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La Romagne, Montmeillant et le monument du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797)


[1] le 30 avril 1737 à Montmeillant[2], Pierre Jadart du Merbion, général en chef de l’armée d’Italie et des Alpes jusqu’en 1794, décède[3] dans ce même village, le 25 février[4].


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 2 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 2 = baptêmes, mariages, sépultures 1691-1754, page non foliotée, vue 134/202, consultable en ligne [Nota bene : certains cahiers sont en mauvais état, notamment pour 1691-1692. Les années 1693, 1704 et 1710 sont manquantes. Pour 1706, 1709 et 1713, la minute et la grosse sont conservées ; en 1714, la grosse est incomplète. La période 1718-1726 est très fragmentaire : minutes tronquées ou incomplètes, grosses partielles (dont une rédigée en 1731), et un cahier de grosse couvrant l’ensemble de la période.]

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 6 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 6 = décès 1793-1812, en mauvais état de l’an VII à 1812.], page non foliotée, vue 18/77, consultable en ligne.

[4] 7 ventôse An V.


Dalle funéraire de Pierre Jadart du Merbion, père du général du même nom, inhumé dans l’église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Dalle funéraire de Pierre Jadart du Merbion, père du général du même nom, inhumé dans l’église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Alors que son père[1] repose sous une dalle funéraire à l’intérieur de l’église du village, il est inhumé dans le petit cimetière qui l’entoure, et y reste enseveli jusque dans les années 1860[2], date à laquelle, à l’initiative du jeune curé de la paroisse, son exhumation est décidée.


[1] Portant le même nom, Pierre Jadart du Merbion, et exerçant également la carrière militaire, né et mort dans le même village, il ne s’en distingue que par ses dates de naissance et de décès (1692-1759).

[2] Meyrac, Albert, « Montmeillant & le général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5656, mardi 20 octobre 1896, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.


Gisant de l’abbé Eugène Miroy – René de Saint-Marceaux (1845‑1915), bronze, 33 x 202 x 90 cm, 1872, musée des Beaux-Arts de Reims (numéro d’inventaire D.2012.1.2). Commandé par la Ville de Reims après l’exécution de l’abbé Miroy par les Prussiens en 1871, ce gisant réaliste représente l’instant fatal de sa mort, symbolisant courage et fidélité. L’original est conservé au musée, tandis que des copies en résine se trouvent au cimetière du Nord de Reims et à Cuchery, village où il exerçait son ministère.
Gisant de l’abbé Eugène Miroy – René de Saint-Marceaux (1845‑1915), bronze, 33 x 202 x 90 cm, 1872, musée des Beaux-Arts de Reims (numéro d’inventaire D.2012.1.2). Commandé par la Ville de Reims après l’exécution de l’abbé Miroy par les Prussiens en 1871, ce gisant réaliste représente l’instant fatal de sa mort, symbolisant courage et fidélité. L’original est conservé au musée, tandis que des copies en résine se trouvent au cimetière du Nord de Reims et à Cuchery, village où il exerçait son ministère.


L’abbé Eugène Miroy[1], souhaite rendre hommage à ce militaire en procédant à une nouvelle inhumation, et en érigeant un monument à sa mémoire. En attendant la réalisation de ce projet, les ossements du général sont exhumés, conservés dans une petite caisse en bois déposée au presbytère. Une souscription est ouverte, mais elle ne recueille pas l’intérêt du public[2].


[1] L’abbé Eugène Miroy, né le 24 novembre 1828 à Mouzon (Ardennes), est fusillé par les Prussiens le 12 février 1871 à Reims. À l’issue d’une visite au musée des Beaux-Arts de Reims (Marne), Catherine Drouin, professeur-relais au service des publics, a communiqué à l’auteure, par courriel du jeudi 4 mai 2017, des informations sur la sculpture de René de Saint-Marceaux représentant le gisant de l’abbé Miroy, ainsi que des photographies à titre documentaire.

[2] Sergines, « Trente ans dans un grenier » [les échos], in Les Annales politiques et littéraires : revue populaire paraissant le dimanche, Paris : [s.n.], 1883-1939, n° 2212, 15 novembre 1925, page 504, vue 4/28. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-5269, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, FOL-LC2-4214.


Acte de décès du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 6  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 6 = décès 1793-1812, en mauvais état de l’an VII à 1812.],  page non foliotée, vue 18/77, consultable en ligne.
Acte de décès du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 6  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 6 = décès 1793-1812, en mauvais état de l’an VII à 1812.],  page non foliotée, vue 18/77, consultable en ligne.

Le projet n’a toujours pas abouti en 1865, faute d’argent au moment où l’abbé Eugène Miroy est nommé pour quelques années curé de Joigny-sur-Meuse[1], avant de rejoindre ensuite la cure de Cuchery[2].


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.


Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant. – Maison natale du général du Merbion ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant. – Maison natale du général du Merbion ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

« La maison natale de Du Merbion est encore debout. Elle est en dehors du village, de l’autre côté du chemin de fer, au lieudit Beauchamp, nom que prit un oncle de notre illustre compatriote, Jean Jadart, mort commandant en Louisiane C’est une demeure des plus modestes ; une toiture d’ardoise remplace le chaume rustique qui abrita plusieurs générations. »

Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach Matot‑Braine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 370. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

Signature de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach Matot‑Braine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 374. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.
Signature de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach Matot‑Braine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 374. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

Les ossements sont relégués dans le grenier presbytéral, et y restent jusqu’à la fin du XIXe siècle, et ce d’autant plus, qu’entre temps, la guerre franco-prussienne de 1870-1871 a éclaté, et que le village de Montmeillant en a souffert.


Carte postale ancienne colorisée, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion. – Porte le nom du chevalier du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) le 30 avril 1737. – Lieutenant au bataillon des milices de Rethel. – Capitaine de grenadiers à l’époque de la Révolution. – Colonel au 91e régiment d’Infanterie. – Général de brigade en 1792. – Général de division en 1793. – Général en chef de l’armée d’Italie. – La Convention, en lui accordant sa pension de retraite, ajouta cette déclaration honorable à son décret : Du Merbion est non seulement un général républicain, mais encore un des généraux les plus instruits de la France ». Décédé à Montmeillant le 25 février 1797 ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Carte postale ancienne colorisée, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion. – Porte le nom du chevalier du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) le 30 avril 1737. – Lieutenant au bataillon des milices de Rethel. – Capitaine de grenadiers à l’époque de la Révolution. – Colonel au 91e régiment d’Infanterie. – Général de brigade en 1792. – Général de division en 1793. – Général en chef de l’armée d’Italie. – La Convention, en lui accordant sa pension de retraite, ajouta cette déclaration honorable à son décret : Du Merbion est non seulement un général républicain, mais encore un des généraux les plus instruits de la France ». Décédé à Montmeillant le 25 février 1797 ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Jadart, Henri, Le général Pierre Jadart du Merbion: 1737-1797: documents sur son origine, sa famille et ses états de services. Rethel : G. Beauvarlet, 1892. 20 p., p. 3. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Jadart, Henri, Le général Pierre Jadart du Merbion: 1737-1797: documents sur son origine, sa famille et ses états de services. Rethel : G. Beauvarlet, 1892. 20 p., p. 3. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion (91e régiment d’Infanterie) . – Porte le nom du général du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) 1737-1797, d’abord capitaine des grenadiers sous la Révolution, puis commandant en chef de l’armée d’Italie ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion (91e régiment d’Infanterie) . – Porte le nom du général du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) 1737-1797, d’abord capitaine des grenadiers sous la Révolution, puis commandant en chef de l’armée d’Italie ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Ce général n’est cependant pas tombé dans l’oubli. Le ministre de la Guerre[1], en 1887, pour redonner quelque fierté à la population après la défaite de Sedan[2], survenue le 1er septembre 1870, décide que les établissements militaires des Ardennes recevront de nouveaux noms.

Ainsi, la caserne B de Mézières[3] reçoit celui de caserne du Merbion[4], tandis que le conseil municipal, après en avoir délibéré le 22 août 1891, décide de donner à l’une des rues macériennes le nom de ce général[5].


[1] Le général Boulanger est ministre de la Guerre du 7 janvier 1886 au 18 mai 1887 ; le général Ferron lui succède du 30 mai au 4 décembre 1887.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Charleville-Mézières, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Jadart, Henri, Le général Pierre Jadart du Merbion: 1737-1797: documents sur son origine, sa famille et ses états de services. Rethel : G. Beauvarlet, 1892. 20 p., p. 3. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

[5] En 2016, elle est rebaptisée « rue du 3ᵉ Génie » par décision du maire Boris Ravignon, sur proposition du colonel Charles Michel.


Plaque toponymique de la rue Général du Merbion. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plaque toponymique de la rue Général du Merbion. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le monument, installé en 1898, est représenté sans sa grille de protection (réalisée après 1911) et avant la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914 1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument sont peu visibles sur le cliché. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes) : monument érigé à la mémoire du général du Merbion ». Cachet postal au verso : 11 septembre 1911. Librairie-photographie Nicaise (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Le monument, installé en 1898, est représenté sans sa grille de protection (réalisée après 1911) et avant la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914‑1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument sont peu visibles sur le cliché. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes) : monument érigé à la mémoire du général du Merbion ». Cachet postal au verso : 11 septembre 1911. Librairie-photographie Nicaise (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

En 1997, à Montmeillant, lors de la préparation du bicentenaire de sa mort, deux habitants demandent que la rue principale soit officiellement nommée rue du Merbion, appellation déjà consacrée par l’usage. Le conseil municipal accepte, sous réserve de l’accord des autorités compétentes, qui est donné[1].


[1] Consultation sur place en mairie des délibérations du conseil municipal de 1988 à nos jours, avec l’aimable autorisation de Raphaël Lacaille, maire de Montmeillant [documents non cotés.]

Lieu-dit du Merbion (détail). [Charleville-Mézières-Sedan], n° 78, Feuille 43e. Carte générale de la France, gravée par Nicolas Chalmandrier, lettres par Le Roy le jeune, sous la direction de César François Cassini de Thury. France : dépôt de la guerre, 1759-1760. Échelle 1:86 400. Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-53095169, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE FF-18595 (78), document numérique, consultable en ligne sur Gallica.
Lieu-dit du Merbion (détail). [Charleville-Mézières-Sedan], n° 78, Feuille 43e. Carte générale de la France, gravée par Nicolas Chalmandrier, lettres par Le Roy le jeune, sous la direction de César François Cassini de Thury. France : dépôt de la guerre, 1759-1760. Échelle 1:86 400. Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-53095169, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE FF-18595 (78), document numérique, consultable en ligne sur Gallica.

La « translation des restes mortels[1] » de ce général a lieu un siècle plus tôt, le jeudi 3 décembre 1896[2], après plusieurs décennies d’oubli. Elle est célébrée par le curé de la paroisse[3], l’abbé Perlier.


[1] Cet événement est relaté dans plusieurs journaux :

  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-septième année, cinquième série, n° 3571, samedi 5 décembre 1896, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.
  • « Translation des restes mortels du général du Merbion » [chronique] in Revue de Champagne et de Brie : histoire, biographie, archéologie, documents inédits, bibliographie, beaux-arts, dir. Léon Frémont, deuxième série, tome IX, vingt-et-unième année (Paris : H. Menu, 1897 ; Arcis-sur-Aube : L. Frémont, impr., 1884–1901), page 61, vue 67/984, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-12775, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC19-116.
  • « Cérémonie patriotique à Montmeillant » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5701, samedi 5 décembre 1896, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.

[2] Un auteur indique de façon erronée la date du 3 novembre. Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 371. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

[3] « Montmeillant. » [chronique locale] in Bulletin du diocèse de Reims : revue religieuse, historique et littéraire, vingt-neuvième année, n° 50, samedi 12 décembre 1896, page 614, vue 598/1023. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-10685, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC11-842 (7).


Vestiges du Merbion, lieu-dit de Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le lundi 22 novembre 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vestiges du Merbion, lieu-dit de Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le lundi 22 novembre 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les édiles et la population se rassemblent pour accompagner la dépouille, portée par trois sous-officiers d’artillerie et un sous-officier de sapeurs-pompiers de Montmeillant, précédés du drapeau tricolore.


Cette photographie est postérieure au dimanche 4 octobre 1925 (date de la pose commémorative des soldats morts pour la France en 1914 1918). Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Le monument au général du Merbion (1737-1797), érigé en 1899, et la plaque commémorative aux morts 1914-1918, inaugurés le 4 octobre 1925 ».  A. Wilmet, éditeur Photographe, Rethel (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Cette photographie est postérieure au dimanche 4 octobre 1925 (date de la pose commémorative des soldats morts pour la France en 1914‑1918). Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Le monument au général du Merbion (1737-1797), érigé en 1899, et la plaque commémorative aux morts 1914-1918, inaugurés le 4 octobre 1925 ».  A. Wilmet, éditeur Photographe, Rethel (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Quelques conseillers municipaux[1] tiennent les cordons du poêle[2], tandis que monsieur Jaillot, sous-lieutenant de chasseurs à pied, et alors ingénieur agricole de la ferme du Bois de Château[3], porte le sabre d’honneur[4] du général Merbion, sur laquelle est gravée sa devise : « Je suis ferme comme une roche[5] ».


[1] Il s’agit de messieurs Onézime Lelièvre (un des vice-présidents du comité d’initiative), Philogène Lantenois, messieurs Ernest Lelièvre et Pâté-Lelièvre.

[2] « Drap mortuaire noir ou violet dont on couvre le cercueil lors des cérémonies funèbres. Expr. Tenir les cordons du poêle, naguère, tenir les cordonnets reliés à ce drap et, aujourd’hui, marcher à côté du cercueil ou immédiatement derrière. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] Aujourd’hui, domaine du Bois de Château, sur la D 56, à Montmeillant.

[4] D’après un auteur, celui-ci est entre les mains de « M. Charles Merlin de Reims », tandis que son « sabre de combat » aurait été donné par la « citoyenne Merlin, nièce de du Merbion », au général Marès, qui, alors jeune officier, a été l’ aide de camp du général durant la campagne d’Italie. Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 371.

[5] Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 371.


Onézime Lelièvre souligne, à propos du discours de monsieur Merlin que ce dernier, l’un de ses descendants, « est venu vous retracer mieux que je n’aurais pu le faire la brillante carrière du général du Merbion[1] ».

A ce propos, une remarque s’impose : Pierre Jadart du Merbion est resté célibataire et n’a pas eu de descendance connue. Monsieur Merlin, apparenté à sa famille, n’est donc pas un descendant direct mais un parent collatéral.


[1] « Cérémonie patriotique à Montmeillant » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5701, samedi 5 décembre 1896, page 3, vue 3/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.


Cette photographie date d’avant novembre 1898, représentant le monument en chantier avec trois blocs de pierre, sans inscriptions, sans grille, et sans plaque commémorative. Le trophée militaire révolutionnaire et le soldat de la République sont déjà représentés sur le monument. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée, « Montmeillant. – Monument commémoratif. Erigé à la mémoire du général du Merbion, né le 30 avril 1737 à Montmeillant. Commandant en chef de l’armée d’Italie (1737-1797). Un trophée composé d’attributs militaires du temps de la Révolution surmonte ce monument où un soldat de la République vient y déposer la palme du Vainqueur ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Cette photographie date d’avant novembre 1898, représentant le monument en chantier avec trois blocs de pierre, sans inscriptions, sans grille, et sans plaque commémorative. Le trophée militaire révolutionnaire et le soldat de la République sont déjà représentés sur le monument. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée, « Montmeillant. – Monument commémoratif. Erigé à la mémoire du général du Merbion, né le 30 avril 1737 à Montmeillant. Commandant en chef de l’armée d’Italie (1737-1797). Un trophée composé d’attributs militaires du temps de la Révolution surmonte ce monument où un soldat de la République vient y déposer la palme du Vainqueur ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Deux mois plus tard, le 25 février 1897, l’on célèbre le centenaire de sa mort[1], occasion pour la presse locale de publier des éléments biographiques sur lui[2]. Le projet d’élever un monument à sa gloire ressurgit. Des comités se forment depuis quelque temps, pour organiser une souscription publique[3], qui va rencontrer cette-fois un grand succès.


[1] La transcription des discours a été publiée dans l’article « Centenaire du général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5785, samedi 27 février 1897, pages 2 et 3, vues 2/4 et 3/4, consultables en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] « Montmeillant. – Centenaire de la mort du général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5772, dimanche 14 février 1897, pages 1 et 2, vues 1/4 et 2/4, consultables en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[3] Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-septième année, cinquième série, n° 3563, jeudi 26 novembre 1896, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.


Cette photographie est postérieure à 1925, présentant le monument après la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914 1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument restent partiellement lisibles. La grille de protection, installée avant 1925, est visible. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Monument du général du Merbion, sur lequel on a placé la plaque commémorative de la Grande Guerre 1914-1918 ». Mention manuscrite au verso : « Gendarme Chassin René – Prévôté d’étapes – Secteur postal n° 2. Bons souvenirs, et amical bonjour de Montmeillant (Ardennes) ». Librairie Dernelle, Signy-l’Abbaye (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Cette photographie est postérieure à 1925, présentant le monument après la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914‑1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument restent partiellement lisibles. La grille de protection, installée avant 1925, est visible. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Monument du général du Merbion, sur lequel on a placé la plaque commémorative de la Grande Guerre 1914-1918 ». Mention manuscrite au verso : « Gendarme Chassin René – Prévôté d’étapes – Secteur postal n° 2. Bons souvenirs, et amical bonjour de Montmeillant (Ardennes) ». Librairie Dernelle, Signy-l’Abbaye (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

A l’initiative de l’élévation de ce monument se trouve Paul Laurent (1860‑1935), archiviste-paléographe affecté au département des Ardennes, et directeur de la Revue historique ardennaise. Il est d’ailleurs l’auteur d’une notice établie en grande partie grâce aux documents en possession de la famille Merlin[1].


[1] Laurent, Paul, « Notes inédites sur le général du Merbion et la famille militaire Jadart », in Revue historique ardennaise, tome II, année 1895, revue bimestrielle, Paris, A. Picard et fils, 1895, p. 105-169, vue 61/178 et suivantes, consultables en ligne. Archives départementales des Ardennes, PERH2 2.


Église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes), vue extérieure. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes), vue extérieure. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dès le 3 décembre, après la cérémonie de réinhumation du corps du général, la décision est entérinée, ainsi que la création de deux comités. Le premier à voir le jour est le comité local, ou comité d’initiative, dont Alfred Merlin est le président, tandis que son frère Paul et son fils Charles en sont membres.

Les degrés de parenté qui lient la famille Merlin au général Pierre Jadart du Merbion sont les suivants :

  • Marie-Jeanne Merlin (née le 5 mai 1753 à La Romagne) : fille de Prudence Jadart Merlin, la sœur du général = nièce ;
  • François Merlin[1] (né le 11 janvier 1782 à La Romagne), fils naturel de la nièce = petit-neveu = neveu au second degré ;
  • Jean-Baptiste Merlin (né le 16 novembre 1818 à La Romagne) : fils du petit-neveu = arrière-petit-neveu = neveu au troisième degré ;
  • Paul (né le 30 juillet 1846 à La Romagne) et Alfred Merlin (né le 3 décembre 1855) : fils de l’arrière-petit-neveu = arrière-arrière-petits-neveux = neveux au 4ᵉ degré ;
  • Charles Merlin (né le 20 novembre 1881 à Warnécourt[2]) : fils de l’arrière-arrière-petit-neveu = arrière-arrière-arrière-petit-neveu = neveu au 5ᵉ degré.

[1] La date et le lieu de son décès n’apparaissent pas dans les registres. Certains auteurs ont pu le confondre, à cause d’une homonymie, avec François Merlin (1715‑1787), né le 5 avril 1715 à La Romagne et décédé le 5 août 1787 dans la même localité.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.



Des échanges épistolaires attestent par ailleurs les liens entre la famille Merlin et le général du Merbion, comme le rapportent Paul Laurent et Albert Baudon dans l’article qu’ils consacrent chacun à ce général, et dans lequel ils publient de larges extraits d’une lettre du 28 brumaire an III[1] que ce dernier adresse de Nice (armée d’Italie)[2] à sa sœur Marie-Anne habitant Montmeillant.

Il envoie, dans ce courrier, « mille amitiés à Merline[3] » (surnom hypocoristique[4]) qui est désignée dans les notes de bas de page[5] comme étant celui de sa soeur Prudence, épouse de François Merlin de La Romagne.

Or, il ne peut être question de celle-ci, puisqu’elle est décédée le 29 avril 1791 à La Romagne, et que la lettre date de 1794. Il pourrait donc s’agir plutôt de sa nièce Marie-Jeanne[6], célibataire vivant dans ce village, et dont il est à la fois l’oncle et le parrain, et sur laquelle il aurait reporté son affection.


[1] Soit le 18 novembre 1794.

[2] Nice, commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

[3] Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 373. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

[4] « Se dit d’une forme ou d’une tournure qui exprime une intention tendre, affectueuse. « Fifille » est un exemple de redoublement hypocoristique. Les suffixes de « sœurette » et de « frérot » ont une valeur hypocoristique. « Bijou », « chou » ont des emplois hypocoristiques. Subst. Un hypocoristique. « Margot », « Jeannot », etc., sont des hypocoristiques. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[5] « Depuis son mariage avec François Merlin [le 28 janvier 1744], Prudence Jadart fut appelée familièrement Merline, surtout par sa sœur Marie-Anne ». Cf. Laurent, Paul, « Notes inédites sur le général du Merbion et la famille militaire Jadart », in Revue historique ardennaise, tome II, année 1895, revue bimestrielle, p. 105-169, Paris, A. Picard et fils, 1895, page 110, vue 64/178, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, PERH2 2.

[6] Marie-Jeanne, née le 5 mai 1753, et décédée le 23 janvier 1829 à La Romagne (Ardennes).


Le comité d’initiative est chargé d’organiser le projet et de recueillir les souscriptions (monsieur Baudrillard, instituteur à Montmeillant, en est le secrétaire-trésorier[1]). Il comprend plus de cent cinquante personnes, dont une douzaine est originaire de La Romagne[2].


[1] « Montmeillant. – Hirson. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5542, vendredi 15 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] La publication des participants s’étale sur quatre numéros du Petit Ardennais :

  • « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5747, mercredi 20 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.
  • « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5751, dimanche 24 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.
  • « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5756, vendredi 29 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.
  • « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. – Quatrième et dernière liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5761, mercredi 3 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

Il prévoit de se réunir symboliquement le jeudi 25 février 1897, date du centenaire du décès de Pierre Jadart du Merbion[1]. Il est rappelé dans la presse locale que « le ministre de la Guerre vient d’accorder une subvention de 500 fr. en faveur du monument du général du Merbion, et d’autoriser MM. les officiers en garnison dans les Ardennes à participer individuellement à cette œuvre patriotique[2] ».


[1] « Montmeillant. – Le monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5778, samedi 20 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5779, dimanche 21 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.



Le second comité est en voie de constitution lors de cette première réunion. Il est sous le patronage de représentants du département et de notabilités civiles et militaires, à savoir le préfet, les sénateurs du département, le député de l’arrondissement de Rethel, le conseiller général du canton.

A ces personnalités, s’ajoutent des comités consacrés par les ministres de l’Intérieur et de la Guerre. De plus, des sous-comités communaux voient le jour afin d’élargir la prospection. C’est ainsi que de nombreux habitants du canton de Chaumont-Porcien participent.


Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. 
Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME

L’on peut remarquer la générosité des Romanais, probablement favorisée par le dynamisme de la famille Merlin. Trente et un souscripteurs ont pu être identifiés, pour une somme totale de 187,50 francs[1], le reste de la somme (soit 96 francs) pouvant correspondre à des dons anonymes, au produit de quêtes effectués lors d’un mariage, à une décision du conseil municipal.

C’est ainsi que, le mercredi 11 novembre 1896, Montmeillant vote la somme de 50 francs pour l’érection d’un monument à la gloire du général[2].


[1] Ce moment a pu être déterminé à partir de trois listes parues dans la presse :

  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-huitième année, cinquième série, n° 3791, vendredi 13 août 1897, page non paginée, vue 1/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.
  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-huitième année, cinquième série, n° 3792, samedi 14 août 1897, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.
  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-huitième année, cinquième série, n° 3801, mercredi 25 août 1897, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.

[2] « Montmeillant. – Subvention. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5677, mercredi 11 novembre 1896, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.


Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME

Les dons ne proviennent pas uniquement des villes ou villages du canton, mais aussi d’autres communes ardennaises : Wasigny[1], Rethel[2], Mézières, Herbigny[3], La Férée[4], Aouste[5], Jandun[6]. Ils peuvent être originaires d’encore plus loin, de Paris[7] ou de Nice par exemple.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est. Cf. « Wasigny. – Souscription en faveur du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5783, jeudi 25 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Justine-Herbigny, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[6] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[7] Actuellement, chef-lieu de la région Île-de-France et siège de la Métropole du Grand Paris.


Lorsqu’il s’agit de faire exécuter le monument, plusieurs solutions sont examinées par les comités lors d’une réunion. Pour les membres présents, l’ouverture d’un concours aura certainement pour conséquence l’envoi de projets d’artistes réputés, tandis que l’absence d’une telle proposition fait courir le risque d’avoir des œuvres plus ordinaires, et d’artistes moins confirmés.


Les comités doivent également tenir compte du coût de cette opération, les ressources demeurant limitées, malgré les fonds accordés par le conseil municipal du village et ceux provenant des nombreux souscripteurs ayant répondu à ce projet. Les sommes recueillies s’élèveraient à environ 15 000 francs.


Lors de ces débats, monsieur Merlin fait part d’une proposition qu’il a reçue du sculpteur ardennais Aristide Croisy[1] : celui-ci se chargerait de l’exécution de l’œuvre à titre gratuit en ce qui concerne son temps et ses honoraires. Seuls seraient à payer « le montant des débours[2] pécuniaires[3] ».

Après un vote, on écarte l’idée d’un concours, pour que monsieur Croisy puisse donner de plus amples renseignements, et ce d’autant plus que l’on souhaite choisir un artiste de la région.


[1] Aristide Croisy (1840-1899), né et décédé à Fagnon Ardennes). Il est connu pour avoir réalisé la statue du général Chanzy à Nouart (Ardennes), le monument aux morts de Sedan après la guerre de 1870.

[2] « Surtout au pluriel. Argent déboursé pour un paiement, une avance. On lui a payé ses débours. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5980, samedi 18 septembre 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 36.


 ED.. RACINE ARCHITECTE » correspond très probablement à la formule latine « edificavit » (ou sa variante orthographique « aedificavit »), signifiant « a fait édifier ». Elle indique que l’architecte Racine a conçu et supervisé la construction du monument. Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
 ED.. RACINE ARCHITECTE » correspond très probablement à la formule latine « edificavit » (ou sa variante orthographique « aedificavit »), signifiant « a fait édifier ». Elle indique que l’architecte Racine a conçu et supervisé la construction du monument. Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Parallèlement, une commission d’architecture réunit quelques membres de la commission du patronage[1], qui habitent pour la plupart Charleville et Mézières. Elle se réunit le 25 avril 1898, et désigne finalement le sculpteur Alphonse Colle[2] et l’architecte Jean Racine[3] pour la réalisation du monument.


[1] Cette commission comprend sept personnes parmi lesquelles se trouvent le préfet des Ardennes, le conseiller général du canton de Chaumont-Porcien, un agent voyer du département, un architecte honoraire du département, un ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et l’archiviste Paul Laurent.

[2] Alphonse Théodore Charles Colle (1857, Charleville – 1935, Paris), élève d’Aristide Croisy, est un sculpteur français connu pour ses bustes de personnalités ardennaises et ses monuments aux morts à Charleville et Mézières, et cofondateur en 1887 de l’Union artistique des Ardennes, destinée à promouvoir la création artistique locale.

[3] Jean François Jules Racine (1827, Metz – 1902, Charleville) fut architecte diocésain à Metz avant de devenir architecte départemental des Ardennes, où il signa plusieurs bâtiments publics et églises.


D’une hauteur de huit à neuf mètres, le monument, posé sur un socle à emmarchement de plan rectangulaire, est à la fois commémoratif et figuratif. Il s’inspire d’un monument funéraire antiquisant en forme d’obélisque tronqué. Il n’est pas réalisé en marbre, comme cela avait été suggéré, mais en pierre de provenances différentes.


L’abréviation « A. COLLE SCULPTR » indique qu’Alphonse Colle est l’auteur de la sculpture du monument du général du Merbion, « sculptr. » étant l’abréviation de « sculptor », signifiant « a sculpté ». Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
L’abréviation « A. COLLE SCULPTR » indique qu’Alphonse Colle est l’auteur de la sculpture du monument du général du Merbion, « sculptr. » étant l’abréviation de « sculptor », signifiant « a sculpté ». Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Pour les parties massives, de la base jusqu’au sommet, on a retenu la pierre de Lérouville[1], essentiellement utilisée dans les ouvrages de maçonnerie. La sculpture du soldat est quant à elle taillée dans des blocs de pierre de Lavoux[2].C’est une pierre blanchâtre qui se patine au fil du temps en raison du calcin[3].


[1] Commune française située actuellement dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département de la Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine.

[3] « Pellicule de calcaire qui se forme à la surface des pierres de taille exposées à la pluie. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Aucun portrait du général du Merbion n’existe, uniquement quelques descriptions dans des fiches administratives. C’est ainsi que l’on sait qu’il mesure selon l’une cinq pieds cinq pouces et demi[1], et une autre cinq pieds et six pouces[2].

Il a des cheveux gris, des sourcils blonds ( avec le sourcil gauche marqué d’une cicatrice), un front haut, des yeux bleus, un nez aquilin, une bouche moyenne, un menton rond et un visage ovale, long et marqué par la petite vérole[3].


[1] Soit un mètre soixante-dix-huit.

[2] Soit un mètre soixante-dix-neuf.

[3] Laurent, Paul, « Notes inédites sur le général du Merbion et la famille militaire Jadart », in Revue historique ardennaise, tome II, année 1895, revue bimestrielle, Paris, A. Picard et fils, 1895, p. 105-169, Paris, A. Picard et fils, 1895, pages 136-137, vue 77/178. Archives départementales des Ardennes, PERH2 2


Gorgonéion. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Gorgonéion. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.


Ce monument met en valeur des attributs militaires, les armoiries du général, ses soldats, ses campagnes et ses victoires. Au sommet du monument, se trouve une cuirasse héroïque, ornée d’un médaillon central ou gorgonéion[1], dont la valeur apotropaïque[2] est censée repousser le mal et paralyser l’ennemi.

D’inspiration romaine[3], le trophée est surmontée d’un bonnet phrygien, marquant ainsi la fidélité de ce général à l’Etat et à la Nation.


[1] Représentation frontale de la tête de Méduse, parfois ornée de serpents, en sculpture ou gravure.

[2] « Qui conjure le mauvais sort, protège contre toute influence mauvaise. Un rite, une formule apotropaïques. Chez les Grecs, la paire de grands yeux qui ornaient la coque des navires de guerre avait une fonction apotropaïque. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] L’on pense à la statue d’Auguste dite de Prima Porta.



Des drapeaux attachés chacun à sa hampe, dotés d’un ruban, et surmontés d’un fer de lance, se déploient au second plan. Des boulets de canon évoquent la puissance de l’artillerie et la guerre, tandis qu’un glaive figure l’autorité et le commandement militaire.


Trois boulets. [Nota bene : la balistique historique, science auxiliaire de l’histoire militaire étudie les projectiles anciens (boulets, balles, grenades), leur fabrication, leur typologie, leur emploi et leurs effets.] Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Trois boulets. [Nota bene : la balistique historique, science auxiliaire de l’histoire militaire étudie les projectiles anciens (boulets, balles, grenades), leur fabrication, leur typologie, leur emploi et leurs effets.] Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Armes de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) : d’azur, avec deux fers de lance d’or en chef et un marteau du même en pointe. [Nota bene : l’héraldique, science auxiliaire de l’histoire, étudie les blasons, armoiries et symboles héraldiques, leur signification, leur composition et leur usage dans les familles, les villes ou les institutions.]
Armes de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) : d’azur, avec deux fers de lance d’or en chef et un marteau du même en pointe. [Nota bene : l’héraldique, science auxiliaire de l’histoire, étudie les blasons, armoiries et symboles héraldiques, leur signification, leur composition et leur usage dans les familles, les villes ou les institutions.]

Armoiries, sabre recourbé et feuilles de chêne. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Armoiries, sabre recourbé et feuilles de chêne. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La partie médiane présente les armoiries de la famille, inscrites dans un médaillon entouré de volutes, flanqué à gauche d’un sabre recourbé et à droite de feuilles de chêne[1]. Les armes sont d’azur, avec deux fers de lance d’or en chef et un marteau du même en pointe[2].


[1] Dans l’armée, ses feuilles symbolisent la puissance du commandement. Cf Cadario, Gervais. Le chêne, Revue historique des Armées, n° 202, mars 1996, pp. 138‑139. Consultable en ligne sur Persée.

[2] « les deux fers de lance étaient une brisure de l’écusson : d’azur à trois marteaux d’or que portaient les Foulon ». Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 374. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.


Pierre Jadart du Merbion participa à plusieurs campagnes avant la Révolution, notamment en Allemagne lors de la guerre de Hanovre, dans des opérations sur mer liées aux déplacements et missions militaires, et en Amérique entre 1765 et 1772, où il accomplit des missions de garnison et de soutien. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Pierre Jadart du Merbion participa à plusieurs campagnes avant la Révolution, notamment en Allemagne lors de la guerre de Hanovre, dans des opérations sur mer liées aux déplacements et missions militaires, et en Amérique entre 1765 et 1772, où il accomplit des missions de garnison et de soutien. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les faces latérales gauche et droite rappellent les victoires de ce général. Sur la première sont gravées les campagnes d’Allemagne, sur mer, et d’Amérique. L’autre comporte les victoires de la campagne d’Italie[1] et des Alpes[2].


[1] Pierre Jadart du Merbion a commandé l’armée d’Italie du 8 août 1793 au 20 novembre 1794.

[2] Victoires de l’armée française, 1214‑1885. Paris : Imprimerie nationale, 1886. In‑4°, 44 ff. Couverture imprimée : « ministère de la Guerre », consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6562710, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 4-LH1-50.


Pierre Jadart du Merbion fut lieutenant-colonel puis colonel en 1792, avant de commander des opérations en Italie de 1792 à 1794, participant à la campagne alpine et aux combats de Saorgio, Garessio et Cairo, consolidant les positions françaises face aux armées austro-sardes. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Pierre Jadart du Merbion fut lieutenant-colonel puis colonel en 1792, avant de commander des opérations en Italie de 1792 à 1794, participant à la campagne alpine et aux combats de Saorgio, Garessio et Cairo, consolidant les positions françaises face aux armées austro-sardes. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La prise de Nice, le 7 vendémiaire an I (28 septembre 1792), marque l’annexion du comté de Nice par la France républicaine. Christophe Saliceti, député corse à la Convention, François Joseph Ritter, général de la Révolution, et Louis Turreau de Linières, général de division, tous trois représentants du peuple, soulignent dans un rapport de novembre 1794 le rôle de Pierre Jadart du Merbion dans la conquête de Saorgio. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La prise de Nice, le 7 vendémiaire an I (28 septembre 1792), marque l’annexion du comté de Nice par la France républicaine. Christophe Saliceti, député corse à la Convention, François Joseph Ritter, général de la Révolution, et Louis Turreau de Linières, général de division, tous trois représentants du peuple, soulignent dans un rapport de novembre 1794 le rôle de Pierre Jadart du Merbion dans la conquête de Saorgio. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les inscriptions gravées sur chacune de ces faces font référence, pour la première, à une phrase extraite d’une lettre envoyée au général Rochon et, pour la seconde, à un extrait du rapport des représentants du peuple[1] en date de novembre 1794.


[1] Antoine Christophe Saliceti (1757‑1809), François Joseph Ritter (1758‑1809), Louis Turreau de Linières (1761‑1797).


Vue rapprochée du haut-relief représentant un soldat. Monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vue rapprochée du haut-relief représentant un soldat. Monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les interprétations du personnage en façade sont variables. Il représenterait un grenadier, un jeune volontaire de la Révolution, ou « un vieux soldat de la campagne d’Italie »[1]. Elles sont, quoi qu’il en soit, toutes compatibles avec la carrière du général.

En effet, en 1780, il était capitaine d’un régiment de grenadiers. Il sert la Révolution après avoir servi le roi, et commande un certain nombre d’opérations comme général en chef de l’armée d’Italie, avant de demander sa retraite en 1794.  


[1] Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-neuvième année, cinquième série, mardi 26 avril 1898, n° 4011, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.


Giberne. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Giberne. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Si l’on observe ce personnage en haut-relief[1], mesurant environ deux mètres soixante, et qui se détache d’un mur rectangulaire, l’on remarque qu’il porte des bottes recouvertes jusqu’aux genoux de guêtres boutonnées, une giberne[2], des bandoulières[3] ou des baudriers[4] croisés dans le dos.

L’uniforme comporte des basques retroussées, des épaulettes aux aiguilles serrées, et des manches avec parements. Il est ouvert sur un gilet boutonné.


[1] Relief en saillie qui adhère à un fond plat. Les formes représentent plus de la moitié du volume réel d’un corps, sans excéder les trois quarts de son volume. Bras, jambes et tête n’ont que quelques points de contact. Cf. Baudry, Marie-Thérèse, avec la collaboration de Dominique Bozo. Sculpture : méthode et vocabulaire. Nouvelle éd. Paris : Éditions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2022. 1 vol. (765 p.) : ill. en coul., 31 cm. Bibliogr. p. 707‑734, glossaire, index, p. 500 et suivantes.

[2] « Boîte recouverte de cuir dans laquelle les soldats mettaient les cartouches et les menus objets nécessaires à l’entretien des armes. Expr. fig. Enfant de giberne, enfant de troupe. Avoir le bâton de maréchal dans sa giberne, de simple soldat pouvoir atteindre à la plus haute dignité militaire et, par extension, être promis à un bel avenir. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] « Bande de cuir ou d’étoffe, passée comme une écharpe d’une épaule à la hanche opposée pour porter un objet. Le fusil en bandoulière. Un sac, une gibecière, un cartable en bandoulière. », selon le Dictionnaire de l’Armée française. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[4] « Bande de cuir ou de toile, portée en écharpe sur l’épaule, et qui sert à soutenir l’épée, le sabre, un tambour ou simplement le ceinturon. Être ceint d’un baudrier. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.




Visage du soldat. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Visage du soldat. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le visage présente des traits burinés, des arcades sourcilières un peu proéminentes, une moustache à la gauloise[1] bien fournie, une mouche[2] sur la lèvre inférieure et un nez aquilin. Les cheveux longs, ramenés derrière la tête, sont attachés à la nuque en un catogan enroulé.


[1] Au XVIIIe siècle, cette moustache était fréquente chez les officiers et à la fin du XIXe elle devient, particulièrement en sculpture, un marqueur identitaire et patriotique après la défaite de 1870-1871.

[2] « Vieilli. Petite touffe de barbe qu’on laisse croître sous la lèvre inférieure. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Bicorne, cocarde et plumet. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Bicorne, cocarde et plumet. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

De la main gauche, le soldat tient un bicorne avec cocarde. De la main droite, il tend une palme de la victoire, de laquelle l’extrémité de la dernière feuille pointe vers la base des armes de la famille Jadart du Merbion.


La branche sculptée représente très probablement du laurier (laurier noble, Laurus nobilis). Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La branche sculptée représente très probablement du laurier (laurier noble, Laurus nobilis). Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Traditionnellement, le chapeau appelé bicorne est orné d’une cocarde et d’un plumet[1]. C’est la coiffure des officiers supérieurs et des généraux dans l’armée royale. En le mettant dans la main d’un soldat, le sculpteur rend hommage au général du Merbion pour sa longue carrière militaire, ses victoires, et l’attention qu’il portait à ses troupes.


[1] La couleur du plumet variait selon le grade et l’arme.


Ce monument est monté et installé en novembre 1898[1], non sur la tombe du général, comme prévu initialement dans le projet de l’abbé Eugène Miroy, puis confirmé par une décision prise lors de la cérémonie de réinhumation[2], mais sur un « terrain voisin de la rue principale de Montmeillant[3] », en faveur duquel le conseil municipal a émis un vœu le jeudi 16 septembre 1897. Il ne reste plus, à ce moment-là, qu’à y graver les inscriptions.


[1] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-neuvième année, n° 6394, mardi 15 novembre 1898, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 38.

[2] « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5747, mercredi 20 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[3] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5980, samedi 18 septembre 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 36.


Le conseil municipal de la commune prévoit et vote des fonds pour l’organisation de la cérémonie, distincts des dépenses consacrées au monument lui-même[1]. En plus des dispositions particulières, sont envisagées les mesures suivantes : l’arrêt exceptionnel de trains et l’organisation d’un banquet.

Il est convenu qu’Alfred Merlin, membre très actif du comité, et héritier de la famille du général, expose des objets lui ayant appartenu : son sabre d’honneur, une montre en or, une boussole, un cachet et divers documents.


[1] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5868, mercredi 26 mai 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.


Le ministère de la Guerre a envisagé que ce soit Arthur Chuquet[1] qui préside la cérémonie. Or, elle n’a pas lieu, pour des raisons non élucidées à ce jour. Elle se déroule finalement en 1925, après la fin de la Première Guerre mondiale[2].


[1] Arthur Maxime Chuquet (1853‑1925), historien militaire français, spécialiste de la Révolution et des guerres napoléoniennes.

[2] « Montmeillant. – Inauguration du monument du général du Merbion et de la plaque commémorative 1914-1918. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, quarante-cinquième année, n° 13895, mercredi 7 octobre 1925, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 91.


Certains Montmeillanais s’émeuvent, en 1911, que la statue soit exposée aux « injures des passants », et signalent qu’une clôture serait la bienvenue[1]. La grille est réalisée quelque temps avant la cérémonie.

Elle est encore présente en 1997, lors du bicentenaire, ce qui est attesté par une décision du conseil municipal qui prévoit d’en réparer les barreaux et de la repeindre. Elle disparait dans le premier quart du XXIe siècle.


[1] Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], quatre-vingt-deuxième année, dimanche 18 & lundi 19 juin 1911, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.


Au souvenir du général du Merbion s’ajoute celui des morts pour la France de 1914-1918[1]. Une plaque de marbre honore ainsi la mémoire de dix-neuf habitants de Montmeillant[2]. Prévoyant son scellement, la commune constate que le monument a besoin de quelques réparations.


[1] Dès 1920, le conseil municipal envisage une souscription pour un monument aux morts, consignée dans le registre des délibérations (14 novembre 1920, folio 6, n° 44 ; 22 mai 1921, folio 10, n° 74 ; 14 août 1921, folio 10, n° 86). Le projet est finalement abandonné au profit du scellement d’une plaque de marbre sur le monument du général du Merbion. Faute de moyens, la commune plante deux sapins de part et d’autre pour célébrer « la Victoire et le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France ». Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/D 5 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série D = documents administratifs ou séries locales autres que l’état civil ; sous-série D 5 : registres des délibérations du conseil municipal de 1919 à 1929.]

[2] Ces derniers sont également évoqués dans un cadre accroché à un mur de l’église.


Pour cela, le sculpteur se déplace et constate dans une lettre[1] envoyée à la mairie que ces dernières sont peu importantes. Il indique que le temps a simplement noirci le monument, ce qui lui donne « un caractère de poudre ».


[1] Monument commémoratif du Général Du Merbion. – Modification et réparation : projet [dossier de 1924]. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/M 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série M = dossiers sur les monuments et constructions publiques, archives de travaux municipaux ou projets spéciaux ; sous-série M 2 : monuments commémoratifs ou militaires.]


Plaque commémorative en hommage aux morts pour la France lors des guerres de 1914-1918 et 1939-1945, scellée sur le monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plaque commémorative en hommage aux morts pour la France lors des guerres de 1914-1918 et 1939-1945, scellée sur le monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le dimanche 4 octobre 1925 ont lieu en même temps l’inauguration du monument et la pose de la plaque commémorative. La cérémonie se déroule en présence du préfet, de sénateurs et de députés des Ardennes.

Paul Laurent, l’archiviste à l’origine de la souscription pour l’érection du monument, est également là et y prononce une allocution[1]. Malheureusement, les trois représentants de la famille Merlin, très impliqués dans ce projet, sont décédés entre temps[2].


[1] « Montmeillant. – La famille, la biographie et le monument du général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, quarante-cinquième année, n° 13898, dimanche 4 octobre 1925, page 3, vue 3/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 91.

[2] Ce destin tragique a touché les bienfaiteurs de la famille Merlin :

  • Alfred Merlin, né le 3 décembre 1855 à La Romagne, est décédé le 1er septembre 1906 à Reims. Cf. Archives communales de Reims, 1E/483, acte n° 1704, vue 447/712, consultable en ligne [série E = archives communales déposées, sous-série 1E = registres d’état civil, cote 1E483 = dates de décès du 19 juillet au 30 décembre 1906 (de l’acte n°1332 au n°2448 sexter.]
  • Son frère aîné, Paul Merlin, né le 30 juillet 1846 à La Romagne, est mort à Reims le 15 décembre 1909 (Archives communales de Reims, 1E/504, acte n° 2349, vue 615/708 [série E = archives communales déposées, sous-série 1E = registres d’état civil, cote 1E504 = dates de décès du 22 juillet au 31 décembre 1909 (de l’acte n°1383 bis au n°2453). Table annuelle.
  • Charles Merlin, fils d’Alfred et neveu de Paul, est né à Warnécourt (Ardennes) le 20 mars 1881 et est décédé le 12 juillet 1916 à Dugny-sur-Meuse (Meuse).


Cadre commémoratif en hommage aux morts pour la France 1914-1918, conservé dans l’église Saint-Roch de Montmeillant. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Cadre commémoratif en hommage aux morts pour la France 1914-1918, conservé dans l’église Saint-Roch de Montmeillant. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La matinée est à la tristesse et au recueillement avec un cortège musical de Signy-L’Abbaye[1], une délégation du 91e régiment, dans lequel Pierre du Merbion a été lieutenant-colonel en février 1792, puis colonel quelques mois plus tard. Une foule nombreuse rassemblant les habitants du village et des villages voisins se presse à cet évènement, relaté dans toute la presse ardennaise.

Dans le défilé se trouvent les parents des soldats morts en 1914-1918, les enfants des écoles, les pompiers de Montmeillant, mais aussi ceux de Draize[2] et de La Romagne.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Brevet de général de division de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) conservé à la mairie de Montmeillant (Ardennes), avec l’aimable autorisation de monsieur Raphaël Lacaille, maire de la commune. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Brevet de général de division de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) conservé à la mairie de Montmeillant (Ardennes), avec l’aimable autorisation de monsieur Raphaël Lacaille, maire de la commune. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Cette journée s’achève sur des discours émouvants, rappelant le sacrifice des jeunes hommes du village, et sur un rappel historique de la carrière du général du Merbion. Quant à monsieur Douce conseiller général et membre du comité du patronage, il remet officiellement le monument à monsieur Varlet, maire de Montmeillant, qui l’accepte au nom du village.


Vue générale du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vue générale du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dès le mois d’avril 1996, le conseil municipal de Montmeillant se prépare à célébrer le bicentenaire du général du Merbion. Il reçoit le soutien du 3e régiment du Génie, stationné à la caserne du Merbion.

Celui-ci participe au nettoyage du monument, et organise avec la commune une prise d’armes, ainsi qu’un défilé du bas de l’église[1] jusqu’au monument le samedi 26 avril 1997[2].


[1] La tombe a fait l’objet de travaux de réfection. Avec le temps, les gravures s’étaient effacées et la fragilité de la pierre interdisait toute intervention directe. Une nouvelle plaque en granit noir a donc été posée et gravée à l’identique.

[2] Fabien Marc Lendo, commandant dans l’Armée de Terre, le major Jean-Pierre Garnier et Quentin Hascher, réserviste citoyen de l’Armée de Terre au 3ᵉ régiment du Génie, ont indiqué que cet événement n’avait fait l’objet d’aucune couverture médiatique au-delà de la presse locale. Ils ont renvoyé au périodique Cercle des collectionneurs de Signy-L’Abbaye, hors-série n° 1, intitulé « Pierre Jadart du Merbion dit Dumerbion : une gloire de Montmeillant » (1er trimestre 1997), dirigé par Christine Albert. Publié à Signy-L’Abbaye par la mairie et le Cercle des collectionneurs de Signy-L’Abbaye, ce périodique de 55 pages comprend un article rédigé par le major Jean-Pierre Garnier, lequel a transmis à l’auteure une version amendée de son texte.


D’autres cérémonies se déroulent en 2011, puis en 2022, au cours desquelles sont rappelés la gloire de ce général, et le sacrifice des jeunes Montmeillanais durant les deux conflits mondiaux.


Sous l’Ancien Régime, les grades dans l’armée royale sont indiqués par des signes distinctifs portés sur l’uniforme, notamment les épaulettes. Musée de l’Armée – hôtel des Invalides. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 8 janvier 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Sous l’Ancien Régime, les grades dans l’armée royale sont indiqués par des signes distinctifs portés sur l’uniforme, notamment les épaulettes. Musée de l’Armée – hôtel des Invalides. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 8 janvier 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Quant aux objets qui ont appartenu au général du Merbion, aucun ne figure à l’inventaire du musée de l’Armée – hôtel national des Invalides[1]. Contrairement à ce qui avait été prévu dans le projet initial, ils n’ont pu être exposés à aucun moment : le sabre d’honneur aurait disparu pendant la Première Guerre mondiale, les autres objets et les papiers restants auraient fait l’objet d’un don par un des membres de la famille Merlin au 91e régiment d’infanterie.

Celui-ci est dissous en 1962. Les objets seraient alors passés au musée de l’Infanterie de Montpellier, fermé en 2010. Les souvenirs du général auraient alors été transférés, mais sans y être présentés, à la salle d’honneur de l’infanterie, une structure ouverte aux écoles militaires de Draguignan. Sans aucune certitude, ils pourraient se trouver dans des caisses non inventoriées, ou en cours d’inventaire, selon des courriels échangés avec la conservatrice en charge du lieu[2].


[1] À la suite d’une recherche effectuée dans les bases de données du musée de l’Armée – Hôtel des Invalides, par le département contemporain du Service des collections et du patrimoine, aucune mention ni aucun objet attribuable au général Pierre Jadart du Merbion n’a été identifié dans les inventaires (Jordan Gaspin, chargé d’études documentaires principal).

[2] Le sous-lieutenant Delphine Thoumsin, conservatrice de la salle d’honneur de l’Infanterie et adjointe du pôle muséal des écoles militaires de Draguignan EMD / EI / DFI / SHI, a indiqué à l’auteure que les collections sont actuellement conservées en réserve externalisée et non directement accessibles, qu’un inventaire manuscrit est en cours de numérisation, et qu’aucune identification certaine du don ou des objets concernés n’a pu être établie à ce stade ; elle a par ailleurs rappelé le décalage chronologique entre la dissolution du 91ᵉ RI (1962) et la création du musée de l’Infanterie (1969), ce qui ne permet pas d’assurer que les objets concernés aient effectivement intégré les collections conservées.


Epaulettes. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Epaulettes. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Arc de Triomphe (Paris), pilier sud, côté avenue des Champs-Élysées – avenue Kléber : colonne 23, dédiée aux armées de Dalmatie, d’Égypte, d’Espagne, du Portugal, d’Andalousie, d’Aragon, de Catalogne et du Midi, où le général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797), figure comme quatrième nom inscrit parmi les noms gravés sous l’Arc de Triomphe, aux côtés des inscriptions des batailles.
Arc de Triomphe (Paris), pilier sud, côté avenue des Champs-Élysées – avenue Kléber : colonne 23, dédiée aux armées de Dalmatie, d’Égypte, d’Espagne, du Portugal, d’Andalousie, d’Aragon, de Catalogne et du Midi, où le général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797), figure comme quatrième nom inscrit parmi les noms gravés sous l’Arc de Triomphe, aux côtés des inscriptions des batailles.

La quête mémorielle de ce legs montre toute la difficulté de la conservation d’objets et de documents écrits, même s’ils sont déposés auprès d’institutions.

Se pose alors la question de faire perdurer plus de deux cents ans après, le souvenir d’un homme à la fois modeste et brillant, né et mort dans un petit village ardennais, qui a côtoyé et agi avec ceux qui ont marqué la Révolution, puis le Premier Empire, au point que son nom est gravé en 1836 dans le pilier sud, 23e colonne de l’Arc de Triomphe.


Acte de naissance du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 2  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 2 = baptêmes, mariages, sépultures 1691-1754,  page non foliotée, vue 134/202, consultable en ligne.
Acte de naissance du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 2  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 2 = baptêmes, mariages, sépultures 1691-1754,  page non foliotée, vue 134/202, consultable en ligne.

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Le grand hiver de 1709 à La Romagne : chronique d’une année terrible


La dernière décennie du XVIIe siècle est marquée, à La Romagne, comme dans l’ensemble de la Champagne, non seulement par les conséquences économiques et financières de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), mais aussi par des conditions de vie très précaires, avec une polyculture soumise aux aléas météorologiques, et caractérisée par de faibles rendements.

A cela, il faut ajouter que les ménages ont peu de liquidités, en dehors de celles obtenues par un artisanat familial de la filature du lin ou du chanvre.


David Teniers II, dit le Jeune (1610-1690), L’Hiver, huile sur bois, 12 × 17 cm, Paris, musée du Louvre, numéro d’inventaire MI 998, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.
David Teniers II, dit le Jeune (1610-1690), L’Hiver, huile sur bois, 12 × 17 cm, Paris, musée du Louvre, numéro d’inventaire MI 998, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.

Les années 1693 et 1694 ont été particulièrement difficiles à vivre, en raison de la petitesse des récoltes et des moissons, de la cherté des grains et des épidémies (dont la dysenterie) au point d’affecter la démographie.


De 1693 à 1696, La Romagne (Ardennes) connaît une forte baisse des naissances et une hausse des décès, tandis que les mariages restent stables. Graphique de type « courbe ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1693-1702, manque l'année 1700], pages non paginées, vue 1/38 et suivantes, consultables en ligne.
De 1693 à 1696, La Romagne (Ardennes) connaît une forte baisse des naissances et une hausse des décès, tandis que les mariages restent stables. Graphique de type « courbe ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1693-1702, manque l’année 1700], pages non paginées, vue 1/38 et suivantes, consultables en ligne.

Le début du siècle suivant, commencé dans la paix, sombre rapidement dans la guerre de la Succession d’Espagne 1701-1714). A cela s’ajoute en 1704 de fortes gelées en janvier, une des périodes les plus critiques de l’année agricole, en raison des semis de blé d’automne.


La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras, étudie les pratiques sociales, économiques et culturelles des populations locales. Il a été tiré à 1 000 exemplaires.
La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras, étudie les pratiques sociales, économiques et culturelles des populations locales. Il a été tiré à 1 000 exemplaires.

Quatre années plus tard, le conflit dure toujours, et la France est en fâcheuse position avec le siège de la ville de Lille[1], au point que l’on demande des prières dans toutes les paroisses pour éviter un désastre.

Celles-ci sont faites à Château-Porcien au tout début septembre, alors que l’avenir des paysans locaux est sombre, en raison de la petitesse des récoltes moissonnées pour le blé, tandis que l’orge est en plus grande quantité[2].


[1] Ce blocus, mené du 28 juillet au 9 décembre 1708, opposa les forces du royaume de France aux armées de la Grande Alliance (Grande-Bretagne, Saint-Empire et Provinces-Unies).

[2] Société d’études ardennaises. La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIe et XVIIIe siècles : à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras. Les Cahiers d’études ardennaises, no 14. Charleville-Mézières : Société d’études ardennaises, 1985, page 46. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)



Pendant la nuit des Rois[1], survient un brutal changement météorologique : « La vague de froid, issue d’un anticyclone qui vient de se former sur l’Europe du Nord, se rue à l’assaut de la France à partir de la frontière septentrionale ; en vingt-quatre heures, la pression atmosphérique, au niveau de la mer, passe de 754 à 772 mm de mercure[2]. »

Le refroidissement, venu du nord, s’abat jusqu’à Marseille, et se maintient jusqu’au 23 janvier, offrant seulement une courte accalmie le 19. Un premier dégel intervient ensuite, entre le 24 janvier et le 4 février[3].


[1] Célébration de l’Épiphanie le 5 ou 6 janvier, marquée par des pratiques festives populaires.

[2] Marcel Lachiver, Les Années de misère : la famine au temps du Grand Roi (Paris : Fayard, 1991), 573 p. : ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm, bibliogr. p. 529‑566, page 273. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)

[3] Émile Bouant, Les Grands Froids (Paris : Hachette, 1880), VIII‑296 p. : illustrations ; 18 cm, Bibliothèque des merveilles, pages 147-161. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-411556, vue 154/303 et suivantes, consultables en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-V-4098.


Paysage d’hiver au bûcheron, Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), XVIIᵉ siècle, huile sur bois, 32,5 × 43,9 cm, Saint-Omer (Pas-de-Calais), musée de l’Hôtel Sandelin, numéro d’inventaire Inv.0276CD, dépôt du musée Henri-Dupuis de Saint-Omer (1952-1953), © GrandPalaisRmn / Agence Bulloz, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver au bûcheron, Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), XVIIᵉ siècle, huile sur bois, 32,5 × 43,9 cm, Saint-Omer (Pas-de-Calais), musée Sandelin, numéro d’inventaire Inv.0276CD, dépôt du musée Henri-Dupuis de Saint-Omer (1952-1953), © GrandPalaisRmn / Agence Bulloz, notice descriptive consultable en ligne.

A Château-Porcien, dès le premier jour, « la gellé prit au point du jour, et avant midy on pouvait marcher sur certaine glace, et trois jours après on pouvoit marcher sur celle de la rivière[1] ».


[1] C’est-à-dire l’Aisne. Cf. Société d’études ardennaises. La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIe et XVIIIe siècles : à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras. Les Cahiers d’études ardennaises, N° 14. Charleville-Mézières : Société d’études ardennaises, 1985, page 47. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)


Paysage d’hiver, Denis van Alsloot (1570-vers 1626), huile sur bois, 36 × 47 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire MNR431, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, Denis van Alsloot (1570-vers 1626), huile sur bois, 36 × 47 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire MNR431, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.

Le froid reprend sans neige, atteignant les semis d’automne, et les enserrant dans une enveloppe de glace. Il apparaît être aussi intense que celui de 1608, ainsi décrit : « L’on a vu le vin gelé dans les caves, les vignes ont esté entièrement gelées, on a esté obligez de les couper sur terre[1]. »

Situation que dépeint dans des termes quasiment identiques un autre auteur, qui ajoute : « A cette funeste température succéda[2] des neiges, dont la fonte amena un débordement extraordinaire qui rompit le pont de Château[3]. »


[1] Société d’études ardennaises. La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIe et XVIIIe siècles : à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras. Les Cahiers d’études ardennaises, N° 14. Charleville-Mézières : Société d’études ardennaises, 1985, page 23. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)

[2] Le verbe « succéda » est au singulier, malgré le pluriel de « des neiges », car l’événement est envisagé comme un phénomène unique ou collectif. Le « il » sous-entendu, qui pourrait introduire le verbe (Il succéda…), est omis pour créer un effet stylistique et dramatique, lié à l’inversion du complément circonstanciel avant le verbe.

[3] Lire Château-Porcien. Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est. Cf. Lépine, Jean-Baptiste, Histoire de Château-Porcien (Vouziers : impr. de Duchêne-Defrène, 1858), 1 vol. (125 p.) ; in‑8, couverture imprimée servant de titre, p. 77. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6529805, vue 81/134 et suivantes, consultables en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LK7-1972.


Paysage d’hiver, Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), XVIIᵉ siècle, huile sur toile, 50 cm (hauteur), Valenciennes (Hauts-de-France), musée des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P46-1-514, legs Benezech, © GrandPalaisRmn / René-Gabriel Ojeda, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), XVIIᵉ siècle, huile sur toile, 50 cm (hauteur), Valenciennes (Hauts-de-France), musée des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P46-1-514, legs Benezech, © GrandPalaisRmn / René-Gabriel Ojeda, notice descriptive consultable en ligne.

En 1709, le nouveau redoux de quelques jours laisse espérer une amélioration de la situation, mais une troisième gelée revient vers le 10 février, et se prolonge jusqu’au 2 ou 3 mars.

Le grand dégel se produit à partir de la première décade du mois de mars « cette fâcheuse[1] hiver dura jusqu’environ le 8 ou 10e mars[2], que le verglas fut entièrement fondu[3] ».


[1]« Hiver » est normalement masculin (Dictionnaire de l’Académie française, 1re éd., 1694). L’accord féminin dans « cette fâcheuse hiver » reflète un usage ancien ou régional, et peut s’interpréter comme une ellipse de type « fâcheuse saison de l’hiver ».

[2] L’expression « dixième mars » [dixième jour de mars] correspond à la manière ancienne de dater les jours du mois en français. En français moderne, l’on écrirait simplement « le 10 mars ».

[3] Société d’études ardennaises. La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIe et XVIIIe siècles : à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras. Les Cahiers d’études ardennaises, N° 14. Charleville-Mézières : Société d’études ardennaises, 1985, page 47.



Sur une courte période, « quatre vagues de froid et autant de redoux en deux mois[1] » se succédèrent, mettant à rude épreuve la nature, tant la faune sauvage et domestique que la flore.


[1] Gauthier Aubert, 1709 : l’année où la révolution n’a pas éclaté (Paris : Calype éditions, 2023), 1 vol. (169 p.) ; 21 cm, bibliographie p. 156‑166, p. 34. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)


Paysage d’hiver, Jacob Isaakszoon van Ruisdael (1628-1682), peinture à l’huile, 27 × 32 cm, Hambourg (Allemagne), musée des Beaux-Arts – Kunsthalle, numéro d’inventaire 154, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Elke Walford, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, Jacob Isaakszoon van Ruisdael (1628-1682), peinture à l’huile, 27 × 32 cm, Hambourg (Allemagne), musée des Beaux-Arts – Kunsthalle, numéro d’inventaire 154, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Elke Walford, notice descriptive consultable en ligne.

À partir du 16 mars, les températures redeviennent enfin normales. Bien que les instruments de mesure de l’époque fussent moins précis que ceux d’aujourd’hui, ils permettent néanmoins d’estimer que les températures les plus basses atteignaient environ -20 °C. Le printemps qui suit reste froid et humide, accompagné de fortes pluies et d’inondations.


Paysage d’hiver, attribué à Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638), huile sur bois, 50 × 64,5 cm, Valenciennes (Hauts-de-France), musée des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P46-1-513, © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, attribué à Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638), huile sur bois, 50 × 64,5 cm, Valenciennes (Hauts-de-France), musée des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P46-1-513, © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.

Les conséquences de ce trimestre sont tragiques, car le froid a provoqué l’arrêt du travail extérieur. Ce sont donc les journaliers et petits manouvriers qui sont les plus touchés : ils voient leur pauvreté s’accroître, car ils n’ont plus aucun revenu, et souffrent de malnutrition.

Il n’y a rien à vendre, comme c’est le cas sur le marché de Charleville[1]. L’intendant de Champagne intervient pour cette ville au mois de mai, et envoie des sacs d’avoine[2].


[1] Lire Charleville-Mézières, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Cart, Michel, « Essai sur l’hiver de l’année 1709 dans les Ardennes », in Revue historique ardennaise, vol. XII (1977), p. 142–161. Charleville-Mézières : Fédération des sociétés savantes des Ardennes ; Société d’histoire des Ardennes ; Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais. Rubrique « Documents historiques ». Archives départementales des Ardennes, PERH12 9.


Paysage de neige, attribué à Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), 1643-1656, huile sur bois, 85 × 123 cm, Nantes (Loire-Atlantique), musée d’Arts de Nantes, numéro d’inventaire INV502, © GrandPalaisRmn / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage de neige, attribué à Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), 1643-1656, huile sur bois, 85 × 123 cm, Nantes (Loire-Atlantique), musée d’Arts de Nantes, numéro d’inventaire INV502, © GrandPalaisRmn / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.

A cela s’ajoute une crise frumentaire[1], avec la raréfaction des grains et l’augmentation spectaculaire de leur prix[2] (celui du seigle double très rapidement). En effet, il reste des grains des deux récoltes précédentes, mais ceux qui les possèdent ne tiennent pas à les délivrer rapidement, espérant faire de substantiels bénéfices.

La famine s’installe et, pour tenter de survivre, les plus pauvres essaient de subsister avec de maigres soupes (d’herbes ou de racines) et, dans le meilleur des cas, de pain d’orge ou d’avoine.


[1] « Relatif au blé. Loi frumentaire, qui, dans la Rome antique, réglait la vente à bas prix ou la distribution gratuite de blé au peuple. Crise frumentaire, provoquée par l’insuffisance des récoltes de blé. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Toussaint, Renaud, « Les conséquences démographiques du grand hiver de 1709 à Rocroi », in Revue historique ardennaise, vol. LVI (2024), 1 vol., p.57‑72, Charleville-Mézières : Fédération des sociétés savantes des Ardennes ; Société d’histoire des Ardennes ; Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais.


Bataille de Louis XIV, Adam Frans van der Meulen (1632-1690), dessin avec rehauts de gouache et eau-forte, 18,9 × 26 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire 3449 DR/Recto, don du baron Edmond de Rothschild (1935), © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.
Bataille de Louis XIV, Adam Frans van der Meulen (1632-1690), dessin avec rehauts de gouache et eau-forte, 18,9 × 26 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire 3449 DR/Recto, don du baron Edmond de Rothschild (1935), © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.

Les autorités, conscientes de la spéculation sur les grains, font ce qu’elles peuvent : le roi ordonne ainsi que chacun déclare les grains qu’il a chez lui, pour les inventorier et procéder à des réquisitions. L’on achète ailleurs des grains de toutes sortes, mais il faut beaucoup de temps pour que cet approvisionnement arrive en France.

Cela ne suffit pas pour affronter cette crise, et ce d’autant plus qu’il faut aussi prévoir le ravitaillement des troupes avec du pain (pour les soldats) et du foin (pour les chevaux). Pour éviter les vols, l’on monte la garde près des moulins et, pour soulager la misère, l’on organise des quêtes périodiques auprès des plus aisés.


Vue d’un village en hiver, d’après Joos de Momper (1564-1635), huile sur bois, 62,2 cm (hauteur), Lille (Hauts-de-France), palais des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P 839, acquisition 1888, © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.
Vue d’un village en hiver, d’après Joos de Momper (1564-1635), huile sur bois, 62,2 cm (hauteur), Lille (Hauts-de-France), palais des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P 839, acquisition 1888, © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.

À la fin du mois de mars, les paysans demeurent dans l’incertitude. Le roi prescrit de ne pas replanter, et d’observer attentivement toute reprise des semis d’automne. Mais leurs efforts restent vains : la terre, épuisée et gelée, refuse de produire du blé d’hiver[1].

Cependant, certains paysans n’ont pas attendu l’ordre royal publié le 23 avril pour recommencer les semis, et planter de l’orge. La récolte est assez abondante, alors que le seigle et le froment n’en donnent que de maigres, en raison d’un temps frais et capricieux : le printemps tardif et l’été humide empêchent ces céréales d’arriver à maturité. Elles montent en tige et ne font que peu ou pas d’épis.


[1] Semé à l’automne, il servait à la fabrication du pain.


Tapisseries des Saisons : l’hiver, Sébastien Leclerc le Jeune (1676-1763), burin et eau-forte, 36,8 × 45,6 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d'inventaire 26152 LR/Recto, don du Baron Edmond de Rothschild, © GrandPalaisRmn / Tony Querrec, notice descriptive consultable en ligne.
Tapisseries des Saisons : l’hiver, Sébastien Leclerc le Jeune (1676-1763), burin et eau-forte, 36,8 × 45,6 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire 26152 LR/Recto, don du Baron Edmond de Rothschild, © GrandPalaisRmn / Tony Querrec, notice descriptive consultable en ligne.

A partir du printemps, des émotions[1] éclatent : les habitants de Signy-l’Abbaye[2] et des villages voisins s’emparent de grains achetés par la ville de Charleville[3] si bien que le maire de cette bourgade est emprisonné pour ne pas avoir su tenir sa population. Des vols identiques se produisent à Rethel[4].


[1] « Mouvement populaire spontané, trouble subit provoqué par un évènement imprévu. On s’efforça de calmer l’émotion populaire. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Cart, Michel, « Essai sur l’hiver de l’année 1709 dans les Ardennes », in Revue historique ardennaise, vol. XII (1977), p. 142–161. Charleville-Mézières : Fédération des sociétés savantes des Ardennes ; Société d’histoire des Ardennes ; Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais. Rubrique « Documents historiques ». Archives départementales des Ardennes, PERH12 9.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Les Mémoires du chevalier de Quincy (1677‑1749), publiés pour la première fois par Léon Lecestre entre 1898 et 1901, retracent la carrière militaire et diplomatique de ce chevalier français sous le règne de Louis XIV. Ces textes offrent un témoignage précieux sur les campagnes militaires, la vie quotidienne des soldats et les intrigues de la cour à l’époque moderne.
Les Mémoires du chevalier de Quincy (1677‑1749), publiés pour la première fois par Léon Lecestre entre 1898 et 1901, retracent la carrière militaire et diplomatique de ce chevalier français sous le règne de Louis XIV. Ces textes offrent un témoignage précieux sur les campagnes militaires, la vie quotidienne des soldats et les intrigues de la cour à l’époque moderne.

Pour les armées, les quartiers d’hiver se prolongent de manière inhabituelle, comme en témoigne ce propos du Chevalier de Quincy : « Le froid, depuis la veille des Rois, fut si violent, et il dura si longtemps, que les troupes, tant celles des ennemis que les nôtres, sortirent très tard de leurs garnisons et de leurs quartiers d’hiver pour entrer en campagne[1]. »

Cette dernière s’ouvre au mois de juin et, après la rupture de pourparlers de paix, et la déclaration du roi informant ses sujets de la nécessité de poursuivre cette guerre, l’armée se prépare à une bataille qui doit, après la chute de la citadelle de Lille le 8 décembre 1708, être décisive pour empêcher l’ouverture de la route de Paris.


[1] Sevin de Quincy, Joseph. Mémoires du chevalier de Quincy. Publiés pour la première fois pour la Société de l’histoire de France par Léon Lecestre. Paris : H. Laurens, 1898‑1901. 3 vol. (XXIII‑372, 394, 386 p.) ; in‑8., tome II, p. 326. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6562703 < Tome 2 >, vue 346/428, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LN27-46259 (2).


Plan de la ville et citadelle de Lille, Brüchman et Eugène Henri Fricx (1644 1730), 1709, carte, 55,5 × 44 cm, Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN 53058740, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-21890, document numérique, consultable en ligne sur Gallica.
Plan de la ville et citadelle de Lille, Brüchman et Eugène Henri Fricx (1644‑1730), 1709, carte, 55,5 × 44 cm, Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN‑53058740, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-21890, document numérique, consultable en ligne sur Gallica.

Par deux arrêts, pris les 17 août et 15 octobre 1709, les douze élections de Champagne sont réquisitionnées[1] pour la fourniture de cinquante mille sacs d’orge, à déposer dans les magasins de Rethel, Mézières[2] et Sedan[3], et ce pour assurer les quartiers d’hiver de l’armée de Flandre[4].


[1] Archives départementales de la Marne, site de Châlons-en-Champagne, C 1469 [série C = administrations provinciales. – lntendances, subdélégations, élections et autres divisions administratives ou financières, bureaux des finances, États provinciaux, principautés, régences, etc. ; fonds C1-2059 = intendance de Champagne, cotes C 1216-1519 = armée, marine, colonies, articles C 1468-1497 = subsistances militaires (1695-1789) ; document C. 1469 = (Portefeuille.) – 61 pièces, papier (2 imprimées). 1709-1710 Subsistances militaires. – Impositions d’orges pour la subsistance des troupes : états des impositions et répartition de 110,000 quintaux d’orge sur les 12 élections de Champagne, ordonnées par arrêts du Conseil des 17 août et 15 octobre 1709 ( 100,000 quintaux pour la première imposition et 66,000 pour la seconde). – États des approvisionnements d’orge dans les différents entrepôts de Champagne en 1710. – États des quintaux d’orge fournis par les communautés de Champagne et déposés dans les magasins de Verdun, Rethel, Mézières, Sedan, Saint-Dizier, Chaumont, Bar-sur-Aube et Langres (1709-1710). Cf. Hatat, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Alphonse Vétault et Paul Pélicier, Marne, Archives civiles, série C, art. 1-2059, t. I (Châlons : Le Roy, 1884), in-fol., XVI-474 p. Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C), page 354.

[2] Lire Charleville-Mézières, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Archives départementales de la Marne, site de Châlons-en-Champagne, C 1473 [série C = administrations provinciales. – lntendances, subdélégations, élections et autres divisions administratives ou financières, bureaux des finances, États provinciaux, principautés, régences, etc. ; fonds C1-2059 = intendance de Champagne, cotes C 1216-1519 = armée, marine, colonies, articles C 1468-1497 = subsistances militaires (1695-1789) ; document C. 1473 = (Portefeuille.) – 99 pièces (3 parchemins)., 1709-1717. – Imposition des orges : arrêts du Conseil des 17 août et 15 octobre 1709 ordonnant la levée de 50,000 sacs d’orge en Çbampagne pour la subsistance de l’armée de Flandre. – Correspondance ministérielle concernant cette imposition : le ministre de la Guerre, Voisin, écrit le 14 août à l’Intendant D’Harrouys : « J’ay lieu de croire que ]a récolte des orges est à présent commencée dans vostre département. Vous connoissés sans doute le· peu de provisions qu’il y a en Flandres: il seroit par conséquent très à propos de s’assurer incessamment de soixante mil sacs d’orge pour ]es mois de septembre et octobre. On en fera le meslange autant qu’il se poura avec du bled, moyennant quoy la provision dureroit pendant quatre mois au lieu de deux et assureroit encore la subsistance des troupes lorsqu’elles seroient entrées en quartier d’hiver. Je vous suplie de me mander quand vous croirez pouvoir faire une imposition sur votre département, quelle quantité vous estimerez en pouvoir tirer, quel prix vous croyez- que l’on en doit payer aux peuples et de quelle manière on pourra s’expliquer dans les mandemens pour en assurer le payement en déduction sur les impositions, n’estant guères possible de les payer en argent comptant. Il faut tacher de faire trouver ces soixante mil sacs du poids de deux cents livres chacun dans vostre déparlement et dans celuy de Picardie… » Le 20 septembre il écrit : « M. de Bernières me mande que ses embaras augmentent tous les jours pour la subsistance de l’armée de Flandres et qu’à moins qu’on n’y pourvoye promptement, la fourniture du pain manquera avant qu’il soit peu. Comme l’on a compté pour soutenir ce service sur les orges que vostre département doit fournir, je vous prie de faire tout le plus de diligence que vous pourez pour les faire voiturer à Mézières. » Le 16 octobre, le contrôleur-général Desmarets écrit à l’Intendant : « Comme cette fourniture est d’autant plus pressée qu’elle est destinée pour la subsistance des troupes qui vont entrer en quartier d’hiver, il n’y a pas un moment à perdre pour faire exécuter cette imposition. Le Roy veut estre obéi et que cette levée se passe avec une extrême diligence. » Cf. Hatat, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Alphonse Vétault et Paul Pélicier, Marne, Archives civiles, série C, art. 1-2059, t. I (Châlons : Le Roy, 1884), in-fol., XVI-474 p.] Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C), page 355.


François-Eugène de Savoie-Carignan, dit le Prince Eugène (1663-1736), en cuirasse, atelier de Jacques Van Schuppen (1670-1751), vers 1708, huile sur toile, 145 × 113,5 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire MV3655, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, , notice descriptive consultable en ligne, notice descriptive consultable en ligne.
François-Eugène de Savoie-Carignan, dit le Prince Eugène (1663-1736), en cuirasse, atelier de Jacques Van Schuppen (1670-1751), vers 1708, huile sur toile, 145 × 113,5 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire MV3655, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, , notice descriptive consultable en ligne, notice descriptive consultable en ligne.

Louis-Claude-Hector de Villars (1652-1733), maréchal-duc de Villars, représenté en 1704, gravure par Thomas N. (1750-1812) d’après Hyacinthe Rigaud (1659-1743), 1784, 13 × 8 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire invgravures7034, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.
Louis-Claude-Hector de Villars (1652-1733), maréchal-duc de Villars, représenté en 1704, gravure par Thomas N. (1750-1812) d’après Hyacinthe Rigaud (1659-1743), 1784, 13 × 8 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire invgravures7034, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.

Portrait de John Churchill, premier duc de Marlborough (1650-1722), Louis Coblitz (1814-1863), d’après Gottfried Kneller (1646-1723), vers 1845, huile sur toile, 123,5 × 94 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire MV4319, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne, notice descriptive consultable en ligne.
Portrait de John Churchill, premier duc de Marlborough (1650-1722), Louis Coblitz (1814-1863), d’après Gottfried Kneller (1646-1723), vers 1845, huile sur toile, 123,5 × 94 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire MV4319, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne, notice descriptive consultable en ligne.

Or, cette armée famélique, payée irrégulièrement, commandée par le maréchal de Villars, est dans un si triste état, que les ennemis[1] conduits par le Prince Eugène de Savoie et le duc de Marlborough ne doutent pas un instant de leur victoire.

Pour eux, « il ne s’agit pas de faire la guerre mais de sonner l’hallali[2] ». Cette métaphore cynégétique[3] montre bien que les belligérants opposés à la France la considéraient aux abois, et espéraient l’asservir.


[1] Il s’ensuit la formation d’une Grande Alliance, réunissant contre Louis XIV l’Angleterre, les Provinces-Unies, la Prusse et l’Autriche, à laquelle se joignent ultérieurement le Danemark, puis le Portugal et la Savoie.

[2] Oury, Clément. Malplaquet 1709 : la défaite qui sauve le royaume. Paris : Perrin ; ministère des Armées et des Anciens Combattants, 2024. 1 vol. (358 p., [8] p. de pl.) : ill. en coul. ; 22 cm. Collection Champs de bataille, n° 7. Bibliographie p. 334-342. Index, p. 10. (Exemplaire dédicacé conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)

[3] « Qui se rapporte à la chasse, aux chiens de chasse. Exploits, exercices cynégétiques. L’art cynégétique. Subst. La cynégétique, l’art de la chasse. Traité de cynégétique. », selon la Dictionnaire de l’Académie française.



La bataille, d’une grande violence, avec vingt mille morts et blessés du côté adverse, et dix mille du côté français, se déroule à Malplaquet le 11 septembre 1709[1].

Quoique considérée comme une défaite militaire, cette bataille marque un sursaut politique. Elle permet, à la fois de barrer la route de Paris, et de préserver ainsi le sort du royaume de France.


[1] Cet affrontement fut caractérisé par l’acharnement des combats, l’ampleur des pertes, et la profonde désorganisation du champ de bataille.


Plan de la bataille de Malplaquet suivant M. de Feuquières, François de Feuquières (marquis de Ribénac), 1750, carte, 27 × 19 cm, Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8444172, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-5179, consultable en ligne sur Gallica.
Plan de la bataille de Malplaquet suivant M. de Feuquières, François de Feuquières (marquis de Ribénac), 1750, carte, 27 × 19 cm, Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8444172, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-5179, consultable en ligne sur Gallica.

Les désordres ne cessent toutefois pas. En novembre, Gallard, commissaire des vivres, signale à l’intendant de Champagne de nouveaux pillages de grains sur les marchés de Sedan et de Rocroi.

Il précise à cette occasion que les soldats stationnés sur cette frontière meurent d’inanition. En 1710, l’arrivée de sacs d’orge à Givet[1] permet d’améliorer leur ravitaillement, alors qu’auparavant ils ne recevaient plus « qu’un quartier de pain par jour[2] ».


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Archives départementales de la Marne, site de Châlons-en-Champagne, C 1470 [série C = administrations provinciales. – lntendances, subdélégations, élections et autres divisions administratives ou financières, bureaux des finances, États provinciaux, principautés, régences, etc. ; fonds C1-2059 = intendance de Champagne, cotes C 1216-1519 = armée, marine, colonies, articles C 1468-1497 = subsistances militaires (1695-1789) ; document C. 1470 = (Portefeuille.) – 161 pièces, papier. 1709-1710. – Subsistances militaires : correspondance de Galland, commissaire des vivres, et de Paris Duverney, directeur des vivres à Maubeuge, avec l’Intendant de Champagne André de Harouys. – Le 20 novembre 1709, Galland écrit de Charleville: « Il ne m’a pas été possible d’empescher les désordres. Le marché de Sedan a esté pillé deux jours de suitte et j’ay trouvé en arrivant icy que le pillage y estoit encore bien plus considérable : les soldats ne font pas difficulté de voler dans les rues en présence de leurs officiers qui ne peuvent plus les contenir. » « Les désordres continuent toujours, écrit-il le 1er décembre : le marché fut pillé avant hier à Rocroy où j’estois et l’on n’oze plus icy sortir les soirs. » Le 16 janvier 1710, il écrit : « Les vols continuent et mesme augmentent tous les jours. Les soldats ne prennent plus que deux partis : les plus forts celuy de vosler, et les malingres celui de demander l’aumone. Voilà l’estat des troupes de cotte frontière qui ne prennent point la viande. » Le 20 février :- « Outre qu’il meurt beaucoup de soldats d’inanition, ceux qui demeurent sont faits comme déterrez et ont si peu de force que s’il falloit faire quelque mouvement, je suis certain que plus des trois quarts resteroient en chemin. » – Paris Duverney écrit de Maubeuge le 28 janvier 1710 : « L’arrivée des 650 sacs d’orge à Givet a été fort à propos, car l’on ne donnoit depuis trois. jours à Philippeville qu’un quartier de pain par jour aux soldats. » Cf. Hatat, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Alphonse Vétault et Paul Pélicier, Marne, Archives civiles, série C, art. 1-2059, t. I (Châlons : Le Roy, 1884), in-fol., XVI-474 p.] Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C), page 354.


Entre 1703 et 1712, la répartition annuelle des décès à La Romagne (Ardennes) montre des fluctuations importantes. Le nombre de décès varie d’un à onze par an, avec parfois une prédominance masculine ou féminine. Certains enregistrements restent partiellement renseignés, illustrant les limites des registres BMS de l’époque. Graphique de type « histogramme empilé 3D ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, la répartition annuelle des décès à La Romagne (Ardennes) montre des fluctuations importantes. Le nombre de décès varie d’un à onze par an, avec parfois une prédominance masculine ou féminine. Certains enregistrements restent partiellement renseignés, illustrant les limites des registres BMS de l’époque. Graphique de type « histogramme empilé 3D ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

Les conséquences de ce grand hiver de 1709 n’apparaissent nulle part dans les registres BMS[1] de La Romagne, bien que le curé intègre parfois des annotations concernant des évènements (abjurations, testaments, legs) concernant la paroisse. Or, il n’y a rien concernant cette période de froid, qui a pourtant réduit la production agricole de cette dernière.


[1] Baptêmes, mariages, sépultures.


Paysage d’hiver, Allart van Everdingen (1621‑1675), dessin, 95 × 133 cm, Schwerin (Allemagne), Staatliches Museum, Kunstsammlungen, Schlösser und Gärten, numéro d’inventaire 644HZ, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Staatliches Museum Schwerin, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, Allart van Everdingen (1621‑1675), dessin, 95 × 133 cm, Schwerin (Allemagne), Staatliches Museum, Kunstsammlungen, Schlösser und Gärten, numéro d’inventaire 644HZ, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Staatliches Museum Schwerin, notice descriptive consultable en ligne.

Il est à remarquer qu’il en est de même pour les villages environnants que ce soit Chaumont-Porcien[1], ou Rocquigny[2]. Pourtant, dans d’autres régions et contrées, les curés sont assez prolixes sur cet événement remarquable.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Entre 1703 et 1712, la mortalité à La Romagne (Ardennes) présente une répartition mensuelle irrégulière. Certains mois, comme janvier ou février, connaissent plusieurs décès, tandis que d’autres restent peu affectés. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, la mortalité à La Romagne (Ardennes) présente une répartition mensuelle irrégulière. Certains mois, comme janvier ou février, connaissent plusieurs décès, tandis que d’autres restent peu affectés. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

Les Romanais et les habitants circonvoisins[1] ont-ils interprété ce phénomène comme un châtiment divin, ou bien, habitués à des conditions de vie difficiles en raison des guerres presque incessantes, des mauvaises récoltes et de la cherté du bois, se sont-ils résignés face à ce malheur supplémentaire ?

Habitués au froid[2], dans des maisons où les chambres (souvent dans un autre bâtiment que la pièce à feu) ne sont pas chauffées, se seraient-ils contentés du seul refuge un peu plus confortable qu’est le lit, avec ses maigres couvertures et son édredon ?


[1] « Qui est situé tout près et autour de ce dont on parle. Les communes, les provinces circonvoisines. Les peuples circonvoisins. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Le climat ardennais, de type océanique dégradé à influence continentale, se caractérise par des hivers froids, souvent neigeux, avec des gelées fréquentes et une forte humidité.


Paysage d’hiver avec un pont en bois, Philips Wouwerman (1619‑1668), huile sur bois, 28,5 × 41 cm, Berlin (Allemagne), Gemäldegalerie, numéro d’inventaire 900F, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Jörg P. Anders, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver avec un pont en bois, Philips Wouwerman (1619‑1668), huile sur bois, 28,5 × 41 cm, Berlin (Allemagne), Gemäldegalerie, numéro d’inventaire 900F, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Jörg P. Anders, notice descriptive consultable en ligne.

Un autre problème soulevé par ces conditions météorologiques est de pouvoir procéder à une inhumation dans une terre gelée. Là encore, le registre est muet sur ce sujet. Pourtant, quatre des cinq inhumations de 1709 ont lieu entre le 23 janvier et le 3 mars, c’est-à-dire entre les grandes gelées et le début du dégel. Or, rien n’est dit à ce propos, quel que soit le registre paroissial consulté.

Alors que l’année 1707 présente une mortalité importante, avec neuf décès[1] (six adultes entre dix-neuf et quarante-cinq ans, deux personnes âgées de soixante ans et un enfant de moins d’un an), la mort atteint en 1709 cinq habitants : deux dans la maturité de l’âge (quarante-cinq ans), deux vieillards (soixante-quatorze et quatre-vingt-un ans), et une mention de décès le 3 mars 1709 sans indication de nom ou d’âge.


[1] Dus probablement, comme dans les environs, à des épidémies récurrentes.



Entre 1708 et 1711, Chaumont-Porcien (Ardennes) connaît des fluctuations démographiques : le nombre de naissances reste relativement élevé, avec un pic en 1708, tandis que les sépultures varient de six à dix par an. Les mariages restent peu nombreux et stables. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.  Cf . archives départementales des Ardennes, EDEPOT/CHAUMONT-PORCIEN/E 3 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/CHAUMONT-PORCIEN/E 3 = fonds concernant Chaumont-Porcien ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 3 = années 1703-1712],  folio 1 recto, vue 44/75 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1708 et 1711, Chaumont-Porcien (Ardennes) connaît des fluctuations démographiques : le nombre de naissances reste relativement élevé, avec un pic en 1708, tandis que les sépultures varient de six à dix par an. Les mariages restent peu nombreux et stables. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMMECf . archives départementales des Ardennes, EDEPOT/CHAUMONT-PORCIEN/E 3 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/CHAUMONT-PORCIEN/E 3 = fonds concernant Chaumont-Porcien ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 3 = années 1703-1712],  folio 1 recto, vue 44/75 et suivantes, passim, consultables en ligne.

L’année 1710 présente une surmortalité essentiellement masculine, puisqu’elle touche huit hommes, à opposer aux trois de la mortalité féminine, et un déficit naturel de naissances. Les épidémies (dysenteries, fièvres malignes, fièvres putrides, petite vérole) ravagent l’ensemble de la région. Cette mortalité est aussi marquée dans des bourgs plus importants, que ce soit à Chaumont-Porcien ou à Rocquigny, où il y a quinze décès en 1709, mais trente-trois en 1710.


Entre 1708 et 1711, Rocquigny (Ardennes) connaît une forte variabilité démographique. Les naissances restent relativement nombreuses, avec un pic en 1708, bien qu’elles chutent en 1710, tandis que les sépultures connaissent un pic cette même année. Les mariages restent peu nombreux et irréguliers. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 = fonds concernant Rocquigny ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1700-1810], page 7 et suivantes = vue 8/92 et suivantes [naissances] ; page 2 = vue 51/92 [mariages] ; page 4 et suivantes = vue 64/92 et suivante, [sépultures], consultables en ligne.
Entre 1708 et 1711, Rocquigny (Ardennes) connaît une forte variabilité démographique. Les naissances restent relativement nombreuses, avec un pic en 1708, bien qu’elles chutent en 1710, tandis que les sépultures connaissent un pic cette même année. Les mariages restent peu nombreux et irréguliers. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 = fonds concernant Rocquigny ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1700-1810], page 7 et suivantes = vue 8/92 et suivantes [naissances] ; page 2 = vue 51/92 [mariages] ; page 4 et suivantes = vue 64/92 et suivante, [sépultures], consultables en ligne.

A Montmeillant[1], le registre est en mauvais état, et il n’y a pas de page pour 1710. Ceux d’Adon[2], Givron[3], Draize[4], Chappes[5] ont disparu, ce qui ne permet pas de tirer de conclusions pour ce secteur.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française fusionnée avec Chaumont-Porcien, située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Entre 1703 et 1712, les mariages à La Romagne sont peu nombreux et se répartissent de manière irrégulière au cours de l’année. Certains mois, comme janvier, concentrent plusieurs unions, tandis que d’autres (avril, juin, juillet, août) restent dépourvus de mariages. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], page non paginée, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, les mariages à La Romagne (Ardennes) sont peu nombreux et se répartissent de manière irrégulière au cours de l’année. Certains mois, comme janvier, concentrent plusieurs unions, tandis que d’autres (avril, juin, juillet, août) restent dépourvus de mariages. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], page non paginée, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

Cet hiver a également réduit le nombre de mariages et de naissances. En 1710, aucun registre de naissances et de mariages n’existe à La Romagne, ce qui serait un cas unique. Chaque année, le nombre de mariages oscille entre un et trois.

Rocquigny, une plus grosse paroisse[1], n’en enregistre que trois en 1710, et deux en 1711, mais onze en 1713, ce qui peut s’expliquer par des cérémonies retardées, compte tenu du contexte économique.


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 = fonds concernant Rocquigny ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1700-1810], page 2 et suivante, vue 51/92, consultables en ligne.


Entre 1703 et 1712, La Romagne (Ardennes) enregistre un total de quatre-vingt-seize naissances, avec une nette prédominance des filles (soixante et une) sur les garçons (trente-cinq). Les naissances varient légèrement d’une année à l’autre, et l’année 1710 ne comporte aucun enregistrement. Graphique de type « histogramme empilé 3D ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, La Romagne (Ardennes) enregistre un total de quatre-vingt-seize naissances, avec une nette prédominance des filles (soixante et une) sur les garçons (trente-cinq). Les naissances varient légèrement d’une année à l’autre, et l’année 1710 ne comporte aucun enregistrement. Graphique de type « histogramme empilé 3D ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

L’absence de naissances durant toute une année interroge encore plus. En analysant les registres, l’on peut remarquer, parfois, des oublis corrigés par la suite, des actes incomplets qui pourraient évoquer une perte de feuillets.

En se reportant, pour les Ardennes, au supplément à la série E de l’Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790[1] (établi au XIXe siècle), aucune naissance n’est signalée en 1710. Il reste à noter que les recensions ne mettent en avant que quelques évènements, et certaines familles.


[1] Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17188 (6), Laurent, Paul. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Tome VI, Ardennes. Série E supplément : Archives communales. Collection des inventaires sommaires des archives départementales antérieures à 1790. Charleville : Imprimerie & Lithographie F. Devin–A. Anciaux successeur, 1902, pp. 28., E. Suppl. 135 — GG. 3(Registre)— In-4°, 34 feuillets, papier. 1703-1713. Baptêmes, mariages et sépultures : Baptême du 11 mai 1708, Marie-Jeanne, fille de Nicolas Bouillard, maître d’école, et de Marie Rifflet. Mariages : 28 janvier 1703, Paul-Alexandre Titeux, veuf de Nicole Bouchier, avocat au siège de Rethel, avec Jeanne Daniel, fille de feu Rollain Daniel et de Marie Leblanc ; 23 novembre 1706, Gérard Merlin, fils de Remacle Merlin, maître chirurgien, et de Martine Meunier, de Château-Porcien, avec Jeanne Leblanc, fille de Pierre Leblanc, marchand, et de Marie Foulon. Abjuration : 13 janvier 1705, Lazare Barré. [série E. Suppl. = supplément aux archives de la série E ; articles E. Suppl. 1-151 = canton de Chaumont-Porcien, documents E. Suppl. 133-143 = commune de La Romagne.]


Entre 1703 et 1712, la natalité à La Romagne  (Ardennes) varie fortement selon les mois. Certains, comme janvier, mars, juin, août et septembre, comptent plusieurs naissances, tandis que d’autres n’en enregistrent que quelques-unes. L’année 1710 ne comporte aucun enregistrement. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, la natalité à La Romagne (Ardennes) varie fortement selon les mois. Certains, comme janvier, mars, juin, août et septembre, comptent plusieurs naissances, tandis que d’autres n’en enregistrent que quelques-unes. L’année 1710 ne comporte aucun enregistrement. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

Ainsi, pour cette période, et en ce qui concerne La Romagne, seul est cité selon cette source le baptême, le l l mai 1708, de Marie-Jeanne, fille de Nicolas Bouillard, maître d’école, et de Marie Rifflet. Apparemment, aucune des familles importantes du village n’aurait eu un enfant, ce qui n’est pas plausible. Il faut plutôt voir dans ce phénomène les effets de la malnutrition, des aménorrhées[1] et des épidémies.

En outre, l’on ignore le nombre de grossesses qui n’ont pas atteint leur terme. De même, la chute des naissances est très marquée à Rocquigny, puisqu’en 1710, onze naissances[2] sont enregistrées mais vingt-huit en 1711.


[1] « Absence ou interruption anormale des menstruations. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 = fonds concernant Rocquigny ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1700-1810], page 9 et suivante, vue 9/92 et suivante, consultables en ligne.


René Antoine Ferchault de Réaumur (1683‑1757), physicien et naturaliste, portrait gravé par Philippe Simonneau (1685‑vers 1753) d’après Alexis Simon Belle (1674‑1734), burin et eau-forte, 34,4 × 23,5 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire LP65.91.1, © château de Versailles, Dist. GrandPalaisRmn / image château de Versailles, notice descriptive consultable en ligne.
René Antoine Ferchault de Réaumur (1683‑1757), physicien et naturaliste, portrait gravé par Philippe Simonneau (1685‑vers 1753) d’après Alexis Simon Belle (1674‑1734), burin et eau-forte, 34,4 × 23,5 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire LP65.91.1, © château de Versailles, Dist. GrandPalaisRmn / image château de Versailles, notice descriptive consultable en ligne.

Cet hiver a frappé les esprits, car il survient à un moment critique du long règne de Louis XIV, dont les Français commencent à se lasser. L’événement a ensuite suscité l’intérêt des savants, comme Réaumur[1], qui étudient la météorologie et ses implications pour l’agriculture. D’autres hivers rigoureux marqueront le XVIIIᵉ siècle, mais aucun ne restera dans les mémoires comme celui de 1709.


[1] Physicien et naturaliste français, né à La Rochelle (Charente-Maritime) en 1683 et mort au château de la Bermondière en 1757. L’échelle Réaumur est une ancienne mesure de température, fixant la congélation de l’eau à 0° et son ébullition à 80°.