémorative de la Grande Guerre 1914-1918 ». Mention manuscrite au verso : « Gendarme Chassin René – Prévôté d’étapes – Secteur postal n° 2. Bons souvenirs, et amical bonjour de Montmeillant (Ardennes) ». Librairie Dernelle, Signy-l’Abbaye (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Cette photographie est postérieure à 1925, présentant le monument après la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914‑1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument restent partiellement lisibles. La grille de protection, installée avant 1925, est visible. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Monument du général du Merbion, sur lequel on a placé la plaque commémorative de la Grande Guerre 1914-1918 ». Mention manuscrite au verso : « Gendarme Chassin René – Prévôté d’étapes – Secteur postal n° 2. Bons souvenirs, et amical bonjour de Montmeillant (Ardennes) ». Librairie Dernelle, Signy-l’Abbaye (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

A l’initiative de l’élévation de ce monument se trouve Paul Laurent (1860‑1935), archiviste-paléographe affecté au département des Ardennes, et directeur de la Revue historique ardennaise. Il est d’ailleurs l’auteur d’une notice établie en grande partie grâce aux documents en possession de la famille Merlin[1].


[1] Laurent, Paul, « Notes inédites sur le général du Merbion et la famille militaire Jadart », in Revue historique ardennaise, tome II, année 1895, revue bimestrielle, Paris, A. Picard et fils, 1895, p. 105-169, vue 61/178 et suivantes, consultables en ligne. Archives départementales des Ardennes, PERH2 2.


Église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes), vue extérieure. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes), vue extérieure. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dès le 3 décembre, après la cérémonie de réinhumation du corps du général, la décision est entérinée, ainsi que la création de deux comités. Le premier à voir le jour est le comité local, ou comité d’initiative, dont Alfred Merlin est le président, tandis que son frère Paul et son fils Charles en sont membres.

Les degrés de parenté qui lient la famille Merlin au général Pierre Jadart du Merbion sont les suivants :

  • Marie-Jeanne Merlin (née le 5 mai 1753 à La Romagne) : fille de Prudence Jadart Merlin, la sœur du général = nièce ;
  • François Merlin[1] (né le 11 janvier 1782 à La Romagne), fils naturel de la nièce = petit-neveu = neveu au second degré ;
  • Jean-Baptiste Merlin (né le 16 novembre 1818 à La Romagne) : fils du petit-neveu = arrière-petit-neveu = neveu au troisième degré ;
  • Paul (né le 30 juillet 1846 à La Romagne) et Alfred Merlin (né le 3 décembre 1855) : fils de l’arrière-petit-neveu = arrière-arrière-petits-neveux = neveux au 4ᵉ degré ;
  • Charles Merlin (né le 20 novembre 1881 à Warnécourt[2]) : fils de l’arrière-arrière-petit-neveu = arrière-arrière-arrière-petit-neveu = neveu au 5ᵉ degré.

[1] La date et le lieu de son décès n’apparaissent pas dans les registres. Certains auteurs ont pu le confondre, à cause d’une homonymie, avec François Merlin (1715‑1787), né le 5 avril 1715 à La Romagne et décédé le 5 août 1787 dans la même localité.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.



Des échanges épistolaires attestent par ailleurs les liens entre la famille Merlin et le général du Merbion, comme le rapportent Paul Laurent et Albert Baudon dans l’article qu’ils consacrent chacun à ce général, et dans lequel ils publient de larges extraits d’une lettre du 28 brumaire an III[1] que ce dernier adresse de Nice (armée d’Italie)[2] à sa sœur Marie-Anne habitant Montmeillant.

Il envoie, dans ce courrier, « mille amitiés à Merline[3] » (surnom hypocoristique[4]) qui est désignée dans les notes de bas de page[5] comme étant celui de sa soeur Prudence, épouse de François Merlin de La Romagne.

Or, il ne peut être question de celle-ci, puisqu’elle est décédée le 29 avril 1791 à La Romagne, et que la lettre date de 1794. Il pourrait donc s’agir plutôt de sa nièce Marie-Jeanne[6], célibataire vivant dans ce village, et dont il est à la fois l’oncle et le parrain, et sur laquelle il aurait reporté son affection.


[1] Soit le 18 novembre 1794.

[2] Nice, commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

[3] Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 373. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

[4] « Se dit d’une forme ou d’une tournure qui exprime une intention tendre, affectueuse. « Fifille » est un exemple de redoublement hypocoristique. Les suffixes de « sœurette » et de « frérot » ont une valeur hypocoristique. « Bijou », « chou » ont des emplois hypocoristiques. Subst. Un hypocoristique. « Margot », « Jeannot », etc., sont des hypocoristiques. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[5] « Depuis son mariage avec François Merlin [le 28 janvier 1744], Prudence Jadart fut appelée familièrement Merline, surtout par sa sœur Marie-Anne ». Cf. Laurent, Paul, « Notes inédites sur le général du Merbion et la famille militaire Jadart », in Revue historique ardennaise, tome II, année 1895, revue bimestrielle, p. 105-169, Paris, A. Picard et fils, 1895, page 110, vue 64/178, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, PERH2 2.

[6] Marie-Jeanne, née le 5 mai 1753, et décédée le 23 janvier 1829 à La Romagne (Ardennes).


Le comité d’initiative est chargé d’organiser le projet et de recueillir les souscriptions (monsieur Baudrillard, instituteur à Montmeillant, en est le secrétaire-trésorier[1]). Il comprend plus de cent cinquante personnes, dont une douzaine est originaire de La Romagne[2].


[1] « Montmeillant. – Hirson. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5542, vendredi 15 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] La publication des participants s’étale sur quatre numéros du Petit Ardennais :

  • « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5747, mercredi 20 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.
  • « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5751, dimanche 24 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.
  • « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5756, vendredi 29 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.
  • « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. – Quatrième et dernière liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5761, mercredi 3 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

Il prévoit de se réunir symboliquement le jeudi 25 février 1897, date du centenaire du décès de Pierre Jadart du Merbion[1]. Il est rappelé dans la presse locale que « le ministre de la Guerre vient d’accorder une subvention de 500 fr. en faveur du monument du général du Merbion, et d’autoriser MM. les officiers en garnison dans les Ardennes à participer individuellement à cette œuvre patriotique[2] ».


[1] « Montmeillant. – Le monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5778, samedi 20 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5779, dimanche 21 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.



Le second comité est en voie de constitution lors de cette première réunion. Il est sous le patronage de représentants du département et de notabilités civiles et militaires, à savoir le préfet, les sénateurs du département, le député de l’arrondissement de Rethel, le conseiller général du canton.

A ces personnalités, s’ajoutent des comités consacrés par les ministres de l’Intérieur et de la Guerre. De plus, des sous-comités communaux voient le jour afin d’élargir la prospection. C’est ainsi que de nombreux habitants du canton de Chaumont-Porcien participent.


Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. 
Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME

L’on peut remarquer la générosité des Romanais, probablement favorisée par le dynamisme de la famille Merlin. Trente et un souscripteurs ont pu être identifiés, pour une somme totale de 187,50 francs[1], le reste de la somme (soit 96 francs) pouvant correspondre à des dons anonymes, au produit de quêtes effectués lors d’un mariage, à une décision du conseil municipal.

C’est ainsi que, le mercredi 11 novembre 1896, Montmeillant vote la somme de 50 francs pour l’érection d’un monument à la gloire du général[2].


[1] Ce moment a pu être déterminé à partir de trois listes parues dans la presse :

  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-huitième année, cinquième série, n° 3791, vendredi 13 août 1897, page non paginée, vue 1/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.
  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-huitième année, cinquième série, n° 3792, samedi 14 août 1897, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.
  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-huitième année, cinquième série, n° 3801, mercredi 25 août 1897, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.

[2] « Montmeillant. – Subvention. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5677, mercredi 11 novembre 1896, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.


Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME

Les dons ne proviennent pas uniquement des villes ou villages du canton, mais aussi d’autres communes ardennaises : Wasigny[1], Rethel[2], Mézières, Herbigny[3], La Férée[4], Aouste[5], Jandun[6]. Ils peuvent être originaires d’encore plus loin, de Paris[7] ou de Nice par exemple.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est. Cf. « Wasigny. – Souscription en faveur du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5783, jeudi 25 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Justine-Herbigny, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[6] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[7] Actuellement, chef-lieu de la région Île-de-France et siège de la Métropole du Grand Paris.


Lorsqu’il s’agit de faire exécuter le monument, plusieurs solutions sont examinées par les comités lors d’une réunion. Pour les membres présents, l’ouverture d’un concours aura certainement pour conséquence l’envoi de projets d’artistes réputés, tandis que l’absence d’une telle proposition fait courir le risque d’avoir des œuvres plus ordinaires, et d’artistes moins confirmés.


Les comités doivent également tenir compte du coût de cette opération, les ressources demeurant limitées, malgré les fonds accordés par le conseil municipal du village et ceux provenant des nombreux souscripteurs ayant répondu à ce projet. Les sommes recueillies s’élèveraient à environ 15 000 francs.


Lors de ces débats, monsieur Merlin fait part d’une proposition qu’il a reçue du sculpteur ardennais Aristide Croisy[1] : celui-ci se chargerait de l’exécution de l’œuvre à titre gratuit en ce qui concerne son temps et ses honoraires. Seuls seraient à payer « le montant des débours[2] pécuniaires[3] ».

Après un vote, on écarte l’idée d’un concours, pour que monsieur Croisy puisse donner de plus amples renseignements, et ce d’autant plus que l’on souhaite choisir un artiste de la région.


[1] Aristide Croisy (1840-1899), né et décédé à Fagnon Ardennes). Il est connu pour avoir réalisé la statue du général Chanzy à Nouart (Ardennes), le monument aux morts de Sedan après la guerre de 1870.

[2] « Surtout au pluriel. Argent déboursé pour un paiement, une avance. On lui a payé ses débours. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5980, samedi 18 septembre 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 36.


 ED.. RACINE ARCHITECTE » correspond très probablement à la formule latine « edificavit » (ou sa variante orthographique « aedificavit »), signifiant « a fait édifier ». Elle indique que l’architecte Racine a conçu et supervisé la construction du monument. Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
 ED.. RACINE ARCHITECTE » correspond très probablement à la formule latine « edificavit » (ou sa variante orthographique « aedificavit »), signifiant « a fait édifier ». Elle indique que l’architecte Racine a conçu et supervisé la construction du monument. Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Parallèlement, une commission d’architecture réunit quelques membres de la commission du patronage[1], qui habitent pour la plupart Charleville et Mézières. Elle se réunit le 25 avril 1898, et désigne finalement le sculpteur Alphonse Colle[2] et l’architecte Jean Racine[3] pour la réalisation du monument.


[1] Cette commission comprend sept personnes parmi lesquelles se trouvent le préfet des Ardennes, le conseiller général du canton de Chaumont-Porcien, un agent voyer du département, un architecte honoraire du département, un ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et l’archiviste Paul Laurent.

[2] Alphonse Théodore Charles Colle (1857, Charleville – 1935, Paris), élève d’Aristide Croisy, est un sculpteur français connu pour ses bustes de personnalités ardennaises et ses monuments aux morts à Charleville et Mézières, et cofondateur en 1887 de l’Union artistique des Ardennes, destinée à promouvoir la création artistique locale.

[3] Jean François Jules Racine (1827, Metz – 1902, Charleville) fut architecte diocésain à Metz avant de devenir architecte départemental des Ardennes, où il signa plusieurs bâtiments publics et églises.


D’une hauteur de huit à neuf mètres, le monument, posé sur un socle à emmarchement de plan rectangulaire, est à la fois commémoratif et figuratif. Il s’inspire d’un monument funéraire antiquisant en forme d’obélisque tronqué. Il n’est pas réalisé en marbre, comme cela avait été suggéré, mais en pierre de provenances différentes.


L’abréviation « A. COLLE SCULPTR » indique qu’Alphonse Colle est l’auteur de la sculpture du monument du général du Merbion, « sculptr. » étant l’abréviation de « sculptor », signifiant « a sculpté ». Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
L’abréviation « A. COLLE SCULPTR » indique qu’Alphonse Colle est l’auteur de la sculpture du monument du général du Merbion, « sculptr. » étant l’abréviation de « sculptor », signifiant « a sculpté ». Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Pour les parties massives, de la base jusqu’au sommet, on a retenu la pierre de Lérouville[1], essentiellement utilisée dans les ouvrages de maçonnerie. La sculpture du soldat est quant à elle taillée dans des blocs de pierre de Lavoux[2].C’est une pierre blanchâtre qui se patine au fil du temps en raison du calcin[3].


[1] Commune française située actuellement dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département de la Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine.

[3] « Pellicule de calcaire qui se forme à la surface des pierres de taille exposées à la pluie. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Aucun portrait du général du Merbion n’existe, uniquement quelques descriptions dans des fiches administratives. C’est ainsi que l’on sait qu’il mesure selon l’une cinq pieds cinq pouces et demi[1], et une autre cinq pieds et six pouces[2].

Il a des cheveux gris, des sourcils blonds ( avec le sourcil gauche marqué d’une cicatrice), un front haut, des yeux bleus, un nez aquilin, une bouche moyenne, un menton rond et un visage ovale, long et marqué par la petite vérole[3].


[1] Soit un mètre soixante-dix-huit.

[2] Soit un mètre soixante-dix-neuf.

[3] Laurent, Paul, « Notes inédites sur le général du Merbion et la famille militaire Jadart », in Revue historique ardennaise, tome II, année 1895, revue bimestrielle, Paris, A. Picard et fils, 1895, p. 105-169, Paris, A. Picard et fils, 1895, pages 136-137, vue 77/178. Archives départementales des Ardennes, PERH2 2


Gorgonéion. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Gorgonéion. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.


Ce monument met en valeur des attributs militaires, les armoiries du général, ses soldats, ses campagnes et ses victoires. Au sommet du monument, se trouve une cuirasse héroïque, ornée d’un médaillon central ou gorgonéion[1], dont la valeur apotropaïque[2] est censée repousser le mal et paralyser l’ennemi.

D’inspiration romaine[3], le trophée est surmontée d’un bonnet phrygien, marquant ainsi la fidélité de ce général à l’Etat et à la Nation.


[1] Représentation frontale de la tête de Méduse, parfois ornée de serpents, en sculpture ou gravure.

[2] « Qui conjure le mauvais sort, protège contre toute influence mauvaise. Un rite, une formule apotropaïques. Chez les Grecs, la paire de grands yeux qui ornaient la coque des navires de guerre avait une fonction apotropaïque. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] L’on pense à la statue d’Auguste dite de Prima Porta.



Des drapeaux attachés chacun à sa hampe, dotés d’un ruban, et surmontés d’un fer de lance, se déploient au second plan. Des boulets de canon évoquent la puissance de l’artillerie et la guerre, tandis qu’un glaive figure l’autorité et le commandement militaire.


Trois boulets. [Nota bene : la balistique historique, science auxiliaire de l’histoire militaire étudie les projectiles anciens (boulets, balles, grenades), leur fabrication, leur typologie, leur emploi et leurs effets.] Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Trois boulets. [Nota bene : la balistique historique, science auxiliaire de l’histoire militaire étudie les projectiles anciens (boulets, balles, grenades), leur fabrication, leur typologie, leur emploi et leurs effets.] Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Armes de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) : d’azur, avec deux fers de lance d’or en chef et un marteau du même en pointe. [Nota bene : l’héraldique, science auxiliaire de l’histoire, étudie les blasons, armoiries et symboles héraldiques, leur signification, leur composition et leur usage dans les familles, les villes ou les institutions.]
Armes de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) : d’azur, avec deux fers de lance d’or en chef et un marteau du même en pointe. [Nota bene : l’héraldique, science auxiliaire de l’histoire, étudie les blasons, armoiries et symboles héraldiques, leur signification, leur composition et leur usage dans les familles, les villes ou les institutions.]

Armoiries, sabre recourbé et feuilles de chêne. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Armoiries, sabre recourbé et feuilles de chêne. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La partie médiane présente les armoiries de la famille, inscrites dans un médaillon entouré de volutes, flanqué à gauche d’un sabre recourbé et à droite de feuilles de chêne[1]. Les armes sont d’azur, avec deux fers de lance d’or en chef et un marteau du même en pointe[2].


[1] Dans l’armée, ses feuilles symbolisent la puissance du commandement. Cf Cadario, Gervais. Le chêne, Revue historique des Armées, n° 202, mars 1996, pp. 138‑139. Consultable en ligne sur Persée.

[2] « les deux fers de lance étaient une brisure de l’écusson : d’azur à trois marteaux d’or que portaient les Foulon ». Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 374. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.


Pierre Jadart du Merbion participa à plusieurs campagnes avant la Révolution, notamment en Allemagne lors de la guerre de Hanovre, dans des opérations sur mer liées aux déplacements et missions militaires, et en Amérique entre 1765 et 1772, où il accomplit des missions de garnison et de soutien. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Pierre Jadart du Merbion participa à plusieurs campagnes avant la Révolution, notamment en Allemagne lors de la guerre de Hanovre, dans des opérations sur mer liées aux déplacements et missions militaires, et en Amérique entre 1765 et 1772, où il accomplit des missions de garnison et de soutien. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les faces latérales gauche et droite rappellent les victoires de ce général. Sur la première sont gravées les campagnes d’Allemagne, sur mer, et d’Amérique. L’autre comporte les victoires de la campagne d’Italie[1] et des Alpes[2].


[1] Pierre Jadart du Merbion a commandé l’armée d’Italie du 8 août 1793 au 20 novembre 1794.

[2] Victoires de l’armée française, 1214‑1885. Paris : Imprimerie nationale, 1886. In‑4°, 44 ff. Couverture imprimée : « ministère de la Guerre », consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6562710, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 4-LH1-50.


Pierre Jadart du Merbion fut lieutenant-colonel puis colonel en 1792, avant de commander des opérations en Italie de 1792 à 1794, participant à la campagne alpine et aux combats de Saorgio, Garessio et Cairo, consolidant les positions françaises face aux armées austro-sardes. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Pierre Jadart du Merbion fut lieutenant-colonel puis colonel en 1792, avant de commander des opérations en Italie de 1792 à 1794, participant à la campagne alpine et aux combats de Saorgio, Garessio et Cairo, consolidant les positions françaises face aux armées austro-sardes. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La prise de Nice, le 7 vendémiaire an I (28 septembre 1792), marque l’annexion du comté de Nice par la France républicaine. Christophe Saliceti, député corse à la Convention, François Joseph Ritter, général de la Révolution, et Louis Turreau de Linières, général de division, tous trois représentants du peuple, soulignent dans un rapport de novembre 1794 le rôle de Pierre Jadart du Merbion dans la conquête de Saorgio. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La prise de Nice, le 7 vendémiaire an I (28 septembre 1792), marque l’annexion du comté de Nice par la France républicaine. Christophe Saliceti, député corse à la Convention, François Joseph Ritter, général de la Révolution, et Louis Turreau de Linières, général de division, tous trois représentants du peuple, soulignent dans un rapport de novembre 1794 le rôle de Pierre Jadart du Merbion dans la conquête de Saorgio. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les inscriptions gravées sur chacune de ces faces font référence, pour la première, à une phrase extraite d’une lettre envoyée au général Rochon et, pour la seconde, à un extrait du rapport des représentants du peuple[1] en date de novembre 1794.


[1] Antoine Christophe Saliceti (1757‑1809), François Joseph Ritter (1758‑1809), Louis Turreau de Linières (1761‑1797).


Vue rapprochée du haut-relief représentant un soldat. Monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vue rapprochée du haut-relief représentant un soldat. Monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les interprétations du personnage en façade sont variables. Il représenterait un grenadier, un jeune volontaire de la Révolution, ou « un vieux soldat de la campagne d’Italie »[1]. Elles sont, quoi qu’il en soit, toutes compatibles avec la carrière du général.

En effet, en 1780, il était capitaine d’un régiment de grenadiers. Il sert la Révolution après avoir servi le roi, et commande un certain nombre d’opérations comme général en chef de l’armée d’Italie, avant de demander sa retraite en 1794.  


[1] Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-neuvième année, cinquième série, mardi 26 avril 1898, n° 4011, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.


Giberne. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Giberne. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Si l’on observe ce personnage en haut-relief[1], mesurant environ deux mètres soixante, et qui se détache d’un mur rectangulaire, l’on remarque qu’il porte des bottes recouvertes jusqu’aux genoux de guêtres boutonnées, une giberne[2], des bandoulières[3] ou des baudriers[4] croisés dans le dos.

L’uniforme comporte des basques retroussées, des épaulettes aux aiguilles serrées, et des manches avec parements. Il est ouvert sur un gilet boutonné.


[1] Relief en saillie qui adhère à un fond plat. Les formes représentent plus de la moitié du volume réel d’un corps, sans excéder les trois quarts de son volume. Bras, jambes et tête n’ont que quelques points de contact. Cf. Baudry, Marie-Thérèse, avec la collaboration de Dominique Bozo. Sculpture : méthode et vocabulaire. Nouvelle éd. Paris : Éditions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2022. 1 vol. (765 p.) : ill. en coul., 31 cm. Bibliogr. p. 707‑734, glossaire, index, p. 500 et suivantes.

[2] « Boîte recouverte de cuir dans laquelle les soldats mettaient les cartouches et les menus objets nécessaires à l’entretien des armes. Expr. fig. Enfant de giberne, enfant de troupe. Avoir le bâton de maréchal dans sa giberne, de simple soldat pouvoir atteindre à la plus haute dignité militaire et, par extension, être promis à un bel avenir. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] « Bande de cuir ou d’étoffe, passée comme une écharpe d’une épaule à la hanche opposée pour porter un objet. Le fusil en bandoulière. Un sac, une gibecière, un cartable en bandoulière. », selon le Dictionnaire de l’Armée française. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[4] « Bande de cuir ou de toile, portée en écharpe sur l’épaule, et qui sert à soutenir l’épée, le sabre, un tambour ou simplement le ceinturon. Être ceint d’un baudrier. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.




Visage du soldat. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Visage du soldat. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le visage présente des traits burinés, des arcades sourcilières un peu proéminentes, une moustache à la gauloise[1] bien fournie, une mouche[2] sur la lèvre inférieure et un nez aquilin. Les cheveux longs, ramenés derrière la tête, sont attachés à la nuque en un catogan enroulé.


[1] Au XVIIIe siècle, cette moustache était fréquente chez les officiers et à la fin du XIXe elle devient, particulièrement en sculpture, un marqueur identitaire et patriotique après la défaite de 1870-1871.

[2] « Vieilli. Petite touffe de barbe qu’on laisse croître sous la lèvre inférieure. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Bicorne, cocarde et plumet. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Bicorne, cocarde et plumet. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

De la main gauche, le soldat tient un bicorne avec cocarde. De la main droite, il tend une palme de la victoire, de laquelle l’extrémité de la dernière feuille pointe vers la base des armes de la famille Jadart du Merbion.


La branche sculptée représente très probablement du laurier (laurier noble, Laurus nobilis). Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La branche sculptée représente très probablement du laurier (laurier noble, Laurus nobilis). Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Traditionnellement, le chapeau appelé bicorne est orné d’une cocarde et d’un plumet[1]. C’est la coiffure des officiers supérieurs et des généraux dans l’armée royale. En le mettant dans la main d’un soldat, le sculpteur rend hommage au général du Merbion pour sa longue carrière militaire, ses victoires, et l’attention qu’il portait à ses troupes.


[1] La couleur du plumet variait selon le grade et l’arme.


Ce monument est monté et installé en novembre 1898[1], non sur la tombe du général, comme prévu initialement dans le projet de l’abbé Eugène Miroy, puis confirmé par une décision prise lors de la cérémonie de réinhumation[2], mais sur un « terrain voisin de la rue principale de Montmeillant[3] », en faveur duquel le conseil municipal a émis un vœu le jeudi 16 septembre 1897. Il ne reste plus, à ce moment-là, qu’à y graver les inscriptions.


[1] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-neuvième année, n° 6394, mardi 15 novembre 1898, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 38.

[2] « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5747, mercredi 20 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[3] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5980, samedi 18 septembre 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 36.


Le conseil municipal de la commune prévoit et vote des fonds pour l’organisation de la cérémonie, distincts des dépenses consacrées au monument lui-même[1]. En plus des dispositions particulières, sont envisagées les mesures suivantes : l’arrêt exceptionnel de trains et l’organisation d’un banquet.

Il est convenu qu’Alfred Merlin, membre très actif du comité, et héritier de la famille du général, expose des objets lui ayant appartenu : son sabre d’honneur, une montre en or, une boussole, un cachet et divers documents.


[1] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5868, mercredi 26 mai 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.


Le ministère de la Guerre a envisagé que ce soit Arthur Chuquet[1] qui préside la cérémonie. Or, elle n’a pas lieu, pour des raisons non élucidées à ce jour. Elle se déroule finalement en 1925, après la fin de la Première Guerre mondiale[2].


[1] Arthur Maxime Chuquet (1853‑1925), historien militaire français, spécialiste de la Révolution et des guerres napoléoniennes.

[2] « Montmeillant. – Inauguration du monument du général du Merbion et de la plaque commémorative 1914-1918. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, quarante-cinquième année, n° 13895, mercredi 7 octobre 1925, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 91.


Certains Montmeillanais s’émeuvent, en 1911, que la statue soit exposée aux « injures des passants », et signalent qu’une clôture serait la bienvenue[1]. La grille est réalisée quelque temps avant la cérémonie.

Elle est encore présente en 1997, lors du bicentenaire, ce qui est attesté par une décision du conseil municipal qui prévoit d’en réparer les barreaux et de la repeindre. Elle disparait dans le premier quart du XXIe siècle.


[1] Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], quatre-vingt-deuxième année, dimanche 18 & lundi 19 juin 1911, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.


Au souvenir du général du Merbion s’ajoute celui des morts pour la France de 1914-1918[1]. Une plaque de marbre honore ainsi la mémoire de dix-neuf habitants de Montmeillant[2]. Prévoyant son scellement, la commune constate que le monument a besoin de quelques réparations.


[1] Dès 1920, le conseil municipal envisage une souscription pour un monument aux morts, consignée dans le registre des délibérations (14 novembre 1920, folio 6, n° 44 ; 22 mai 1921, folio 10, n° 74 ; 14 août 1921, folio 10, n° 86). Le projet est finalement abandonné au profit du scellement d’une plaque de marbre sur le monument du général du Merbion. Faute de moyens, la commune plante deux sapins de part et d’autre pour célébrer « la Victoire et le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France ». Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/D 5 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série D = documents administratifs ou séries locales autres que l’état civil ; sous-série D 5 : registres des délibérations du conseil municipal de 1919 à 1929.]

[2] Ces derniers sont également évoqués dans un cadre accroché à un mur de l’église.


Pour cela, le sculpteur se déplace et constate dans une lettre[1] envoyée à la mairie que ces dernières sont peu importantes. Il indique que le temps a simplement noirci le monument, ce qui lui donne « un caractère de poudre ».


[1] Monument commémoratif du Général Du Merbion. – Modification et réparation : projet [dossier de 1924]. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/M 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série M = dossiers sur les monuments et constructions publiques, archives de travaux municipaux ou projets spéciaux ; sous-série M 2 : monuments commémoratifs ou militaires.]


Plaque commémorative en hommage aux morts pour la France lors des guerres de 1914-1918 et 1939-1945, scellée sur le monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plaque commémorative en hommage aux morts pour la France lors des guerres de 1914-1918 et 1939-1945, scellée sur le monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le dimanche 4 octobre 1925 ont lieu en même temps l’inauguration du monument et la pose de la plaque commémorative. La cérémonie se déroule en présence du préfet, de sénateurs et de députés des Ardennes.

Paul Laurent, l’archiviste à l’origine de la souscription pour l’érection du monument, est également là et y prononce une allocution[1]. Malheureusement, les trois représentants de la famille Merlin, très impliqués dans ce projet, sont décédés entre temps[2].


[1] « Montmeillant. – La famille, la biographie et le monument du général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, quarante-cinquième année, n° 13898, dimanche 4 octobre 1925, page 3, vue 3/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 91.

[2] Ce destin tragique a touché les bienfaiteurs de la famille Merlin :

  • Alfred Merlin, né le 3 décembre 1855 à La Romagne, est décédé le 1er septembre 1906 à Reims. Cf. Archives communales de Reims, 1E/483, acte n° 1704, vue 447/712, consultable en ligne [série E = archives communales déposées, sous-série 1E = registres d’état civil, cote 1E483 = dates de décès du 19 juillet au 30 décembre 1906 (de l’acte n°1332 au n°2448 sexter.]
  • Son frère aîné, Paul Merlin, né le 30 juillet 1846 à La Romagne, est mort à Reims le 15 décembre 1909 (Archives communales de Reims, 1E/504, acte n° 2349, vue 615/708 [série E = archives communales déposées, sous-série 1E = registres d’état civil, cote 1E504 = dates de décès du 22 juillet au 31 décembre 1909 (de l’acte n°1383 bis au n°2453). Table annuelle.
  • Charles Merlin, fils d’Alfred et neveu de Paul, est né à Warnécourt (Ardennes) le 20 mars 1881 et est décédé le 12 juillet 1916 à Dugny-sur-Meuse (Meuse).


Cadre commémoratif en hommage aux morts pour la France 1914-1918, conservé dans l’église Saint-Roch de Montmeillant. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Cadre commémoratif en hommage aux morts pour la France 1914-1918, conservé dans l’église Saint-Roch de Montmeillant. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La matinée est à la tristesse et au recueillement avec un cortège musical de Signy-L’Abbaye[1], une délégation du 91e régiment, dans lequel Pierre du Merbion a été lieutenant-colonel en février 1792, puis colonel quelques mois plus tard. Une foule nombreuse rassemblant les habitants du village et des villages voisins se presse à cet évènement, relaté dans toute la presse ardennaise.

Dans le défilé se trouvent les parents des soldats morts en 1914-1918, les enfants des écoles, les pompiers de Montmeillant, mais aussi ceux de Draize[2] et de La Romagne.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Brevet de général de division de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) conservé à la mairie de Montmeillant (Ardennes), avec l’aimable autorisation de monsieur Raphaël Lacaille, maire de la commune. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Brevet de général de division de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) conservé à la mairie de Montmeillant (Ardennes), avec l’aimable autorisation de monsieur Raphaël Lacaille, maire de la commune. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Cette journée s’achève sur des discours émouvants, rappelant le sacrifice des jeunes hommes du village, et sur un rappel historique de la carrière du général du Merbion. Quant à monsieur Douce conseiller général et membre du comité du patronage, il remet officiellement le monument à monsieur Varlet, maire de Montmeillant, qui l’accepte au nom du village.


Vue générale du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vue générale du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dès le mois d’avril 1996, le conseil municipal de Montmeillant se prépare à célébrer le bicentenaire du général du Merbion. Il reçoit le soutien du 3e régiment du Génie, stationné à la caserne du Merbion.

Celui-ci participe au nettoyage du monument, et organise avec la commune une prise d’armes, ainsi qu’un défilé du bas de l’église[1] jusqu’au monument le samedi 26 avril 1997[2].


[1] La tombe a fait l’objet de travaux de réfection. Avec le temps, les gravures s’étaient effacées et la fragilité de la pierre interdisait toute intervention directe. Une nouvelle plaque en granit noir a donc été posée et gravée à l’identique.

[2] Fabien Marc Lendo, commandant dans l’Armée de Terre, le major Jean-Pierre Garnier et Quentin Hascher, réserviste citoyen de l’Armée de Terre au 3ᵉ régiment du Génie, ont indiqué que cet événement n’avait fait l’objet d’aucune couverture médiatique au-delà de la presse locale. Ils ont renvoyé au périodique Cercle des collectionneurs de Signy-L’Abbaye, hors-série n° 1, intitulé « Pierre Jadart du Merbion dit Dumerbion : une gloire de Montmeillant » (1er trimestre 1997), dirigé par Christine Albert. Publié à Signy-L’Abbaye par la mairie et le Cercle des collectionneurs de Signy-L’Abbaye, ce périodique de 55 pages comprend un article rédigé par le major Jean-Pierre Garnier, lequel a transmis à l’auteure une version amendée de son texte.


D’autres cérémonies se déroulent en 2011, puis en 2022, au cours desquelles sont rappelés la gloire de ce général, et le sacrifice des jeunes Montmeillanais durant les deux conflits mondiaux.


Sous l’Ancien Régime, les grades dans l’armée royale sont indiqués par des signes distinctifs portés sur l’uniforme, notamment les épaulettes. Musée de l’Armée – hôtel des Invalides. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 8 janvier 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Sous l’Ancien Régime, les grades dans l’armée royale sont indiqués par des signes distinctifs portés sur l’uniforme, notamment les épaulettes. Musée de l’Armée – hôtel des Invalides. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 8 janvier 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Quant aux objets qui ont appartenu au général du Merbion, aucun ne figure à l’inventaire du musée de l’Armée – hôtel national des Invalides[1]. Contrairement à ce qui avait été prévu dans le projet initial, ils n’ont pu être exposés à aucun moment : le sabre d’honneur aurait disparu pendant la Première Guerre mondiale, les autres objets et les papiers restants auraient fait l’objet d’un don par un des membres de la famille Merlin au 91e régiment d’infanterie.

Celui-ci est dissous en 1962. Les objets seraient alors passés au musée de l’Infanterie de Montpellier, fermé en 2010. Les souvenirs du général auraient alors été transférés, mais sans y être présentés, à la salle d’honneur de l’infanterie, une structure ouverte aux écoles militaires de Draguignan. Sans aucune certitude, ils pourraient se trouver dans des caisses non inventoriées, ou en cours d’inventaire, selon des courriels échangés avec la conservatrice en charge du lieu[2].


[1] À la suite d’une recherche effectuée dans les bases de données du musée de l’Armée – Hôtel des Invalides, par le département contemporain du Service des collections et du patrimoine, aucune mention ni aucun objet attribuable au général Pierre Jadart du Merbion n’a été identifié dans les inventaires (Jordan Gaspin, chargé d’études documentaires principal).

[2] Le sous-lieutenant Delphine Thoumsin, conservatrice de la salle d’honneur de l’Infanterie et adjointe du pôle muséal des écoles militaires de Draguignan EMD / EI / DFI / SHI, a indiqué à l’auteure que les collections sont actuellement conservées en réserve externalisée et non directement accessibles, qu’un inventaire manuscrit est en cours de numérisation, et qu’aucune identification certaine du don ou des objets concernés n’a pu être établie à ce stade ; elle a par ailleurs rappelé le décalage chronologique entre la dissolution du 91ᵉ RI (1962) et la création du musée de l’Infanterie (1969), ce qui ne permet pas d’assurer que les objets concernés aient effectivement intégré les collections conservées.


Epaulettes. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Epaulettes. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Arc de Triomphe (Paris), pilier sud, côté avenue des Champs-Élysées – avenue Kléber : colonne 23, dédiée aux armées de Dalmatie, d’Égypte, d’Espagne, du Portugal, d’Andalousie, d’Aragon, de Catalogne et du Midi, où le général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797), figure comme quatrième nom inscrit parmi les noms gravés sous l’Arc de Triomphe, aux côtés des inscriptions des batailles.
Arc de Triomphe (Paris), pilier sud, côté avenue des Champs-Élysées – avenue Kléber : colonne 23, dédiée aux armées de Dalmatie, d’Égypte, d’Espagne, du Portugal, d’Andalousie, d’Aragon, de Catalogne et du Midi, où le général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797), figure comme quatrième nom inscrit parmi les noms gravés sous l’Arc de Triomphe, aux côtés des inscriptions des batailles.

La quête mémorielle de ce legs montre toute la difficulté de la conservation d’objets et de documents écrits, même s’ils sont déposés auprès d’institutions.

Se pose alors la question de faire perdurer plus de deux cents ans après, le souvenir d’un homme à la fois modeste et brillant, né et mort dans un petit village ardennais, qui a côtoyé et agi avec ceux qui ont marqué la Révolution, puis le Premier Empire, au point que son nom est gravé en 1836 dans le pilier sud, 23e colonne de l’Arc de Triomphe.


Acte de naissance du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 2  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 2 = baptêmes, mariages, sépultures 1691-1754,  page non foliotée, vue 134/202, consultable en ligne.
Acte de naissance du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 2  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 2 = baptêmes, mariages, sépultures 1691-1754,  page non foliotée, vue 134/202, consultable en ligne.