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La Romagne, ses instituteurs et ses institutrices

Les enseignants ont occupé leur poste à La Romagne (Ardennes) durant plusieurs années, voire quelques décennies, montrant leur attachement à l’enseignement en milieu rural…


Les instituteurs de l’école de garçons à La Romagne

Première République (21 septembre 1792 – 18 mai 1804)
1793 : Paré, Jean Christophe est signalé comme instituteur dans un acte de naissance en date du 19 pluviôse an III du calendrier républicain[1], alors que dans deux actes postérieurs il est dit manouvrier[2].

[1] Soit le 7 février 1795.
[2] « Paysan qui ne dispose que d’outils manuels, par opposition au laboureur, qui possède un attelage » ou « ouvrier qui travaille de ses mains et à la journée », selon le Dictionnaire de l’Académie Française. Ne pas confondre avec manœuvrier (« marin qui commande ou exécute la manœuvre, à bord d’un navire » ; « chef qui dirige la manœuvre des troupes de terre » ; « personne qui excelle à manœuvrer, dans son intérêt ou dans celui de son parti »).
An IV (du 23 septembre 1795 au 21 septembre 1796) : Hulin, Augustin, né le 26 février 1756 et décédé le 7 février 1833 à Saint-Jean-aux-Bois (Ardennes). Il est déjà le maître d’école de Saint-Jean-aux-Bois (Ardennes) quand l’enseignement des enfants de La Romagne est rattaché administrativement à ce village.
An XII (du 24 septembre 1803 au 22 septembre 1804) : Davaux, Pierre.
La rédaction de livres élémentaires a été décrétée par la Convention en l’an II de la Première République.

Premier Empire (18 mai 1804 – 4 avril 1814 ; 20 mars – 7 juillet 1815)
Avant 1808 (et jusqu’en 1816) au moins : Hezette, Joseph.
Le 15 août 1808, le décret napoléonien sur l’éducation édicte que les écoles doivent suivre les « principes de l’Église catholique ».

Seconde Restauration (7 juillet 1815 – 2 août 1830)
1819-1821 : Fréal, Pierre Remi, né le 4 septembre 1769 à Seraincourt (Ardennes), marié à Hauteville (Ardennes) le 18 juin 1971 avec Marie Anne La Croix. Il décède le 20 février 1853 à Doumely-Bégny (Ardennes).
1821-1823 : Fréal, Pierre Etienne, né à Hauteville (Ardennes), fils du précédent. Il se marie à La Romagne le 13 août 1821 avec Marie Françoise Boudié puis, en secondes noces (le 25 juin 1851), avec Anne Marguerite Hubert à Doumely-Bégny (Ardennes).
1823-1830 : Lefèvre, Jean-Baptiste, né le 26 juillet 1806 au Fréty (Ardennes). Il a tout juste dix-sept ans lorsqu’il enseigne à la Romagne. Il exerce dans les Ardennes à Hargnies, Charleville, Attigny, Launois-sur-Vence et Raucourt, où il décède le 12 septembre 1866.
Selon l’ordonnance du 29 février 1816, les communes doivent s’assurer que les enfants qui y habitent reçoivent une instruction primaire. Elles peuvent se regrouper au niveau du canton.

Monarchie de Juillet (9 août 1830 – 24 février 1848) & Deuxième République (24 février 1848 – 2 décembre 1852)
1833 : Aubry, Victor Louis, né à Rocquigny (Ardennes) le 21 brumaire an V[1]. Il se marie à La Romagne le 8 janvier 1824 avec Marie-Célestine Mauroy.

[1] Soit le 11 novembre 1796.
1834 : Buridan, Jean-Baptiste, né le 20 octobre 1812. Il se marie en 1833 le 17 septembre avec Catherine Eugénie Delarbre.
De 1834 à 1846, en l’absence de liste ou d’indications, il est difficile de connaître les instituteurs. Ceux-ci, qui sont souvent appelés comme témoins des naissances, figurent généralement sur les registres d’état-civil. Mais à cette époque, ce rôle a été tenu par Joseph Hezette (arpenteur), Pierre Davaux (maréchal-ferrant), Nicolas Richard (profession non précisée), Jean Baptiste Devie (propriétaire).
1846 : Graux, Victor Louis, né vers 1823 à Rouvroy-sur-Audry (Ardennes) et décédé à Aiglemont (Ardennes) le 9 novembre 1896. Il se marie à La Romagne le 21 mai 1848. Il enseigne toujours dans la commune en 1857. Il rejoint en 1869 Aiglemont (Ardennes) puis en 1873 Villers-Semeuse (Ardennes).
La loi Guizot du 28 juin 1833 fixe l’obligation pour chaque département d’avoir une école normale de garçons, et donc d’assurer la formation adéquate des instituteurs. Sous la Deuxième République, Hippolyte Carnot, soucieux des élèves et de leurs parents, prépare une loi sur la gratuité scolaire et l’obligation de l’instruction. Il veut d’autre part améliorer le sort des instituteurs, tout en se préoccupant de l’éducation des adultes.

Second Empire (2 décembre 1852 – 4 septembre 1870)
1860 : Canon, Jacques Richard, né le 21 mai 1813 à Mainbresson (Ardennes), marié à Marie Olive Pierrot. Il a enseigné avant cette date aux Hautes-Rivières (Ardennes) puis exerce à Hannogne-Saint-Rémy (Ardennes) en 1868.
1862 : Waharte, Louis Hippolyte, né le 15 novembre 1836 à Guignicourt-sur-Vence (Ardennes) et décédé à Rocquigny (Ardennes) le 3 septembre 1869. Il intègre l’école normale en 1858, enseigne à La Romagne puis à Rocquigny (Ardennes).
1864-1867 : Fossier, Jean–Louis Achille, né à Haraucourt (Ardennes)[1] le 27 juillet 1840. Les première et deuxième publications de son mariage avec Lucie Zoé Aubry sont établies à La Romagne les dimanches 21 et 28 août 1864[2]. La cérémonie est célébrée à Maubert-Fontaine (Ardennes) le 6 septembre 1864[3]. Il enseigne à La-Neuville-aux-Tourneurs (Ardennes) avant 1864. Il perçoit sa pension en 1896[4] après plus de trente-cinq ans d’enseignement.

[1] Canton de Raucourt (Ardennes).
[2] Archives départementales des Ardennes, 2E 369 5 [sous-série 2E = archives communales déposées, articles 2E 369 1-10 = registres paroissiaux et d’état civil de La Romagne, baptêmes, mariages, sépultures, cote 2E 369 5 = années 1863-1872], publications de mariage de Jean–Louis Achille Fossier des dimanches 21 et 28 août 1864, vue 17/177.
[3] Archives départementales des Ardennes, 2E 282 7 [sous-série 2E = archives communales déposées, articles 2E 282 1-20 = registres paroissiaux et d’état civil de Maubert-Fontaine (Ardennes), baptêmes, mariages, sépultures, cote 2E 282 7 = années 1863-1872], acte de mariage de Jean–Louis Achille Fossier, vue 70/403 et suivantes.
[4] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-5314, Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 13e année, n° 1 (1er janv. 1881) – 76e année, n° 204 (24/25 août 1944) ; 76e année, n° 74 (8 sept. 1944) – n° 303 (31 décembre 2015), vingt-huitième année, n° 237 du mardi 1e septembre 1896, décret du vendredi 14 août 1896, page 4927, vue 9/18, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, département du Centre technique du livre, 2009-100524.
1867-1876 : Flécheux, Jacques Nicolas, né le 16 novembre 1843 à Inaumont (Ardennes). Il intègre l’école normale en 1861.
La loi Duruy du 10 avril 1867 sur l’enseignement primaire annonce les lois Ferry de 1881 et 1882.

Troisième République (4 septembre 1870 – 10 juillet 1940)
1878 : Gosset Joseph Emile, né à La Hardoye (Ardennes) le 6 mars 1839. Il exerce à Grandchamp (Ardennes), puis à Wagnon (Ardennes), avant d’être affecté à La Romagne.
1883 : Picart, Remi Omer Arsène, né le 24 mars 1851 à Saint-Jean-aux-Bois (Ardennes).
1886 : Patat, Adolphe Adonis. Auparavant, il avait enseigné dans l’Aisne. Après La Romagne, il est en poste à Auge (Ardennes), Sorcy (Ardennes)[1] et termine sa carrière à Any[2] (Aisne).

[1] Sorcy-Bauthémont (Ardennes) aujourd’hui.
[2] Actuellement, Any-Martin-Rieux (Ardennes).
1891 : Guérard, Hippolyte, né le 18 mars 1841 aux censes Corbineaux près de Rocroi (Ardennes), rejoint cette année-là son poste à La Romagne.
1898 : Hulot, Louis Eugène Emile. Il était auparavant titulaire à Euilly-et-Lombut (Ardennes). Il est encore en poste en 1902.
1906 : Goury, Arthur. Il a enseigné autour de 1892 dans les ArdennesMonthermé, à Faissault, à Servion et au Fréty).
1909-1924 : Bion, Edmond, né à Signy-l’Abbaye (Ardennes). Il décède le 19 février 1945 à Saint-Georges-de-Rex (Deux-Sèvres). Il enseigne à Fleigneux (Ardennes) en 1897.
Pour la presse républicaine de cette époque, l’instituteur s’apparente à un missionnaire laïque, en particulier dans les campagnes. Il devient ainsi un « hussard noir de la République ».

Les institutrices de l’école de filles à La Romagne

Second Empire (2 décembre 1852 – 4 septembre 1870)
1866-1874 : Lemoine, Eucharistie (née Auzanne). Elle exerce ensuite à Tourteron (Ardennes).
Sous la IIe République, la loi Falloux établit en mars 1850 que toute commune de plus de 800 habitants doit avoir une école primaire pour filles (contre un seuil de 500 villageois pour une école de garçons).

Troisième République (4 septembre 1870 – 10 juillet 1940)
1881 : Auzanne, Léontine, née le 3 octobre 1861 à La Romagne. Elle s’y marie avec Louis Alloy. Elle est titulaire d’un brevet élémentaire[1], obtenu à la session de juillet 1873. Avant son installation à La Romagne, elle a enseigné successivement dans les Ardennes à Thiéry-Pré[2], Seraincourt et Saint-Jean-aux-Bois.

[1] Archives départementales des Ardennes, 1T 192 [série T = enseignement, affaires culturelles, sports depuis 1800, sous-série 1T = enseignement, fonds versés par la préfecture, l’inspection académique, les établissements d’enseignement], délivrance de brevet de capacité pour l’enseignement primaire.
[2] Hameau du Fréty (Ardennes).
1883 : Mademoiselle Godart.
1885-1891 : Colas, Maria. Elle enseigne ensuite à Gué-d’Hossus (Ardennes).
1891 : Madame Gilquin (nommée par le préfet en date du 10 novembre). Elle exerçait auparavant à Thiéry-Pré (Ardennes).
Avant 1898 : Madame Detante, née Draptin, titulaire nommée ensuite à Senuc (Ardennes).
1898 : Boucher, Marie-Alix, née le 3 décembre 1869 à Charleville (Ardennes). Elle exerçait auparavant à Tagnon (Ardennes). Elle se marie à La Romagne en 1904 avec Pierre Genesseaux, lui aussi instituteur.
Vers 1905 : mademoiselle Christophe. Elle est nommée ensuite à Warcq (Ardennes).
1905-1924 : mademoiselle Sinet, Maria Eugénie, née le 6 août 1870, à Montmeillant (Ardennes). Avant d’occuper le poste de La Romagne, elle a enseigné dans les Ardennes à Saint-Germainmont, Gespunsart, Vivier-au-Court et Saint-Pierremont. Elle est nommée à Novion-Porcien (Ardennes)[1] à partir de 1922.

[1] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 78, « Mouvement dans le personnel enseignant des Ardennes » [chronique locale et régionale], in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, quarante-et-unième année, n° 12956, vendredi 18 août 1922, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].
Selon la loi Duruy de 1867, toutes les communes de plus de 500 habitants doivent avoir une école primaire de filles. Quoique La Romagne (Ardennes) n’ait jamais atteint ce seuil, elle a pu tout de même offrir une éducation pour les femmes grâce à la philanthropie d’une romanaise.

Les instituteurs et institutrices de l’école mixte à La Romagne

Troisième République (4 septembre 1870 – 10 juillet 1940)
1924-1953 : Jonart, Constant Jules René, né le 31 mai 1898 à Mouzon (Ardennes). Il enseignait auparavant à Rimogne (Ardennes)[1].

[1] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 86, « Personnel enseignant des Ardennes » [chronique locale et régionale], in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, quarante-quatrième année, n° 13568, samedi 30 août 1924, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].
Monsieur Constant Jules René Jonart a enseigné à l’école mixte de La Romagne (Ardennes) de sa création à la fermeture de l’ancien bâtiment scolaire, remplacé en 1954 par la nouvelle mairie-école.

Photo de classe de la mairie-école de La Romagne (Ardennes) avec Marie Malherbe née Grulet (institutrice), photographie ancienne en noir et blanc (collection privée, avec l’aimable autorisation de Georges Malherbe).
Photo de classe de la mairie-école de La Romagne (Ardennes) avec Marie Malherbe née Grulet (institutrice), photographie ancienne en noir et blanc (collection privée, avec l’aimable autorisation de Georges Malherbe).
Quatrième République (27 octobre 1946 – 4 octobre 1958)
1953-1966 : Malherbe, Marie, née Grulet le 7 mars 1917 à Mainbressy (Ardennes) et décédée le 2 mai 1995 à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
Madame Marie Malherbe née Grulet, qui a enseigné à l’école mixte de La Romagne (Ardennes), a été la dernière institutrice du village. Lui ont succédé deux instituteurs.
Enfants dans la cour de la mairie-école (inaugurée en 1954) de La Romagne (Ardennes), photographie ancienne en noir et blanc (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Yves Albertini †).
Enfants dans la cour de la mairie-école (inaugurée en 1954) de La Romagne (Ardennes), photographie ancienne en noir et blanc (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Yves Albertini †).

Photo de classe de la mairie-école de La Romagne (Ardennes) avec monsieur Debac [sous réserve], instituteur, photographie ancienne en noir et blanc (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Eric Malherbe).
Photo de classe de la mairie-école de La Romagne (Ardennes) avec monsieur Debac [sous réserve], instituteur, photographie ancienne en noir et blanc (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Eric Malherbe).
Cinquième République (Depuis le 4 octobre 1958)
1966-1969 : monsieur Debac.
1969-1991 : Fleury, Pierre. Il n’enseigne plus en classe unique, en raison du regroupement scolaire.
1991 : fermeture définitive de l’école.
Il n’y a plus d’école à La Romagne (Ardennes) depuis les années 1990. Selon des données du ministère de l’Education nationale, le nombre d’établissements scolaires publics de niveau maternelle ou élémentaire immatriculés en France en 1982 est passé de 61 373 à 44 312 à la rentrée 2021, soit une baisse de 17 061 écoles en quarante ans.
Photo de classe de la mairie-école de La Romagne (Ardennes) avec monsieur Pierre Fleury [sous réserve], instituteur photographie ancienne en noir et blanc (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Eric Malherbe).
Photo de classe de la mairie-école de La Romagne (Ardennes) avec monsieur Pierre Fleury [sous réserve], instituteur photographie ancienne en noir et blanc (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Eric Malherbe).