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Maréchaussée et gendarmerie à La Romagne et dans les villages du ressort de la brigade de Rethel, puis du canton de Rocquigny (1720-1799)


La création des maréchaussées date de la guerre de Cent Ans[1]. Elles sont destinées à la surveillance des gens de guerre, dont le comportement se doit d’être encadré, et ce, d’autant qu’ils sont accompagnés de pillards, quand ils ne pratiquent pas eux-mêmes cette activité.

D’abord temporaires, elles deviennent permanentes dès les années 1445-1448, lorsqu’elles commencent à disposer de pouvoirs de police.


[1] Ce conflit débute en 1337, lorsque Philippe VI confisque la Guyenne, provoquant la revendication de la couronne de France par Édouard III. Après plusieurs affrontements, dont la bataille navale d’Arnemuiden (1338), le conflit s’achève en 1453 avec la reprise de Bordeaux par les Français.


Vitrine d'armes de la maréchaussée au musée de la Gendarmerie (Melun). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vitrine d’armes de la maréchaussée au musée de la Gendarmerie (Melun). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

C’est une institution à caractère militaire, qui prend l’aspect de compagnies prévôtales, avec un prévôt[1] à la tête de chacune. Sous François Ier, les compétences judiciaires s’élargissent, et concernent tout autant les soldats que les civils, afin d’assurer la sécurité publique, la sûreté des villes et des campagnes.


[1]« Anciennement. Titre donné, sous l’Ancien Régime, à certains officiers ou magistrats chargés d’une juridiction ou préposés à des tâches de justice et de police. Prévôt royal, seigneurial. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


L’on peut attribuer à ce roi la conception des patrouilles routières. La nécessité de surveiller les grands chemins, et les routes secondaires, s’impose bientôt comme une évidence, si le pouvoir royal veut :

  • le respect de ses intérêts dans tout le royaume ;
  • un courrier officiel plus facilement transmis ;
  • un transfert des prisonniers facilité ;
  • le rendu de la justice à tous ses sujets.

C’est ainsi que se développe la maréchaussée provinciale, dont les salaires sont ainsi répartis dans la première moitié du XVIe siècle :

  • 300 livres pour le prévôt ;
  • 120 livres pour le greffier et l’archer.

Archers de la maréchaussée en patrouille (1720), Pierre Benigni, 1er quart du 20e siècle : dessin à l’aquarelle sur papier ; œuvre conservée au musée de la Gendarmerie (Melun) ; numéro d’inventaire 10895.2007.02181, notice descriptive consultable en ligne sur la base Joconde, catalogue collectif des collections des musées de France.
Archers de la maréchaussée en patrouille (1720), Pierre Benigni, 1er quart du 20e siècle : dessin à l’aquarelle sur papier ; œuvre conservée au musée de la Gendarmerie (Melun) ; numéro d’inventaire 10895.2007.02181, notice descriptive consultable en ligne sur la base Joconde, catalogue collectif des collections des musées de France.

Par la suite, Henri III partage la France en quatre commandements, attribués au connétable et aux trois maréchaux de France, avec la restriction que les lieutenants (subordonnés des prévôts) ne peuvent disposer des archers que sur l’autorisation de leur supérieur.

Ce roi crée ce que l’on peut appeler un premier équipement uniforme : un armet[1], un corps de cuirasse, des tassettes [2], une lance, une épée et un bon cheval.


[1] « Armure de tête des gens de guerre, de la fin du XVe siècle à la fin du XVIe siècle. », selon le Centre national de ressources textuelles et lexicales.

[2] « Anciennement. Pièce d’armure qui protégeait le haut de la cuisse. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Fragment de la table de marbre du connétable de la maréchaussée, après 1618, au musée de la Gendarmerie (Melun). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Fragment de la table de marbre du connétable de la maréchaussée, après 1618, au musée de la Gendarmerie (Melun). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Il faut distinguer, jusqu’à la Révolution, la maréchaussée de la gendarmerie de France[1]. La maréchaussée tire son nom de la juridiction des maréchaux de France.

Elle concerne les délits civils, ou criminels, des gens de guerre, et les affaires touchant au point d’honneur, avant de désigner le corps de cavaliers placé sous les ordres d’un prévôt des maréchaux.


[1] Babeau, Albert « Les quartiers de la gendarmerie en Champagne sous Louis XV », in Revue de Champagne et de Brie : histoire, biographie, archéologie, documents inédits, bibliographie, beaux-arts, tome cinquième, troisième année, premier semestre, 1er janvier 1878, Paris : Henri Menu, libraire-éditeur ; Arcis-sur-Aube : Léon Frémont, imprimeur breveté, 511 pages, pp. 136-141. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-12775, consultable en ligne sur Gallica, vue 136/518 et suivantes, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC19-116.


Gendarme de la Garde, anonyme français, 18e siècle : peinture à l’huile sur toile représentant un gendarme de la Garde, appartenant à la maison militaire du roi ; œuvre conservée au musée de l'Armée (Paris) ; numéros d’inventaire 21187 ; Ec 1161, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais.
Gendarme de la Garde, anonyme français, 18e siècle : peinture à l’huile sur toile représentant un gendarme de la Garde, appartenant à la maison militaire du roi ; œuvre conservée au musée de l’Armée (Paris) ; numéros d’inventaire 21187 ; Ec 1161, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais.

La gendarmerie[1] du roi a, pour sa part, été créée par Henri IV pour la garde du dauphin. Elle prend place aussitôt après les gardes du corps du roi, selon l’ordonnance de 1667.

Elle se compose de quatre compagnies dites du roi, de six compagnies[2] de quarante gendarmes, dont ceux qui sont affectés à la Reine, et qui ont leurs quartiers à Château-Porcien[3] ou Attigny[4], et six compagnies de chevau-légers.

La compagnie des gendarmes du roi est supprimée le 30 septembre 1787. Dans ce corps, les officiers supérieurs se distinguent en montant des chevaux gris, et les officiers subalternes, des chevaux bais.


[1] Funcken Fred ; Funcken, Liliane, L’uniforme et les armes des soldats de la guerre en dentelle. Tome 1 : France, maison du roi et infanterie sous Louis XV et Louis XVI ; Grande-Bretagne et Prusse, infanterie, 1700 à 1800, Paris, Casterman, 1975, 156 p., ill. en couleur. Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 4-V-31364 (1).

[2] Cinq sont créées sous Louis XIV.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Un brigadier et deux cavaliers de la maréchaussée de Lorraine en 1740, peinture par le commandant Eugène Louis Bucquoy, officier de gendarmerie et uniformologue français ; œuvre conservée au musée de la Gendarmerie (Melun). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Un brigadier et deux cavaliers de la maréchaussée de Lorraine en 1740, peinture par le commandant Eugène Louis Bucquoy, officier de gendarmerie et uniformologue français ; œuvre conservée au musée de la Gendarmerie (Melun). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

A la fin du XVIe siècle, Henri IV octroie aux prévôts le titre de « conseillers du roi[1] » et, comme la tâche est souvent importante, l’on adjoint aux lieutenants des exempts[2]. Le réseau des brigades se complète, et l’uniforme primaire se transforme quelque peu, avec la saye[3] ou sayon[4].


[1] Terme honorifique à valeur variable, allant d’un rôle politique réel à une simple distinction sociale.

[2] Grade apparu sous Louis XIII, au sein de la maréchaussée. Officier intermédiaire chargé de fonctions d’encadrement, il peut suppléer les officiers supérieurs. Maintenu par la réforme de 1720, ce grade est progressivement remplacé à partir de 1778 par celui de maréchal des logis.

[3] Sorte de casaque. Initialement, « manteau fait d’une pièce d’étoffe rectangulaire attachée par une agrafe sur la poitrine ou sur une épaule, que portaient certains peuples de l’Antiquité et du haut Moyen Âge (on dit aussi Sayon). Saie des Gaulois, des Romains. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[4] Bardin, Étienne-Alexandre. Dictionnaire de l’armée de terre, ou Recherches historiques sur l’art et les usages militaires des anciens et des modernes. Paris : J. Corréard, 1850. Quinzième partie, entrée « Sayon » (Portée de fusil–Secrette), pages 4784-4785, consultables en ligne sur Gallica, vue 318/342 et suivante. Bibliothèque nationale de France, document numérique NUMM-6215627, texte reproduit d’après l’exemplaire original conservé à la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, cote V-31330. [Nota bene : la pagination de la quinzième partie est continue et atteint la page 4800 ; il ne s’agit pas du nombre total de pages de cette partie.]


Gendarmes et Chevaux-légers, planche 6 de la suite L'art militaire ou Les Exercices de Mars, livre à dessiner, Nicolas Guérard (vers 1648‑1719), vers 1695 : estampe, eau-forte sur papier ; œuvre conservée au musée de l’Armée (Paris) ; numéro d’inventaire 04617.4.58, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais. [Nota bene : l’orthographe moderne est désormais chevau-légers]
Gendarmes et Chevaux-légers, planche 6 de la suite L’art militaire ou Les Exercices de Mars, livre à dessiner, Nicolas Guérard (vers 1648‑1719), vers 1695 : estampe, eau-forte sur papier ; œuvre conservée au musée de l’Armée (Paris) ; numéro d’inventaire 04617.4.58, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais. [Nota bene : l’orthographe moderne est désormais chevau-légers]

En 1641, Louis XIII renforce la maréchaussée, avec la création de huit nouvelles prévôtés. A son tour, Louis XIV crée dans toutes les juridictions royales des huissiers, sergents royaux, etc.

A ce moment-là, il y a cent quatre-vingts sièges de maréchaussée, dont l’organisation et les salaires varient en fonction des lieux d’intervention, d’où des contestations et des mécontentements[1].


[1] « III. – Époque moderne. – La maréchaussée » in Armée et marine : revue hebdomadaire illustrée des armées de terre et de mer, Paris, [s.n.], 1899-1928, quatrième année, n° 42 du 19 octobre 1902, pages 710-713. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-4402, consultable en ligne sur Gallica, vue 2/20 et suivantes, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, FOL-LC6-87.


Carte des maréchaussées au musée de la Gendarmerie (Melun). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Carte des maréchaussées au musée de la Gendarmerie (Melun). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dans la réalité, la présence de la maréchaussée (ou maillage) est loin d’être identique sur tout le territoire. Chaque ancienne province compte, au moins, une compagnie qui, comme elle a vocation de justice, se compose d’une prévôté, des maréchaux avec, à sa tête, un prévôt général, assisté de baillis et vice-baillis, lieutenants criminels, assesseurs royaux, sergents, etc.


Elle a pour mission de combattre le crime à l’intérieur de son district. Bien qu’elle soit implantée dans des villes comme Châlons[1], Reims[2], Rethel[3], Mézières[4], la maréchaussée s’occupe particulièrement de la délinquance rurale : violences sur les grands chemins, crimes commis par des vagabonds, assemblées illicites. Elle vise les gens de guerre, s’ils commettent des délits dans leurs marches, lieux d’étape ou de séjour.


[1] Châlons-en-Champagne, commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Ses prérogatives s’appliquent aux cas de braconnage, de contrebande, de faux-saunage[1]. A partir du milieu du XVIIIe siècle, elle s’occupe de la police des cabarets et des auberges, des foires et marchés puis, un peu après, du domaine sanitaire, en recherchant les animaux atteints de maladies susceptibles de se répandre.


[1] « Histoire. En composition. Faux-saunage, contrebande du sel qui se pratiquait, sous l’Ancien Régime, entre les provinces qui n’étaient pas assujetties à la gabelle, ou l’étaient peu, et celles qui étaient fortement imposées. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Enfin, elle gère la conservation des routes, en faisant respecter les règlements, qui limitent le nombre de chevaux attelés à des charrettes, afin de contrôler le poids de celles-ci, et veiller ainsi à ce que les routes ne soient pas abîmées. La promptitude des jugements et des sanctions est destinée à frapper l’opinion publique.

Les compagnies rencontrent un certain nombre de difficultés dans leurs missions, car les frontières qui délimitent leur zone d’action ne correspondent pas à celles de l’intendance, ce qui leur complique les choses.

A la mort de Louis XIV, le pays est en paix, et les troupes sont cantonnées essentiellement aux frontières. Une attention plus grande se porte alors sur la sécurité des campagnes : chaque chef de brigade est tenu d’aller avec ses cavaliers dans toutes les paroisses de la circonscription, qu’il doit surveiller dans un rayon de quatre à cinq lieues, de part et d’autre d’une route.


En 1716, un document[1] rapporte que, sur quatre jours, la maréchaussée de Rethel fait une tournée de Vaux-lès-Rubigny[2] jusqu’à Maranwez[3], en passant par Wadimont[4], La Hardoye[5], Rocquigny[6], Mainbressy[7], Mainbresson[8], Le Frety[9], à la recherche de soldats, cavaliers et, dragons sans congés.


[1] Procès-verbaux de tournées pour rechercher les soldats, cavaliers et dragons sans congés (1716) et correspondances sur les peines encourues pour l’acquisition ou le troc d’habits de déserteurs (1716‑1768). Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 26 B 93-100 bis [série B = juridictions d’Ancien Régime, sous-série 26 B = maréchaussée de Reims ; articles 26 B 1‑129 (1669‑1791) = fonds de la maréchaussée de Reims, cotes 26 B 93‑100 bis = déserteurs 1716‑1791.]

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est, et rattachée à Rocquigny.

[6] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[7] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[8] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est, et rattachée à Rocquigny.

[9] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


A chaque étape, elle s’adresse, selon le village, au procureur d’office (Jean Legros à Vaux-lès-Rubigny), au syndic de la communauté (Jacques Deligny à Wadimont), au notaire royal (Jean Legros à La Hardoye), au maire (Pierre Filbaire[1] à Rocquigny), ou à des marchands, c’est-à-dire à des personnes capables de remarquer une présence inhabituelle.


[1] Orthographié Philbert sur certains documents.


Jusqu’en 1716, les brigades sortent à effectif complet pour une chevauchée, ce qui pose de graves problèmes d’efficacité pendant les tournées : le lieu de stationnement est complètement vide, et que les arrestations sont peu nombreuses.

C’est à partir de cette date qu’est adoptée la solution qui perdure, bien au-delà du siècle : seule la moitié des effectifs est désormais en campagne, tandis que l’autre assure la présence à la brigade, ce qui se révèle beaucoup plus efficace.


Saugrain, Guillaume. La Maréchaussée de France, ou Recueil des ordonnances, édits, déclarations, lettres patentes, arrests, règlemens et autres pièces concernant la création, établissement, fonctions, rang, séances, prééminences, droits, prérogatives et privilèges de tous les officiers et archers des maréchaussées, par G. Saugrain. Paris : H. Charpentier, 1697. In-4°, XX-1121 p. (recueil couvrant la période 1521-1696). Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-8719618, consultable en ligne sur Gallica, passim, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-20501.
Saugrain, Guillaume. La Maréchaussée de France, ou Recueil des ordonnances, édits, déclarations, lettres patentes, arrests, règlemens et autres pièces concernant la création, établissement, fonctions, rang, séances, prééminences, droits, prérogatives et privilèges de tous les officiers et archers des maréchaussées, par G. Saugrain. Paris : H. Charpentier, 1697. In-4°, XX-1121 p. (recueil couvrant la période 1521-1696). Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-8719618, consultable en ligne sur Gallica, passim, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-20501.

A partir de 1720[1], une grande réforme menée par Claude Leblanc[2], réorganise la maréchaussée en profondeur, et de façon durable, préfigurant la forme qu’elle adoptera en 1799.


[1] Luc, Jean-Noël « Chronologie sommaire de l’histoire institutionnelle de la maréchaussée et de la gendarmerie nationale (XVIIIe‑XXe siècles) », in Sociétés & Représentations, 2003/2, n° 16, pp. 36‑38, ici p. 36, consultable en ligne sur Cairn.info.

[2] Secrétaire d’Etat à la Guerre (1718-1722).


Chaque généralité[1] est désormais dotée d’une compagnie divisée en lieutenances, et comportant plusieurs brigades de cinq hommes. Cette réforme confirme certains critères d’entrée :

  • la catholicité ;
  • la moralité irréprochable (qui doit être confirmée par un prêtre, ou par une personnalité du voisinage) ;
  • un service honorable dans l’armée, au moins pendant quatre ans.

[1] « Circonscription administrative où s’exerçait la juridiction d’un bureau de trésoriers de France, et qui était placée sous la direction d’un général des finances ou, plus tard, d’un intendant. Généralité de Paris, de Moulins. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


La maréchaussée de Champagne[1] se compose de :

  • cent soixante-dix cavaliers, à la tête desquels se trouve un prévôt général ;
  • quatre lieutenances[2] (Troyes[3], Langres[4], Châlons-sur-Marne[5] et Reims[6]) ;
  • trente-quatre brigades.

[1] Hatat ; Vétault, Alphonse ; Pélicier, Paul, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Vétault et Pélicier… Marne. Archives civiles. Série C, Articles 1 à 2059. Tome I, Châlons : Le Roy, 1884, XVI‑474 p, page X. Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C).

[2] En 1772, une cinquième lieutenance est créée à Sainte-Menehould.

[3] Commune française située actuellement dans le département de l’Aube, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est.

[5] Lire Châlons-en-Champagne, à ne pas confondre avec Chalon-Sur-Saône, commune française située actuellement dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne-Franche-Comté.

[6] Cette lieutenance comprend huit brigades : deux à Reims, commandées respectivement par un exempt et un sous-brigadier ; une à Cormicy (à Dannevoux avant 1750) ; une à Rethel, commandée par un exempt ; une à Maubert-Fontaine (commune française actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est), commandée également par un exempt ; une à Launois (transférée à Mézières en 1750), dirigée par un brigadier ; une à Le Chesne (commune française actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est) ; et la dernière à Fismes (commune française actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est), commandée par un sous-brigadier. Cf. Hatat ; Vétault, Alphonse ; Pélicier, Paul, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Vétault et Pélicier… Marne. Archives civiles. Série C, Articles 1 à 2059. Tome I, Châlons : Le Roy, 1884, XVI‑474 p, page X. Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C).


La maréchaussée de Champagne[1] se compose de cent soixante-dix cavaliers (à la tête desquels se trouve un prévôt général) ; quatre lieutenances[2] (Troyes[3], Langres[4], Châlons-sur-Marne[5] et Reims[6]) ; trente-quatre brigades.


[1] Hatat ; Vétault, Alphonse ; Pélicier, Paul, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Vétault et Pélicier… Marne. Archives civiles. Série C, Articles 1 à 2059. Tome I, Châlons : Le Roy, 1884, XVI‑474 p, page X. Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C).

[2] En 1772, une cinquième lieutenance est créée à Sainte-Menehould.

[3] Commune française située actuellement dans le département de l’Aube, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est.

[5] Lire Châlons-en-Champagne, à ne pas confondre avec Chalon-Sur-Saône, commune française située actuellement dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne-Franche-Comté.

[6] Cette lieutenance comprend huit brigades : deux à Reims, commandées respectivement par un exempt et un sous-brigadier ; une à Cormicy (à Dannevoux avant 1750) ; une à Rethel, commandée par un exempt ; une à Maubert-Fontaine (commune française actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est), commandée également par un exempt ; une à Launois (transférée à Mézières en 1750), dirigée par un brigadier ; une à Le Chesne (commune française actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est) ; et la dernière à Fismes (commune française actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est), commandée par un sous-brigadier. Cf. Hatat ; Vétault, Alphonse ; Pélicier, Paul, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Vétault et Pélicier… Marne. Archives civiles. Série C, Articles 1 à 2059. Tome I, Châlons : Le Roy, 1884, XVI‑474 p, page X. Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C).


La brigade de Rethel est relativement ancienne, puisque des actes notariés permettent de dire qu’en 1701, l’un des archers se nomme Pierre Villain, et un greffier Jean Sonef[1], tandis qu’un document[2] de 1716 permet d’avoir une connaissance précise de tous les villages qui en dépendent.


[1] Cf. Archives départementales des Ardennes, Inventaire des archives communales anciennes de Rethel, 2024-2025, 66 p., page et vue 15/66, tapuscrit PDF non coté, consultable en ligne [D’après Pauffin, Nicolas, Inventaire des titres et renseignements qui se sont trouvés dans les armoires des archives de l’hôtel commun de cette ville de Rethel. Sa transcription a été réalisée entre avril 2024 et janvier 2025 à partir du manuscrit conservé aux archives municipales de Rethel, elles-mêmes déposées à la médiathèque-musée de L’Agora, sous la cote 1S2.]

[2] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 26 B 4, feuillet 34 [série B = juridictions d’Ancien Régime, sous-série 26 B = maréchaussée de Reims ; articles 26 B 1‑129 (1669‑1791) = fonds de la maréchaussée de Reims, cotes 26 B 1‑13 = actes non judiciaires, actes administratifs : édits et ordonnances, réceptions, pièces comptables, etc.1669-1790.]


Ainsi, La Romagne[1] est décrite comme un village[2], situé sur une petite hauteur, et qui n’est traversé par aucune rivière. La commune dépend en première instance de Chaumont-Porcien[3], puis de Sainte-Menehould[4].

Il s’y exerce la haute, moyenne et basse justice, mais aucune juridiction n’y est établie. Il n’y a aucune activité commerciale, comme les foires et marchés, mais uniquement une fête patronale le 15 août.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Et une paroisse.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.


Le village se trouve sur le chemin de traverse de Rethel à Aubenton[1], et la frontière, à proximité d’une forêt d’environ deux cents arpents.

Il dépend du district de la brigade de Rethel, qui se trouve à quatre lieues, alors qu’il faut parcourir dix lieues pour se rendre à la lieutenance de Mézières[2], et dix-huit pour atteindre la résidence du prévôt général à Châlons.


[1] Commune française située actuellement dans le département de l’Aisne, en région Hauts-de-France.

[2] Meissner, Michel, « De la maréchaussée à la gendarmerie de Mézières », in Terres ardennaises : revue d’histoire et de géographie locales, n° 92, octobre 2005, p. 21‑23, ill. en noir. Archives départementales des Ardennes, PERH97 12.


Ce document de 1716 concerne aussi Montmeillant[1], qui dépend de la brigade de Launois[2], tandis que Rocquigny est rattaché à celle de Rethel[3]. Le premier village relève de Château-Porcien, et de Sainte-Menehould, alors que le second est en instance à Rozoy-sur-Serre[4], qui a autorité sur la haute, moyenne et basse justice, et qui ressort du baillage de Rethel.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 26 B 4, feuillet 46 [série B = juridictions d’Ancien Régime, sous-série 26 B = maréchaussée de Reims ; articles 26 B 1‑129 (1669‑1791) = fonds de la maréchaussée de Reims, cotes 26 B 1‑13 = actes non judiciaires, actes administratifs : édits et ordonnances, réceptions, pièces comptables, etc.1669-1790.]

[2] Launois-sur-Vence, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 26 B 4, feuillet 58 [série B = juridictions d’Ancien Régime, sous-série 26 B = maréchaussée de Reims ; articles 26 B 1‑129 (1669‑1791) = fonds de la maréchaussée de Reims, cotes 26 B 1‑13 = actes non judiciaires, actes administratifs : édits et ordonnances, réceptions, pièces comptables, etc.1669-1790.]

[4] Commune française située actuellement dans le département de l’Aisne, en région Hauts-de-France.


Montmeillant[1] a un point commun avec La Romagne, celui de n’avoir ni foire ni marché. Alors que Rocquigny célèbre le 25 juillet la Saint-Christophe, et accueille deux foires (le 2 mai et le 25 juillet), et un marché le jeudi matin.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


La situation de Montmeillant intéresse à double titre la maréchaussée, non seulement en raison de son environnement boisé[1] (quelque mille quatre cents arpents entre les bois de Montmeillant, d’Angeniville[2] et de Signy-l’Abbaye[3]), mais aussi par sa situation sur la route passagère de Rumigny[4] à Wasigny[5].

Rocquigny se trouve en plaine, dans un paysage plus dégagé, et sur le trajet qui va de Rethel à Chaumont-Porcien et Aubenton.


[1] Susceptible de cacher des individus peu recommandables, des réfractaires, des voleurs, etc.

[2] Lieu‑dit du Bois d’Angeniville, sur la commune de Signy‑l’Abbaye.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Hussard du régiment Esterhazy et gendarme, selon l’ordonnance de 1776, avec prisonnier, anonyme français, 18e siècle : peinture à l’huile sur toile ; œuvre conservée au musée de l'Armée (Paris) ; numéros d’inventaire 7556 ; Ec114, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais.
Hussard du régiment Esterhazy et gendarme, selon l’ordonnance de 1776, avec prisonnier, anonyme français, 18e siècle : peinture à l’huile sur toile ; œuvre conservée au musée de l’Armée (Paris) ; numéros d’inventaire 7556 ; Ec114, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais.

D’autres réformes apportent de nombreuses modifications. En 1728, une masse d’équipement, et d’habillement[1], est créée pour faire face à l’achat et l’entretien de la tenue[2].

En 1768-1769, c’est une masse de remonte[3], alimentée par l’Etat et par la généralité, qui voit le jour, même si le cavalier doit encore fournir le prix de son cheval. En compensation, il reçoit une indemnité pour l’entretien et l’équipement de sa monture.


[1] Caisse ou dotation financière destinée à couvrir les frais d’uniformes, d’armes et d’équipement des soldats.

[2] Fohrer (capitaine), « Launois-sur-Vence : une petite histoire de la gendarmerie départementale au temps de l’hôtel de la maréchaussée (1776-1851) », in Terres Ardennaises : revue d’histoire et de géographie locales, n° 69, décembre 1999, pp. 22-25, passim. Archives départementales des Ardennes, PERH97 9.

[3] « Le fait de fournir des chevaux à une unité militaire, à un haras, etc. pour augmenter leur nombre ou pour remplacer ceux qui ne peuvent plus servir ; l’ensemble de ces chevaux. Officier de remonte (anciennement). Le Service général de la remonte de l’armée française fut créé en 1831. Un cheval de remonte. La remonte de la Garde républicaine. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Plaque signalétique contemporaine indiquant l’emplacement de l'ancien hôtel de la maréchaussée à Launois-sur-Vence (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 3 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plaque signalétique contemporaine indiquant l’emplacement de l’ancien hôtel de la maréchaussée à Launois-sur-Vence (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 3 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Quant à l’armement, il est prélevé sur les magasins de l’Etat. La maréchaussée comprend toujours trente-quatre brigades, mais plus d’hommes, dont le nombre atteint deux cent deux[1].

Des réformes concernent la règlementation du service, et la discipline. En 1770, la compagnie de Champagne comprend quarante-quatre brigades, alors qu’il y en avait que trente-quatre en 1720[2].


[1] Hatat ; Vétault, Alphonse ; Pélicier, Paul, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Vétault et Pélicier… Marne. Archives civiles. Série C, Articles 1 à 2059. Tome I, Châlons : Le Roy, 1884, XVI‑474 p, page X. Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C).

[2] Sur les effectifs de la compagnie de Champagne, Cf. Poncelet, Catherine, La maréchaussée en Champagne au XVIIIe siècle, mémoire de maîtrise, sous la direction de Yves-Marie Bercé, Reims : [s. n.], 1981, 120 p., ill. (graphiques, tables, cartes). Archives départementales des Ardennes, E/C 65.


Gendarmerie de France, auteur anonyme, 1779 : dessin à l’aquarelle et à l’encre représentant des militaires de la gendarmerie en uniforme, dans le cadre de la planche 4 de la série Uniformes militaires des troupes françaises sous Louis XVI ; œuvre conservée au musée de l'Armée ; numéros d’inventaire 10866 ; NF AR UNI, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais.
Gendarmerie de France, auteur anonyme, 1779 : dessin à l’aquarelle et à l’encre représentant des militaires de la gendarmerie en uniforme, dans le cadre de la planche 4 de la série Uniformes militaires des troupes françaises sous Louis XVI ; œuvre conservée au musée de l’Armée ; numéros d’inventaire 10866 ; NF AR UNI, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais.

En 1778, la militarisation de la maréchaussée se renforce, et l’esprit de corps[1] se développe. L’attitude attendue des membres de cette institution est plus précisément définie : il est nécessaire d’être de bonnes mœurs, d’adopter un comportement exemplaire, de faire preuve de tenue, d’honnêteté, et d’exactitude.

De plus, une attention particulière est portée à l’ivrognerie : la première remarque s’assortit d’un avertissement, la deuxième de la prison, la troisième d’un renvoi.


[1] Fressin, Thomas (commandant) ; Georges, Jonathan « Maillage territorial et état de la maréchaussée à la fin du XVIIIe siècle », in Les Notes du CREOGN [Centre de recherche de l’école des officiers de la gendarmerie nationale], n° 65, janvier 2022, 4 pages, consultables en ligne sur le site du CRGN [Centre de recherche de la gendarmerie nationale.]



Pistolet d’officier de maréchaussée, modèle 1770, manufacture de Charleville ; acier, fer, bois ; numéro d’inventaire 999.14.1. ; œuvre conservée au musée de l’Ardenne (Charleville-Mézières), notice descriptive consultable en ligne sur le portail MUSEAR – Les musées de Charleville‑Mézières.
Pistolet d’officier de maréchaussée, modèle 1770, manufacture de Charleville ; acier, fer, bois ; numéro d’inventaire 999.14.1. ; œuvre conservée au musée de l’Ardenne (Charleville-Mézières), notice descriptive consultable en ligne sur le portail MUSEAR – Les musées de Charleville‑Mézières.

Afin de contrôler les brigades, et leur bonne tenue, des revues sont organisées, durant lesquelles sont examinés les hommes, leurs uniformes, leurs montures, leurs armes, etc. En 1720, l’habillement, l’équipement et le harnachement de la maréchaussée était le suivant[1] :

  • un justaucorps[2] en drap « bleu-de-roi[3] », avec doublure et parements rouges ;
  • une aiguillette[4] de soie blanche[5] ;
  • un chapeau bordé d’un galon d’argent ;
  • une bandoulière de buffle[6] de quatre pouces et demi de large, bordé d’un galon d’argent ;
  • un ceinturon de buffle de deux pouces et demi de large, bordé d’un galon d’argent ;
  • un manteau bleu avec parements rouges ;
  • des bottines à bouche de cuivre ;
  • une veste de chamois[7] et une culotte de même en « drap de Sedan[8] » ;
  • des fourreaux de pistolets en drap bleu, avec un bordé et un galon de soie blanche.

Les chevaux sont alors caparaçonnés[9] avec des housses en drap bleu, avec un bordé et un galon de soie blanche. Ils doivent avoir la même taille que ceux des régiments de dragons.


[1] Tenaille-Champton, Histoire de la gendarmerie, depuis sa création jusqu’en 1790 ; accompagnée des tableaux de créations des maréchaussées à différentes époques. Paris : Anselin, 1829. XVI, 204 p. In-8. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-94733, consultable en ligne sur Gallica, page 121 et suivantes, vue 137/220 et suivantes, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LF32-35.

[2] « Anciennement. Vêtement à manches et à basques, ajusté à la taille. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] Bleu roi.

[4] « Autrefois, cordon ferré aux deux extrémités, utilisé pour assurer la fermeture des vêtements ou comme simple ornement. Aujourd’hui. Cordon terminé par des ferrets qui sert d’ornement aux uniformes de certains militaires. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[5] Luc, Jean-Noël « Présentation. Du bon usage de l’histoire des représentations des gendarmes », in Sociétés & Représentations, n° 16, 2003/2, pp. 5-35, ici p. 6, Paris : éditions de la Sorbonne, (consultable en ligne sur Cairn.info).

[6] Faisant partie de la buffleterie, définie comme un « ensemble des bandes de buffle ou de cuir chamoisé, telles que baudrier, ceinturon, courroies et dragonnes, qui font partie de l’équipement militaire. La buffleterie blanche de la Garde républicaine, de la gendarmerie. », et, par extension, « Ensemble de tout équipement de cuir », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[7] « Spécialement. Peau de chamois, peau de cet animal ou, par extension, d’un autre animal, travaillée pour être rendue souple et moelleuse. Essuyer sa voiture avec une peau de chamois. Par métonymie. Culotte, gants, souliers de chamois. En apposition. Couleur chamois, d’un jaune clair. Une veste couleur chamois ou, elliptiquement, une veste chamois », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[8] « Sorte de drap fin qui se fabrique dans la ville de Sedan. Habit de sedan. Un beau sedan. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[9] Carapaçonner : « couvrir d’un caparaçon. Un cheval richement caparaçonné. Par extension. Péjoratif. Recouvrir entièrement. Il avait les pieds caparaçonnés dans d’épaisses chaussures. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


En 1756, les bottes molles remplacent les bottines, l’uniforme comprend désormais un surtout[1] bleu. Une cocarde noire est adoptée. Elle disparaît au profit du basin[2] blanc en 1769, année où la maréchaussée commence à porter des épaulettes, et où les cheveux doivent être attachés en queue, et maintenus par une rosette noire.


[1] « Vêtement large porté par-dessus les autres. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] « Étoffe dont la chaîne est de fil et la trame de coton. Basin uni. Un gilet, une robe de basin » ou « Étoffe damassée tissée de manière à présenter un effet de bandes longitudinales, utilisée notamment comme tissu d’ameublement. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Selon l’ordonnance du roi concernant la maréchaussée du 28 avril 1778, les culottes doivent être faites à pont-levis[1], et le portemanteau[2], être bleu, bordé d’un galon de fil blanc.


[1] « Terme de tailleur. Pont-levis, ou, plus ordinairement, pont, partie de la culotte ou du pantalon qui s’abaisse ou se lève à volonté. Pantalon à grand pont, à petit pont. », selon Littré, Émile, Dictionnaire de la langue française, Tome 3, Paris : Louis Hachette, 1873‑1874, 4 volumes, grand in-4. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-5460034 < Tome 3 >, consultable en ligne sur Gallica, page 1211, vue 1219/1408 et suivantes, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, FOL-X-124 (3).

[2] « Étui cylindrique en toile épaisse ou en cuir que les cavaliers attachent à leur selle, et qui peut contenir un manteau et quelques effets. Les portemanteaux, en usage dans l’armée jusqu’à la fin du XIXe siècle, sont aujourd’hui utilisés par les randonneurs à cheval. Désignait aussi autrefois une malle dans laquelle on rangeait ses vêtements. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Les soldes sont désormais payées régulièrement par trimestre, ce qui permet à chacun de s’équiper, de nourrir sa monture, de se loger. Il faut attendre les dernières années du règne de Louis XVI, pour que le logement soit fourni gratuitement par les habitants.


Les déplacements dans le rayon de la brigade donnent lieu à des décomptes de frais, comme c’est le cas pour la mission[1] dont sont chargés, le 16 août 1787, les sieurs Gillet et Crepin, respectivement brigadier et cavalier à Rethel.

Ils sont allés à Chaumont-Porcien pour prendre en charge, emmener, et constituer prisonnier, Jean Jacques Charron, accusé de mendier, et d’être sans domicile fixe, pour un coût de 15 livres pour le brigadier, et 12 pour le cavalier.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 26 B 27 [série B = juridictions d’Ancien Régime, sous-série 26 B = maréchaussée de Reims ; articles 26 B 1‑129 (1669‑1791) = fonds de la maréchaussée de Reims, cotes 26 B 25‑27 = exécutoires (1729-1790).



Registre des exécutoires de la maréchaussée de Reims (Marne). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 13 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Registre des exécutoires de la maréchaussée de Reims (Marne). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 13 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Il n’est plus question de recevoir des candidats qui ne sachent ni lire ni écrire, car toute arrestation ou information fait désormais l’objet d’un procès-verbal écrit.

Ce qui est plus important encore, c’est la multiplication des brigades, afin d’assurer un maillage plus serré, et de renforcer la surveillance. Sur tout le territoire, l’on passe au cours de ce siècle de quelque cinq cents brigades à huit cent quatre-vingts, ce qui accroît considérablement la sécurité des campagnes.


Extrait du registre des exécutoires de la maréchaussée de Reims (Marne), avec mention de la Romagne (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 13 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Extrait du registre des exécutoires de la maréchaussée de Reims (Marne), avec mention de la Romagne (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 13 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La maréchaussée, qui surveille les campagnes sous l’Ancien Régime, et les juridictions qui en dépendent, sont supprimées à la Révolution, par la loi du 16 février 1791, et remplacées par un nouveau corps : la gendarmerie nationale, qui va, comme son ancêtre, couvrir le territoire national, divisé en légions[1]. Chacune d’entre elles s’étend en principe sur le territoire de trois à quatre départements.


[1] Ou divisions.


Copie de l’acte de baptême de Jacques Taine. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Copie de l’acte de baptême de Jacques Taine. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dans cette nouvelle gendarmerie, l’on retrouve d’anciens membres de la maréchaussée, en raison du ralliement quasi-total de son personnel aux idées révolutionnaires, mais aussi d’ex-soldats porteurs d’un congé absolu[1], et munis surtout de leur précieux certificat de civisme[2].

Le plus souvent, les gendarmes sont natifs des communes avoisinant la brigade, ou issus du département. C’est en effet un atout pour la connaissance des lieux et des personnes.


[1] Dans le contexte militaire de l’Ancien Régime en France, un congé absolu désigne un laisser-passer permanent qui met fin définitivement au service actif d’un soldat ou d’un militaire, contrairement au simple congé temporaire.

[2] Document officiel instauré pendant la Révolution française, dans le contexte de la Terreur et de la guerre révolutionnaire. Il attestait qu’une personne était républicaine, fidèle à la Constitution du 24 juin 1793 et à la Nation, et qu’elle n’avait pas de comportement suspect ou contre-révolutionnaire.



Dessin du drapeau pour le corps des grenadiers de la Gendarmerie nationale, 4 octobre 1792, auteur anonyme, octobre 1792 : dessin à l’aquarelle et à l’encre noire sur papier vergé ; œuvre conservée au musée de l'Armée (Paris) ; numéro d’inventaire 04495.1586, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais.
Dessin du drapeau pour le corps des grenadiers de la Gendarmerie nationale, 4 octobre 1792, auteur anonyme, octobre 1792 : dessin à l’aquarelle et à l’encre noire sur papier vergé ; œuvre conservée au musée de l’Armée (Paris) ; numéro d’inventaire 04495.1586, notice descriptive consultable en ligne sur GrandPalaisRmnPhoto, base iconographique de l’agence photographique de la RMN – Grand Palais.

Jusqu’à l’an V[1], la gendarmerie est subordonnée aux autorités administratives départementales, et ce, que ce soit pour le recrutement, l’organisation, le service, le logement et l’administration.

La tenue reste quasiment la même, à quelques différences près, liées au changement de régime : cocarde tricolore, grenade[2], à la place de la cocarde blanche et des fleurs de lys. Les boutons d’uniforme[3] portent la devise « Force à la loi ».


[1] Du 22 septembre 1796 au 21 septembre 1797.

[2] Ce symbole est devenu l’emblème de la gendarmerie.

[3] Fohrer (capitaine), « Launois-sur-Vence : une petite histoire de la gendarmerie départementale au temps de l’hôtel de la maréchaussée (1776-1851) », in Terres Ardennaises : revue d’histoire et de géographie locales, n° 69, décembre 1999, pp. 22-25, ici p.23. Archives départementales des Ardennes, PERH97 9.


Porche de l'ancien hôtel de la maréchaussée à Launois-sur-Vence (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 3 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Porche de l’ancien hôtel de la maréchaussée à Launois-sur-Vence (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 3 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La loi du 8 janvier 1792 stipule que, compte tenu des circonstances, des besoins indispensables du service nécessitent une augmentation provisoire des brigades. Chaque département doit avoir un minimum de quinze brigades, mais le nombre de celles-ci peut atteindre les vingt-et-une.


Tableau représentant un officier de la gendarmerie nationale, auteur anonyme, date inconnue ; œuvre conservée au musée de la Gendarmerie (Melun) ; numéro d’inventaire 10895.2007.02275, notice descriptive consultable en ligne sur la base Joconde, catalogue collectif des collections des musées de France.
Tableau représentant un officier de la gendarmerie nationale, auteur anonyme, date inconnue ; œuvre conservée au musée de la Gendarmerie (Melun) ; numéro d’inventaire 10895.2007.02275, notice descriptive consultable en ligne sur la base Joconde, catalogue collectif des collections des musées de France.

Les Ardennes, comme la Marne et l’Aisne, appartiennent alors à la 19edivision (ou légion), mais ces unités militaires changent de numérotation avec le temps, les régimes politiques, et le découpage du territoire.

Il s’y trouve deux capitaineries, en résidence à Mézières et Rethel, six lieutenances à Sedan[1], Grandpré[2], Carignan[3], Rocroi[4], Charleville[5], Attigny, et dix-huit brigades[6], soit huit officiers, dix-huit sous-officiers, et soixante-douze gendarmes.

Chaque canton ardennais est ainsi doté d’une brigade, qui peut être formée avec des surnuméraires, anciens de la maréchaussée qui y ont accompli un service actif, avant de suivre la formation de la gendarmerie nationale[7]. Ce déploiement peut s’expliquer par la situation de département frontière.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune déléguée française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est, qui a fusionné avec sa voisine Termes.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[6] Mézières ; Rethel ; Launoy ; Le Chesne ; Givet ; Philippeville ; Sedan ; Grandpré ; Carignan (anciennement Yvoi) ; Asfeld ; Rocquigny ; Rocroi ; Fumay ; Charleville ; Beaumont ; Vouziers ; Attigny et Buzancy.

[7] Loi relative à l’organisation de la gendarmerie nationale donnée à Paris le 29 avril 1792 an IV de la Liberté, article 7. [Nota bene : il s’agit de Liberté, et non de République, car l’on se réfère au début de la Révolution. En revanche, les dates après septembre 1792 sont notées An I de la République.] Archives départementales des Ardennes, L 1208 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cote L 1208 = gendarmerie, instructions, circulaires. 1791-An VII.]


Sabre d’officier de la gendarmerie à pied, France, 1793 : arme blanche réglementaire utilisée notamment par l’officier Bonnardel ; œuvre conservée au musée de la Gendarmerie (Melun) ; numéro d’inventaire 10895.1984.02249, note descriptive consultable en ligne sur la base de données Joconde, catalogue collectif des collections des musées de France.
Sabre d’officier de la gendarmerie à pied, France, 1793 : arme blanche réglementaire utilisée notamment par l’officier Bonnardel ; œuvre conservée au musée de la Gendarmerie (Melun) ; numéro d’inventaire 10895.1984.02249, note descriptive consultable en ligne sur la base de données Joconde, catalogue collectif des collections des musées de France.

Ces brigades, qu’elles soient à cheval ou à pied[1], sont établies dans tous les lieux disposant d’une administration, ou d’un tribunal de district, et sont localisées au chef-lieu du canton.

Le site précis où la gendarmerie est installée est choisi avec soin, car elle doit se trouver en un lieu de passage très fréquenté. S’il n’y a pas de grandes routes qui traversent la commune, elle s’organise autour de la place publique, afin que les gendarmes puissent à tout moment observer ce qui se passe, les voyageurs, etc.


[1] Ces dernières viennent d’être créées.


Porche et cour de l'ancien hôtel de la maréchaussée à Launois-sur-Vence (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 8 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Porche et cour de l’ancien hôtel de la maréchaussée à Launois-sur-Vence (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 8 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Plaque signalétique contemporaine indiquant l’emplacement de l’ancien logis du relais de poste à Launois-sur-Vence (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 8 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plaque signalétique contemporaine indiquant l’emplacement de l’ancien logis du relais de poste à Launois-sur-Vence (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 8 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.


A Launois, la gendarmerie intègre l’hôtel de la maréchaussée, bâti sous l’Ancien Régime, à proximité du relais de poste. Il convient de noter qu’au tout début de la jeune République, et pour des raisons de sécurité, des brigades provisoires sont établies dans divers lieux, comme à Wasigny, Margut[1], Neufmanil[2], Bouillon[3] et Maubert-Fontaine. Leur durée de vie est brève. Dès ses débuts, la brigade de Rocquigny[4] comprend, parmi ses effectifs :

Données extraites du Registre de la gendarmerie du département des Ardennes. Service historique de la Défense (Vincennes), fonds de l’armée de Terre, GR 28 YC 15 [série GR = Guerre et Armée de Terre ; sous-série GR YC = contrôles de la troupe ; section GR 28 YC = Gendarmerie (1792-1814).]

[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune francophone de Belgique, située actuellement en région wallonne, en Ardenne belge, dans la province de Luxembourg.

[4] Registre de la gendarmerie du département des Ardennes. Service historique de la Défense (Vincennes), fonds de l’armée de Terre, GR 28 YC 15 [série GR = Guerre et Armée de Terre ; sous-série GR YC = contrôles de la troupe ; section GR 28 YC = Gendarmerie (1792-1814).]


Certificat de civisme de Jacques Taine et antériorité des services. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Certificat de civisme de Jacques Taine et antériorité des services. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Quelques dossiers, ou annotations concernant ces gendarmes[1], subsistent, ce qui permet de mieux en connaître certains, et, parfois, de prendre connaissance de l’avis de leur hiérarchie, par exemple :

  • Jean Baptiste Belhommet, trente ans, mesurant cinq pieds six pouces[2], né à Montgon[3], district de Vouziers[4]. A servi dans le régiment de Flandres comme chasseur à cheval, jusqu’au 6 novembre 1788.
  • Louis Bauduin (ou Baudoin), trente ans, mesurant cinq pieds six pouces, et donc de taille réglementaire. Né à Signy-l’Abbaye, district de Charleville, il a servi dans le 72e régiment d’infanterie, du 31 août 1783 au 31 août 1791.
  • Ambroise (dit aussi Thomas François) Demacon, né à Librebois (nom républicain de Saint-Jean-aux-Bois[5]). Son certificat de civisme atteste qu’il est un républicain convaincu : « Il a montré un patriotisme parfait », selon les édiles municipaux.
  • Nicolas le Borgne, de Rubigny[6], où il a été capitaine de la garde nationale, après avoir servi plus d’une dizaine d’années dans le régiment de Bourgogne, puis trois ans dans le Royal-Champagne. Il est recommandé à l’administration par le brigadier La Ramée. Un autre document indique un autre soutien, cette fois-ci au citoyen Demacon.
  • Gérard Martin Marguet, trente-neuf ans, mesurant cinq pieds six pouces. Il est né à Romance[7], district de Rethel. Il fait partie des troupes provinciales de la généralité de Châlons de janvier 1772 au 1er mai 1787.
  • Jean-Baptiste Princiaux, vingt-sept ans, mesurant cinq pieds six pouces. Né à Corny-la-Ville[8], district de Rethel, il sert dans le régiment de La Fère[9] du 16 avril 1782 au 16 avril 1790, dont cinq ans comme grenadier. A sa sortie du régiment, et avant de s’engager comme gendarme, il exerce le métier de tisserand. A trente ans, il passe de la brigade de Rocquigny à celle de Rethel. Il a « du civisme et de la conduite », et il sait écrire. Selon son supérieur, il n’a pas encore toutes les capacités pour le poste qu’il occupe, mais il est de ceux qui peuvent les acquérir. Sa monture, un cheval de quatre ans, présente une robe de couleur bai-brun[10].
  • Jacques Taine, originaire de Rethel. Il est recruté pour remplacer Jean Baptiste Princiaux, qui change de brigade. Il intègre la garde nationale, à partir du 14 juillet 1791, et y reste jusqu’à la formation du 3e régiment de volontaires, dans lequel il est sergent-major. Son certificat de civisme est élogieux : « Il a montré le plus grand zèle pour la défense de la chose publique. » Il est recruté le 16 octobre 1792.

[1] Archives départementales des Ardennes, L 1210 et L1212 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cote L 1210 = gendarmerie, recrutement. 1791-An VII et cote L 1212 = gendarmerie, personnel, 1790-An VII.]

[2] Taille minimale requise pour être gendarme.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[6] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[7] Acy-Romance, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[8] Corny-Machéroménil, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[9] Commune française située actuellement dans le département de l’Aisne, en région Hauts-de-France.

[10] « Hippologie. Se dit d’un cheval présentant une robe noire agrémentée de zones rousses ou fauves situées autour des naseaux, sur les flancs, les grassets, les coudes, le ventre, les ars et à l’intérieur des cuisses. », selon le dictionnaire de lalanguefrancaise.com.


Nomination d’Ambroise Demacon à la brigade de Rocquigny (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Nomination d’Ambroise Demacon à la brigade de Rocquigny (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

L’administration cantonale doit fournir à chaque gendarme un logement dans la caserne de la brigade, située au chef-lieu de canton, Rocquigny à cette époque.

C’est au 1er février 1792, le lieutenant Jean Baptiste Payot[1], en résidence à la gendarmerie d’Asfeld, se rend sur ordre du capitaine à Rocquigny, qui vient d’être désigné comme lieu d’installation d’une brigade.

Après l’inspection des lieux proposés, il fait part au maire et aux officiers municipaux de l’impossibilité de loger tous les gendarmes, et leurs familles, dans un lieu propre à n’accueillir que le brigadier.


[1] Archives départementales des Ardennes, L 1213, feuillet 31 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cotes L 1211-1213, feuillet = gendarmerie, personnel (1790- An VII).]


Plan de la maison de Rocquigny (Ardennes) demandé par le lieutenant Jean Baptiste Payot. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plan de la maison de Rocquigny (Ardennes) demandé par le lieutenant Jean Baptiste Payot. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les édiles proposent alors deux maisons qui pourraient convenir, car situées sur la place du village. Le lieutenant les invite à se réunir, et à faire un plan de l’une d’entre elles. Couverte en chaume, elle comprend un rez-de-chaussée, et un grenier au-dessus, auquel l’on accède par un escalier très incommode (car situé dans l’écurie).

Cette maison est divisée en une cuisine de dix-huit pieds de long sur seize de large, une chambre, et un cabinet. Une grange est attenante à la cuisine. Cette habitation est élevée d’environ six pieds au-dessus d’une rue étroite.

Un terrain, d’environ quatre verges, peut servir de cour et le jardin : quelques arbres fruitiers y poussent. Il peut être agrandi, car les terres adjacentes appartiennent au même propriétaire.


La municipalité n’a parfois pas d’autre choix que de louer des maisons et des chambres, transformées en bureaux et logements[1], par un bail de trois, six, neuf ans, à Nicolas Gouverneur, laboureur, Pierre Foucault, laboureur, et Jean-Baptiste Bocquet.


[1] Archives départementales des Ardennes, L 1209 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cote L 1209 = gendarmerie, organisation, casernements (1790- An VIII).]


Un acte notarié, passé le 22 avril 1792 devant maître Jean Baptiste Deligny, notaire à Rocquigny, en témoigne. Nicolas Gouverneur propose, pour 80 livres par an, et dans la grand-rue, une maison avec jardin, attribuée au brigadier.

Pierre Foucault, lui, loue deux chambres basses, au rez-de-chaussée, tenant à son habitation, avec le logement des chevaux, et l’aménagement d’emplacements pour leurs vivres.

Jean-Baptiste Bocquet propose deux chambres, dont l’une se situe au rez-de-chaussée, avec un cabinet ouvrant au nord. La chambre du dessus est assortie de greniers, et d’une écurie au fond de la cour, le tout pour 300 livres annuelles. Deux gendarmes y trouvent place.

Quant à ceux qui ne peuvent être logés, ils perçoivent une indemnité compensatoire, et habitent dans d’autres communes faisant partie du canton : c’est ainsi que l’un d’eux habite quelque temps à La Romagne, et un autre à Montmeillant.


Un autre exemple de cette difficulté à loger les gendarmes concerne, une fois encore, la mairie de Rocquigny, comme le révèle un document daté du deuxième jour[1] supplémentaire de l’an IV[2].

A ce moment-là, la commune ne dispose pas de bâtiments, si ce n’est le presbytère, qui est offert à un gendarme. Or, cette maison est occupée par le citoyen Bernard, curé de la paroisse.

La municipalité décide alors d’informer ce citoyen particulier qu’il est tenu d’évacuer le lieu dans les deux jours qui suivent la notification de la décision[3].


[1] Le calendrier républicain français, instauré pendant la Révolution (à partir de 1793), remplace la semaine par des décades de dix jours. Chaque mois compte trois décades, soit trente jours, et l’année est composée de douze mois, totalisant trois cent soixante jours. Pour compléter l’année solaire (environ trois cent soixante-cinq jours et un quart), l’on ajoute cinq jours supplémentaires (ou six les années bissextiles). Ces jours, d’abord appelés sans-culottides, sont ensuite nommés jours complémentaires. Chacun de ces jours revêt une signification particulière. Le deuxième jour (duodi) est ainsi appelé le jour du génie.

[2] Soit le 18 septembre 1796.

[3] Archives départementales des Ardennes, L 1336 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1276-1357 = hôpitaux, prisons, affaires cantonales et municipales ; cotes L 1336-1337 = canton de Rocquigny, délibérations, an IV-1819.]



Recommandation pour le citoyen Le Borgne par le brigadier La Ramée. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Recommandation pour le citoyen Le Borgne par le brigadier La Ramée. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Il se plie à cette contrainte, sans s’y opposer dans un premier temps. Il trouve refuge auprès d’une âme charitable, qui l’héberge durant de nombreux mois : il n’a aucun autre lieu où s’installer.

Cette expulsion, conduite un peu trop rapidement, et apparemment sans protestation initiale de la part de l’expulsé, donne lieu par la suite à des réclamations du citoyen Bernard, à partir de l’an VI[1], pour plusieurs raisons.

Il rappelle que la maison, avec son écurie, son jardin, son grenier, et sa cour, est occupée depuis le 29 vendémiaire de l’an V[2] par les citoyens La Ramée et Taine, exceptés un local et le bûcher, qui sont destinés à l’administration, et à la tenue de séances (ou réunions).


[1] Du 22 septembre 1797 au 21 septembre 1798.

[2] Le 20 octobre 1796.


Confirmation de son intégration dans la brigade de Rocquigny (Ardennes) par Jacques Taine. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Confirmation de son intégration dans la brigade de Rocquigny (Ardennes) par Jacques Taine. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Or, ce que l’administration communale ignorait, ou a feint d’ignorer, lors de la réquisition, c’est que le citoyen curé Bernard s’était porté acquéreur de la maison curiale, et de ses dépendances, et qu’il en était propriétaire, suivant la loi, depuis le 9 messidor de l’an IV[1].


[1] Le 27 juin 1796.


En outre, il demande des réparations, pour certaines parties de sa propriété, après la constatation, par deux experts[1], des dégradations importantes concernant l’écurie[2], les portes de la cour, le clos et les palissades.


[1] Ce sont des charpentiers, l’un de Libre-Bois (nom républicain de Saint-Jean-aux-Bois), l’autre de Rocquigny.

[2] Qui menace de s’écrouler.


Le 21 floréal an VI[1], il demande à être indemnisé pour la location des lieux de vie, occupés par les citoyens gendarmes : jusqu’à ce jour, le montant du loyer n’a jamais été fixé, et aucun paiement ne lui a donc été versé.

Incapable dans ces conditions de s’acquitter de ses impôts, le citoyen se trouve dans une situation délicate, et ce, d’autant plus qu’il doit solder en entier son acquisition de sa maison de curé.


[1] Le 10 mai 1798.


Façade du bâtiment de la gendarmerie nationale de Château-Porcien (Ardennes), carte postale ancienne en noir et blanc avec au verso un cachet de la poste du 29 juillet 1928 (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Façade du bâtiment de la gendarmerie nationale de Château-Porcien (Ardennes), carte postale ancienne en noir et blanc avec au verso un cachet de la poste du 29 juillet 1928 (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

La solution à ce conflit se trouve dans la décision prise en thermidor de l’an VI[1] par le chef du 31e escadron de gendarmerie, en résidence à Mézières : il est convaincu que la brigade de Rocquigny ne dispose pas de l’emplacement suffisant pour un établissement définitif, et donne un avis favorable pour son déplacement à Château-Porcien.

Et c’est bel et bien ce qui se passe quelques années plus tard : la brigade de Rocquigny est transférée à Château-Porcien, à partir de vendémiaire an VI[2]. Par la suite, elle est supprimée, et remplacée par celle de Chaumont-Porcien, conformément au nouveau découpage en cantons du département.


[1] Du 19 juillet au 17 août 1798.

[2] Du 22 septembre au 21 octobre 1797.


Façade du bâtiment de la gendarmerie nationale de Chaumont-Porcien (Ardennes), carte postale ancienne en noir et blanc avec un cachet de la poste au verso du 21 septembre 1930 (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Façade du bâtiment de la gendarmerie nationale de Chaumont-Porcien (Ardennes), carte postale ancienne en noir et blanc avec un cachet de la poste au verso du 21 septembre 1930 (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Au-delà de l’aspect strictement réglementaire, l’administration municipale de Château-Porcien n’a pas manqué de mettre en avant ses atouts[1] :

  • des emplacements commodes pour loger une brigade (deux maisons, dites des garçons et des filles) ;
  • un remaniement des espaces avec des cloisons, pour créer des places nouvelles
  • L’engagement que les travaux (enduit, blanchiment des murs, etc.) seront finis en vendémiaire an VII[2].
  • une population importante (quatre cents feux, soit deux mille habitants) ;
  • un sol qui peut fournir des vivres pour les hommes et les chevaux.
  • la position favorable du village, qui rapproche les gendarmes de la brigade de Rethel, et leur donne une place au centre des cantons d’Asfeld[3], Sévigny[4], Rocquigny, Wasigny, tout en permettant la surveillance des foires et des marchés.

[1] Archives départementales des Ardennes, L 1213, feuillet 39 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cotes L 1211-1213 = gendarmerie, personnel (1790- An VII).]

[2] Entre le 22 septembre et le 21 octobre 1798.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Dès que ce choix est entériné, les logements sont préparés pour accueillir la brigade, mais celle-ci se montre récalcitrante, prétextant tout d’abord qu’elle n’a pas reçu l’ordre du ministre de la Guerre, puis qu’elle ne compte de toute façon pas se déplacer en hiver.

Le citoyen Bernard, qui avait placé tous ses espoirs dans ce départ, craint de ne plus pouvoir réintégrer sa maison, et fait appel encore une fois à l’administration municipale de Rocquigny, pour que le départ de la brigade se fasse dans les plus brefs délais.

Cette dernière reconnaît les droits de ce citoyen[1]. Elle propose que, dans l’attente que les gendarmes quittent les logements, il doit rentrer en jouissance de la partie qui ne peut être occupée par la gendarmerie. Il a donc fallu plusieurs années à ce citoyen, soucieux de respecter la loi, pour recouvrir son bien.


[1] Archives départementales des Ardennes, L 1213, feuillet 36 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cotes L 1211-1213 = gendarmerie, personnel (1790- An VII).]


Dans d’autres cas, si aucun accord ne peut s’établir entre les habitants et la municipalité, celle-ci doit réquisitionner des locaux. Cela donne parfois lieu à quelque scène cocasse, comme à Wasigny, où le citoyen Hachon refuse catégoriquement, malgré l’ordre de la mairie, de loger un gendarme.

Par conséquent, cet habitant s’enferme chez lui, laissant, sur la place du village, un homme affligé, avec la voiture qui transporte son mobilier. Le soir venant, et la situation étant toujours bloquée, ce dernier n’a d’autre solution que de trouver refuge à l’auberge[1]. Le document s’arrêtant à ce point, et appartenant à une liasse incomplète, il revient au lecteur d’imaginer la suite de cet incident…


[1] Archives départementales des Ardennes, L 1207 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cote L 1207 = levée de volontaires nationaux (1791- An III).]


L’administration passe des contrats de fourniture, le plus souvent avec des cultivateurs de la localité, ce qui apporte à ces derniers des bénéfices substantiels. En plus du logement, elle se doit en effet d’assurer l’approvisionnement quotidien des brigades :

  • une livre et demie de pain ;
  • une demi-livre de viande ;
  • une once de lait
  • un pot de cidre ;
  • six centièmes d’une corde de bois[1] en hiver, et un douzième de centième en été ;
  • des fourrages (paille, deux boisseaux d’avoine, et divers végétaux par animal[2]).

[1] « Anciennement. Quantité déterminée de bois de chauffage qu’on mesurait avec une corde. À Paris, la corde de bois équivalait à 3,8 stères. Bois de corde, vendu à la corde et non par fagot. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Archives départementales des Ardennes, L 1208 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cote L 1208 = gendarmerie, instructions, circulaires. 1791-An VII.]


Il est possible de suivre les dépenses de cette brigade lors d’une tournée pour retrouver des réfractaires, effectuée du 30 messidor an VII au 9 thermidor suivant[1].


[1] Soit du 18 au 27 juillet 1799.


Données extraites des archives départementales des Ardennes, L 1337 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1276-1357 = hôpitaux, prisons, affaires cantonales et municipales ; cotes L 1336-1337 = canton de Rocquigny, délibérations, an IV-1819.] [Nota bene : seule une partie des fournisseurs est indiquée à titre d’exemple).]

Le montant total s’élève à 1082,92 francs. Ces longues tournées entraînent des frais importants, qui pèsent sur les parents solvables qui, dans ce cas, doivent participer pour la somme de 34,50 francs, tandis que les insolvables s’acquittent d’une somme moindre, complétée par la contribution de la commune. La fourniture de la subsistance des gendarmes, et de leurs chevaux, peut être l’objet d’adjudications[1].


[1] Archives départementales des Ardennes, L 1336 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1276-1357 = hôpitaux, prisons, affaires cantonales et municipales ; cotes L 1336-1337 = canton de Rocquigny, délibérations, an IV-1819.]


Certificat de la perte de sa monture à Rocquigny (Ardennes) par le brigadier La Ramée. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Certificat de la perte de sa monture à Rocquigny (Ardennes) par le brigadier La Ramée. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La période de 1792 à 1795 est particulièrement difficile, en raison des événements intérieurs et extérieurs, au point que les gendarmes se trouvent assez souvent dans un certain état de misère : Ils ne parviennent pas toujours à obtenir les rations nécessaires, ni pour leurs montures, ni pour eux-mêmes.


C’est probablement en partie pour cette raison que quelques habitants de Vaux-lès-Rubigny se battent avec les gendarmes de la brigade de Rocquigny, qui attendent leur ravitaillement depuis quelques jours. Même si n’est certainement pas la seule explication qui vaille.

Au départ, le citoyen Mezeau, cultivateur dans la commune ci-dessus dénommée, avait été réquisitionné par l’agent municipal, pour aller aux magasins militaires de Rethel, afin d’y charger les rations nécessaires à la brigade.


Or comme, quelques jours plus tard, cette mission n’est toujours pas accomplie, l’agent municipal décide de faire loger, et nourrir, quelques gendarmes de la brigade de Rocquigny chez cet habitant récalcitrant, et ce, jusqu’à ce que le voiturage soit effectué.

Ce cultivateur refuse toujours d’obtempérer. Il ne reste plus à l’agent municipal d’autre solution que d’emmener les gendarmes à l’auberge, de recommander à l’aubergiste de bien les traiter, et de leur offrir à boire et à manger.

La boisson est-elle trop généreusement versée, ou les esprits se sont-ils échauffés ? C’est ce que l’on peut penser, pour expliquer les événements qui suivent. Alors qu’il est vingt-deux heures, les gendarmes sont invités à quitter l’auberge, mais il n’est pas question de rentrer à Rocquigny après cet échec. Ils se dirigent donc vers la maison de Mezeau, pour y dormir coûte que coûte.


Certificat de civisme d’Ambroise Demacon. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Certificat de civisme d’Ambroise Demacon. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Mais celui-ci n’a pas changé d’avis, et il ne veut toujours pas les recevoir. Selon les dires des gendarmes, il se met à les injurier. Une bagarre s’ensuit, à laquelle se mêlent quelques voisins et parents. L’agitation est à son comble, lorsque les gendarmes prennent fait et cause pour l’un des leurs (Ambroise Demacon), qui vient d’être blessé à coups de fourche et de faux.

Il semble que les protagonistes aient rendu coup pour coup. Le lendemain, deux officiers de santé (Louis-Lambert Marache, de Rocquigny, et Nicolas Joseph Douce, de Rozoy-sur-Serre) examinent Mezeau et Ambroise Demacon. Ils dressent la liste des blessures et ecchymoses, qui nécessitent pour l’un et l’autre plusieurs semaines de convalescence.


L’affaire est grave : à la suite de l’enquête de Montain Macquart, juge de paix du canton, trois des gendarmes sont arrêtés par deux de leurs collègues, puis incarcérés à Rethel, avant d’être poursuivis pour violences, et « maltraitements[1] » avec effusion de sang.

Après le jugement rendu par le tribunal correctionnel, ces trois hommes réintègrent leur brigade, ce qui en dit long sur ces périodes troublées[2], la violence ambiante, et la qualité relative du recrutement.


[1] « Action de maltraiter, mauvais traitement. » selon Littré, Émile, Dictionnaire de la langue française, Tome 3, Paris : Louis Hachette, 1873‑1874, 4 volumes, grand in-4. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-5460034 < Tome 3 >, consultable en ligne sur Gallica, page 412, vue 420/1408 et suivantes, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, FOL-X-124 (3).

[2] Archives départementales des Ardennes, 7 L 1-154 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles 1 L 1-75 à 79 L 1-4 = archives judiciaires, cotes 7 L 1-154 = tribunal correctionnel de Rethel. An III-1806.]


Plaque d’uniforme de gendarme, auteur anonyme, 1795 : plaquette (médaille) ; œuvre conservée au musée Carnavalet (Paris) ; numéro d’inventaire ND2408, notice descriptive consultable en ligne sur la base Joconde, catalogue collectif des collections des musées de France.
Plaque d’uniforme de gendarme, auteur anonyme, 1795 : plaquette (médaille) ; œuvre conservée au musée Carnavalet (Paris) ; numéro d’inventaire ND2408, notice descriptive consultable en ligne sur la base Joconde, catalogue collectif des collections des musées de France.

Cette brigade intervient, un dimanche, contre Pierre Linsart, un cultivateur âgé de trente-deux ans, lors d’une danse publique dans la commune voisine de Maranwez.

Le prévenu est en état d’ébriété, et profère injures et outrages envers la gendarmerie nationale, traitant les gendarmes de « flambeaux de guillotine », ce dont il ne se souvient pas lorsqu’il est interrogé.

Néanmoins, il est conduit et enfermé à la maison d’arrêt de Charleville, d’où il est extrait le 25 prairial An VII[1], pour être jugé par le juge du canton de Signy-Librecy[2], qui le condamne à trois jours de prison, plus l’équivalent de trois jours de travail en argent[3].


[1] 13 juin 1799.

[2] Dénomination de la commune de Signy-l’Abbaye durant la Convention.

[3] Archives départementales des Ardennes, 4 L 281 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles 1 L 1-75 à 79 L 1-4 = archives judiciaires ; cotes 4 L 1-303 = tribunal correctionnel de Charleville. An III-an X.]


Compte tenu de l’époque, les tâches des gendarmes sont multiples. En dehors des affaires de vols, et de coups et blessures, ils ont pour mission d’amener un justiciable devant le juge de paix, comme ils le font avec Jacques Lantenois[1], un manouvrier de Montmeillant. C’est une affaire peu banale qui anime la commune ce jour-là.


[1] Archives départementales des Ardennes, L 1213 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cotes L 1211-1213 = gendarmerie, personnel (1790- An VII).]


Une procédure ouverte le 2 prairial an IV[1] oppose une habitante de Rocquigny à un gendarme de la brigade, pour mauvais traitements exercés par ce dernier.

Le gendarme n’est autre que Jacques Taine, et les témoins de cet incident sur la place du village sont une petite dizaine, dont Pierre Foucault, laboureur, Pierre Dautreque, Catherine Gosset, Suzanne Foucault, etc.


[1] 21 mai 1796.


Tout commence, vers les dix heures du matin, par une querelle entre la femme Poncelet, et la femme du gendarme. Elles s’empoignent par les cheveux.

Un témoin raconte alors qu’un homme, en uniforme de gendarme, et armé d’un bâton ou d’un sabre, s’est mis à frapper une des femmes à terre, et affirme avoir reconnu la femme Poncelet, et ajoute qu’elle était blessée à la tête.

Un deuxième témoin confirme que la victime était couverte de sang. Selon un autre encore, le gendarme aurait pris sa femme par le bras, et l’aurait reconduite chez eux.


Le citoyen Louis Lambert Marache, officier de santé demeurant à Rocquigny, est mandaté par le juge de paix, Montain Macquart, pour examiner les blessures de la femme du citoyen Poncelet, le menuisier du village.

Il observe que, dans la partie supérieure et externe de l’os frontal, se trouve une plaie allant jusqu’au crâne. Il note également des contusions au visage, notamment sur les deux pommettes.

Les deux femmes comparaissent, par la suite, devant le juge de paix mais, par manque de documents, le contenu de la décision du tribunal n’est pas connu, ni les poursuites et les décisions prises à l’encontre du gendarme par sa hiérarchie[1].


[1] Archives départementales des Ardennes, 7 L 90, pièces 11 et 12 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles 1L 1-7 5 à 79 L 1-4 = archives judiciaires, cotes 7 L 1-154 = tribunal correctionnel de Rethel. An III-1806.]


Une mission, assez semblable, est celle de la recherche de conscrits déserteurs. L’une d’elles les entraîne à Mainbressy, Rubigny, Wadimont, Saint-Jean-aux-Bois, Mainbresson, Vaux-lès-Rubigny et La Hardoye. Pour cela, les gendarmes de plusieurs brigades se regroupent, pour pouvoir aller perquisitionner sans crainte.


Ils le font lors des recherches entreprises, tant au Souberteau[1], pour retrouver un volontaire du 3e bataillon du Loiret[2], qu’à Chaumont-Porcien, pour enquêter sur le meunier du moulin à vent, soupçonné d’abriter des jeunes gens de Rocquigny et d’autres villages. L’information ne semble pas très fiable, car une seule arrestation a lieu.


[1] Ecart de Saint-Jean-aux-Bois.

[2] Archives départementales des Ardennes, L 1213 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cotes L 1211-1213 = gendarmerie, personnel (1790- An VII).]


Néanmoins, ce déploiement a une certaine répercussion sur la population, puisque six familles de conscrits se présentent spontanément aux gendarmes, pour promettre que leurs garçons se rendront dès le lendemain à Mézières. Cette opération a nécessité l’intervention de quatre brigades : Rethel, Château-Porcien, Rocquigny et Launois[1].


[1] Archives départementales des Ardennes, L 1209 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1168-1230 = affaires militaires, ponts et chaussées ; cote L 1209 = gendarmerie, organisation, casernements (1790- An VIII).]


Une autre affaire concerne les Fondys (commune de Givron[1]). Les gendarmes s’y rendent pour arrêter deux habitants, soupçonnés d’être les auteurs de l’assassinat de Jean-Baptiste Créqui, et de sa femme Marie-Anne Pagnier[2], commis dans la nuit du 7 au 8 fructidor an IX[3].


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Procès-verbal de gendarmerie relatif à Pierre et Jean Cherry de Givron, recherchés pour meurtre, et Jacques Cherry, réquisitionnaire (an IX). Archives départementales des Ardennes, 1 J 86, [série J = documents entrés par voies extraordinaires : dons, legs, achats, dépôts ; sous-série 1 J = pièces et dossiers isolés, petits fonds (série ouverte) ; cote 1 J 86 = documents relatifs au Rethélois (don de M. Lefranc, janvier 1951, entrées 163 et 164) ; documents n° 2 = pièces de procédure et divers.]

[3] Du 25 août au 26 août 1801.



Premier feuillet du compte rendu d’une tournée à la recherche de soldats réquisitionnaires ou conscrits. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Premier feuillet du compte rendu d’une tournée à la recherche de soldats réquisitionnaires ou conscrits. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

A cette occasion, ils tombent fortuitement sur un réquisitionnaire, qui n’est pas en règle pour ses papiers militaires. Quoique porteur d’attestations de maladie et d’infirmités, il n’a pas son certificat de congé définitif. Il est arrêté et conduit, de brigade en brigade, jusqu’à Mézières.


Second feuillet du compte rendu d’une tournée à la recherche de soldats réquisitionnaires ou conscrits. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Second feuillet du compte rendu d’une tournée à la recherche de soldats réquisitionnaires ou conscrits. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 26 février 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Une autre fois, les gendarmes de Rocquigny, qui sont désormais en résidence à Château-Porcien, se rendent à La Verrerie (hameau de Rocquigny) au domicile de Bertauld (mais parfois appelé Bertrand) Baudrillart, au sujet de son fils Antoine[1].

Ils fouillent la maison, et finissent par le découvrir dans un grenier, caché sous un tas de linge sale. Le père explique alors au brigadier La Ramée que son fils n’est pas réquisitionnaire, mais conscrit, et qu’il est revenu à cause de ses pieds gelés par l’effet d’un hiver rigoureux.

Et il ajoute que ce dernier est revenu chez ses parents pour se procurer un peu d’argent, et pouvoir acheter des habits pour se couvrir. Or, il n’a plus rien. Antoine est arrêté et conduit, tout d’abord à la prison de Rethel, avant de rejoindre celle de Mézières.


[1] Procès Bertaud Baudrillart de Rocquigny, recélant son fils conscrit (an VII). Archives départementales des Ardennes, 1 J 86 [série J = documents entrés par voies extraordinaires : dons, legs, achats, dépôts ; sous-série 1 J = pièces et dossiers isolés, petits fonds (série ouverte) ; cote 1 J 86 = documents relatifs au Rethélois (don de M. Lefranc, janvier 1951, entrées 163 et 164) ; documents n° 2 = pièces de procédure et divers.]


Procès-verbaux de recherche de réquisitionnaires et de conscrits. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 13 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. [Nota bene : le papier est rongé par l’encre ferrogallique.]
Procès-verbaux de recherche de réquisitionnaires et de conscrits. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 13 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. [Nota bene : le papier est rongé par l’encre ferrogallique.]

A cet égard, en dehors de la brigade de gendarmerie, chaque canton se doit d’avoir sa prison municipale située, si cela est possible, dans des bâtiments communaux. Ainsi, l’administration de l’époque a estimé que, dans l’une des tours de l’église de Rocquigny, il y avait lieu d’y faire une prison assez convenable[1].


[1] Archives départementales des Ardennes, L 1336 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII) ; articles L 1276-1357 = hôpitaux, prisons, affaires cantonales et municipales ; cotes L 1336-1337 = canton de Rocquigny, délibérations, an IV-1819.]


De 1791 à 1799, la gendarmerie manque de moyens, et de personnel, pour pouvoir faire face aux désordres intérieurs (générés par les changements de régimes), et les guerres extérieures.

C’est avec le coup d’Etat du 18 et 19 brumaire an VIII[1] que Bonaparte, désormais Premier Consul, prend des mesures pour renforcer cette institution, et assurer une plus grande sécurité intérieure.

Lors de la réforme du découpage du département des Ardennes en cantons, et de la suppression de celui de Rocquigny, la brigade de Château-Porcien subsistera. Cependant, Chaumont-Porcien, nouveau chef-lieu de canton, sera à terme doté d’une brigade chargée de couvrir les villages de son ressort.


[1] Samedi 9 et dimanche 10 novembre 1799.


La longue et lente évolution, de la maréchaussée à la gendarmerie nationale, illustre la volonté constante de l’État de maintenir l’ordre dans des campagnes souvent isolées, et des territoires fragiles, confrontés à la délinquance, aux conscrits récalcitrants et aux troubles sociaux.

De la surveillance des gens de guerre, à partir de François Ier, à la gendarmerie républicaine, chaque réforme a cherché à concilier discipline militaire, efficacité de la surveillance, et connaissance du terrain, tout en adaptant les effectifs, les équipements et les uniformes aux exigences du service.


Malgré les crises révolutionnaires, et les contraintes financières, la gendarmerie a su s’ancrer dans le tissu communal, assurant à la fois la sécurité des individus et la continuité de l’autorité publique, préparant ainsi le modèle moderne de la gendarmerie nationale.


Façade principale du musée de la Gendarmerie (Melun), et grenade. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Façade principale du musée de la Gendarmerie (Melun), et grenade. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 5 mars 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

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Le grand hiver de 1709 à La Romagne : chronique d’une année terrible


La dernière décennie du XVIIe siècle est marquée, à La Romagne, comme dans l’ensemble de la Champagne, non seulement par les conséquences économiques et financières de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), mais aussi par des conditions de vie très précaires, avec une polyculture soumise aux aléas météorologiques, et caractérisée par de faibles rendements.

A cela, il faut ajouter que les ménages ont peu de liquidités, en dehors de celles obtenues par un artisanat familial de la filature du lin ou du chanvre.


David Teniers II, dit le Jeune (1610-1690), L’Hiver, huile sur bois, 12 × 17 cm, Paris, musée du Louvre, numéro d’inventaire MI 998, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.
David Teniers II, dit le Jeune (1610-1690), L’Hiver, huile sur bois, 12 × 17 cm, Paris, musée du Louvre, numéro d’inventaire MI 998, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.

Les années 1693 et 1694 ont été particulièrement difficiles à vivre, en raison de la petitesse des récoltes et des moissons, de la cherté des grains et des épidémies (dont la dysenterie) au point d’affecter la démographie.


De 1693 à 1696, La Romagne (Ardennes) connaît une forte baisse des naissances et une hausse des décès, tandis que les mariages restent stables. Graphique de type « courbe ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1693-1702, manque l'année 1700], pages non paginées, vue 1/38 et suivantes, consultables en ligne.
De 1693 à 1696, La Romagne (Ardennes) connaît une forte baisse des naissances et une hausse des décès, tandis que les mariages restent stables. Graphique de type « courbe ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1693-1702, manque l’année 1700], pages non paginées, vue 1/38 et suivantes, consultables en ligne.

Le début du siècle suivant, commencé dans la paix, sombre rapidement dans la guerre de la Succession d’Espagne 1701-1714). A cela s’ajoute en 1704 de fortes gelées en janvier, une des périodes les plus critiques de l’année agricole, en raison des semis de blé d’automne.


La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras, étudie les pratiques sociales, économiques et culturelles des populations locales. Il a été tiré à 1 000 exemplaires.
La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras, étudie les pratiques sociales, économiques et culturelles des populations locales. Il a été tiré à 1 000 exemplaires.

Quatre années plus tard, le conflit dure toujours, et la France est en fâcheuse position avec le siège de la ville de Lille[1], au point que l’on demande des prières dans toutes les paroisses pour éviter un désastre.

Celles-ci sont faites à Château-Porcien au tout début septembre, alors que l’avenir des paysans locaux est sombre, en raison de la petitesse des récoltes moissonnées pour le blé, tandis que l’orge est en plus grande quantité[2].


[1] Ce blocus, mené du 28 juillet au 9 décembre 1708, opposa les forces du royaume de France aux armées de la Grande Alliance (Grande-Bretagne, Saint-Empire et Provinces-Unies).

[2] Société d’études ardennaises. La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIe et XVIIIe siècles : à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras. Les Cahiers d’études ardennaises, no 14. Charleville-Mézières : Société d’études ardennaises, 1985, page 46. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)



Pendant la nuit des Rois[1], survient un brutal changement météorologique : « La vague de froid, issue d’un anticyclone qui vient de se former sur l’Europe du Nord, se rue à l’assaut de la France à partir de la frontière septentrionale ; en vingt-quatre heures, la pression atmosphérique, au niveau de la mer, passe de 754 à 772 mm de mercure[2]. »

Le refroidissement, venu du nord, s’abat jusqu’à Marseille, et se maintient jusqu’au 23 janvier, offrant seulement une courte accalmie le 19. Un premier dégel intervient ensuite, entre le 24 janvier et le 4 février[3].


[1] Célébration de l’Épiphanie le 5 ou 6 janvier, marquée par des pratiques festives populaires.

[2] Marcel Lachiver, Les Années de misère : la famine au temps du Grand Roi (Paris : Fayard, 1991), 573 p. : ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm, bibliogr. p. 529‑566, page 273. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)

[3] Émile Bouant, Les Grands Froids (Paris : Hachette, 1880), VIII‑296 p. : illustrations ; 18 cm, Bibliothèque des merveilles, pages 147-161. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-411556, vue 154/303 et suivantes, consultables en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-V-4098.


Paysage d’hiver au bûcheron, Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), XVIIᵉ siècle, huile sur bois, 32,5 × 43,9 cm, Saint-Omer (Pas-de-Calais), musée de l’Hôtel Sandelin, numéro d’inventaire Inv.0276CD, dépôt du musée Henri-Dupuis de Saint-Omer (1952-1953), © GrandPalaisRmn / Agence Bulloz, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver au bûcheron, Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), XVIIᵉ siècle, huile sur bois, 32,5 × 43,9 cm, Saint-Omer (Pas-de-Calais), musée Sandelin, numéro d’inventaire Inv.0276CD, dépôt du musée Henri-Dupuis de Saint-Omer (1952-1953), © GrandPalaisRmn / Agence Bulloz, notice descriptive consultable en ligne.

A Château-Porcien, dès le premier jour, « la gellé prit au point du jour, et avant midy on pouvait marcher sur certaine glace, et trois jours après on pouvoit marcher sur celle de la rivière[1] ».


[1] C’est-à-dire l’Aisne. Cf. Société d’études ardennaises. La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIe et XVIIIe siècles : à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras. Les Cahiers d’études ardennaises, N° 14. Charleville-Mézières : Société d’études ardennaises, 1985, page 47. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)


Paysage d’hiver, Denis van Alsloot (1570-vers 1626), huile sur bois, 36 × 47 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire MNR431, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, Denis van Alsloot (1570-vers 1626), huile sur bois, 36 × 47 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire MNR431, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.

Le froid reprend sans neige, atteignant les semis d’automne, et les enserrant dans une enveloppe de glace. Il apparaît être aussi intense que celui de 1608, ainsi décrit : « L’on a vu le vin gelé dans les caves, les vignes ont esté entièrement gelées, on a esté obligez de les couper sur terre[1]. »

Situation que dépeint dans des termes quasiment identiques un autre auteur, qui ajoute : « A cette funeste température succéda[2] des neiges, dont la fonte amena un débordement extraordinaire qui rompit le pont de Château[3]. »


[1] Société d’études ardennaises. La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIe et XVIIIe siècles : à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras. Les Cahiers d’études ardennaises, N° 14. Charleville-Mézières : Société d’études ardennaises, 1985, page 23. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)

[2] Le verbe « succéda » est au singulier, malgré le pluriel de « des neiges », car l’événement est envisagé comme un phénomène unique ou collectif. Le « il » sous-entendu, qui pourrait introduire le verbe (Il succéda…), est omis pour créer un effet stylistique et dramatique, lié à l’inversion du complément circonstanciel avant le verbe.

[3] Lire Château-Porcien. Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est. Cf. Lépine, Jean-Baptiste, Histoire de Château-Porcien (Vouziers : impr. de Duchêne-Defrène, 1858), 1 vol. (125 p.) ; in‑8, couverture imprimée servant de titre, p. 77. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6529805, vue 81/134 et suivantes, consultables en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LK7-1972.


Paysage d’hiver, Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), XVIIᵉ siècle, huile sur toile, 50 cm (hauteur), Valenciennes (Hauts-de-France), musée des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P46-1-514, legs Benezech, © GrandPalaisRmn / René-Gabriel Ojeda, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), XVIIᵉ siècle, huile sur toile, 50 cm (hauteur), Valenciennes (Hauts-de-France), musée des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P46-1-514, legs Benezech, © GrandPalaisRmn / René-Gabriel Ojeda, notice descriptive consultable en ligne.

En 1709, le nouveau redoux de quelques jours laisse espérer une amélioration de la situation, mais une troisième gelée revient vers le 10 février, et se prolonge jusqu’au 2 ou 3 mars.

Le grand dégel se produit à partir de la première décade du mois de mars « cette fâcheuse[1] hiver dura jusqu’environ le 8 ou 10e mars[2], que le verglas fut entièrement fondu[3] ».


[1]« Hiver » est normalement masculin (Dictionnaire de l’Académie française, 1re éd., 1694). L’accord féminin dans « cette fâcheuse hiver » reflète un usage ancien ou régional, et peut s’interpréter comme une ellipse de type « fâcheuse saison de l’hiver ».

[2] L’expression « dixième mars » [dixième jour de mars] correspond à la manière ancienne de dater les jours du mois en français. En français moderne, l’on écrirait simplement « le 10 mars ».

[3] Société d’études ardennaises. La vie quotidienne dans les Ardennes aux XVIIe et XVIIIe siècles : à travers les chroniques de Jean Taté et du Cadet Dameras. Les Cahiers d’études ardennaises, N° 14. Charleville-Mézières : Société d’études ardennaises, 1985, page 47.



Sur une courte période, « quatre vagues de froid et autant de redoux en deux mois[1] » se succédèrent, mettant à rude épreuve la nature, tant la faune sauvage et domestique que la flore.


[1] Gauthier Aubert, 1709 : l’année où la révolution n’a pas éclaté (Paris : Calype éditions, 2023), 1 vol. (169 p.) ; 21 cm, bibliographie p. 156‑166, p. 34. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)


Paysage d’hiver, Jacob Isaakszoon van Ruisdael (1628-1682), peinture à l’huile, 27 × 32 cm, Hambourg (Allemagne), musée des Beaux-Arts – Kunsthalle, numéro d’inventaire 154, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Elke Walford, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, Jacob Isaakszoon van Ruisdael (1628-1682), peinture à l’huile, 27 × 32 cm, Hambourg (Allemagne), musée des Beaux-Arts – Kunsthalle, numéro d’inventaire 154, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Elke Walford, notice descriptive consultable en ligne.

À partir du 16 mars, les températures redeviennent enfin normales. Bien que les instruments de mesure de l’époque fussent moins précis que ceux d’aujourd’hui, ils permettent néanmoins d’estimer que les températures les plus basses atteignaient environ -20 °C. Le printemps qui suit reste froid et humide, accompagné de fortes pluies et d’inondations.


Paysage d’hiver, attribué à Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638), huile sur bois, 50 × 64,5 cm, Valenciennes (Hauts-de-France), musée des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P46-1-513, © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, attribué à Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638), huile sur bois, 50 × 64,5 cm, Valenciennes (Hauts-de-France), musée des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P46-1-513, © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.

Les conséquences de ce trimestre sont tragiques, car le froid a provoqué l’arrêt du travail extérieur. Ce sont donc les journaliers et petits manouvriers qui sont les plus touchés : ils voient leur pauvreté s’accroître, car ils n’ont plus aucun revenu, et souffrent de malnutrition.

Il n’y a rien à vendre, comme c’est le cas sur le marché de Charleville[1]. L’intendant de Champagne intervient pour cette ville au mois de mai, et envoie des sacs d’avoine[2].


[1] Lire Charleville-Mézières, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Cart, Michel, « Essai sur l’hiver de l’année 1709 dans les Ardennes », in Revue historique ardennaise, vol. XII (1977), p. 142–161. Charleville-Mézières : Fédération des sociétés savantes des Ardennes ; Société d’histoire des Ardennes ; Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais. Rubrique « Documents historiques ». Archives départementales des Ardennes, PERH12 9.


Paysage de neige, attribué à Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), 1643-1656, huile sur bois, 85 × 123 cm, Nantes (Loire-Atlantique), musée d’Arts de Nantes, numéro d’inventaire INV502, © GrandPalaisRmn / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage de neige, attribué à Gysbrecht Lytens (vers 1586-1650), 1643-1656, huile sur bois, 85 × 123 cm, Nantes (Loire-Atlantique), musée d’Arts de Nantes, numéro d’inventaire INV502, © GrandPalaisRmn / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.

A cela s’ajoute une crise frumentaire[1], avec la raréfaction des grains et l’augmentation spectaculaire de leur prix[2] (celui du seigle double très rapidement). En effet, il reste des grains des deux récoltes précédentes, mais ceux qui les possèdent ne tiennent pas à les délivrer rapidement, espérant faire de substantiels bénéfices.

La famine s’installe et, pour tenter de survivre, les plus pauvres essaient de subsister avec de maigres soupes (d’herbes ou de racines) et, dans le meilleur des cas, de pain d’orge ou d’avoine.


[1] « Relatif au blé. Loi frumentaire, qui, dans la Rome antique, réglait la vente à bas prix ou la distribution gratuite de blé au peuple. Crise frumentaire, provoquée par l’insuffisance des récoltes de blé. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Toussaint, Renaud, « Les conséquences démographiques du grand hiver de 1709 à Rocroi », in Revue historique ardennaise, vol. LVI (2024), 1 vol., p.57‑72, Charleville-Mézières : Fédération des sociétés savantes des Ardennes ; Société d’histoire des Ardennes ; Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais.


Bataille de Louis XIV, Adam Frans van der Meulen (1632-1690), dessin avec rehauts de gouache et eau-forte, 18,9 × 26 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire 3449 DR/Recto, don du baron Edmond de Rothschild (1935), © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.
Bataille de Louis XIV, Adam Frans van der Meulen (1632-1690), dessin avec rehauts de gouache et eau-forte, 18,9 × 26 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire 3449 DR/Recto, don du baron Edmond de Rothschild (1935), © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.

Les autorités, conscientes de la spéculation sur les grains, font ce qu’elles peuvent : le roi ordonne ainsi que chacun déclare les grains qu’il a chez lui, pour les inventorier et procéder à des réquisitions. L’on achète ailleurs des grains de toutes sortes, mais il faut beaucoup de temps pour que cet approvisionnement arrive en France.

Cela ne suffit pas pour affronter cette crise, et ce d’autant plus qu’il faut aussi prévoir le ravitaillement des troupes avec du pain (pour les soldats) et du foin (pour les chevaux). Pour éviter les vols, l’on monte la garde près des moulins et, pour soulager la misère, l’on organise des quêtes périodiques auprès des plus aisés.


Vue d’un village en hiver, d’après Joos de Momper (1564-1635), huile sur bois, 62,2 cm (hauteur), Lille (Hauts-de-France), palais des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P 839, acquisition 1888, © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.
Vue d’un village en hiver, d’après Joos de Momper (1564-1635), huile sur bois, 62,2 cm (hauteur), Lille (Hauts-de-France), palais des Beaux-Arts, numéro d’inventaire P 839, acquisition 1888, © GrandPalaisRmn / Thierry Le Mage, notice descriptive consultable en ligne.

À la fin du mois de mars, les paysans demeurent dans l’incertitude. Le roi prescrit de ne pas replanter, et d’observer attentivement toute reprise des semis d’automne. Mais leurs efforts restent vains : la terre, épuisée et gelée, refuse de produire du blé d’hiver[1].

Cependant, certains paysans n’ont pas attendu l’ordre royal publié le 23 avril pour recommencer les semis, et planter de l’orge. La récolte est assez abondante, alors que le seigle et le froment n’en donnent que de maigres, en raison d’un temps frais et capricieux : le printemps tardif et l’été humide empêchent ces céréales d’arriver à maturité. Elles montent en tige et ne font que peu ou pas d’épis.


[1] Semé à l’automne, il servait à la fabrication du pain.


Tapisseries des Saisons : l’hiver, Sébastien Leclerc le Jeune (1676-1763), burin et eau-forte, 36,8 × 45,6 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d'inventaire 26152 LR/Recto, don du Baron Edmond de Rothschild, © GrandPalaisRmn / Tony Querrec, notice descriptive consultable en ligne.
Tapisseries des Saisons : l’hiver, Sébastien Leclerc le Jeune (1676-1763), burin et eau-forte, 36,8 × 45,6 cm, Paris (Île-de-France), musée du Louvre, numéro d’inventaire 26152 LR/Recto, don du Baron Edmond de Rothschild, © GrandPalaisRmn / Tony Querrec, notice descriptive consultable en ligne.

A partir du printemps, des émotions[1] éclatent : les habitants de Signy-l’Abbaye[2] et des villages voisins s’emparent de grains achetés par la ville de Charleville[3] si bien que le maire de cette bourgade est emprisonné pour ne pas avoir su tenir sa population. Des vols identiques se produisent à Rethel[4].


[1] « Mouvement populaire spontané, trouble subit provoqué par un évènement imprévu. On s’efforça de calmer l’émotion populaire. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Cart, Michel, « Essai sur l’hiver de l’année 1709 dans les Ardennes », in Revue historique ardennaise, vol. XII (1977), p. 142–161. Charleville-Mézières : Fédération des sociétés savantes des Ardennes ; Société d’histoire des Ardennes ; Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais. Rubrique « Documents historiques ». Archives départementales des Ardennes, PERH12 9.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Les Mémoires du chevalier de Quincy (1677‑1749), publiés pour la première fois par Léon Lecestre entre 1898 et 1901, retracent la carrière militaire et diplomatique de ce chevalier français sous le règne de Louis XIV. Ces textes offrent un témoignage précieux sur les campagnes militaires, la vie quotidienne des soldats et les intrigues de la cour à l’époque moderne.
Les Mémoires du chevalier de Quincy (1677‑1749), publiés pour la première fois par Léon Lecestre entre 1898 et 1901, retracent la carrière militaire et diplomatique de ce chevalier français sous le règne de Louis XIV. Ces textes offrent un témoignage précieux sur les campagnes militaires, la vie quotidienne des soldats et les intrigues de la cour à l’époque moderne.

Pour les armées, les quartiers d’hiver se prolongent de manière inhabituelle, comme en témoigne ce propos du Chevalier de Quincy : « Le froid, depuis la veille des Rois, fut si violent, et il dura si longtemps, que les troupes, tant celles des ennemis que les nôtres, sortirent très tard de leurs garnisons et de leurs quartiers d’hiver pour entrer en campagne[1]. »

Cette dernière s’ouvre au mois de juin et, après la rupture de pourparlers de paix, et la déclaration du roi informant ses sujets de la nécessité de poursuivre cette guerre, l’armée se prépare à une bataille qui doit, après la chute de la citadelle de Lille le 8 décembre 1708, être décisive pour empêcher l’ouverture de la route de Paris.


[1] Sevin de Quincy, Joseph. Mémoires du chevalier de Quincy. Publiés pour la première fois pour la Société de l’histoire de France par Léon Lecestre. Paris : H. Laurens, 1898‑1901. 3 vol. (XXIII‑372, 394, 386 p.) ; in‑8., tome II, p. 326. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6562703 < Tome 2 >, vue 346/428, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LN27-46259 (2).


Plan de la ville et citadelle de Lille, Brüchman et Eugène Henri Fricx (1644 1730), 1709, carte, 55,5 × 44 cm, Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN 53058740, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-21890, document numérique, consultable en ligne sur Gallica.
Plan de la ville et citadelle de Lille, Brüchman et Eugène Henri Fricx (1644‑1730), 1709, carte, 55,5 × 44 cm, Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN‑53058740, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-21890, document numérique, consultable en ligne sur Gallica.

Par deux arrêts, pris les 17 août et 15 octobre 1709, les douze élections de Champagne sont réquisitionnées[1] pour la fourniture de cinquante mille sacs d’orge, à déposer dans les magasins de Rethel, Mézières[2] et Sedan[3], et ce pour assurer les quartiers d’hiver de l’armée de Flandre[4].


[1] Archives départementales de la Marne, site de Châlons-en-Champagne, C 1469 [série C = administrations provinciales. – lntendances, subdélégations, élections et autres divisions administratives ou financières, bureaux des finances, États provinciaux, principautés, régences, etc. ; fonds C1-2059 = intendance de Champagne, cotes C 1216-1519 = armée, marine, colonies, articles C 1468-1497 = subsistances militaires (1695-1789) ; document C. 1469 = (Portefeuille.) – 61 pièces, papier (2 imprimées). 1709-1710 Subsistances militaires. – Impositions d’orges pour la subsistance des troupes : états des impositions et répartition de 110,000 quintaux d’orge sur les 12 élections de Champagne, ordonnées par arrêts du Conseil des 17 août et 15 octobre 1709 ( 100,000 quintaux pour la première imposition et 66,000 pour la seconde). – États des approvisionnements d’orge dans les différents entrepôts de Champagne en 1710. – États des quintaux d’orge fournis par les communautés de Champagne et déposés dans les magasins de Verdun, Rethel, Mézières, Sedan, Saint-Dizier, Chaumont, Bar-sur-Aube et Langres (1709-1710). Cf. Hatat, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Alphonse Vétault et Paul Pélicier, Marne, Archives civiles, série C, art. 1-2059, t. I (Châlons : Le Roy, 1884), in-fol., XVI-474 p. Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C), page 354.

[2] Lire Charleville-Mézières, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Archives départementales de la Marne, site de Châlons-en-Champagne, C 1473 [série C = administrations provinciales. – lntendances, subdélégations, élections et autres divisions administratives ou financières, bureaux des finances, États provinciaux, principautés, régences, etc. ; fonds C1-2059 = intendance de Champagne, cotes C 1216-1519 = armée, marine, colonies, articles C 1468-1497 = subsistances militaires (1695-1789) ; document C. 1473 = (Portefeuille.) – 99 pièces (3 parchemins)., 1709-1717. – Imposition des orges : arrêts du Conseil des 17 août et 15 octobre 1709 ordonnant la levée de 50,000 sacs d’orge en Çbampagne pour la subsistance de l’armée de Flandre. – Correspondance ministérielle concernant cette imposition : le ministre de la Guerre, Voisin, écrit le 14 août à l’Intendant D’Harrouys : « J’ay lieu de croire que ]a récolte des orges est à présent commencée dans vostre département. Vous connoissés sans doute le· peu de provisions qu’il y a en Flandres: il seroit par conséquent très à propos de s’assurer incessamment de soixante mil sacs d’orge pour ]es mois de septembre et octobre. On en fera le meslange autant qu’il se poura avec du bled, moyennant quoy la provision dureroit pendant quatre mois au lieu de deux et assureroit encore la subsistance des troupes lorsqu’elles seroient entrées en quartier d’hiver. Je vous suplie de me mander quand vous croirez pouvoir faire une imposition sur votre département, quelle quantité vous estimerez en pouvoir tirer, quel prix vous croyez- que l’on en doit payer aux peuples et de quelle manière on pourra s’expliquer dans les mandemens pour en assurer le payement en déduction sur les impositions, n’estant guères possible de les payer en argent comptant. Il faut tacher de faire trouver ces soixante mil sacs du poids de deux cents livres chacun dans vostre déparlement et dans celuy de Picardie… » Le 20 septembre il écrit : « M. de Bernières me mande que ses embaras augmentent tous les jours pour la subsistance de l’armée de Flandres et qu’à moins qu’on n’y pourvoye promptement, la fourniture du pain manquera avant qu’il soit peu. Comme l’on a compté pour soutenir ce service sur les orges que vostre département doit fournir, je vous prie de faire tout le plus de diligence que vous pourez pour les faire voiturer à Mézières. » Le 16 octobre, le contrôleur-général Desmarets écrit à l’Intendant : « Comme cette fourniture est d’autant plus pressée qu’elle est destinée pour la subsistance des troupes qui vont entrer en quartier d’hiver, il n’y a pas un moment à perdre pour faire exécuter cette imposition. Le Roy veut estre obéi et que cette levée se passe avec une extrême diligence. » Cf. Hatat, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Alphonse Vétault et Paul Pélicier, Marne, Archives civiles, série C, art. 1-2059, t. I (Châlons : Le Roy, 1884), in-fol., XVI-474 p.] Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C), page 355.


François-Eugène de Savoie-Carignan, dit le Prince Eugène (1663-1736), en cuirasse, atelier de Jacques Van Schuppen (1670-1751), vers 1708, huile sur toile, 145 × 113,5 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire MV3655, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, , notice descriptive consultable en ligne, notice descriptive consultable en ligne.
François-Eugène de Savoie-Carignan, dit le Prince Eugène (1663-1736), en cuirasse, atelier de Jacques Van Schuppen (1670-1751), vers 1708, huile sur toile, 145 × 113,5 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire MV3655, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, , notice descriptive consultable en ligne, notice descriptive consultable en ligne.

Louis-Claude-Hector de Villars (1652-1733), maréchal-duc de Villars, représenté en 1704, gravure par Thomas N. (1750-1812) d’après Hyacinthe Rigaud (1659-1743), 1784, 13 × 8 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire invgravures7034, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.
Louis-Claude-Hector de Villars (1652-1733), maréchal-duc de Villars, représenté en 1704, gravure par Thomas N. (1750-1812) d’après Hyacinthe Rigaud (1659-1743), 1784, 13 × 8 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire invgravures7034, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne.

Portrait de John Churchill, premier duc de Marlborough (1650-1722), Louis Coblitz (1814-1863), d’après Gottfried Kneller (1646-1723), vers 1845, huile sur toile, 123,5 × 94 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire MV4319, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne, notice descriptive consultable en ligne.
Portrait de John Churchill, premier duc de Marlborough (1650-1722), Louis Coblitz (1814-1863), d’après Gottfried Kneller (1646-1723), vers 1845, huile sur toile, 123,5 × 94 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire MV4319, © GrandPalaisRmn (château de Versailles) / Gérard Blot, notice descriptive consultable en ligne, notice descriptive consultable en ligne.

Or, cette armée famélique, payée irrégulièrement, commandée par le maréchal de Villars, est dans un si triste état, que les ennemis[1] conduits par le Prince Eugène de Savoie et le duc de Marlborough ne doutent pas un instant de leur victoire.

Pour eux, « il ne s’agit pas de faire la guerre mais de sonner l’hallali[2] ». Cette métaphore cynégétique[3] montre bien que les belligérants opposés à la France la considéraient aux abois, et espéraient l’asservir.


[1] Il s’ensuit la formation d’une Grande Alliance, réunissant contre Louis XIV l’Angleterre, les Provinces-Unies, la Prusse et l’Autriche, à laquelle se joignent ultérieurement le Danemark, puis le Portugal et la Savoie.

[2] Oury, Clément. Malplaquet 1709 : la défaite qui sauve le royaume. Paris : Perrin ; ministère des Armées et des Anciens Combattants, 2024. 1 vol. (358 p., [8] p. de pl.) : ill. en coul. ; 22 cm. Collection Champs de bataille, n° 7. Bibliographie p. 334-342. Index, p. 10. (Exemplaire dédicacé conservé dans la collection personnelle de l’auteure.)

[3] « Qui se rapporte à la chasse, aux chiens de chasse. Exploits, exercices cynégétiques. L’art cynégétique. Subst. La cynégétique, l’art de la chasse. Traité de cynégétique. », selon la Dictionnaire de l’Académie française.



La bataille, d’une grande violence, avec vingt mille morts et blessés du côté adverse, et dix mille du côté français, se déroule à Malplaquet le 11 septembre 1709[1].

Quoique considérée comme une défaite militaire, cette bataille marque un sursaut politique. Elle permet, à la fois de barrer la route de Paris, et de préserver ainsi le sort du royaume de France.


[1] Cet affrontement fut caractérisé par l’acharnement des combats, l’ampleur des pertes, et la profonde désorganisation du champ de bataille.


Plan de la bataille de Malplaquet suivant M. de Feuquières, François de Feuquières (marquis de Ribénac), 1750, carte, 27 × 19 cm, Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8444172, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-5179, consultable en ligne sur Gallica.
Plan de la bataille de Malplaquet suivant M. de Feuquières, François de Feuquières (marquis de Ribénac), 1750, carte, 27 × 19 cm, Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8444172, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-5179, consultable en ligne sur Gallica.

Les désordres ne cessent toutefois pas. En novembre, Gallard, commissaire des vivres, signale à l’intendant de Champagne de nouveaux pillages de grains sur les marchés de Sedan et de Rocroi.

Il précise à cette occasion que les soldats stationnés sur cette frontière meurent d’inanition. En 1710, l’arrivée de sacs d’orge à Givet[1] permet d’améliorer leur ravitaillement, alors qu’auparavant ils ne recevaient plus « qu’un quartier de pain par jour[2] ».


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Archives départementales de la Marne, site de Châlons-en-Champagne, C 1470 [série C = administrations provinciales. – lntendances, subdélégations, élections et autres divisions administratives ou financières, bureaux des finances, États provinciaux, principautés, régences, etc. ; fonds C1-2059 = intendance de Champagne, cotes C 1216-1519 = armée, marine, colonies, articles C 1468-1497 = subsistances militaires (1695-1789) ; document C. 1470 = (Portefeuille.) – 161 pièces, papier. 1709-1710. – Subsistances militaires : correspondance de Galland, commissaire des vivres, et de Paris Duverney, directeur des vivres à Maubeuge, avec l’Intendant de Champagne André de Harouys. – Le 20 novembre 1709, Galland écrit de Charleville: « Il ne m’a pas été possible d’empescher les désordres. Le marché de Sedan a esté pillé deux jours de suitte et j’ay trouvé en arrivant icy que le pillage y estoit encore bien plus considérable : les soldats ne font pas difficulté de voler dans les rues en présence de leurs officiers qui ne peuvent plus les contenir. » « Les désordres continuent toujours, écrit-il le 1er décembre : le marché fut pillé avant hier à Rocroy où j’estois et l’on n’oze plus icy sortir les soirs. » Le 16 janvier 1710, il écrit : « Les vols continuent et mesme augmentent tous les jours. Les soldats ne prennent plus que deux partis : les plus forts celuy de vosler, et les malingres celui de demander l’aumone. Voilà l’estat des troupes de cotte frontière qui ne prennent point la viande. » Le 20 février :- « Outre qu’il meurt beaucoup de soldats d’inanition, ceux qui demeurent sont faits comme déterrez et ont si peu de force que s’il falloit faire quelque mouvement, je suis certain que plus des trois quarts resteroient en chemin. » – Paris Duverney écrit de Maubeuge le 28 janvier 1710 : « L’arrivée des 650 sacs d’orge à Givet a été fort à propos, car l’on ne donnoit depuis trois. jours à Philippeville qu’un quartier de pain par jour aux soldats. » Cf. Hatat, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790, rédigé par MM. Hatat, Alphonse Vétault et Paul Pélicier, Marne, Archives civiles, série C, art. 1-2059, t. I (Châlons : Le Roy, 1884), in-fol., XVI-474 p.] Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17225 (C), page 354.


Entre 1703 et 1712, la répartition annuelle des décès à La Romagne (Ardennes) montre des fluctuations importantes. Le nombre de décès varie d’un à onze par an, avec parfois une prédominance masculine ou féminine. Certains enregistrements restent partiellement renseignés, illustrant les limites des registres BMS de l’époque. Graphique de type « histogramme empilé 3D ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, la répartition annuelle des décès à La Romagne (Ardennes) montre des fluctuations importantes. Le nombre de décès varie d’un à onze par an, avec parfois une prédominance masculine ou féminine. Certains enregistrements restent partiellement renseignés, illustrant les limites des registres BMS de l’époque. Graphique de type « histogramme empilé 3D ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

Les conséquences de ce grand hiver de 1709 n’apparaissent nulle part dans les registres BMS[1] de La Romagne, bien que le curé intègre parfois des annotations concernant des évènements (abjurations, testaments, legs) concernant la paroisse. Or, il n’y a rien concernant cette période de froid, qui a pourtant réduit la production agricole de cette dernière.


[1] Baptêmes, mariages, sépultures.


Paysage d’hiver, Allart van Everdingen (1621‑1675), dessin, 95 × 133 cm, Schwerin (Allemagne), Staatliches Museum, Kunstsammlungen, Schlösser und Gärten, numéro d’inventaire 644HZ, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Staatliches Museum Schwerin, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver, Allart van Everdingen (1621‑1675), dessin, 95 × 133 cm, Schwerin (Allemagne), Staatliches Museum, Kunstsammlungen, Schlösser und Gärten, numéro d’inventaire 644HZ, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Staatliches Museum Schwerin, notice descriptive consultable en ligne.

Il est à remarquer qu’il en est de même pour les villages environnants que ce soit Chaumont-Porcien[1], ou Rocquigny[2]. Pourtant, dans d’autres régions et contrées, les curés sont assez prolixes sur cet événement remarquable.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Entre 1703 et 1712, la mortalité à La Romagne (Ardennes) présente une répartition mensuelle irrégulière. Certains mois, comme janvier ou février, connaissent plusieurs décès, tandis que d’autres restent peu affectés. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, la mortalité à La Romagne (Ardennes) présente une répartition mensuelle irrégulière. Certains mois, comme janvier ou février, connaissent plusieurs décès, tandis que d’autres restent peu affectés. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

Les Romanais et les habitants circonvoisins[1] ont-ils interprété ce phénomène comme un châtiment divin, ou bien, habitués à des conditions de vie difficiles en raison des guerres presque incessantes, des mauvaises récoltes et de la cherté du bois, se sont-ils résignés face à ce malheur supplémentaire ?

Habitués au froid[2], dans des maisons où les chambres (souvent dans un autre bâtiment que la pièce à feu) ne sont pas chauffées, se seraient-ils contentés du seul refuge un peu plus confortable qu’est le lit, avec ses maigres couvertures et son édredon ?


[1] « Qui est situé tout près et autour de ce dont on parle. Les communes, les provinces circonvoisines. Les peuples circonvoisins. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Le climat ardennais, de type océanique dégradé à influence continentale, se caractérise par des hivers froids, souvent neigeux, avec des gelées fréquentes et une forte humidité.


Paysage d’hiver avec un pont en bois, Philips Wouwerman (1619‑1668), huile sur bois, 28,5 × 41 cm, Berlin (Allemagne), Gemäldegalerie, numéro d’inventaire 900F, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Jörg P. Anders, notice descriptive consultable en ligne.
Paysage d’hiver avec un pont en bois, Philips Wouwerman (1619‑1668), huile sur bois, 28,5 × 41 cm, Berlin (Allemagne), Gemäldegalerie, numéro d’inventaire 900F, © BPK, Berlin, Dist. GrandPalaisRmn / Jörg P. Anders, notice descriptive consultable en ligne.

Un autre problème soulevé par ces conditions météorologiques est de pouvoir procéder à une inhumation dans une terre gelée. Là encore, le registre est muet sur ce sujet. Pourtant, quatre des cinq inhumations de 1709 ont lieu entre le 23 janvier et le 3 mars, c’est-à-dire entre les grandes gelées et le début du dégel. Or, rien n’est dit à ce propos, quel que soit le registre paroissial consulté.

Alors que l’année 1707 présente une mortalité importante, avec neuf décès[1] (six adultes entre dix-neuf et quarante-cinq ans, deux personnes âgées de soixante ans et un enfant de moins d’un an), la mort atteint en 1709 cinq habitants : deux dans la maturité de l’âge (quarante-cinq ans), deux vieillards (soixante-quatorze et quatre-vingt-un ans), et une mention de décès le 3 mars 1709 sans indication de nom ou d’âge.


[1] Dus probablement, comme dans les environs, à des épidémies récurrentes.



Entre 1708 et 1711, Chaumont-Porcien (Ardennes) connaît des fluctuations démographiques : le nombre de naissances reste relativement élevé, avec un pic en 1708, tandis que les sépultures varient de six à dix par an. Les mariages restent peu nombreux et stables. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.  Cf . archives départementales des Ardennes, EDEPOT/CHAUMONT-PORCIEN/E 3 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/CHAUMONT-PORCIEN/E 3 = fonds concernant Chaumont-Porcien ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 3 = années 1703-1712],  folio 1 recto, vue 44/75 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1708 et 1711, Chaumont-Porcien (Ardennes) connaît des fluctuations démographiques : le nombre de naissances reste relativement élevé, avec un pic en 1708, tandis que les sépultures varient de six à dix par an. Les mariages restent peu nombreux et stables. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMMECf . archives départementales des Ardennes, EDEPOT/CHAUMONT-PORCIEN/E 3 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/CHAUMONT-PORCIEN/E 3 = fonds concernant Chaumont-Porcien ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 3 = années 1703-1712],  folio 1 recto, vue 44/75 et suivantes, passim, consultables en ligne.

L’année 1710 présente une surmortalité essentiellement masculine, puisqu’elle touche huit hommes, à opposer aux trois de la mortalité féminine, et un déficit naturel de naissances. Les épidémies (dysenteries, fièvres malignes, fièvres putrides, petite vérole) ravagent l’ensemble de la région. Cette mortalité est aussi marquée dans des bourgs plus importants, que ce soit à Chaumont-Porcien ou à Rocquigny, où il y a quinze décès en 1709, mais trente-trois en 1710.


Entre 1708 et 1711, Rocquigny (Ardennes) connaît une forte variabilité démographique. Les naissances restent relativement nombreuses, avec un pic en 1708, bien qu’elles chutent en 1710, tandis que les sépultures connaissent un pic cette même année. Les mariages restent peu nombreux et irréguliers. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 = fonds concernant Rocquigny ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1700-1810], page 7 et suivantes = vue 8/92 et suivantes [naissances] ; page 2 = vue 51/92 [mariages] ; page 4 et suivantes = vue 64/92 et suivante, [sépultures], consultables en ligne.
Entre 1708 et 1711, Rocquigny (Ardennes) connaît une forte variabilité démographique. Les naissances restent relativement nombreuses, avec un pic en 1708, bien qu’elles chutent en 1710, tandis que les sépultures connaissent un pic cette même année. Les mariages restent peu nombreux et irréguliers. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 = fonds concernant Rocquigny ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1700-1810], page 7 et suivantes = vue 8/92 et suivantes [naissances] ; page 2 = vue 51/92 [mariages] ; page 4 et suivantes = vue 64/92 et suivante, [sépultures], consultables en ligne.

A Montmeillant[1], le registre est en mauvais état, et il n’y a pas de page pour 1710. Ceux d’Adon[2], Givron[3], Draize[4], Chappes[5] ont disparu, ce qui ne permet pas de tirer de conclusions pour ce secteur.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française fusionnée avec Chaumont-Porcien, située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Entre 1703 et 1712, les mariages à La Romagne sont peu nombreux et se répartissent de manière irrégulière au cours de l’année. Certains mois, comme janvier, concentrent plusieurs unions, tandis que d’autres (avril, juin, juillet, août) restent dépourvus de mariages. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], page non paginée, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, les mariages à La Romagne (Ardennes) sont peu nombreux et se répartissent de manière irrégulière au cours de l’année. Certains mois, comme janvier, concentrent plusieurs unions, tandis que d’autres (avril, juin, juillet, août) restent dépourvus de mariages. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], page non paginée, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

Cet hiver a également réduit le nombre de mariages et de naissances. En 1710, aucun registre de naissances et de mariages n’existe à La Romagne, ce qui serait un cas unique. Chaque année, le nombre de mariages oscille entre un et trois.

Rocquigny, une plus grosse paroisse[1], n’en enregistre que trois en 1710, et deux en 1711, mais onze en 1713, ce qui peut s’expliquer par des cérémonies retardées, compte tenu du contexte économique.


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 = fonds concernant Rocquigny ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1700-1810], page 2 et suivante, vue 51/92, consultables en ligne.


Entre 1703 et 1712, La Romagne (Ardennes) enregistre un total de quatre-vingt-seize naissances, avec une nette prédominance des filles (soixante et une) sur les garçons (trente-cinq). Les naissances varient légèrement d’une année à l’autre, et l’année 1710 ne comporte aucun enregistrement. Graphique de type « histogramme empilé 3D ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, La Romagne (Ardennes) enregistre un total de quatre-vingt-seize naissances, avec une nette prédominance des filles (soixante et une) sur les garçons (trente-cinq). Les naissances varient légèrement d’une année à l’autre, et l’année 1710 ne comporte aucun enregistrement. Graphique de type « histogramme empilé 3D ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

L’absence de naissances durant toute une année interroge encore plus. En analysant les registres, l’on peut remarquer, parfois, des oublis corrigés par la suite, des actes incomplets qui pourraient évoquer une perte de feuillets.

En se reportant, pour les Ardennes, au supplément à la série E de l’Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790[1] (établi au XIXe siècle), aucune naissance n’est signalée en 1710. Il reste à noter que les recensions ne mettent en avant que quelques évènements, et certaines familles.


[1] Bibliothèque nationale de France, site de l’Arsenal, 4-NF-17188 (6), Laurent, Paul. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Tome VI, Ardennes. Série E supplément : Archives communales. Collection des inventaires sommaires des archives départementales antérieures à 1790. Charleville : Imprimerie & Lithographie F. Devin–A. Anciaux successeur, 1902, pp. 28., E. Suppl. 135 — GG. 3(Registre)— In-4°, 34 feuillets, papier. 1703-1713. Baptêmes, mariages et sépultures : Baptême du 11 mai 1708, Marie-Jeanne, fille de Nicolas Bouillard, maître d’école, et de Marie Rifflet. Mariages : 28 janvier 1703, Paul-Alexandre Titeux, veuf de Nicole Bouchier, avocat au siège de Rethel, avec Jeanne Daniel, fille de feu Rollain Daniel et de Marie Leblanc ; 23 novembre 1706, Gérard Merlin, fils de Remacle Merlin, maître chirurgien, et de Martine Meunier, de Château-Porcien, avec Jeanne Leblanc, fille de Pierre Leblanc, marchand, et de Marie Foulon. Abjuration : 13 janvier 1705, Lazare Barré. [série E. Suppl. = supplément aux archives de la série E ; articles E. Suppl. 1-151 = canton de Chaumont-Porcien, documents E. Suppl. 133-143 = commune de La Romagne.]


Entre 1703 et 1712, la natalité à La Romagne  (Ardennes) varie fortement selon les mois. Certains, comme janvier, mars, juin, août et septembre, comptent plusieurs naissances, tandis que d’autres n’en enregistrent que quelques-unes. L’année 1710 ne comporte aucun enregistrement. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.
Entre 1703 et 1712, la natalité à La Romagne (Ardennes) varie fortement selon les mois. Certains, comme janvier, mars, juin, août et septembre, comptent plusieurs naissances, tandis que d’autres n’en enregistrent que quelques-unes. L’année 1710 ne comporte aucun enregistrement. Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. Cf. archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 23 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 23 = années 1703-1712], pages non paginées, vue 1/32 et suivantes, passim, consultables en ligne.

Ainsi, pour cette période, et en ce qui concerne La Romagne, seul est cité selon cette source le baptême, le l l mai 1708, de Marie-Jeanne, fille de Nicolas Bouillard, maître d’école, et de Marie Rifflet. Apparemment, aucune des familles importantes du village n’aurait eu un enfant, ce qui n’est pas plausible. Il faut plutôt voir dans ce phénomène les effets de la malnutrition, des aménorrhées[1] et des épidémies.

En outre, l’on ignore le nombre de grossesses qui n’ont pas atteint leur terme. De même, la chute des naissances est très marquée à Rocquigny, puisqu’en 1710, onze naissances[2] sont enregistrées mais vingt-huit en 1711.


[1] « Absence ou interruption anormale des menstruations. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/ROCQUIGNY/E 1 = fonds concernant Rocquigny ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 1 = années 1700-1810], page 9 et suivante, vue 9/92 et suivante, consultables en ligne.


René Antoine Ferchault de Réaumur (1683‑1757), physicien et naturaliste, portrait gravé par Philippe Simonneau (1685‑vers 1753) d’après Alexis Simon Belle (1674‑1734), burin et eau-forte, 34,4 × 23,5 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire LP65.91.1, © château de Versailles, Dist. GrandPalaisRmn / image château de Versailles, notice descriptive consultable en ligne.
René Antoine Ferchault de Réaumur (1683‑1757), physicien et naturaliste, portrait gravé par Philippe Simonneau (1685‑vers 1753) d’après Alexis Simon Belle (1674‑1734), burin et eau-forte, 34,4 × 23,5 cm, Versailles (Yvelines), châteaux de Versailles et de Trianon, numéro d’inventaire LP65.91.1, © château de Versailles, Dist. GrandPalaisRmn / image château de Versailles, notice descriptive consultable en ligne.

Cet hiver a frappé les esprits, car il survient à un moment critique du long règne de Louis XIV, dont les Français commencent à se lasser. L’événement a ensuite suscité l’intérêt des savants, comme Réaumur[1], qui étudient la météorologie et ses implications pour l’agriculture. D’autres hivers rigoureux marqueront le XVIIIᵉ siècle, mais aucun ne restera dans les mémoires comme celui de 1709.


[1] Physicien et naturaliste français, né à La Rochelle (Charente-Maritime) en 1683 et mort au château de la Bermondière en 1757. L’échelle Réaumur est une ancienne mesure de température, fixant la congélation de l’eau à 0° et son ébullition à 80°.


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La Romagne et ses moulins


Lieu-dit du Moulin à Vent et forêt de Signy-l'Abbaye (Ardennes). Prise de vue effectuée le jeudi 12 septembre 2024 à La Romagne (Ardennes). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Lieu-dit du Moulin à Vent et forêt de Signy-l’Abbaye (Ardennes). Prise de vue effectuée le jeudi 12 septembre 2024 à La Romagne (Ardennes). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le premier moulin romanais pour lequel on a quelques indications date de 1246 environ. Il est un don de Roger II de Rozoy et de sa femme aux moines de Signy-l’Abbaye[1], alors qu’ils envisagent encore d’être inhumés dans l’abbaye cistercienne. Ceci ne se réalise pas, puisque tous deux choisissent finalement de reposer dans l’abbaye de Chaumont, à laquelle ils sont profondément attachés[2].


[1] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.

[2] Archives départementales des Ardennes, 2Mi 34 [série Mi = reproductions d’archives sous forme de microfilms, sous-série 2Mi = microformes de sécurité], microfilm reproduit d’après l’original des archives départementales des Ardennes, H 203 [série H = clergé régulier avant 1790, fonds H1-409 = abbayes, prieurés et convents d’hommes, articles H 203-237 = abbaye royale de Notre-Dame de Signy, cisterciens, filiale d’Igny, ligne de Clairvaux, commune de Signy-l’Abbaye, cote 203 = cartulaire (XIIIe siècle), 1134-1250], pages 427, 429, 433, passim.


Lieu-dit du Moulin à Vent, avec vue sur la forêt de Signy-l'Abbaye (Ardennes) et le Mont de Vergogne. Prise de vue effectuée le jeudi 12 septembre 2024 à La Romagne (Ardennes). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Lieu-dit du Moulin à Vent, vue sur la forêt de Signy-l'Abbaye (Ardennes) et le Mont de Vergogne. Prise de vue effectuée le jeudi 12 septembre 2024 à La Romagne (Ardennes). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Lieu-dit du Moulin à Vent, vue sur la forêt de Signy-l’Abbaye (Ardennes) et le Mont de Vergogne. Prise de vue effectuée le jeudi 12 septembre 2024 à La Romagne (Ardennes). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

En réalité, en dotant ainsi les moines de Signy de la moitié du moulin, Roger II reconnait ses torts envers cet établissement, puisqu’il l’a établi tout près du bois d’Angeniville, sur un fonds appartenant à cette communauté.

Il donne ensuite la seconde partie du moulin contre une redevance en grains, et fait obligation aux habitants de La Romagne d’aller moudre, soit à ce moulin, soit à celui de Draize[1], appelé par la suite « Pute Peine ». Tous deux dépendent de cette même abbaye.


[1] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.


Lieu-dit du Grand Moulin à Vent. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section B dite de la Bouloie et aux Houïes hautes, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.
Lieu-dit du Grand Moulin à Vent. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section B dite de la Bouloie et aux Houïes hautes, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

En 1270, Clémence, comtesse de Saulmes, ratifie les dons que Roger II et sa femme ont faits à l’église de Signy de « vivier[1] de molin et des appartenances qui sieent desous la Romaingne[2] », et donne une partie des terres qu’elle possède à La Romagne avec un second moulin.


[1] « Pièce d’eau courante ou dormante, dans laquelle on nourrit, on conserve du poisson », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[2] Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 2008-20343 < Vol. 1 >, Martin, Gérard-Adolphe, Essai historique sur Rozoy-sur-Serre et les environs : comprenant une grande partie de la Thiérache et du Porcien et quelques communes du Laonnois, Paris : le Livre d’histoire, « Monographies des villes et villages de France », 2007, tome I, 642 p. p. 389.


Lieu-dit du Petit Moulin à Vent. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section B dite de la Bouloie et aux Houïes hautes, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.
Lieu-dit du Petit Moulin à Vent. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section B dite de la Bouloie et aux Houïes hautes, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

Le terroir de la Romagne ferait-il à cette époque état de trois lieux-dits portant le nom de Petit Moulin à Vent, de Grand Moulin à Vent, et de Côte du Moulin à Vent ? Ces trois lieux sont en tout cas inscrits dans la matrice cadastrale 1836-1914[1], mais ne sont plus occupés alors que par des terres cultivables.


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section B dite de la Bouloie et aux Houïes hautes, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.


Un autre bâtiment assez proche, le moulin du Bois Martin, est détruit très probablement au moment des guerres de Religion. Il n’est reconstruit que bien plus tard, vers 1728, car il est utile aux gens de Montmeillant[1] et de La Romagne. Sa présence est attestée[2] par son inscription sur une carte des Naudin[3], puis sur la 43e feuille publiée de la Carte générale de la France (dite « carte de Cassini »), levée entre 1755 et 1758, vérifiée en 1759, et éditée en 1759-1760[4].


[1] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.

[2] Tout comme celui du Merbion ou le petit moulin de la Cour Honorée, hameau de Saint-Jean-aux-bois (Ardennes).

[3] D’après une portion de carte référencée « Naudin Ch 20 ouest » fournie à l’auteure par l’Institut national de l’information géographique et forestière.

[4] Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-53095169, Baillergeau (topographe ; cartographe) ; Luc (cartographe) ; Durocher (cartographe) ; La Villette (cartographe) ; Chalmandrier, Nicolas (graveur) ; Le Roy le jeune (graveur en lettres) ; Cassini de Thury, César-François (cartographe ; éditeur scientifique), Carte générale de la France, n° 78, feuille 43e [Charleville-Mézières – Sedan], échelle au 1 : 86400 [ou 1 ligne pour 100 toises], 1 carte en couleurs ; 60 x 95 cm, [s. l.] : Thévenart ; Aubert, 1759-1760, vue 1/1, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand, GE FF-18595 (78).


Les terres du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l'échelle 1/1250, section et numéro de feuille D1 : la Cour Avril et le Bois Diot, 1835, consultable en ligne.
Les terres du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, section et numéro de feuille D1 : la Cour Avril et le Bois Diot, 1835, consultable en ligne.

Auparavant, un des seigneurs du village avait fait construire un moulin, dont l’existence est certaine en 1633. C’est le moulin Garrot[1], dont on peut retrouver quelques meuniers à partir des rôles des tailles pour le XVIIIe siècle.

Pour les suivants, ce sont les actes d’état civil ou notariés qui permettent de les identifier. Ce moulin tient certainement son nom de messire Jadin Garot, qui était lieutenant en la baronnie de Chaumont, et qui résidait à la Romagne. Ce qui est attesté en 1628 dans un bail de droit de pêche de l’étang de Denizy[2].


[1] Ou Garot. Avant une réforme de l’orthographe française en 1835, les graphies sont plus aléatoires, et le nom des lieux-dits varie souvent davantage d’un document à l’autre.

[2] Archives nationales, site de Paris, T 471, liasse 12 [série T = papiers d’origine privée tombés dans le domaine public, articles T 1-982 = papiers séquestrés pendant la Révolution, provenant de particuliers émigrés ou condamnés (1e partie), cote T 471 = papiers de Louis Bruno, comte de Boisgelin de Cucé, et de Marie Stanislas Catherine de Boufflers, son épouse.]


Synthèse du dépouillement des rôles des tailles, et du sondage d’actes d’état civil ou notariés des XVIIIe et XIXe siècles des archives départementales des Ardennes et des archives départementales de la Marne, site de Châlons-en-Champagne).

En l’an II[1], il est nécessaire de recenser les moulins pour avoir une idée des ressources alimentaires et fournitures aux armées[2]. Les Ardennes comptent 685 moulins à roues perpendiculaires, 44 à roue horizontale et 94 à vent[3]. En 1810, le Rethélois compte 142 moulins, dont 57 à vent, 83 à eau et 2 à vapeur[4].


[1] Du calendrier républicain. Correspond aux années 1793 et 1794 du calendrier grégorien.

[2] Archives départementales des Ardennes, PERH12 22, Illaire, Martine, « Les enquêtes sur les moulins (an II-1810, 1851) », pp. 37-71, in Revue historique ardennaise, Tome XXV, année 1990, La révolution dans les Ardennes : huit études nouvelles, 228 pages, page 37.

[3] Ibid., page 49.

[4] Ibid., page 48.


La présence d’un moulin était un atout pour un village, et ce d’autant plus que les habitants faisaient leur pain à la maison[1]. C’est ainsi qu’un moulin est présent dans de nombreux villages environnants, comme à Draize, La Hardoye[2], Saint-Jean-aux-Bois[3], Rocquigny[4], Maranwez[5], Librecy[6].

Ce dernier, construit en 1604 par Hugues de Maupinois, et resté en fonction jusqu’en 1964, avait à l’origine deux roues en bois et deux paires de meules[7].


[1] Au XIXe siècle, les boulangeries font arriver la farine des minoteries.

[2] Actuellement, commune associée de Rocquigny, du département des Ardennes, région Grand Est.

[3] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.

[4] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.

[5] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.

[6] Le hameau de Librecy est sur la commune de Signy-l’Abbaye.

[7] Voir la description du moulin de Librecy, consultable en ligne sur le site de la Fédération des moulins de France.


Lieu-dit du Petit Moulin à Vent (détail). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section B dite de la Bouloie et aux Houïes hautes, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.
Lieu-dit du Petit Moulin à Vent (détail). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section B dite de la Bouloie et aux Houïes hautes, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

Le moulin à vent a pu être la propriété de Jean-Baptiste Boudier, puisque c’est lui qui le loue moyennant 400 francs annuels pour une durée de 9 ans à partir de 1817[1] à François Boudsocq[2]. Un acte notarié est signé auprès d’un notaire nommé Fréal. Les archives de celui-ci ont disparu, comme beaucoup d’autres documents de ce secteur, cible de nombreuses guerres.


[1] Archives départementales des Ardennes, 3Q 1299 [série Q = domaines, enregistrement, hypothèques, sous-série 3Q = enregistrement et timbre, depuis l’an VII], registre des enregistrements du canton de Chaumont-Porcien, qui signale un acte notarié signé chez Fréal, notaire, le 2 mars 1817.

[2] Né le 27 octobre 1788 à Dizy-le-Gros (actuellement, commune du département de l’Aisne, région Hauts-de-France), et marié le 24 décembre 1810 à La Romagne.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l'échelle 1/1250, section et numéro de feuille D1 : la Cour Avril et le Bois Diot, 1835, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, section et numéro de feuille D1 : la Cour Avril et le Bois Diot, 1835, consultable en ligne.

Le moulin Garrot est situé sur la parcelle 449 du cadastre de 1835[1]. Les lieux-dits du Moulin Garrot, du Pré du Moulin Garrot et de la Cour du Moulin Garrot sont attestés sur la matrice cadastrale 1836-1914[2].


[1] Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, section et numéro de feuille D1 : la Cour Avril et le Bois Diot, 1835, consultable en ligne.

[2] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.


Bail du moulin Garrot signé le 5 décembre 1840. Archives départementales des Ardennes, 3E 35 122 [série E = état civil, officiers publics et ministériels, sous-série 3E = notaires, articles 3E 1-276 = archives notariales de Charleville.]
Bail du moulin Garrot signé le 5 décembre 1840. Archives départementales des Ardennes, 3E 35 122 [série E = état civil, officiers publics et ministériels, sous-série 3E = notaires, articles 3E 1-276 = archives notariales de Charleville.]

Un bail concernant le moulin Garrot[1] est signé le 5 décembre 1840, en présence de deux témoins, Joseph Decary et Jacques Flamin (habitants de Wasigny[2]), en l’étude de maître Victor Cailteaux, notaire de cette bourgade.


[1] Archives départementales des Ardennes, 3E 35 122 [série E = état civil, officiers publics et ministériels, sous-série 3E = notaires, articles 3E 1-276 = archives notariales de Charleville.]

[2] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.


Lieu-dit de la Cour du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.
Lieu-dit de la Cour du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

François Modeste Lepinois, meunier et propriétaire de ce moulin, le loue à Joseph Noël, ancien meunier résidant à Grandchamps[1], pour neuf années consécutives à dater du 25 mars 1841. Une somme annuelle de 280 francs est à payer le jour d’entrée en jouissance du bien, et, les huit années suivantes, à chaque anniversaire.


[1] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.


Lieu-dit du Pré du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.
Lieu-dit du Pré du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

Ce moulin est un moulin à eau « à une tournure[1] », et diffère en cela du moulin du Merbion (commune de Saint-Jean-aux-Bois[2]), monté « à l’anglaise[3] », qui est la propriété de Prudence Gérarde Merlin en 1811.


[1] La roue hydraulique entraîne une seule meule.

[2] Commune du département des Ardennes, région Grand Est.

[3] La roue hydraulique entraîne plusieurs meules.


Lieu-dit du Pré Haut du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.
Lieu-dit du Pré Haut du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

C’est un bâtiment construit en bois, couvert en ardoise, « nature de cuisine[1] », avec une petite « ravallée[2] » au levant[3], également en bois, et couverte de paille. En outre, la location comprend trois arpents[4], qui se composent de terres et « versennes »[5], de sol à froment, de clos et de prés.


[1] Expression notariale qui signifie « avec une cuisine ».

[2] Variante orthographique de « ravalée », ici une sorte d’arrière-cuisine.

[3] « La partie de l’horizon où le soleil se lève ; l’orient, l’est », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[4] « Ancienne mesure agraire équivalant à cent perches. Selon les contrées, l’arpent valait de trente à cinquante et un ares. », d’après le Dictionnaire de l’Académie française.

[5] Variante orthographique de versaine, « terre en jachère après deux récoltes », selon le Centre national de ressources textuelles et lexicales.


Ces terrains ne sont pas isolés : ils touchent au chemin et à divers propriétaires du village. L’alimentation en eau se fait par le ruisseau du Moulin Garrot, dont la naissance se compose de plusieurs petites sources se réunissant à proximité du lieu-dit La Favée.


Signatures du bail du moulin Garrot le 5 décembre 1840. Archives départementales des Ardennes, 3E 35 122 [série E = état civil, officiers publics et ministériels, sous-série 3E = notaires, articles 3E 1-276 = archives notariales de Charleville.]
Signatures du bail du moulin Garrot le 5 décembre 1840. Archives départementales des Ardennes, 3E 35 122 [série E = état civil, officiers publics et ministériels, sous-série 3E = notaires, articles 3E 1-276 = archives notariales de Charleville.]

Les clauses du bail sont assez draconiennes. Il est interdit au locataire de sous-louer le bien, en tout ou partie, à un autre meunier, ce qui semble être malgré tout parfois pratiqué[1]. En aucun cas, il ne peut être indemnisé, ou obtenir une réduction du loyer, et ce, que ce soit en cas de chômage, de sécheresse, d’inondations, ou d’eau gelée. Mais il se doit de bien cultiver les terres, de les fumer, et de respecter les roies[2].


[1] Ainsi, le meunier Modeste Claise de La Hardoye loue en 1820 le moulin à Jean-Baptiste Lefèvre pour 1 250 francs. Un an après son entrée en location dans celui-ci, ce dernier le sous-loue à Brice Poncelet. Voir archives départementales des Ardennes, 3Q 1299 [série Q = domaines, enregistrement, hypothèques, sous-série 3Q = enregistrement et timbre, depuis l’an VII.]

[2] Pratique en lien avec l’assolement : « L’ensemble des terres était partagé en trois grands blocs appelés ‘soles’ dans le Bassin parisien, ‘roies’, ‘champs’ ou ‘saisons’ ailleurs. », selon L’Encyclopædia Universalis.


Les terres du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.
Les terres du Moulin Garrot. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

Les propriétaires, eux, s’engagent à faire construire, pour le mois de juin 1841, un bâtiment « nature de grange[1] », et couvert de chaume, là où il conviendra, dans les environs du moulin. Ce dernier a été démoli quelques années après sa construction.


[1] Avec une grange.


Moulin à vent de Théophile Boudsocq, qui se trouverait sur la parcelle 285 du cadastre de 1835 (archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l'échelle 1/1250, section et numéro de feuille D1 : la Cour Avril et le Bois Diot, 1835, consultable en ligne). Ce n° 285 est cité dans la matrice cadastrale 1836-1914 des archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie. Mais d'autres documents évoquent le n° 385. Voir Archives départementales des Ardennes, 3P 369 [série P = finances, cadastre, postes depuis 1800, sous-série 3P = cadastre et remembrement.]
Moulin à vent de Théophile Boudsocq, qui se trouverait sur la parcelle 285 du cadastre de 1835 (archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, section et numéro de feuille D1 : la Cour Avril et le Bois Diot, 1835, consultable en ligne).

Ce n° 285 est cité dans la matrice cadastrale 1836-1914 des archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

Mais d’autres documents évoquent le n° 385. Voir Archives départementales des Ardennes, 3P 369 [série P = finances, cadastre, postes depuis 1800, sous-série 3P = cadastre et remembrement.]

En 1841, Théophile Boudsocq fait construire un moulin à vent, soit sur la parcelle 285[1] (qui se trouve au lieu-dit du Poirier de la Croix[2]), soit sur la parcelle 385[3]. En 1866, il sera détruit[4].


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

[2] Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, section et numéro de feuille D1 : la Cour Avril et le Bois Diot, 1835, consultable en ligne.

[3] Archives départementales des Ardennes, 3P 369 [série P = finances, cadastre, postes depuis 1800, sous-série 3P = cadastre et remembrement.]

[4] Ibid.


Le métier de meunier se transmet dans un milieu familial. C’est le cas pour les descendants de Jean Baptiste Suan[1], originaire de Draize, meunier à La Neuville-lès-Wasigny[2], époux de Marie-Anne Merlin (née à La Romagne).

Son activité est reprise par son fils Nicolas Alexis, marié à Béatrice Liberté Legros, et lui-même meunier au moulin du Merbion. Sa femme loue ce dernier[3] avec ses dépendances, terres et prés à un certain Jullien[4], pour neuf ans et neuf mois, le 19 novembre 1845.


[1]  Né en 1747 à Draize et décédé en 1812 à La Neuville-lès-Wasigny.

[2] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.

[3] Archives départementales des Ardennes, 3Q 1300 [série Q = domaines, enregistrement, hypothèques. Sous-série 3Q = enregistrement et timbre, depuis l’an VII.]

[4] Le prénom n’est pas noté dans l’enregistrement. Ce dernier indique que l’acte a été signé auprès du notaire Pottier.


Démolition du moulin à vent de Théophile Boudsocq en 1866. Archives départementales des Ardennes, 3P 369 [série P = finances, cadastre, postes depuis 1800, sous-série 3P = cadastre et remembrement.]
Démolition du moulin à vent de Théophile Boudsocq en 1866. Archives départementales des Ardennes, 3P 369 [série P = finances, cadastre, postes depuis 1800, sous-série 3P = cadastre et remembrement.]

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les moulins traditionnels, qui assurent la fabrication de farine, disparaissent au profit de moulins à vapeur. Ceux-ci s’orientent vers d’autres productions industrielles, comme la fabrication de colorants. Le Moulin à couleurs d’Ecordal[1], fondé en 1866, est le dernier du genre dans les Ardennes.


[1] Actuellement, commune du département des Ardennes, région Grand Est.


Lieu-dit de la Cote du Petit Moulin. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section B dite de la Bouloie et aux Houïes hautes, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.
Lieu-dit de la Cote du Petit Moulin. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section B dite de la Bouloie et aux Houïes hautes, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

Cette transformation, liée à la révolution industrielle, est majeure. Les moulins traditionnels dépendaient des conditions météorologiques et de la disponibilité de ressources naturelles, telles l’eau. Les moulins industriels produisent quant à eux de manière continue.

Les anciens engrenages en bois sont remplacés par des systèmes en métal, plus durables et puissants. Les meuniers traditionnels, autrefois artisans, voient leur rôle diminuer, face à des ouvriers chargés de superviser des machines dans des usines.


Moulin à vent de Théophile Boudsocq sur la parcelle 285 du cadastre. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.
Moulin à vent de Théophile Boudsocq sur la parcelle 285 du cadastre. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/G 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/ROMAGNE[LA] = fonds concernant La Romagne ; série G = cadastre, articles G 1-3 = cadastre parcellaire unique et centralisé dit « cadastre napoléonien », cote G 2 = matrice cadastrale des propriétés foncières, 1836-1914], Administration des contributions directes, Cadastre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus : section D dite de la Cour Avril et du Bois Diot, Paris : imprimerie de P. Dupont et G. Daguionie.

Le passage d’une économie rurale et artisanale à une gestion industrielle et urbaine, entraîne des conséquences sur la société et l’environnement. La disparition des moulins à eau et à vent, dans les Ardennes en général, et à La Romagne en particulier, conduit à une transformation des métiers et des terres.

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La Romagne et les curés de son église


Monseigneur Antonio Barberini, 91e archevêque de Reims, de 1657 à 1671.
Monseigneur Antonio Barberini, 91e archevêque de Reims, de 1657 à 1671.

Parmi ceux qui ont exercé leur ministère dans cette paroisse, on peut citer vers 1663 F. Prony[1].


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 2G 252 [série G = clergé séculier, sous-série 2G = fonds de l’archevêché de Reims, cotes 2G 250-252 = administration spirituelle du diocèse, état des paroisses, visites des églises (1348-1789)].


Remi[1] Bayen, prémontré de l’abbaye de Chaumont-la-Piscine, est probablement curé de La Romagne entre 1663/1664 et 1665, après avoir été à La Hardoye (Ardennes) puis à Rocquigny (Ardennes).


[1] Saint Remi (sans accent) est l’un des patrons du diocèse de Reims.


Pierre Le Heutre, né vers 1636 dans le diocèse, est ordonné en 1660 à presque 25 ans. Il est le curé du village pendant dix-sept ans de 1665 à 1682. Quoique son nom n’apparaisse pas, c’est sûrement lui qui est affecté à ce lieu[1] en 1665, alors que la paroisse de Montmeillant (Ardennes) était « abandonnée » et son église « en très mauvais état ».


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 2G 252, page 213 [série G = clergé séculier, sous-série 2G = fonds de l’archevêché de Reims, cotes 2G 250-252 = administration spirituelle du diocèse, état des paroisses, visites des églises (1348-1789)].


Monseigneur Charles-Maurice Le Tellier, 92e archevêque de Reims, de 1671 à 1710.
Monseigneur Charles-Maurice Le Tellier, 92e archevêque de Reims, de 1671 à 1710.

Nicolas Jouvant, né à Reims (Marne) vers 1656, est ordonné en 1682. Il est nommé ensuite pour quelques mois à La Romagne et, fait curieux, avant son ordination. Cependant, ce cas n’est pas exceptionnel en Champagne, puisque monseigneur Le Tellier attribue souvent des « titres de paroisse » avant que le titulaire ait « reçu la prêtrise[1] ».

Ces nominations sont « maintenues comme exactes ». Cet ecclésiastique est affecté peu de temps après son ordination à la cure de Saint-Jean-aux- Bois (Ardennes) puis à Chémery (Ardennes). Il est nommé doyen rural jusqu’en 1719 et décède en 1734. Il est alors curé d’Aÿ[2] (Marne).


[1] Archives  départementales  des Ardennes, 1J  128-1 [série J = archives d’origine privée (entrées par voie d’achat, don, legs ou dépôt), sous-série 1J = documents entrés par voies extraordinaires : dons, achats, legs, dépôts effectués de 1945 à 1975, articles 1J 128 = papiers de l’abbé Emile Bouchez, le clergé des Ardennes en 1789 et sous la Révolution (don de monseigneur Leflon, janvier 1961, entrée 421), pièce 1J 128-1 = répertoire alphabétique des curés et vicaires de l’ancien diocèse de Reims d’après les archives diocésaines, 1663-1791, registre de 173 pages].

[2] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-10685 < 1867-1943 >, Eglise catholique. Diocèse (Reims, Marne), Bulletin du diocèse de Reims : revue religieuse, historique et littéraire, 1e année, n° 1 (6 juil. 1867) 89e année, n° 12 (25 mars 1961), Reims : [s.n.], 1867-1961, quarante-quatrième année, n° 3 du samedi 21 janvier 1911, page 35, vue 40/847, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC11-842 (7).


Nicolas Lambinet, originaire de Brieulles-sur-Meuse (Meuse), où il est né vers 1643, est le curé du village de septembre 1682 au 27 juin 1686, avant de rejoindre la cure de Lametz (Ardennes) jusqu’au 1er janvier 1713.


Adrien Desjardins remplit un court intermède d’une dizaine de mois. Ce prêtre, venu de l’abbaye de Chaumont-la-Piscine (Ardennes) où il est sous-prieur[1], rejoint Rubigny (Ardennes) en février 1687 où il décède le 13 août 1697 [2].


[1] Religieux qui supplée le prieur.

[2] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-10685 < 1867-1943 >, Eglise catholique. Diocèse (Reims, Marne), Bulletin du diocèse de Reims : revue religieuse, historique et littéraire, 1e année, n° 1 (6 juil. 1867) 89e année, n° 12 (25 mars 1961), Reims : [s.n.], 1867-1961, quarante-cinquième année, n° 20 du samedi 18 mai 1912, page 243, vue 260/900, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC11-842 (7).


Les lettres patentes du roi en forme d'édit du mardi 29 avril 1664 ordonnent que les bulles des papes Innocent X et Alexandre VII seront publiées dans tout le royaume.
Les lettres patentes du roi en forme d’édit du mardi 29 avril 1664 ordonnent que les bulles des papes Innocent X et Alexandre VII seront publiées dans tout le royaume.

Nicolas Norbert Dehaulme, né vers 1653, occupe la cure pendant quinze ans, du 31 mars 1688 jusqu’en octobre 1703, et se dévoue à sa paroisse. C’est à l’origine un religieux du couvent de Chaumont-la-Piscine (Ardennes). Lorsque son ministère romanais prend fin, il y retourne, comme cela se passe assez souvent pour les moines réguliers.


Le testament d'Hubert Terlot est signé par le curé de La Romagne, Louis Pottin, qui assiste ses paroissiens sur le plan matériel et spirituel. Archives départementales des Ardennes, G 238 [série G = clergé régulier avant 1790, articles G 92 à 272 = églises paroissiales et leurs fabriques], cote concernant les églises de Rocquigny, La Romagne, Romance (Saint-Pierre), les constitutions de rentes, dons et legs, les déclarations de biens 1611-1788.
Le testament d’Hubert Terlot est signé par le curé de La Romagne, Louis Pottin, qui assiste ses paroissiens sur le plan matériel et spirituel. Archives départementales des Ardennes, G 238 [série G = clergé régulier avant 1790, articles G 92 à 272 = églises paroissiales et leurs fabriques], cote concernant les églises de Rocquigny, La Romagne, Romance (Saint-Pierre), les constitutions de rentes, dons et legs, les déclarations de biens 1611-1788.

Louis Pottin passe trente-six ans à La Romagne, de sa nomination vers 1705 jusqu’à sa mort à l’âge de soixante et onze ans environ, le 22 octobre 1740. Tout au long de son sacerdoce, il s’implique dans les diverses tâches auprès de ses paroissiens, tant spirituelles que matérielles.

Ses obsèques sont célébrées par le prieur-curé de Givron (Ardennes) en présence de R. Chanveaux, curé-doyen de Rethel (Ardennes), de Jean-Baptiste Le Roy (maître d’école), Antoine Leblanc et François Merlin.


Jean Maquet lui succède pour un temps très court : neuf mois, du 7 novembre 1740 au 14 août 1741.


Le haut lieu du jansénisme est Port-royal-des-Champs, Abbaye de (Yvelines, France). Museum Catharijneconvent (Utrecht, Pays-Bas), numéro d’inventaire OKM s19, anonyme (école française de peinture), Vue sur l’abbaye de Port-Royal-des-Champs, peinture à l'huile, canevas, 1e moitié du XVIIIe siècle, vers 1764, notice descriptive consultable en ligne.
Le haut lieu du jansénisme est Port-royal-des-Champs, Abbaye de (Yvelines, France). Museum Catharijneconvent (Utrecht, Pays-Bas), numéro d’inventaire OKM s19, anonyme (école française de peinture), Vue sur l’abbaye de Port-Royal-des-Champs, peinture à l’huile, canevas, 1e moitié du XVIIIe siècle, vers 1764, notice descriptive consultable en ligne.

François-Jean Bataille, de l’ordre des prémontrés, devient le nouveau titulaire de la cure, du 14 août 1741 jusqu’à sa mort vers août 1747 (les registres paroissiaux entre 1742 et 1753 ont disparu). Il jure avoir « signé les formulaires de foi du pape Alexandre VII qui condamnent le jansénisme ».


Palazzo Barberini (Rome, Italie), numéro d’inventaire 5048, Bernin, Le (1598-1680), Portrait du pape Urbain VIII [Maffeo Barberini], peinture à l'huile, 1e moitié du XVIIe siècle, vers 1631-1632, huile sur toile, notice descriptive consultable en ligne.
Palazzo Barberini (Rome, Italie), numéro d’inventaire 5048, Bernin, Le (1598-1680), Portrait du pape Urbain VIII [Maffeo Barberini], peinture à l’huile, 1e moitié du XVIIe siècle, vers 1631-1632, huile sur toile, notice descriptive consultable en ligne.

Depuis le 6 mars 1642, le pape Urbain VIII a porté une condamnation contre les théories de Jansenius[1] contenues dans son livre intitulé Augustinus.

Portrait du pape Innocent X par Diego Vélasquez.
Portrait du pape Innocent X par Diego Vélasquez.

Cette critique théologique est confirmée par une bulle du pape Innocent X le 31 mai 1653, puis par celle d’Alexandre VII le 16 octobre 1656.


[1] Cornelius Jansen.


Walters art museum (Baltimore, Maryland), numéro d’inventaire 37.598, Gaulli, Giovanni Battista (1639-1709) [atelier], Portrait du pape Alexandre VII [Fabio Chigi], peinture à l'huile, 1e moitié du XVIIe siècle, vers 1667, peinture à l'huile sur canevas, notice descriptive consultable en ligne.
Walters art museum (Baltimore, Maryland), numéro d’inventaire 37.598, Gaulli, Giovanni Battista (1639-1709) [atelier], Portrait du pape Alexandre VII [Fabio Chigi], peinture à l’huile, 1e moitié du XVIIe siècle, vers 1667, peinture à l’huile sur canevas, notice descriptive consultable en ligne.

En 1661, les évêques de France décident de rédiger un formulaire portant réprobation des doctrines condamnées, et de l’imposer à tous les ecclésiastiques de leurs diocèses. Ces derniers sont contraints de le signer sur-le-champ.

En 1665, le pape Alexandre VII propose de ne pas admettre un élu quelconque à la jouissance d’un bénéfice, sans qu’il lui fût enjoint de souscrire à ce document condamnant expressément l’erreur janséniste. Cette ferme invitation soulève une opposition formidable en Champagne.

Au XVIIIe siècle, monseigneur François I de Mailly, successeur de monseigneur Le Tellier, se montre, lui, très empressé de faire signer ce document par les différents prêtres de son diocèse.

Monseigneur François I de Mailly, 93e archevêque de Reims, de 1710 à 1721.
Monseigneur François I de Mailly, 93e archevêque de Reims, de 1710 à 1721.

Monseigneur Armand Jules de Rohan-Guémené, 94e archevêque de Reims, de 1722 à 1762.
Monseigneur Armand Jules de Rohan-Guémené, 94e archevêque de Reims, de 1722 à 1762.

Philippe Hennezel, prémontré, occupe la cure du 4 septembre 1747 jusqu’à sa mort vers février 1760, à l’âge de cinquante-six ans. C’est un chanoine régulier de l’ordre des prémontrés. Pour ses obsèques, le service religieux est célébré par le curé de Givron (Ardennes), en présence de J.-B. Davaux et du prieur Godart de la Piscine. Il est inhumé au milieu du chœur de l’église.


Monseigneur Charles Antoine de La Roche-Aymon, 95e archevêque de Reims, de 1763 à 1777.
Monseigneur Charles Antoine de La Roche-Aymon, 95e archevêque de Reims, de 1763 à 1777.

Simon Godart, prémontré, après avoir été curé de Givron (Ardennes), reste à La Romagne de février 1760 à 1769, moment où il démissionne. Cette situation ouvre aux « patrons de la cure » la possibilité de désigner un candidat, dont les supérieurs diocésains agréent ou rejettent la candidature après l’avoir examinée.


D’après le registre consulté, il est le seul à avoir démissionné dans ce village, alors que sur la même période de cent trente ans, quatre curés l’ont fait à Rocquigny (Ardennes), et que trois autres ont « résigné », c’est-à-dire qu’ils ont laissé leur paroisse en faveur, généralement, d’un membre de leur famille. Quelles peuvent-être les raisons de ces différences ? A la suite de ce départ, c’est F. Pierron, curé de Montmeillant (Ardennes), qui pourvoit aux besoins de la paroisse.


Joseph Bourdon[1], religieux prémontré né le 6 mai 1728 à Moncourt[2], prend en charge la cure à partir du 12 janvier 1770, après avoir relevé des diocèses de Rouen (Seine-Maritime) et de Laon (Aisne) et être arrivé dans le diocèse de Reims en 1763.

Certains prêtres comme ce curé reçoivent l’extension des pouvoirs, et les « cas réservés », c’est-à-dire tout ce qui regarde la magie, les superstitions et les maléfices[3].


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 7J 137 [série J = archives privées, documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 7J = fonds de l’archevêché de Reims (1637-1963)].

[2] Dans le diocèse de Metz (Moselle).

[3] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 2G 268 [série G = clergé séculier, sous-série 2G = fonds de l’archevêché de Reims, cotes 2G 267-268 = doyenné de Rethel (1248-1790)].


Serment de Joseph Bourdon à la Constitution civile du clergé.
Serment de Joseph Bourdon à la Constitution civile du clergé.

Il est toujours présent dans sa paroisse lors des premières années révolutionnaires. Il prête serment à la Constitution civile du clergé le 28 janvier 1791[1], contrairement à certains de ses confrères. Il est redemandé après la Révolution.

Attestation du serment prêté par le curé Joseph Bourdon.
Attestation du serment prêté par le curé Joseph Bourdon.

Il est l’un de ceux pour qui quelques détails physiques sont notés en l’an VI par les autorités du canton de Rocquigny (Ardennes). Il mesure cinq pieds et cinq pouces, soit un peu plus d’un mètre soixante-cinq. Il a le visage et le menton ronds, une grande bouche, des « yeux roux[2] », des sourcils gris. Ses cheveux sont blancs.


[1] Archives départementales des Ardennes, L 1336 [série L = administrations et tribunaux de l’époque révolutionnaire (1790-an VIII), articles L 1276-1357 = hôpitaux, prisons, affaires cantonales et municipales, cotes L 1336-1337 = canton de Rocquigny, délibérations, an IV-1819], délibération du canton de Rocquigny lors de sa séance du 26 avril 1792.

[2] Cette désignation ancienne d’une pigmentation de l’iris n’évoque plus pour nous une couleur précise.


Monseigneur Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord, 96e archevêque de Reims, de 1777 à 1816.
Monseigneur Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord, 96e archevêque de Reims, de 1777 à 1816.

Dans l’enquête menée le 20 novembre 1807, nous apprenons qu’il a alors soixante-dix-neuf ans et qu’il souffre de nombreuses infirmités qui l’empêchent de dire la messe. En outre, il ne peut se servir de sa main droite[1]. Il décède dans sa paroisse, un an plus tard, le 3 juillet 1808[2], après l’avoir servie pendant plus de trente-huit ans.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 7J 142 [série J = archives privées, documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 7J = fonds de l’archevêché de Reims (1637-1963)].

[2] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 7J 139 [série J = archives privées, documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 7J = fonds de l’archevêché de Reims (1637-1963)].


Monseigneur Jean Charles de Coucy, 97e archevêque de Reims, de 1817 à 1824.
Monseigneur Jean Charles de Coucy, 97e archevêque de Reims, de 1817 à 1824.

Pendant quelques années, La Romagne est une annexe de Montmeillant (Ardennes), avant de redevenir une cure à part entière. De ce fait, elle est desservie par le prêtre de cette commune.


Monseigneur Jean-Baptiste de Latil, 98e archevêque de Reims, de 1824 à 1839.
Monseigneur Jean-Baptiste de Latil, 98e archevêque de Reims, de 1824 à 1839.

Jean-Baptiste Mozin naît à Montcy-Saint-Pierre (Ardennes). De sa nomination (quand la Romagne est redevenue pleinement une paroisse) jusqu’à sa mort le 4 janvier 1842 à l’âge de trente-six ans, il demeure dans le village.


Dans une enquête destinée à l’archevêché, on apprend qu’il y vit en compagnie de sa mère et de sa sœur, et qu’il héberge chez lui quelques écoliers. Il bine[1]. Ce qui s’avère plus important, c’est l’opinion qu’il exprime sur ses paroissiens.

Pour lui, quelques-uns sont superstitieux, mais ne sont pas scandaleux. Cent trente font leur devoir pascal. Néanmoins, il reproche à certains d’être trop lents pour faire baptiser leurs enfants. Mais personne ne néglige de les envoyer au catéchisme.


[1] En droit canonique, biner = célébrer deux messes le même jour, généralement dans deux églises différentes.


La Romagne – L'Eglise, carte postale ancienne éditée par Briard, virage sépia.
La Romagne – L’Eglise, carte postale ancienne éditée par Briard, virage sépia.

Simon Noiville, né le 10 février 1816 à Longwé (Ardennes), reçoit une nomination à La Romagne à partir du 20 juin 1842. Il veille à améliorer son église : pour communiquer avec ses paroissiens à partir des années 1870, il a recours à un petit journal, Le Réveil de Signy-l’Abbaye, qui lui sert de bulletin paroissial.

Monseigneur Thomas II Gousset, 99e archevêque de Reims, de 1840 à 1866.
Monseigneur Thomas II Gousset, 99e archevêque de Reims, de 1840 à 1866.

Monseigneur Jean-François Landriot, 100e archevêque de Reims, de 1867 à 1874.
Monseigneur Jean-François Landriot, 100e archevêque de Reims, de 1867 à 1874.

Dès 1883, une plainte est formulée contre lui auprès du préfet[1], car il manque souvent à ses obligations. Le représentant du gouvernement fait remarquer dans sa réponse qu’il est paralysé et qu’il a soixante-huit ans. Il ajoute qu’on ne peut pas insister pour le faire remplacer, car le presbytère est sa propriété et non celle de la commune.

A partir du mois de mars 1884, c’est le vicaire administrateur Renaudin qui signe les actes pour La Romagne. D’autre part, certaines lacunes apparaissent à la lecture des documents religieux de l’église Saint-Jean (la transcription de la sépulture de Céline Millet ou le baptême d’un enfant de la famille Gosset ne sont ainsi pas pris en compte).


[1] Archives nationales, document numérique, F19 6655, vue 241/503, consultable en ligne [série F = versements des ministères et administrations qui en dépendent, sous-série F19 = cultes, articles F19 6544-6697 = fichiers des ecclésiastiques rémunérés par l’Etat sous la IIIe République, 1881-1905, pièces F19 6554-6655 = Reims (diocèse), documents F19 6655 = Reims (diocèse) : J à W].


Une croix surmontait autrefois ce monument funéraire. Tombe de l’abbé Simon Noiville au cimetière de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le vendredi 13 mai 2011. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Une croix surmontait autrefois ce monument funéraire. Tombe de l’abbé Simon Noiville au cimetière de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le vendredi 13 mai 2011. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le 3 mars 1885, l’abbé Noiville qui, depuis trois ans environ, était frappé par une maladie paralysant son activité intellectuelle et physique, décède[1]. Il était curé de La Romagne et prêtre depuis quarante-trois ans.

Il est inhumé, le 5 du même mois, dans le cimetière du village, en présence de nombreux prêtres des alentours[2] (Le Fréty, Novion, Saint-Jean-aux-Bois, Estrebay, Rubigny, Montmeillant, etc.) mais aussi de ses paroissiens qui rendent un dernier hommage à celui qui avait été leur « guide sûr », leur « ami vrai » et qui avait partagé leurs joies et leurs tristesses pendant cette longue série d’années si mouvementées.


[1] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-10685 < 1867-1943 >, Eglise catholique. Diocèse (Reims, Marne), Bulletin du diocèse de Reims : revue religieuse, historique et littéraire, 1e année, n° 1 (6 juil. 1867) 89e année, n° 12 (25 mars 1961), Reims : [s.n.], 1867-1961, dix-huitième année, n° 11 du samedi 14 mars 1885, page 123, vue 131/800, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC11-842 (7).

[2] Tous les villages cités sont dans l’actuel département des Ardennes.


Georges Victor Grégoire naît le 21 septembre 1857 à Floing (Ardennes). En 1881, il est vicaire à Nouzon (Ardennes), puis il est nommé à Daigny (Ardennes), le 31 octobre 1884. Il y reste peu de temps. Après deux avis dont on ne connait pas la teneur (10 et 28 août 1885), la paroisse lui est confiée, ainsi que celle de Draize (Ardennes). Il y reste jusqu’au 21 mars 1901.

Pour lui, l’état d’esprit des habitants est fort bon : toutes les femmes, les enfants et vingt à trente hommes assistent à la messe du dimanche. Il y a beaucoup de monde à la communion pascale et même aux célébrations en dehors de Pâques. Cet avis ne semble pas concorder avec d’autres échos.


Au cours de ces années, quelques incidents relatés dans Le Petit Ardennais révèlent quelques tensions entre le prêtre et ses paroissiens. Le premier a lieu lors de l’inhumation d’un jeune soldat qui accomplissait son service militaire[1]. Ses camarades de régiment avaient offert une couronne, mais celle-ci n’étant pas du goût du curé, elle aurait été jetée par ce dernier.

Peu de temps auparavant, il s’était déjà signalé en retirant à l’instituteur[2], qui était déjà assez vieux et qui ne pouvait plus chanter à l’église, le droit de sonner les cloches[3].


[1] Il s’agit de Jean-Baptiste Emile Mauroy, fils de Jean-Baptiste Mauroy et de Marie Léonie Lelong, décédé le 8 mars 1895 à Vouziers (Ardennes), où il était en garnison comme cavalier au 5e régiment de cuirassiers.

[2] Ce dernier serait Hippolyte Guérard et aurait été âgé de cinquante-six ans au moment des faits.

[3] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35, « La Romagne. – Un peu plus de tolérance » [chronique locale et régionale], in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s.n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5763, vendredi 5 février 1897, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].


Monseigneur Benoît Langénieux, 101e archevêque de Reims, de 1874 à 1905.
Monseigneur Benoît Langénieux, 101e archevêque de Reims, de 1874 à 1905.

Il ne s’arrête pas là, puisqu’il s’insurge ensuite contre un mariage qui, pour des raisons familiales, sera finalement célébré à Montmeillant (Ardennes), au lieu de l’être à Draize (Ardennes), qui était sous sa tutelle.

L’auteur de l’article du Petit Ardennais, afin d’insister sur la vénalité de l’ecclésiastique, le soupçonne de mener grand bruit car son casuel s’en trouverait diminué. Il se moque que le curé ait porté cette affaire jusque devant monseigneur Langénieux, son archevêque, ne manquant pas au passage d’insister sur le fait que le mariage religieux n’est qu’une « inutile superfétation[1] ».


[1] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35, « Montmeillant. – A propos d’un mariage » [chronique locale et régionale], in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s.n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5776, jeudi 18 février 1897, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].


Bien qu’il n’y ait pas eu de suite, le maire s’adresse au préfet le 22 mai 1895 pour demander le déplacement de ce prêtre « qui trouble le pays par sa propagande antirépublicaine [1]».

Cette demande n’aura pas de suite immédiate, mais cela n’empêche pas le préfet de dire en 1904 que cet ecclésiastique est hostile aux institutions. Après La Romagne, il rejoint Sévigny-Waleppe (Ardennes), où il décède le 28 mars 1904.


[1] Archives nationales, document numérique, F19 6654, vue 425/485, consultable en ligne [série F = versements des ministères et administrations qui en dépendent, sous-série F19 = cultes, articles F19 6544-6697 = fichiers des ecclésiastiques rémunérés par l’Etat sous la IIIe République, 1881-1905, pièces F19 6554-6655 = Reims (diocèse), documents F19 6654 = Reims (diocèse) : A à I].


Edmond François Bastin, « homme énergique qui a le sens des responsabilités et est animé d’une foi profonde[1] », naît en 1873 à Authe (Ardennes) dans une famille très religieuse qui compte plusieurs prêtres et religieuses.

Il a été formé au petit, puis au grand séminaire de Reims (Marne). Tout d’abord vicaire à Rocroi (Ardennes), il est nommé à La Romagne de janvier 1901 jusqu’en décembre 1912, pour être ensuite muté à la paroisse de Challerange (Ardennes).


[1] Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, microfilm, MFILM 8-LC11-842 (7), Eglise catholique. Diocèse (Reims, Marne), Église de Reims : vie diocésaine, 89e année, n° 13 (1er avr. 1961) -n° 35 (2 nov. 1968), Reims : Archevêché, 1961-1968, n° 27 du 4 juillet 1964.


Monseigneur Louis-Joseph Luçon, 102e archevêque de Reims, de 1906 à 1930.
Monseigneur Louis-Joseph Luçon, 102e archevêque de Reims, de 1906 à 1930.

Comme ses paroissiens, il part en 1914 pour l’armée, où il est infirmier. Lorsqu’il est démobilisé, il retrouve un village dévasté, dans lequel il reprend son ministère. Lui aussi n’échappe pas aux sarcasmes du correspondant du Petit Ardennais : des pèlerins ayant rapporté à leurs connaissances un flacon d’eau de Lourdes (Hautes-Pyrénées) dite « miraculeuse », ils furent épinglés à travers la création d’un vocabulaire digne de celui de Molière pour dénoncer leur crédulité.

Une analyse pseudo-chimique à caractère satirique de ce liquide en dévoile la « teneur » : six cent vingt-cinq grammes d’eau pure et 0,011 milligramme de sulfate de magnésie. Quant aux autres composants, ils se trouverait en quantité variable de l’acide bétifique, de la crédulose, de la niaisine, du carottate d’argent et de l’attrapure d’or, de l’hypocritine, du cervellate de plomb et du gobe-mouchine[1].


[1] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 58, « La Romagne. – L’eau de Lourdes » [chronique locale et régionale], in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s.n.], 1880-1944, vingt-neuvième année, n° 9856, mercredi 30 septembre 1908, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].


L’enquête préliminaire diligentée par l’archevêché auprès des curés des diverses paroisses quelques semaines avant la promulgation de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat est le moyen de connaître la mentalité des paroissiens lors de ce changement, bien que ceux-ci « ne semblent pas croire à la mise à exécution de la loi ».


Pour l’abbé Bastin[1], « Les hommes sont peu portés vers la religion, d’autant qu’il ne s’en trouve que sept qui veulent bien du prêtre au mariage et à la mort. », mais ces derniers « ne viennent pas à la messe chaque dimanche ». « Les femmes sont plus de bonne volonté et résolues. », selon lui.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 7J 25 [série J = documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 7J = fonds de l’archevêché de Reims, articles 7J 13-28 = contrôle épiscopal, pièces 7J 25 = enquêtes paroissiales, tableaux de l’état des paroisses des archiprêtrés de Notre-Dame de Reims, Charleville, Mézières, Rethel, Rocroi (paroisse de Blombay), Sedan, Vouziers (1905)].


La situation est donc assez confuse. Néanmoins, le curé pense que ses paroissiens réagiront et « pilleront leur porte-monnaie » pour assurer au moins la première année avec 200 à 300 francs de revenu[1]. Cette somme couvrira le lieu de culte, son logement et sa subsistance, quand les fidèles verront « la publication et la réalité de la loi ».

Dans cette même enquête, ce prêtre, qui célèbre les messes aussi à la paroisse de Draize (Ardennes), se montre beaucoup plus pessimiste pour sa situation dans ce village, reprochant à ses paroissiens leur égoïsme et les accusant de « ne vivre que pour eux et pour la terre ».


[1] Mais il émet des doutes pour les années suivantes.


Après la promulgation de la loi de séparation, c’est ce prêtre[1] qui va donc connaître le changement de statut à partir de 1906. C’est une nouvelle occasion pour l’un des journalistes du Petit Ardennais de tourner en dérision cet ecclésiastique, sous le titre ironique « La séparation continue », lors d’une chute à bicyclette, tandis qu’il descendait à « une vitesse vertigineuse » la côte qui va de Montmeillant (Ardennes) à La Romagne, le laissant ensanglanté sur un tas de pierres que la main de la Providence « avait mis là, fort à propos, pour le recevoir[2] ».


[1] Archives nationales, document numérique, F19 6654, vue 43/485, consultable en ligne [série F = versements des ministères et administrations qui en dépendent, sous-série F19 = cultes, articles F19 6544-6697 = fichiers des ecclésiastiques rémunérés par l’Etat sous la IIIe République, 1881-1905, pièces F19 6554-6655 = Reims (diocèse), documents F19 6654 = Reims (diocèse) : A à I].

[2] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 53, « Montmeillant – La Romagne. – La séparation continue » [chronique locale et régionale], in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s.n.], 1880-1944, vingt-septième année, n° 8976, dimanche 8 avril 1906, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/6, consultable en ligne].


Les images mortuaires, distribuées à la famille et aux proches, comportent un contour noir plus ou moins épais et, parfois, une photographie du défunt. C’est le cas pour l’abbé Henri-Emile Régnier, curé de La Romagne (Ardennes). Collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Pierre Malherbe †.
Les images mortuaires, distribuées à la famille et aux proches, comportent un contour noir plus ou moins épais et, parfois, une photographie du défunt. C’est le cas pour l’abbé Henri-Emile Régnier, curé de La Romagne (Ardennes). Collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Pierre Malherbe †.

Henri-Emile Régnier, né à Clavy-Warby (Ardennes) le 6 janvier 1863, entre au séminaire en 1880, et est ordonné prêtre en 1887. Il rejoint successivement les cures de Faverolles[1] (Marne) et de Beaumont-sur-Vesle (Marne), puis de Landrichamps (Ardennes), avant d’être nommé à la paroisse de La Romagne en 1912.

Tombe de l’abbé Henri-Emile Régnier au cimetière de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le vendredi 13 mai 2011. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Tombe de l’abbé Henri-Emile Régnier au cimetière de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le vendredi 13 mai 2011. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Il décède le 8 octobre 1923 à la maison de retraite au Dorat (Haute-Vienne). Il est inhumé dans le cimetière paroissial et, chaque année, une messe anniversaire était censée devoir être célébrée pour le repos de son âme.


[1] Aujourd’hui, Faverolles-et-Coëmy.


Jules Pleugers naît le 8 juillet 1895 à Huppays (Belgique). Sa famille s’installe à Chooz (Ardennes), où il passe son enfance. Il étudie au petit séminaire de Vouziers (Ardennes) puis entre au grand séminaire de Reims (Marne). La guerre de 1914 l’empêche de continuer ses études dans ce lieu. Mais il les poursuit à Namur[1], où il est ordonné le 15 août 1919. Il est d’abord nommé vicaire à Rocroi (Ardennes), puis à l’église de Saint-Nicolas de Rethel (Ardennes).


[1] Capitale de la région de la Wallonie, en Belgique.


Monseigneur Emmanuel Suhard, 103e archevêque de Reims, de 1930 à 1940.
Monseigneur Emmanuel Suhard, 103e archevêque de Reims, de 1930 à 1940.

La Romagne est sa première cure en 1923. Il a en charge, en plus du village, les paroisses de Draize (Ardennes) et de Montmeillant (Ardennes).  Il est naturalisé[1] Français le 4 avril 1927. C’est lui qui célèbre la messe à Chaumont-Porcien (Ardennes) pour la fête de Saint-Berthault[2] (le 16 juin 1932) devant une assemblée très nombreuse et en présence de nombreux prêtres venus de Fismes (Marne) et de quelques villages des Ardennes (Mainbressy, Fraillicourt, Chappes, Sery, etc.).


[1] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-5314, Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 13e année, n° 1 (1er janv. 1881) 76e année, n° 204 (24/25 août 1944) ; 76e année, n° 74 (8 sept. 1944) n° 303 (31 décembre 2015), cinquante-neuvième année, n° 80 du lundi 4 et mardi 5 avril 1927, décret du mardi 5 avril 1927, page 3823, vue 31/64, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, département Centre technique du livre, 2009-100524.

[2] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-10685 < 1867-1943 >, Eglise catholique. Diocèse (Reims, Marne), Bulletin du diocèse de Reims : revue religieuse, historique et littéraire, 1e année, n° 1 (6 juil. 1867) 89e année, n° 12 (25 mars 1961), Reims : [s.n.], 1867-1961, soixantième année, n° 28 du samedi 9 juillet 1932, page 282, vue 12/19, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC11-842 (7).


Monseigneur Louis-Augustin Marmottin, 104e archevêque de Reims, de 1940 à 1960.
Monseigneur Louis-Augustin Marmottin, 104e archevêque de Reims, de 1940 à 1960.

Il quitte sa paroisse en 1945, après avoir soutenu ses paroissiens durant la Seconde Guerre mondiale pour rejoindre Bourg-Fidèle (Ardennes) et Sévigny-la-Forêt (Ardennes). Il quitte son sacerdoce en 1969 après la célébration de ses noces d’or sacerdotales, car il est frappé d’une grave maladie. Il décède le 8 janvier 1975 à Charleville (Ardennes)[1].


[1] Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, microfilm, MFILM 8-LC11-842 (7), Eglise catholique. Diocèse (Reims, Marne), Église de Reims : vie diocésaine, 89e année, n° 13 (1er avr. 1961) -n° 35 (2 nov. 1968), Reims : Archevêché, 1961-1968, numéro du 24 janvier 1975.


Le curé de La Romagne (Ardennes) propose aux habitants du village un théâtre populaire familial. Collection privée, avec l'aimable autorisation de madame Reine Druart †.
Le curé de La Romagne (Ardennes) propose aux habitants du village un théâtre populaire familial. Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Reine Druart †.

Antoine Godart, né à Linchamps (Ardennes) le 23 octobre 1919, ordonné prêtre le 29 juin 1943, est nommé à La Romagne en 1946. Il y reste jusqu’aux années soixante. Son action spirituelle et humaine est importante.  C’est sous son ministère qu’a lieu la cérémonie de réouverture de l’église.

Programme de deux pièces de théâtre jouées à La Romagne (Ardennes) grâce à l'action du curé Antoine Godart. Rosalie fait du marché noir est une comédie en un acte écrite par Jean des Marchenelles en 1945. Théodore cherche des allumettes est une saynète en un acte de Georges Courteline, représentée pour la première fois à Paris au Théâtre du Grand-guignol le 10 octobre 1897. Collection privée, avec l'aimable autorisation de madame Reine Druart †.
Programme de deux pièces de théâtre jouées à La Romagne (Ardennes) grâce à l’action du curé Antoine Godart. Rosalie fait du marché noir est une comédie en un acte écrite par Jean des Marchenelles en 1945. Théodore cherche des allumettes est une saynète en un acte de Georges Courteline, représentée pour la première fois à Paris au Théâtre du Grand-guignol le 10 octobre 1897. Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Reine Druart †.

La vipère est une pièce en un acte de Jules Mauris, représentée pour la première fois à Paris au Théâtre du Grand-guignol en novembre 1920. La Farce des bons saints de glace est une pièce en un acte écrite par Henri Brochet en 1942. Collection privée, avec l'aimable autorisation de madame Reine Druart †.
La vipère est une pièce en un acte de Jules Mauris, représentée pour la première fois à Paris au Théâtre du Grand-guignol en novembre 1920. La Farce des bons saints de glace est une pièce en un acte écrite par Henri Brochet en 1942. Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Reine Druart †.

Dès 1948, Il fait la demande à la commune d’un terrain, sur lequel on pourrait construire une salle des fêtes et de réunions pour les jeunes gens de la localité. Dans sa séance du 17 février 1948, le conseil municipal accepte cette requête, à condition que l’autorité supérieure[1] donne elle aussi son accord. Le terrain communal proposé est situé près du gué Marquigny. Ce projet ne semble pas avoir abouti.


[1] A savoir le préfet.


Station mariale au carrefour des quatre routes des villages guidés spirituellement par l'abbé Antoine Godart. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017 à La Romagne (Ardennes). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Station mariale au carrefour des quatre routes des villages guidés spirituellement par l’abbé Antoine Godart. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017 à La Romagne (Ardennes). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

On lui doit la construction d’un oratoire dédié à Notre-Dame de Lourdes (Hautes-Pyrénées), érigé en 1949 aux confins des paroisses ardennaises dont il a la charge : La Romagne, Draize, Givron et Montmeillant.

Les initiales correspondent aux trois personnes qui ont participé à la construction de cet oratoire [Vasseur, D. – Vuilmet, Paulin – Albertini, Dominique]. Repérage topographique des lieux-dits de La Romagne (Ardennes) effectué avec monsieur Christian Beltrami le jeudi 24 mars 2022. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Les initiales correspondent aux trois personnes qui ont participé à la construction de cet oratoire [Vasseur, D. Vuilmet, Paulin Albertini, Dominique]. Repérage topographique des lieux-dits de La Romagne (Ardennes) effectué avec monsieur Christian Beltrami le jeudi 24 mars 2022. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Accueil de monseigneur François Marty au congrès eucharistique de la Romagne (Ardennes), lors de la Pentecôte, le dimanche 5 juin 1960. Au premier rang se distingue André Barré en tenue de pompier.
Accueil de monseigneur François Marty au congrès eucharistique de la Romagne (Ardennes), lors de la Pentecôte, le dimanche 5 juin 1960. Au premier rang se distingue André Barré en tenue de pompier.

Antoine Godart est aussi l’instigateur des journées du congrès eucharistique régional de la Pentecôte le dimanche 5 juin 1960.

Monseigneur Georges Béjot (1896-1987), évêque auxiliaire de Reims (1955-1971), en grand apparat, au congrès eucharistique de la Romagne (Ardennes), lors de la Pentecôte, le dimanche 5 juin 1960. Le concile Vatican II, ouvert le jeudi 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIII et clos le mercredi 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI, simplifie singulièrement la paramentique (vêtements, coiffes, tentures, ornements utilisés dans les liturgies chrétiennes). Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Reine Druart †.
Monseigneur Georges Béjot (1896-1987), évêque auxiliaire de Reims (1955-1971), en grand apparat, au congrès eucharistique de la Romagne (Ardennes), lors de la Pentecôte, le dimanche 5 juin 1960. Le concile Vatican II, ouvert le jeudi 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIII et clos le mercredi 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI, simplifie singulièrement la paramentique (vêtements, coiffes, tentures, ornements utilisés dans les liturgies chrétiennes). Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Reine Druart †.

La Jeanne d'Arc, conduite par l'abbé Antoine Godart, défile à La Romagne (Ardennes) lors de la fête nationale du lundi 14 juillet 1952. Collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Pierre Malherbe †.
La Jeanne d’Arc, conduite par l’abbé Antoine Godart, défile à La Romagne (Ardennes) lors de la fête nationale du lundi 14 juillet 1952. Collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Pierre Malherbe †.

Il s’implique beaucoup dans la vie du village, tout d’abord en organisant des rencontres de la JOC[1]. Il anime dans le cadre de l’action catholique la fanfare Jeanne d’Arc, regroupant des jeunes gens des différentes paroisses qu’il supervise. Cette clique[2] fort importante par son effectif masculin décline avec le départ de certains de ses membres, rappelés pour combattre en Algérie. Elle disparaît après le départ de la paroisse de l’abbé.


[1] La Jeunesse ouvrière chrétienne est une association catholique de jeunes ouvriers, située à gauche.

[2] Ensemble des musiciens, tambours et clairons.


Mon gosse (Totò e Marcellino) est un film italien en noir et blanc réalisé par Antonio Musu. Il est sorti en Italie le mardi 22 avril 1958 et en France le mercredi 27 juillet 1960. L’affiche de cinéma apposée sur un mur de La Romagne daterait de cette époque. Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Reine Druart †.
Mon gosse (Totò e Marcellino) est un film italien en noir et blanc réalisé par Antonio Musu. Il est sorti en Italie le mardi 22 avril 1958 et en France le mercredi 27 juillet 1960. L’affiche de cinéma apposée sur un mur de La Romagne daterait de cette époque. Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Reine Druart †.

Il propose aussi des séances de cinéma aux enfants après le catéchisme, ou aux adultes en fin de semaine. Il monte en 1947 les Bons Loisirs[1], une troupe de théâtre où se retrouve une grande partie des jeunes du village, et qui donne parfois une représentation.


[1] Archives départementales des Ardennes, 1430 W 25 [série W = archives publiques entrées par voie ordinaire (hors état civil, officiers publics et ministériels). Nota bene : les fonds contemporains reçoivent, au moment de leur versement, un numéro d’ordre suivi de la lettre W].


Lorsqu’il quitte La Romagne, il est nommé à Ville-Dommange (Marne). Il se retire de sa mission curiale le 1er septembre 1995. Il décède le 11 mars 2002 à Reims (Marne).


L'abbé Pierre Médéric Buché †, curé du village, en soutane, surplis et barrette. Photographie ancienne en couleurs d’après une diapositive, collection privée de l’abbé Pierre Médéric Buché † [fonds déposé à la mairie de La Romagne (Ardennes)], avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune.
L’abbé Pierre Médéric Buché †, curé du village, en soutane, surplis et barrette. Photographie ancienne en couleurs d’après une diapositive, collection privée de l’abbé Pierre Médéric Buché † [fonds déposé à la mairie de La Romagne (Ardennes)], avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune.

Pierre Médéric Buché, originaire de Reims (Marne), où il naît le 29 août 1922, est ordonné prêtre le 22 mars 1947. Il devient le nouveau curé de La Romagne tout en l’étant également à Maranwez (Ardennes) du 6 août 1960 jusqu’au 5 août 1967, date à laquelle il rejoint le district de Verzenay (Marne). Après sa retraite, il vit au presbytère de ce village et décède le 10 juin 2010 à Reims (Marne).

Cérémonie religieuse à La Romagne (Ardennes) célébrée par l'abbé Pierre Médéric Buché et des ecclésiastiques des environs. Photographie ancienne en noir et blanc.
Cérémonie religieuse à La Romagne (Ardennes) célébrée par l’abbé Pierre Médéric Buché et des ecclésiastiques des environs. Photographie ancienne en noir et blanc.

Manuscrit d'un poème chrétien rédigé pour La Romagne (Ardennes) par le curé de sa paroisse, Henri Gaston Leromain. Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Brigitte Alliot.
Manuscrit d’un poème chrétien rédigé pour La Romagne (Ardennes) par le curé de sa paroisse, Henri Gaston Leromain. Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Brigitte Alliot.

Henri Gaston Leromain[1], né le 28 octobre 1929, est originaire de Cheveuges (Ardennes). Il se forme au chant grégorien à l’Institut catholique. Il porte la responsabilité de la paroisse du 5 août 1967 jusqu’en 1973. Il est ensuite nommé sur le secteur pastoral de l’Argonne[2] puis en 1977 à Saint-Remi de Charleville (Ardennes). Il est prêtre auxiliaire au service du district de cette ville le 1er septembre 1996. Il décède le 29 mars 1998 à Reims (Marne).


[1] Archives diocésaines de Reims-Ardennes, fonds en cours de classement, Breve, seu Ordo divini officii recitandi, années 1837 à 1970.

[2] Région naturelle de la France, qui couvre la Marne, les Ardennes et la Meuse.


Paul Dubois-Matra, né le 28 juin 1933 à Reims (Marne), lui succède. Jusqu’à sa nomination à La Romagne, il s’occupe du secteur pastoral du Vallage[1], et appartient à l’équipe pastorale de Vouziers (Ardennes).

Lors de la séance du conseil municipal le 12 juin 1984, la commune se propose de participer à la cérémonie organisée à Chaumont-Porcien (Ardennes) le 1er juillet 1984 pour fêter son jubilé. Il reste jusqu’au 9 octobre 1988.

C’est à ce moment que la municipalité est informée par l’archevêché qu’il n’y aura plus de desservant à demeure à La Romagne.

Par la suite, il devient responsable du secteur Thiérache Nord à Signy-le-Petit (Ardennes). Il rejoint la cure d’Asfeld (Ardennes) le 1er septembre 1997, et décède dans ce bourg le 16 septembre 2000.


[1] Région de l’Est de la Champagne.


L'abbé Pierre Médéric Buché, entouré d'enfants de chœur du village et des paroisses environnantes. Photographie ancienne en couleurs d’après une diapositive, collection privée de l’abbé Pierre Médéric Buché † [fonds déposé à la mairie de La Romagne (Ardennes)], avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune.
L’abbé Pierre Médéric Buché, entouré d’enfants de chœur du village et des paroisses environnantes. Photographie ancienne en couleurs d’après une diapositive, collection privée de l’abbé Pierre Médéric Buché † [fonds déposé à la mairie de La Romagne (Ardennes)], avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune.

Le sacerdoce de ces prêtres, et la foi qui anime leurs familles, font probablement naître des aspirations religieuses parmi les Romanais. Plusieurs sont ainsi entrés dans les ordres.


Monseigneur François Marty et enfants de chœur devant l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes).
Monseigneur François Marty et enfants de chœur devant l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes).

Pierre Thomas Antoine de Boucher, né le 7 mars 1734 à La Romagne, fils de messire Paul de Boucher, seigneur d’Avançon (Ardennes) et de Marie-Thérèse Devie, devient curé de Poix (Marne), avant de permuter pour la cure d’Avançon (Ardennes).


Monseigneur François Marty et enfants de chœur devant la grille de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes).
Monseigneur François Marty et enfants de chœur devant la grille de l’église
Saint-Jean à La Romagne (Ardennes).

Jean-Louis Bienfait, fils de François Bienfait et de Marie Catherine Trippier, né le 29 novembre 1796 à La Romagne, devient prêtre à Sauville (Ardennes) et s’éteint dans cette commune le 28 septembre1859.


Messe et cérémonie publique sur la place de La Romagne (Ardennes).
Messe et cérémonie publique sur la place de La Romagne (Ardennes).

Victor Devie, fils d’Alexandre Auguste Devie et de Marie-Charlotte Fréal, né le 27 février 1805 à La Romagne, est également prêtre. Il pratique à Pomacle (Marne), Bazancourt (Marne), Blanchefosse[1] (à partir de 1865) et décède le 7 novembre 1886 à Reims (Marne).


[1] Blanchefosse a depuis fusionné avec la commune de Bay pour former la commune de Blanchefosse-et-Bay (Ardennes).


Jean-Baptiste Apollinaire Lantenoy[1], fils de Jean-Pierre Lantenoy et de Jeanne Marie Hamel, né le 8 janvier 1818 à La Romagne. Ordonné prêtre, il officie à Revin (Ardennes) comme vicaire, puis Vaux-lès-Mouzon (Ardennes), Joigny[2] à partir du 22 octobre 1849, Banogne[3] et Saint-Fergeux (Ardennes), où il est nommé le 12 octobre 1862, et où il décède le 21 novembre 1873.


[1] Lantenois.

[2] Probablement Joigny-sur-Meuse (Ardennes), jumelée avec Joigny (Yonne) depuis le vendredi 25 juin 2004.

[3] Correspond aujourd’hui à Banogne-Recouvrance (Ardennes).


Par ce testament, Marie-Eugénie Devie fait don de sa maison pour la création d'une école à La Romagne (Ardennes).
Par ce testament, Marie-Eugénie Devie fait don de sa maison pour la création d’une école à La Romagne (Ardennes).

Marie-Eugénie Devie, sœur de Marie-Esther Devie, née le 3 septembre 1833, décède le 10 septembre 1864, alors qu’est religieuse de la communauté de L’Enfant Jésus. Elle lègue ses biens pour la création de l’école des filles de La Romagne.


Sœur Hélène en cornette. Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Denise Flament-Legros, transmise par madame Marie-Paule Vergneaux.
Sœur Hélène en cornette. Collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Denise Flament-Legros, transmise par madame Marie-Paule Vergneaux.

Marie-Jeanne Eudoxie Devie, fille d’Alexandre Auguste Devie et de Jeanne Catherine Patoureaux, née le 14 décembre 1836 à La Romagne, entre en religion sous le nom de sœur Hélène. Elle est hospitalière à l’hôpital Lariboisière puis à Saint-Louis, avant de décéder à Paris en 1905.


Marie-Esther Devie, fille de Jean Baptiste Devie et de Marguerite-Virginie Devie, née le 5 mai 1838 à La Romagne, décède à Reims le 30 juillet 1861, alors qu’elle est novice au monastère de la congrégation des sœurs de la Divine Providence.


Monseigneur François Marty, 105e archevêque de Reims, de 1960 à 1968. La mutation culturelle et sociale qui touche la société cette année-là affecte aussi l'Église.
Monseigneur François Marty, 105e archevêque de Reims, de 1960 à 1968. La mutation culturelle et sociale qui touche la société cette année-là affecte aussi l’Église.

Malgré ces vocations romanaises, La Romagne n’a plus de curé attitré. La paroisse se voit partagée avec d’autres : elle est confiée à l’abbé Jean-Marie Brédy, curé de Rocquigny (Ardennes), qui assure aussi sa mission sacerdotale à Fraillicourt (Ardennes).

Il occupe cette charge jusqu’au 1er septembre 1998. Il est alors nommé aumônier du mouvement des retraités. Il décède le 1er décembre 2008 à Nouvion-sur-Meuse (Ardennes).

La fin du 20e siècle est marquée par une crise religieuse. Les curés ont désormais à s’occuper de plusieurs paroisses. Il ne peuvent le faire qu’en étant secondés par des clercs comme cela est courant pour les obsèques. Les ecclésiastiques doivent compter de plus en plus sur le laïcat…

Catégories
Administration communale Architecture religieuse Art religieux Biens ecclésiastiques Clergé Laïcisme Laïcité Patrimoine culturel Religieux

L’extérieur de l’église Saint-Jean à La Romagne


Mur ouest de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), correspondant à son portail d'entrée. Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Mur ouest de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), correspondant à son portail d’entrée. Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

L’église située au cœur du village est consacrée à saint Jean l’Evangéliste, alors que celle de Sery est dédiée à saint Jean le Baptiste. Sa fête est fixée par l’Eglise catholique au 27 décembre[1]. Il est un des douze apôtres du Christ et un des quatre annonciateurs de l’Évangile, avec Luc, Marc et Mathieu. Son symbole est l’aigle.


[1] Autour de cette période sont parfois célébrées la Saint-Jean d’hiver ou le solstice.


L'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes) est actuellement bâtie en dur (moellons, calcaire, mortier, briques, ardoise, etc.). Contrefort nord-ouest. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
L’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes) est actuellement bâtie en dur (moellons, calcaire, mortier, briques, ardoise, etc.). Contrefort nord-ouest. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La construction de l’église est organisée dès 1227 par Simon Pied de Loup pour faciliter la vie des habitants de La Romagne, qui doivent alors aller jusqu’à Rocquigny pour assister aux offices. Elle est très certainement en bois, comme toutes celles qui sont construites à cette époque.


Au Moyen Âge, les églises paroissiales se trouvent sous l’autorité d’un évêque ou d’un abbé[1], en qualité de fondateurs. Les prémontrés de Chaumont-Porcien et les cisterciens de Signy-l’Abbaye règnent sur les villages circonvoisins.

La rivalité des uns et des autres se manifeste par le nombre de paroisses à gouverner. Cette attitude explique le nombre considérable de lieux de culte construits dans les villes et les bourgades aux XIIe et XIIIe siècles.


[1] Supérieur ecclésiastique exerçant sa juridiction sur une abbaye ou un monastère régulier.


Meurtrière (probablement une arquebusière) de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), bouchée avec du mortier et des briques. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Meurtrière (probablement une arquebusière) de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), bouchée avec du mortier et des briques. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

L’actuelle église de La Romagne date probablement de la première moitié du XVIe siècle. Elle est fortifiée : la région est en butte aux guerres civiles et religieuses, de manière presque ininterrompue pendant quatre-vingt-dix-ans. La situation est telle que le village est incendié à plusieurs reprises.


Plan de masse cadastral de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes).

Elle est construite, non en forme de croix latine, mais selon un rectangle. Ce plan basilical hérité des Romains a été repris dans la tradition champenoise. En effet, de nombreuses églises rurales sont bâties ainsi en Champagne, province qui recouvrait entre autres les départements actuels de la Marne et des Ardennes.


La visite paroissiale de 1774 permet de dire que le bâtiment se compose d’un sanctuaire de vingt-sept pieds de large sur quinze de long, et d’une nef de vingt-sept pieds sur trente-huit.


Maçonnerie en moellons de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Maçonnerie en moellons de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les quatre murs (d’au moins soixante-dix centimètres d’épaisseur) reposent sur un soubassement de pierres régulièrement taillées. Ils sont construits en moellons du pays, très durs et irrégulièrement disposés. Au contraire, d’autres églises assez voisines, telles celles de Fraillicourt ou de Rocquigny sont en brique (ce matériau est moins cher car de fabrication locale).


Contrefort (pilier de maçonnerie servant à consolider un mur) nord-est de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017 . Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Contrefort (pilier de maçonnerie servant à consolider un mur) nord-est de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017 . Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les murs sont soutenus par d’épais contreforts, montrant parfois des reprises à chaque angle, comme ceux du pignon est. Chaque paroi présente de petits décrochements, dont l’un correspond aux fenêtres hautes. Certaines parties doivent être enduites car, en 1745, il est conseillé, pour l’extérieur, de « refaire un crépy[1] qui paraît nécessaire pour conserver les matériaux[2] ».


[1] En orthographe moderne, lire crépi, à savoir une couche de mortier, de plâtre ou de ciment non lissée.

[2] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 2G 268 [série G = clergé séculier, sous-série 2G = fonds de l’archevêché de Reims, cotes 2G 267-268, = doyenné de Rethel (1248-1790)].


Porte basse en  arc surbaissé de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017 . Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Porte basse en arc surbaissé de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017 . Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

A l’est, le pignon ou chevet se trouve percé dans le haut de quelques lucarnes d’observation (ou d’arquebusières). Les murs nord et sud laissent voir dans le bas des meurtrières. Il subsiste, sur le mur latéral gauche en partant du portail d’entrée, la trace d’une ancienne porte basse.

Elle pourrait avoir permis aux habitants de se réfugier dans cet édifice : le danger était fréquent en ces temps peu sûrs. Sa taille empêche les cavaliers ennemis de s’y introduire et de terroriser un peu plus la population.


L'église Saint-Jean à  La Romagne (Ardennes) est un ouvrage fortifié. La fente défensive permet de lancer des projectiles ou de tirer sur des assaillants. Cette meurtrière est aujourd'hui obturée à l'intérieur par du plexiglas. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
L’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes) est un ouvrage fortifié. La fente défensive permet de lancer des projectiles ou de tirer sur des assaillants. Cette meurtrière est aujourd’hui obturée à l’intérieur par du plexiglas. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Terwel, envoyé par le roi pour enquêter sur l’état du royaume après la guerre de Trente Ans et la Fronde, signale qu’en 1657 l’église est dans une condition désastreuse. En 1665, l’église est toujours «  en très mauvais état tant pour les bâtiments que pour les ornements ». Elle ne retrouve un meilleur aspect que quelque trente ans après ce constat.


Des arquebusières (ouvertures d’une fortification destinées à des arquebuses) sont encore visibles sur le pignon est de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Elles peuvent servir également de lucarnes d'observation. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Des arquebusières (ouvertures d’une fortification destinées à des arquebuses) sont encore visibles sur le pignon est de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Elles peuvent servir également de lucarnes d’observation. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le pignon ouest qui sert de façade devait probablement être, lui aussi, percé d’ouvertures de surveillance. Les nombreux travaux de réfection entrepris à diverses époques ont vraisemblablement abouti à leur disparition.


Baie en arc brisé et ouverture plus ancienne en plein-cintre (demi-cercle parfait) de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), actuellement obturée. Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Baie en arc brisé et ouverture plus ancienne en plein-cintre (demi-cercle parfait) de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), actuellement obturée. Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Pour les fenêtres les plus anciennes, il s’agit de simples ouvertures ménagées dans l’épaisseur de la maçonnerie. Jusqu’au XVIIIe siècle, elles sont sur chaque mur au nombre de trois et assez hautes, ce qui fait que l’église est non seulement peu lumineuse mais aussi humide. C’est pourquoi il est conseillé, lors de la visite de 1774, non seulement de les agrandir, mais aussi d’en percer une quatrième.


Durant la Révolution, il semblerait que les vitraux existants aient été brisés ou aient disparu : l’état des lieux fait pour la réouverture au culte souligne que « certaines fenêtres sont bouchées avec de la paille ». Les autorités ecclésiastiques du diocèse se plaignent de la situation piteuse dans lequel se trouvent les églises de l’arrondissement de Rethel.


En ce qui concerne La Romagne en 1807, l’édifice est considéré défavorablement « tant pour la couverture que pour les murs qui ont besoin d’être reconstruits car ils sont défectueux[1] ». Et pourtant, selon un arrêté du préfet du département des Ardennes le 3 août 1809, l’église est déclarée conforme  : les critères d’appréciation seraient-ils différents entre les autorités religieuses et civiles ?


[1] Archives départementales de la Moselle, centre de Saint-Julien-lès-Metz, 29J 363/365 [série J = archives privées, sous-série 29J = évêché de Metz (1093-1999), articles 29J 130-773 = diocèse depuis 1802, articles 29J 340-396 = contrôle épiscopal, an XIII-1925, articles 29J 355-385 = visites canoniques, enquêtes sur l’état des paroisses, 1803-1886, articles 29J 355-377 = ancien diocèse de Metz, 1803-1886]


Les réparations les plus urgentes ont été réalisées à partir de 1824 par la fabrique. Les autres se font aux dépens de la commune[1], si bien que, vers 1830, l’église retrouve une nouvelle fois un aspect extérieur correct. Cependant, le portail et les quatre piliers ont besoin de réfection, tout comme la toiture, qui est à remettre à neuf.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 7J 64 [série J = archives privées, documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 7J = fonds de l’archevêché de Reims (1637-1963)].


Or, en 1852, le conseil municipal constate que le devis des réparations à faire à l’église (sans que leur nature ne soit précisée) s’élève à plus de 4500 francs. Il en ressort que la commune aura les plus grandes difficultés pour y faire face[1].


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/D 1 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROMAGNE[LA]/D 1 = registre du conseil municipal], délibération du 12 mai 1852.


Fenêtre en arc surbaissé de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Le moellon (pierre de construction dans les murs) est recouvert de mortier. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Fenêtre en arc surbaissé de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Le moellon (pierre de construction dans les murs) est recouvert de mortier. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le conseil d’arrondissement de Rethel, après avoir reçu des subventions pour la réparation des églises, marque son intérêt pour la conservation du patrimoine. Il souhaite que les réparations ne soient pas l’occasion de mutilations, et que les architectes conservent le caractère reçu des siècles qui les a érigées.

En outre il faut « empêcher les dilapidations des boiseries, des sculptures, la disparition des dalles tumulaires[1] par un changement du parage [2]». Il semble inutile de préciser que ce vœu n’est pas toujours respecté.


[1] Les dalles funéraires, ou tumulaires, sont les plaques mises en place au-dessus des sépultures. Elles sont souvent décorées de motifs gravés en creux. Ce terme a été très utilisé au Moyen Âge pour désigner les pierres tombales.

[2] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 7J 124 [série J = archives privées, documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 7J = fonds de l’archevêché de Reims (1637-1963)].


Baie en arc surbaissé (hauteur de flèche inférieure à celle du plein-cintre) de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Maçonnerie en moellons recouverts de mortier et entourés de briques. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017 . Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Baie en arc surbaissé (hauteur de flèche inférieure à celle du plein-cintre) de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Maçonnerie en moellons recouverts de mortier et entourés de briques. Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017 . Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

L’abbé Grégoire, curé de La Romagne, décrivant l’édifice en 1890, tient le propos suivant : « L’église est sans intérêt particulier, elle a un porche en brique et fenêtre de même. ».


Baie géminée (groupée deux par deux sans être en contact) en arc brisé de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes).Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Baie géminée (groupée deux par deux sans être en contact) en arc brisé de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes).Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Une transformation tardive voit le jour avec le percement de baies (géminée sur le pignon est, simple au-dessus du portail ouest). Il n’est pas possible d’avancer une date précise pour ces travaux, en l’absence de documents primaires. Elle a eu lieu très certainement vers 1903 pour la première, si l’on se fie à la date du vitrail qui l’orne.


Portail en arc surbaissé de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), surmonté d'une fenêtre en arc brisé . Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Portail en arc surbaissé de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), surmonté d’une fenêtre en arc brisé . Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le portail d’entrée est modifié à de nombreuses reprises. Jules Carlier le décrit en 1913 comme « très sobre et surmonté d’arcs formés par des tores[1] qui reposent sur des colonnettes disposées en ébrasement ».

Il conserve également des vestiges « de crochets et de clochetons » qui ont désormais disparu. En 1890, le curé Grégoire, dépeint un petit portail triangulaire. Avant cette date, l’abbé Noiville, dans son désir d’embellir son église, a veillé à la réfection de celui-ci et à son rehaussement. De nos jours, il est d’une grande simplicité, sobrement surmonté d’une croix au-dessus de la baie.


[1] Moulure saillante demi-cylindrique entourant la base d’une colonne ou d’un pilier. Boudin est son synonyme.


Archives nationales, document numérique, AE/II/2991, page non paginée, vue 1/1, consultable en ligne sur Archim, Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat, texte numérisé d’après l’original des Archives nationales, site de Paris, A1610.
Archives nationales, document numérique, AE/II/2991, page non paginée, vue 1/1, consultable en ligne sur Archim, Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat, texte numérisé d’après l’original des Archives nationales, site de ParisA1610.

A partir de la loi du 9 décembre 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, le bâtiment est officiellement la propriété de la commune. En réalité, il l’est depuis la Révolution, mais celle-ci est en plus chargée de son entretien.

Désormais, le ministre du culte (ou curé) a l’autorité de police à l’intérieur de l’édifice religieux, tandis que le maire l’a dans tous les autres lieux de la commune. Tous deux sont détenteurs des clés du bâtiment.

Avant cette période, la clé de l’église était déposée entre les mains du curé et, en principe, le maire n’avait le droit qu’à une clé du clocher (pour ce qui regardait la vie journalière des habitants). Si l’accès à ce dernier n’était pas indépendant de l’entrée de l’église, une clé de celle-ci devait être en théorie remise au maire[1]. Il arrivait qu’elle ne le fût pas, d’où, parfois, quelques petits incidents…


[1] Loi du 5 avril 1884 relatif à l’organisation municipale, article 101.


En 1907, les curés des différentes paroisses des Ardennes doivent se rendre auprès des maires des villes ou villages où ils exercent leur ministère, afin de demander la location des églises pour dix-huit ans (la plupart d’entre elles étant devenues depuis la Révolution des biens communaux).

Cette demande est assortie d’une condition que les maires ne peuvent refuser : ils doivent accepter, sans opposition possible, les différents locataires qu’il plait à l’évêque d’y nommer. Ainsi, cette clause permet, malgré la loi, d’avoir une reconnaissance de la hiérarchie ecclésiastique.


Quelques arrêts du Conseil d’Etat (en particulier celui du 11 juin 1913) permettent aux communes d’engager les dépenses nécessaires pour l’entretien et la conservation des édifices du culte dont la propriété leur est attribuée. L’église de La Romagne relève donc désormais du conseil municipal.  Ce dernier est autorisé à restaurer les objets mobiliers en usage qui sont déclarés « propriété communale » et qui figurent dans un inventaire.


L’église ne subit pas de dégâts extérieurs en 1914-1918 : elle n’est pas incendiée. Ce n’est pas le cas durant la Seconde Guerre mondiale. Le 15 mai 1940, une bombe tombe sur une partie de la sacristie et du mur sud, provoquant la mort de deux habitants et d’importants dégâts : la toiture et la charpente sont éventrées.

Une partie du toit menace de s’effondrer. Pour pallier des risques plus importants, deux Romanais (madame Devie-Richard et monsieur Achille Cotte) font chacun don d’un arbre de taille imposante, afin de consolider la charpente.


C’est le charpentier du village[1] qui est chargé de tailler à l’herminette ces poutres avant de les mettre en place. Dès 1942, quelques travaux de couverture sont entrepris. Ils ne représentent qu’un petit pourcentage de ce qui doit être fait lors du retour de la paix pour que l’église retrouve son rôle.

Outre la charpente et la toiture, il faut refaire des parties de maçonnerie. Dans l’état où se trouve l’église, il n’est plus possible de célébrer le culte. Celui-ci le sera pour un certain temps dans un bâtiment situé dans la cour de la famille Druart.


[1] Vital Bonhomme.


Le mardi 14 septembre 1948, une cérémonie solennelle est célébrée pour la réouverture au culte de cet édifice.  Au cours de cette dernière, trois statues (celles de saint Jean l’Evangéliste, du Sacré- Cœur, de Marie Immaculée) et le chemin de croix sont bénits.

Une assemblée nombreuse venue des trois annexes (Draize, Givron et Montmeillant) se recueille durant la messe, au cours de laquelle on célèbre la confirmation de trente enfants. Cette cérémonie s’achève au monument aux morts par une prière et un chant[1].

[1] Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC11-842 (7), Eglise catholique. Diocèse (Reims, Marne), Bulletin du diocèse de Reims : revue religieuse, historique et littéraire, 1e année, n° 1 (6 juil. 1867)-89e année, n° 12 (25 mars 1961), Reims : [s.n.], 1867-1961, numéro du 28 septembre 1948.



La sacristie, salle attenante à l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), est affectée au rangement des objets nécessaires au culte. Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La sacristie, salle attenante à l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes), est affectée au rangement des objets nécessaires au culte. Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La sacristie est un bâtiment qui dépend, tant pour sa construction que pour son entretien, de la fabrique. Jusqu’en 1710, on ne trouve aucune allusion à ce lieu. Trente-cinq ans plus tard, on apprend que celle qui existe est « trop étroite et malpropre ».

Un projet de reconstruction est établi, ainsi qu’un devis pour sa réalisation. Les deniers proviennent de la fabrique, qui vend des arbres lui appartenant, le long du cimetière. La visite de 1774 atteste qu’une sacristie se distingue de l’église.


Une nouvelle fois visitée en 1783, la sacristie apparaît comme suffisamment grande, mais elle n’est pas notée comme saine. Pour cela, il conviendrait qu’elle fût « planchée et boisée pour la rendre moins humide[1]. Par ce moyen, « les ornements qui sont décents ne se terniraient pas si vite[2] ». Elle renferme « le nécessaire pour le service divin et les linges sont bien tenus ».

Ces remarques montrent combien la situation s’est améliorée depuis que le curé Dehaulme a essayé de redonner , un siècle auparavant, un peu de lustre à son église.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 2G 268 [série G = clergé séculier, sous-série 2G = fonds de l’archevêché de Reims, articles 2G 267-268 = doyenné de Rethel (1248-1790)]

[2] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 7J 23 [série J = archives privées, documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 7J = fonds de l’archevêché de Reims (1637-1963)].


En 1838, le mauvais état de la sacristie est une nouvelle fois signalé. En 1890, le curé Grégoire, qui répond au questionnaire concernant le pouillé[1] constitué par monseigneur Pierre-Louis Péchenard, porte le jugement suivant :

« La sacristie tombe en ruine, tout y est pauvre et en mauvais état, on parle d’une reconstruction prochaine et monsieur le curé s’occupe activement du mobilier ».

Réponse du curé Grégoire aux questions de monseigneur Pierre-Louis Péchenard.

[1] Relevé des biens et bénéfices d’une abbaye, d’un diocèse, d’une province.


La nouvelle est bâtie en brique. L’un des murs est percé d’une fenêtre assez large, qui laisse pénétrer la lumière. Elle est lourdement touchée lors du bombardement de mai 1940. Comme le reste de l’édifice, elle ne sera définitivement réparée qu’après la fin de la guerre.


A plusieurs reprises, il apparaît qu’il n’y a pas de clocher sur l’église. Comme l’indique l’enquête de 1774, « Il n’y a qu’une grosse cloche mauvaise ». En 1807, la cloche de l’église de La Romagne est estimée convenable[1], quoique d’une sonorité de piètre qualité. Le village, durant la Révolution, a dû échapper à la réquisition de celle-ci. Ou elle a pu être remplacée…


[1] Archives départementales de la Moselle, centre de Saint-Julien-lès-Metz, 29J 370 [série J = archives privées, sous-série 29J = évêché de Metz (1093-1999), articles 29J 130-773 = diocèse depuis 1802, articles 29J 340-396 = contrôle épiscopal, an XIII-1925, articles 29J 355-385 = visites canoniques, enquêtes sur l’état des paroisses, 1803-1886, articles 29J 355-377 = ancien diocèse de Metz, 1803-1886].


En 1832, l’église est dotée d’une nouvelle  cloche, dont le diamètre est de quatre-vingt-sept décimètres. Elle est fabriquée par Antoine et Loiseau, des fondeurs de Robécourt dans les Vosges. On en retrouve de nombreuses consœurs dans l’arrondissement de Rethel, et en particulier dans le canton de Château-Porcien.


Tombe de membres de la famille Merlin au cimetière de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Tombe de membres de la famille Merlin au cimetière de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Elle est bénite lors de son baptême par le curé de la paroisse, l’abbé Morin, et reçoit le nom de Marie – Françoise – Prudence, en l’honneur de sa marraine Marie Françoise Merlin. Cette dernière est la femme du maire de l’époque, François Merlin. Ce dernier est le parrain de la cloche de l’église[1]. Elle est décorée d’un Christ en croix et de la Vierge Marie, avec une course de fleurs et de feuillage.


[1] Pouillé (registre ecclésiastique) 1874/1894 du diocèse de Reims établi par monseigneur Pierre Louis Péchenard.


Le sous-sol des Ardennes alterne les bancs de grès et de schiste (dont fait partie l'ardoise). Par l'utilisation de ce matériau, l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes) relève de l'architecture vernaculaire (propre à un pays, à un terroir, à une aire donnée). Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Le sous-sol des Ardennes alterne les bancs de grès et de schiste (dont fait partie l’ardoise). Par l’utilisation de ce matériau, l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes) relève de l’architecture vernaculaire (propre à un pays, à un terroir, à une aire donnée). Prise de vue effectuée le dimanche 18 juillet 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

En 1848, l’église est dotée d’un clocher de forme carrée. Il est totalement recouvert d’ardoise avec deux faces présentant des abat-son, dont le rôle est à la fois de ventiler les charpentes mais aussi de rabattre le son vers le sol. Il est également surmonté d’un lanternon à dôme polygonal.


Quatre pièces de bois équarries de grandes dimensions soutiennent le clocher de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Quatre pièces de bois équarries de grandes dimensions soutiennent le clocher de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes). Prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le poids de ce clocher est important et nécessite l’installation de quatre poutres intérieures, à l’instar de Saint-Nicaise à Montmeillant. Cette construction est due à l’action conjointe de la commune et de l’abbé Noiville.


Pour pouvoir réaliser une partie de ces travaux, il réunit une somme de quasiment 5 000 francs, offerte par de généreux donateurs pour mener à bien ce projet. Mais sa gestion « fantaisiste » des comptes le met dans une situation délicate vis-à-vis de la municipalité.

Il se soustrait aux demandes réitérées de celle-ci de produire les comptes. Il n’hésite pas à ne pas se présenter aux rendez-vous qui lui sont donnés. Voire, quand il finit par s’y rendre, à se sauver dès que des demandes d’explication lui sont faites[1].


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/D 1 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROMAGNE[LA]/D 1 = registre du conseil municipal de La Romagne], délibération du 30 avril 1884.


Cependant, dès 1850, des réparations sont  menées pour ce clocher. Elles nécessitent l’intervention de deux artisans : Alloy Bosserelle et Alexandre Richard (maréchal-ferrant).


En 1905, la loi de séparation des Eglises et de l’Etat fixe la possibilité d’utiliser les cloches. Elles font certes partie de l’édifice cultuel, mais peuvent être tintées pour des sonneries civiles en cas de péril commun (alerte, catastrophe naturelle, incendie, mobilisation générale, telle celle qui a eu lieu lors de la Première Guerre mondiale). Elles sonnent alors le tocsin…


Ces cloches annoncent aussi la messe, les vêpres, les mariages et les baptêmes avec des sonneries joyeuses. Elles marquent les enterrements par la tristesse du glas[1]. A l’occasion de la Semaine Sainte qui précède le dimanche de Pâques, elles restent silencieuses du jeudi au samedi, et sont remplacées parfois par des crécelles. Elles sonnent en revanche à toute volée le dimanche de Pâques, pour annoncer la Résurrection.


[1] Tintement d’une cloche d’église pour annoncer l’agonie, la mort ou les obsèques de quelqu’un.


A son tour, cette cloche est remplacée après la Première Guerre mondiale par une autre, dont le décor de feuillage n’est pas sans rappeler le précédent, et qui porte le nom de Marquigny. On trouve la nécessité d’une nouvelle cloche dans les délibérations du conseil municipal pour l’année 1920. Or, les enquêtes lancées par l’archevêché juste après la fin de la guerre ne font aucunement allusion au mauvais état de la cloche. Il semble exister encore sur ce point-là une divergence d’avis…


Lors de la séance du conseil municipal du 26 décembre 1950, la commune se dote d’un sonneur communal. En 1989, la cloche est électrifiée, de manière à sonner l’angélus[1]. Cette décision fait regretter à des générations d’enfants le moment où, échappant momentanément à la surveillance de leurs parents, ils se suspendaient à la corde dans l’espoir de s’envoler à quelques mètres du sol.


[1] Prière latine qui commence par le mot angelus et se récite matin, midi et soir.


Le coq sur le clocher de l'église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes) signifie la lumière et la résurrection. Prise de vue effectuée le samedi 2 septembre 2017, photographie en couleurs, (collection privée, avec l’aimable autorisation de son auteure, madame Odette Corneille).
Le coq sur le clocher de l’église Saint-Jean à La Romagne (Ardennes) signifie la lumière et la résurrection. Prise de vue effectuée le samedi 2 septembre 2017, photographie en couleurs, (collection privée, avec l’aimable autorisation de son auteure, madame Odette Corneille).

Depuis sa création, ce clocher fait régulièrement l’objet de campagnes de restauration. L’une des dernières remonte aux années 1990, à la suite de la chute de la foudre. Il est surmonté d’un coq faisant office de girouette. Sa symbolique est multiple entre l’annonce du jour, le zèle pour le service de Dieu[1] ou l’emblème du Christ protecteur. Le nouveau coq installé au sommet du clocher en janvier 2007 veille désormais sur le village…


[1] Il est une allusion au reniement de saint Pierre et à la parole du Christ : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois ».