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Les premiers cadastres de La Romagne (1791-1835)


Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1835, TA [tableau d'assemblage] de La Romagne, Montmeillant et Rocquigny, plan parcellaire, hors format, consultable en ligne, vue 1/2.
 
Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1835, TA [tableau d’assemblage] de La Romagne, Montmeillant et Rocquigny, plan parcellaire, hors format, consultable en ligne, vue 1/2.

Sous l’Ancien Régime, si la France est déjà cartographiée dans son ensemble au XVIIIe siècle grâce aux cartes de Cassini, il n’existe aucun cadastre couvrant tout le pays, même s’il existe, à cette époque, des terriers, pouillés ou cartulaires, attestant la possession de terres par les seigneurs ou les abbayes. 


Archives départementales des Ardennes, La Romagne A1 1835, le Bois d’Apremont et les Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne A1 1835, le Bois d’Apremont et les Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

Louis XIV, par des édits en 1690 et 1702, crée et règle la profession d’arpenteur royal ; Louis XV investit, en 1763, le contrôleur général Bertin[1] dans la mission de cadastrer le royaume mais :

  • l’ampleur de la tâche ;
  • le manque d’instruments et de personnes compétentes ;
  • les différentes mesures ayant cours dans les diverses provinces ;
  • les moyens nécessaires pour sa réalisation ;
  • les oppositions à ce projet ;

n’en ont pas permis la réalisation, en dehors de l’intendance de Paris. Ces rois ne sont donc pas parvenus à obtenir une meilleure fiscalité.


[1] Henri Léonard Jean-Baptiste Bertin (1720-1792) exerce les fonctions de contrôleur général des finances du 23 novembre 1759 au 13 décembre 1763.



Archives départementales des Ardennes, La Romagne A2 1835, Bois d’Apremont et Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne A2 1835, Bois d’Apremont et Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

Au moment de la réunion des états généraux, la province de Champagne est l’une des plus taxées, et il est bon d’examiner les divisions administratives ayant formé les circonscriptions électorales en 1789.

Ainsi, La Romagne[1], Givron[2], Montmeillant[3] dépendent du bailliage secondaire de Sainte-Menehould[4], alors que Draize[5], Rocquigny[6], Rubigny[7] relèvent du bailliage principal de Reims[8].

Seuls subsistent les cahiers de doléances[9] des seconds, ce qui permet d’affirmer que les trois villages cités se sont prononcés, tout comme Asfeld et bien d’autres, pour que les biens-fonds possédés par le clergé, la noblesse et le tiers-état soient assujettis, et ce, de façon égalitaire, aux mêmes impositions.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[6] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[7] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[8] Commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.

[9] Archives départementales des Ardennes et École normale mixte des Ardennes (éd.), Cahiers de doléances ardennais en 1789 : état des cahiers de doléances des villes et villages ardennais qui ont été conservés, Charleville-Mézières, Archives départementales, 1989, 647 p., pp. 37, 171, 413, passim. Exemplaire consulté : ouvrage conservé dans la collection personnelle de l’auteure.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne A2 1835, Bois d’Apremont et Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, détail, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne A2 1835, Bois d’Apremont et Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, détail, consultable en ligne.

En 1790, l’Assemblée constituante, dans sa séance du 11 septembre, institue un impôt sur toutes les propriétés foncières bâties ou non bâties, ce qui donne lieu à la naissance de plusieurs projets, dont celui qui vise, en 1791, à ce que cette nouvelle contribution foncière soit plus égale et plus juste.

C’est pour cela que la confection d’un cadastre[1] est indispensable, et ce, d’autant que la propriété est ébranlée par l’émigration, la confiscation, la vente des biens du clergé, l’identification des biens communaux que les communes ont acquis.


[1] « Ensemble des documents où, à partir d’un relevé topographique, l’on a consigné la quantité et la valeur des biens-fonds d’une commune, et qui servent de base à l’assiette de l’impôt foncier. Le cadastre se compose d’un plan détaillé, d’une matrice énumérant les parcelles appartenant à chaque propriétaire, et d’un répertoire qui permet la consultation du plan. Par extension. Le cadastre, l’administration fiscale chargée de conserver et tenir à jour ces documents. Les employés du cadastre. Par métonymie. Local où est installé un des services de cette administration. Aller au cadastre. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.



Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

L’Assemblée nationale vote la création d’un bureau du cadastre, à la tête duquel Gaspard de Prony[1] est nommé directeur le 5 octobre 1791. Son projet comporte trois étapes :

  • une carte ou plan au 1/20000, où apparaîtrait la triangulation[2] de Cassini ;
  • une carte au 1/2500 ou plan de masse, avec les limites communales, les chemins et l’hydrographie ;
  • un plan au 1/666, où figureraient toutes les propriétés.

[1] Gaspard-Clair-François-Marie Riche de Prony (1755-1839), ingénieur et mathématicien français, est le fils d’un magistrat du parlement des Dombes. Après des études classiques, il entre à l’École des ponts et chaussées en 1776. Nommé sous-ingénieur en 1780, puis inspecteur en 1787, il devient ingénieur en chef en 1791 et se voit confier, la même année, la direction du cadastre. Il est nommé directeur de l’École des ponts et chaussées en 1798, fonction qu’il exerce jusqu’à sa mort. Il enseigne également la mécanique à l’École polytechnique et devient membre de l’Académie des sciences.

[2] « Méthode qui, par des mesures d’angles et la résolution de triangles, permet de déterminer la position exacte d’un point ou d’estimer précisément une distance ; le fait d’utiliser cette méthode, notamment à des fins cartographiques. La triangulation est une application de la trigonométrie. Recourir à la triangulation pour déterminer la position d’un navire. Un réseau de triangulation. Base de triangulation, distance entre deux points de la surface terrestre, à partir de laquelle on effectue des mesures géodésiques. La première triangulation de la France fut mise en œuvre par les Cassini père et fils au XVIIIe siècle. », selon le Dictionnaire de l’Académie française. La triangulation est utilisée en géographie et géodésie.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire, détail de la rue Haute, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire, détail de la rue Haute, consultable en ligne.

Ferme Merlin et place du village de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle met en relation le bâti, l’espace de circulation et les aménagements de la place. Elle propose une évocation du cadre architectural et paysager de la commune. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Ferme Merlin et place du village de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle met en relation le bâti, l’espace de circulation et les aménagements de la place. Elle propose une évocation du cadre architectural et paysager de la commune. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire, détail de la rue Basse, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire, détail de la rue Basse, consultable en ligne.

L’envergure de ce projet, en pleine période révolutionnaire, n’en permet pas la réalisation. L’adoption, en 1795 et 1797, des systèmes métrique et décimal, est un apport positif pour la réalisation d’un cadastre. Cependant, malgré l’amélioration qu’apporte l’adoption d’un système unique de mesure, unifié et normé, la modification du projet en 1797 n’a pas plus de succès.

Cependant, à La Romagne, la délibération du 31 janvier 1791 permet de retrouver un document indiquant les limites du terroir. Il s’agit du premier « cadastre » établi par les membres de la municipalité de l’époque : Legros, maire, Lepinois, Langlet et Letellier, municipaux, et Davaux, greffier.

En effet, un décret de l’Assemblée nationale demandait à chaque municipalité d’établir, d’après les connaissances de la consistance du territoire de la communauté de La Romagne, une division de celui-ci en sections. La municipalité découpe donc le terroir en dix-neuf sections, toutes désignées par une lettre de l’alphabet, et un nom de lieu-dit.


Premier cadastre établi par la municipalité de La Romagne (Ardennes). Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le 11 messidor an X[1], une commission propose la confection de ces plans. Son exécution est fixée par un arrêté du 12 brumaire An XI[2].

Pour cela, dans un arrondissement, des communes témoins servent de modèle pour des relevés qui sont confiés à des géomètres en chef, aidés de géomètres secondaires. L’on calcule ensuite le revenu moyen d’un hectare de chaque nature de culture, et l’on applique ce prix moyen aux contenances des autres communes de l’arrondissement, pour obtenir le revenu imposable total par commune.

Le territoire ne présente pas de divisions des propriétés en détail, mais les terrains cultivés de la même manière, sans tenir compte du nombre de propriétaires de parcelles à l’intérieur de cette masse. Ce système présente des défauts, car il est fondé sur la déclaration exclusive de chaque propriétaire, sans que des vérifications aient lieu sur le terrain.

De nombreux propriétaires loyaux sont désavantagés, en raison des fausses déclarations de certains, car la différence entre les contenances estimées par l’administration, et celles fournies par les propriétaires, sont réparties entre tous[3].


[1] Soit le mercredi 30 juin 1802.

[2] Soit le mercredi 3 novembre 1802.

[3] Maurin, André, Le cadastre en France : histoire et rénovation, nouvelle édition mise à jour, préface de Jean-Louis Bergel, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1992, 427 p., pp. 33-35. Exemplaire consulté : Archives départementales des Ardennes, BE 137.



Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, détail, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, détail, consultable en ligne.

Pour le département des Ardennes, la réalisation des plans par masse de culture se déroule entre 1803, avec trois communes (Avançon[1], Joigny[2], Sévigny-la-Forêt[3]) et 1811, avec une seule commune (Les Mazures[4]). De 1804 à 1807, cent deux plans voient le jour, dont quarante-six pour la dernière année.

Dans les cinq cent vingt-trois communes, dont les plans du cadastre ancien (dit cadastre napoléonien) se trouvent aux archives départementales des Ardennes, seuls cent six villages possèdent un cadastre par masse de culture, soit 20 % environ. Dans le canton de Chaumont-Porcien[5], sur les quatorze communes qu’il compte, seuls les villages de La Romagne et de Rocquigny en ont un.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Joigny-sur-Meuse. Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Mare aux grenouilles des Houis Hauts, lieu-dit de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle représente l’étendue d’eau au sein d’un espace herbeux bordé d’arbres et de végétation de berge. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Mare aux grenouilles des Houis Hauts, lieu-dit de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle représente l’étendue d’eau au sein d’un espace herbeux bordé d’arbres et de végétation de berge. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le plan de La Romagne est terminé le 10 février 1807, et a été réalisé par le géomètre en chef Vairon et Aimé Demeaux, géomètre secondaire. L’observation des deux feuilles constituant ce plan montre une forte présence de bois :

  • au Bois d’Apremont (section A), constitué d’une futaie sur taillis ;
  • aux Houis ;
  • au « Bois Guyot[1] » (section C).

Pour ce qui est de la section B, elle est nettement moins fournie en bois, même si l’on observe, au milieu des terres, des emplacements boisés, résidus probables des anciens défrichements.

Le lieu-dit du Village (section C) présente les habitations et les bâtiments ruraux, avec une abondance de jardins et vergers. Dès que l’on s’en éloigne, ils font place à des prés, tout d’abord, puis à des terres labourables. Cette même répartition apparaît au Mont de Vergogne.


[1] Lire « le Bois Diot ».


Archives départementales des Ardennes, La Romagne B2 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne B2 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.

Comme ce cadastre n’offre pas tout ce que l’on attendait de lui pour la répartition des impôts, il est suspendu. Napoléon décide alors qu’un cadastre parcellaire sera réalisé, de manière à fixer correctement les limites des propriétés. Son origine se trouve dans la loi de finances du 15 septembre 1807.

Composée de neuf membres nommés par le ministre, une commission, délibère du 7 au 17 novembre 1807 sur l’exécution des plans parcellaires des communes. Durant cette période, elle élabore un projet de règlement. Celui-ci est approuvé par l’Empereur, et sera à la source du « Recueil méthodique des lois, décrets, règlements, instructions et décisions sur le cadastre de la France[1] », selon lesquels le cadastre parcellaire sera exécuté.

L’administration des contributions est chargée de l’ensemble du cadastre. Le directeur guide les arpentages, entend les réclamations des communes pour la séparation des territoires, gère les dépenses liées à l’arpentage (en 1832, cette dépense s’élève à 78000[2] francs pour les cantons ardennais qui ont été cadastrés), et occupe une vingtaine de géomètres de première ou deuxième classe.

Par ailleurs, il rend compte des opérations au préfet. Les travaux reposent essentiellement sur un géomètre en chef, un délimitateur des communes, un triangulateur, et des arpenteurs en nombre variable.


[1] Hennet, Albert-Joseph-Ulpien, Recueil méthodique des lois, décrets, règlemens, instructions et décisions sur le cadastre de la France, Paris, Imprimerie impériale, 1811, 400-[2]-8 p. Exemplaire consulté : Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Tolbiac, rez-de-jardin, magasin, cote F-21977. Version numérisée disponible sur Gallica, document NUMM-9647500.

[2] Annuaire statistique du département des Ardennes, publié avec l’autorisation du préfet par Alfred Lavoine, chef de la première division des bureaux de la préfecture, Mézières, Ryembault jeune, libraire, 1832-1835, 4 vol., ill. (cartes), in-12, 1ere année (1832). Exemplaire consulté : Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Tolbiac, rez-de-jardin, magasin, cote 8-LC30-30. Reproduction numérique consultable sur le site des Archives départementales des Ardennes, PERH43 22, p. 128 (pagination imprimée), vue numérique 71/124.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire consultable en ligne.

Les travaux commencent dès 1808, avec le partage de la France en douze divisions cadastrales, auxquelles sont attachés douze inspecteurs généraux, qui surveillent les opérations dans les départements[1]. Dans les Ardennes, les travaux commencent en 1809 et se terminent :

  • en 1838 pour le cadastre dit napoléonien et ses cinq cent vingt-trois mille hectares ;
  • en 1847 pour les communes qui ont entrepris d’en établir un second.

Cinq cent vingt-trois communes ardennaises ont leurs plans cadastraux parcellaires conservés aux archives départementales et, si l’on analyse les seize pages récapitulant ces villages, il apparaît que quatre cent quinze ne disposent que d’un unique cadastre ancien, tandis que cent huit en ont fait dresser deux.


[1] Dreux, Th., Le cadastre et l’impôt foncier, Paris, Léon Eyrolles, éditeur, 1933, 315 p. (Encyclopédie industrielle et commerciale). Exemplaire consulté : Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Tolbiac, rez-de-jardin, magasin, cote 4-F-2851. Version numérisée disponible sur Gallica, document NUMM-9763544.


Proportion des communes ardennaises avec un ou deux cadastres anciens. Graphique de type « secteurs ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Proportion des communes ardennaises avec un ou deux cadastres anciens. Graphique de type « secteurs ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Cette présence s’explique par la réalisation assez précoce du premier, et la difficulté d’inscrire les mutations successives après une trentaine d’années. Le conseil général en souhaite alors le renouvellement, mais certaines communes ardennaises n’ont pas attendu une loi pour en faire exécuter un second. C’est le cas de Sery[1], dont les cadastres datent de 1812 et 1844.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Répartition de la confection des premiers cadastres parcellaires dans le département des Ardennes. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Grâce à ce tableau, l’on constate un net ralentissement entre 1814 et 1818, et un quasi-arrêt en 1820-1821. Cela correspond pour les premières années à une période de difficultés politiques, avec le passage de l’Empire à la Restauration, marquée par un retour de la royauté et une occupation étrangère.

La seconde période implique un changement du financement. Alors que celui-ci était assuré par l’Etat, il passe à cette époque au département. En 1822, la reprise est nette, avec une franche accélération à partir de 1830.

En ce qui concerne le canton de Chaumont-Porcien, qui comporte quatorze villages, la réalisation des cadastres des communes le constituant s’étend sur neuf ans, avec une année cruciale : 1835.


Réalisation du cadastre du canton de Chaumont-Porcien (Ardennes). Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Lorsqu’il est question de réaliser le cadastre de La Romagne, le maire de la commune, François Merlin, accompagné des maires des villages limitrophes et du géomètre, effectue le tour du territoire de la commune afin de le délimiter, pour qu’il soit découpé tout d’abord en sections, nommées selon l’ordre alphabétique.


Surfaces imposées et non imposées des quatre sections du cadastre de La Romagne (Ardennes). Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le cadastre ancien (ou napoléonien) de La Romagne, tout en donnant les mesures selon le système métrique, rappelle néanmoins les mesures anciennes, qui variaient parfois d’une commune à une autre.

Ainsi, à la Romagne, bien que le cadastre exprime les distances au moyen du système métrique, les mesures employées avant la Révolution sont rappelées en première de couverture : il s’agit de la verge linéaire de vingt-deux pieds et demi et onze pouces, convertie en 6,6994 mètres[1]. L’arpent vaut lui quarante-quatre ares et quatre-vingt-neuf centiares, soit un peu moins d’un demi-hectare.

Ce plan comporte quatre sections, désignées par les lettres A à D, chacune représentée sur deux feuilles (A1 et A2, par exemple), au format Grand Aigle[2]. Sur chaque feuille, un cadre tracé à l’encre noire délimite l’espace à l’intérieur duquel doit s’inscrire la section correspondante. Toutefois, en raison de leur configuration, les sections A2, C2 et D1 ne respectent pas cette règle.

Un cartouche, de forme ovale, présente le nom de la commune en majuscules. Tout le reste est écrit en cursive (épaisse pour les sections, et fine pour les lieux-dits). Une rose des vents indique l’orientation. Ces plans parcellaires sont à l’échelle de 1/2500, mais les lieux détachés sont agrandis à l’échelle de 1/1250, ainsi que le montre la section D1, avec la mise en valeur du Bois Diot.


[1] A noter, la conversion ne s’arrête pas à la deuxième décimale. Ce degré de précision, qui peut paraître excessif pour un lecteur contemporain, traduit en fait une volonté de déterminer les surfaces au plus juste. Le système métrique était alors encore très nouveau.

[2] Les dimensions de ce dernier ont pu légèrement varier au fil du temps. Aujourd’hui normalisé, il correspond à 75 × 105 cm.



Archives départementales des Ardennes, La Romagne C2 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne C2 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire consultable en ligne.

Ces plans ne comportent pas de légende. Celle-ci est implicite, car fixée règlementairement. Ainsi, l’on distingue la séparation entre deux communes par un trait rose épais de quelques millimètres, et un lieu-dit par un trait légèrement plus fin et jaune. Les ruisseaux, selon leur largeur, sont indiqués par un trait surmonté d’une petite flèche, indiquant leur direction, ou par un trait bleu accompagné de leur hydronyme[1].

Les chemins sont marqués de deux manières : soit par une double ligne de petits tirets, soit par une double ligne continue, entre laquelle est inscrit son odonyme[2]. Les surfaces relevant du domaine public (abreuvoirs , prés, église, cimetière, etc.) sont en gris bleuté, les maisons et bâtiments agricoles en rouge-brun. Les haies sont représentées par une succession de minuscules ronds non fermés.


[1] Un hydronyme est un nom propre désignant un cours d’eau, une étendue d’eau ou, plus généralement, une entité hydrographique. L’hydronymie désigne l’étude de ces dénominations, de leur origine et de leur évolution.

[2] Un odonyme est un nom propre attribué à une voie de communication. L’odonymie désigne l’étude de ces dénominations, de leur origine et de leur évolution.


Maison de Belair, hameau de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle met en valeur la structure à pan de bois, le soubassement maçonné et la toiture à deux versants de cette habitation rurale. La végétation environnante souligne son inscription dans le paysage du hameau. La datation du bâtiment et l’analyse précise de ses caractéristiques architecturales nécessiteraient une étude complémentaire. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Maison de Belair, hameau de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle met en valeur la structure à pan de bois, le soubassement maçonné et la toiture à deux versants de cette habitation rurale. La végétation environnante souligne son inscription dans le paysage du hameau. La datation du bâtiment et l’analyse précise de ses caractéristiques architecturales nécessiteraient une étude complémentaire. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

À l’intérieur de chaque section, les lieux-dits sont désignés par des toponymes vernaculaires[1], issus de l’usage local et transmis au fil des générations. Or, en étudiant le dossier notarié concernant la vente en 1860 d’un ensemble agricole nommé « la Ferme », propriété de Pierre Jules Berquet et de sa femme Marie Célina Coindéroux, l’on peut remarquer que l’acte atteste des dénominations non inscrites dans le cadastre de 1835.

Il en est ainsi de la pièce n° 5 à la « Côte des Bonhomme », la parcelle n° 8 au lieu-dit « le Chevet », le n° 15 à Belair et à « la Pointe », ou encore le n° 31 désigné comme « la Pluteau[2] ». Enfin, les parcelles appartenant aux différents propriétaires sont numérotées.


[1] Un toponyme est un nom propre désignant un lieu géographique, qu’il s’agisse d’un espace naturel, d’un élément du relief, d’un lieu habité ou d’un territoire. La toponymie désigne l’étude de ces dénominations, de leur origine, de leur signification et de leur évolution.

[2] Lire « la Puteau ».


Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

Une matrice cadastrale est ajoutée aux plans en 1831, ce qui permet de connaître les propriétaires successifs d’une pièce de terre, et la répartition des éléments imposés ou non, la répartition entre le bâti et le non bâti, les terres cultivées, les jachères, les prés, etc.

Elle propose, en outre, le tarif par hectare, par nature de culture, et par classe, en fonction de la nature et de la fertilité des sols. Ces derniers sont répartis en cinq classes à La Romagne. Les propriétés bâties sont assorties de leur valeur locative. Chaque année, cette matrice est mise à jour et, lorsqu’une parcelle est divisée, les indications sont portées sur le plan sans, pour cela, être très précises.


Répartition du terroir de La Romagne (Ardennes) en fonction de l’occupation du sol et de la section. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Outre les plans par section, le cadastre comporte un plan d’ensemble pour les trois villages de La Romagne, Montmeillant et Rocquigny, tout en présentant les liens territoriaux avec les communes voisines de Givron, Signy-l’Abbaye[1], Saint-Jean-aux-Bois[2], Chaumont-Porcien. Il est réalisé sous l’autorité du directeur des contributions et de messieurs Endol (ingénieur géomètre), Véron et Pinsart (géomètres de première classe).

Ce plan comporte également dans son cartouche l’échelle au 1/10000, l’appartenance de la commune au canton (Chaumont-Porcien), à l’arrondissement (Rethel[3]) et au département (Ardennes).

Il fait aussi mention des noms du préfet de l’époque (le baron de Lascours) et de deux maires : monsieur Harbonville, à Montmeillant, et monsieur François Merlin, à La Romagne. La dernière information trouvée dans l’état actuel de la recherche concerne les dates d’achèvement des plans : respectivement, les 5 juillet et 1er septembre 1835.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Église Saint-Jean-l’Évangéliste de La Romagne (Ardennes). L’édifice religieux apparaît au-delà d’un écran végétal, dont les feuillages laissent entrevoir le clocher et une partie de la toiture. Le traitement vaporeux de l’aquarelle restitue l’atmosphère brumeuse caractéristique des paysages ardennais et souligne l’intégration de l’église dans son environnement villageois. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Église Saint-Jean-l’Évangéliste de La Romagne (Ardennes). L’édifice religieux apparaît au-delà d’un écran végétal, dont les feuillages laissent entrevoir le clocher et une partie de la toiture. Le traitement vaporeux de l’aquarelle restitue l’atmosphère brumeuse caractéristique des paysages ardennais et souligne l’intégration de l’église dans son environnement villageois. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le cadastre ancien répond avant tout à une finalité fiscale, en permettant notamment de délimiter les parcelles afin de prévenir les litiges fonciers. Il constitue également une première représentation cartographique du territoire de La Romagne. À ce titre, il revêt un intérêt historique indéniable, puisqu’il permet de restituer l’organisation et l’aspect du village à une époque donnée.

Cependant, alors que l’intégralité de ce cadastre n’est pas achevée, ses faiblesses apparaissent déjà, et la nécessité de le modifier est actée. Des réflexions, des décrets, des lois verront le jour tout au long de la seconde moitié du XIXe siècle et des premières décennies du XXe siècle, avec la création d’une seconde matrice en 1882, puis la mise en chantier, à partir de 1930, d’un cadastre révisé. Ce dernier prendra en compte en particulier les modifications liées au développement des réseaux routiers ou ferroviaires, et de l’industrie.


Le Closiau, lieu-dit de La Romagne (Ardennes). Au pied d’un arbre dépouillé de son feuillage, une croix se détache dans un paysage rural ouvert. L’aquarelle met en valeur ce symbole de dévotion populaire et la silhouette de l’arbre, dont la présence structure la composition et souligne l’inscription du patrimoine religieux dans le paysage. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Le Closiau, lieu-dit de La Romagne (Ardennes). Au pied d’un arbre dépouillé de son feuillage, une croix se détache dans un paysage rural ouvert. L’aquarelle met en valeur ce symbole de dévotion populaire et la silhouette de l’arbre, dont la présence structure la composition et souligne l’inscription du patrimoine religieux dans le paysage. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Au-delà de sa vocation fiscale, le cadastre révèle bien davantage qu’un partage de la terre : il donne à voir un territoire, ses usages, ses équilibres, et les traces de son passé. La Romagne passe ainsi progressivement d’un espace nommé et parcouru à un territoire mesuré, classé et imposé.

Pourtant, les plans ne disent pas tout : certains noms échappent à leur nomenclature, les limites évoluent et les usages se transforment.

Le cadastre apparaît ainsi comme une photographie du territoire à un moment donné, autant que comme un instrument de pouvoir, précis dans ses mesures, mais nécessairement incomplet dans ce qu’il restitue.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne D2 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D2 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.

Archives départementales des Ardennes, La Romagne D2 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire, détail, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D2 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire, détail, consultable en ligne.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, consultable en ligne, vue 1/2.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, consultable en ligne, vue 1/2.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, consultable en ligne, vue 2/2.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, consultable en ligne, vue 2/2.

Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, détail, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, détail, consultable en ligne.

Catégories
Administration communale Anciens combattants Guerre franco-allemande (1870-1871) Impôt Militaires Victimes de guerre

La guerre franco-allemande (1870-1871) à La Romagne et dans le canton de Chaumont-Porcien



Statuette représentant Bismarck lors de la proclamation de l'Empire allemand, le 18 janvier 1871. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Statuette représentant Bismarck lors de la proclamation de l’Empire allemand, le 18 janvier 1871. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La guerre[1] est déclarée le 19 juillet 1870 par Napoléon III au royaume de Prusse, dont Otto von Bismarck est le ministre-président de 1862 à 1890 (il est également chancelier de la confédération de l’Allemagne du Nord de 1867 à 1871). Aux Prussiens se sont associés d’autres Etats comme le grand-duché de Bade, les royaumes de Bavière et de Wurtemberg. Les premiers affrontements ont lieu sur le front de l’Est.


[1] Ce conflit est généralement désigné par le terme « guerre franco-allemande (1870-1871) ». Il peut être également nommé « guerre de 1870-1871 » ou « guerre franco-prussienne (1870-1871) ». Il arrive qu’il soit appelé « guerre de Septante » par certains historiens.


La Romagne et les villages des environs assistent parfois aux passages des troupes, mais ne sont pas directement situés dans la zone des combats, marquée par une cinglante défaite à la suite de la bataille de Sedan (Ardennes).

Les habitants ont cependant ressenti la proximité de la guerre : avant de faire face à l’occupation allemande (le département des Ardennes n’a été libéré de celle-ci qu’en 1873), ils ont été confrontés aux réquisitions de chevaux et de nourriture par les soldats français, aux opérations du 13e corps d’armée, lors de la retraite de celui-ci.


La cadence de tir du fusil Chassepot modèle 1866 utilisé pendant la guerre franco-allemande (1870-1871) est de dix coups par minutes. Son calibre est de 11 millimètres. Sa hausse est graduée jusqu'à 1 200 mètres, même si sa portée pratique est en fait de 150 mètres environ. Il est en tout cas plus performant que le fusil à tabatière modèle 1867 utilisé pendant le Second Empire. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La cadence de tir du fusil Chassepot modèle 1866 utilisé pendant la guerre franco-allemande (1870-1871) est de dix coups par minutes. Son calibre est de 11 millimètres. Sa hausse est graduée jusqu’à 1 200 mètres, même si sa portée pratique est en fait de 150 mètres environ. Il est en tout cas plus performant que le fusil à tabatière modèle 1867 utilisé pendant le Second Empire. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Créée par le décret du 12 août 1870, cette unité militaire défensive[1] débute sa formation le 16 août 1870 à Paris, sous les ordres du général Vinoy[2]. Elle est composée de trois divisions, confiées respectivement aux généraux Exéa[3], Maud’huy[4] et Blanchard[5].


[1] L’armée française gardera cette position, face à des ennemis qui privilégient une stratégie offensive.

[2] Joseph Vinoy (10 août 1800-29 avril 1880), général de division.

[3] Antoine-Achille d’Exéa-Doumerc (24 février 1807-9 février 1902), général de division.

[4] Louis Ernest de Maud’huy (21 janvier 1809-20 octobre 1883), général de division. A ne pas confondre avec son neveu, le général Louis Ernest de Maud’huy (17 février 1857-16 juillet 1921), héros de la guerre de 1914-1918.

[5] Georges Eugène Blanchard (12 octobre 1805-13 février 1876), général de division.


En tout, ces dernières comprennent plus de 30 000 hommes pour l’infanterie (dont certaines recrues, selon le capitaine Vaimbois[1], n’ont jamais ou très peu manié le fusil Chassepot[2]), une réserve d’artillerie plutôt bien préparée, et une division de cavalerie.


[1] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6464043, Vaimbois, Joseph Nicolas Edmond (auteur), Le 13e corps dans les Ardennes et dans l’Aisne, ses opérations et celles des corps allemands opposés : campagne de 1870-71, Paris : Henri Charles-Lavauzelle, 1897, 1 vol. (224 p.), in-8°, page 8, vue 16/238, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LH4-2115.

[2] Le fusil modèle 1866 tire son nom de son inventeur.


Cette formation quitte Paris le 24 août 1870 par différentes lignes de chemin de fer. Il est prévu qu’elle doit en partie se porter sur la rive droite de l’Aisne à hauteur de Berry-au-Bac[1], mais les directives changent. Seize jours plus tard, le 13e corps est de retour à Paris[2], après avoir vécu de nombreux aléas et péripéties durant sa retraite.


[1] Actuellement département de l’Aisne, en région Hauts-de-France.

[2] Aujourd’hui, chef-lieu de la région Île-de-France et siège de la métropole du Grand Paris.


Bronze dédicacé représentant le major Halden lors de la bataille de Gravelotte (Moselle), fin XIXe siècle (Allemagne). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La première division est dirigée sur Reims (Marne). Quant aux deux autres, elles ont pour mission, non de combattre, mais d’inquiéter l’armée du prince Frédéric Charles de Prusse[1] dans sa marche. Or, très vite, elles reçoivent d’autres ordres et doivent se diriger sur Mézières (Ardennes), où elles arrivent le 30 août pour assurer les communications.


[1] Friedrich Karl von Preußen en allemand (20 mars 1828-15 juin 1885).


Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6510296, Dorizy, Henri, Les champs de bataille de 1870 : guide-album, avec 122 photographies et 10 cartes, Paris ; Nancy : Berger-Levrault, 1911, 31 p. : fig. et cartes ; in-8, page 20, vue 22/36, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LH4-3009.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6510296, Dorizy, Henri, Les champs de bataille de 1870 : guide-album, avec 122 photographies et 10 cartes, Paris ; Nancy : Berger-Levrault, 1911, 31 p. : fig. et cartes ; in-8, page 20, vue 22/36, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LH4-3009.

La situation est déjà compromise : le 18 août a eu lieu la bataille de Gravelotte (Moselle)[1], puis le repli de Bazaine[2] à Metz (Moselle) et son enfermement.


[1] Egalement appelée bataille de Saint-Privat.

[2] François Achille Bazaine (13 février 1811-23 septembre 1888), général de division et maréchal de France.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8439219, Établissement géographique Erhard frères (auteur), Monrocq imprimeur (auteur), Direction de la marche de l'Armée de Châlons vers Metz (indiquée par le ministre de la Guerre dans le conseil des Ministres), échelle au 1 : 160 000, Paris : Monrocq imprimeur, 1870, 1 feuille en couleurs ; 580 x 440, vue 1/1, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-303. Note : Carte de l'Argonne et d'une partie de la Champagne, de Châlons à Verdun. - 1870].
Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8439219, Établissement géographique Erhard frères (auteur), Monrocq imprimeur (auteur), Direction de la marche de l’Armée de Châlons vers Metz (indiquée par le ministre de la Guerre dans le conseil des Ministres), échelle au 1 : 160 000, Paris : Monrocq imprimeur, 1870, 1 feuille en couleurs ; 580 x 440, vue 1/1, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE D-303. Note : Carte de l’Argonne et d’une partie de la Champagne, de Châlons à Verdun. – 1870].

Pour sa part, l’armée de Châlons[1], sous le commandement de Mac-Mahon[2], est arrêtée dans sa marche. En outre, dans la nuit du 30 au 31 août, Failly[3] échoue devant Beaumont[4], alors que ses troupes, qui ont reculé, essaient de résister et de défendre Mouzon (Ardennes), dont les Prussiens ne s’empareront que tard dans la soirée. Les Français reçoivent alors l’ordre de se porter sur Sedan (Ardennes).


[1] Actuellement Châlons-en-Champagne, anciennement Châlons-sur-Marne, chef-lieu du département de la Marne, en région Grand Est.

[2] Patrice de Mac Mahon (13 juin 1808- 17 octobre 1893), général de division, maréchal de France.

[3] Pierre Louis Charles Achille de Failly (21 janvier 1810-15 novembre 1892), général de division.

[4] Actuellement, Beaumont-en-Argonne (Ardennes), en région Grand Est.


Les civils fuient sur la route de Sedan (Ardennes) à Mézières (Ardennes). Le 1er septembre, on entend les canons Krupp[1] tonner sur Bazeilles (Ardennes), où se trouve, en particulier, le Ier corps d’armée bavarois[2]. Les combats sont acharnés et sanglants.


[1] L’entreprise de sidérurgie a été fondée par Friedrich Krupp (17 juillet 1787-8 octobre 1826). Le « roi du canon » (« Kanonenkönig ») Alfred Krupp (26 avril 1812-14 juillet 1887) en fait une industrie d’armement de premier rang.

[2] Königlich Bayerisches 1. Infanterie-Regiment « König ». Par convention typographique, les numéros des unités françaises ou alliées se composent en chiffres arabes. Le romain grande capitale est alors réservé aux armées ennemies, pour éviter des confusions.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6510296, Dorizy, Henri, Les champs de bataille de 1870 : guide-album, avec 122 photographies et 10 cartes, Paris ; Nancy : Berger-Levrault, 1911, 31 p. : fig. et cartes ; in-8, pages 26 et 27, vues 28/36 et 29/36, consultables en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LH4-3009.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6510296, Dorizy, Henri, Les champs de bataille de 1870 : guide-album, avec 122 photographies et 10 cartes, Paris ; Nancy : Berger-Levrault, 1911, 31 p. : fig. et cartes ; in-8, pages 26 et 27, vues 28/36 et 29/36, consultables en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LH4-3009.

Après avoir été informé de ce qui se passait à Sedan (Ardennes), le général Vinoy, qui a conscience de l’étendue du désastre, fait savoir au ministre qu’il compte battre en retraite, afin de ramener vers Paris le 13e corps d’armée pour protéger la capitale. Il veut se mettre en route de très bonne heure le 2 septembre, pour prendre de l’avance sur les ennemis qui pourraient le poursuivre.


Une longue colonne s’étire sur plusieurs kilomètres à la sortie de Mézières (Ardennes) pour se diriger sur Charleville (Ardennes) et s’avancer sur la route de Rethel (Ardennes) en passant par Poix[1], Launois[2], Faissault[3], Saulces-aux-Bois[4] et Saulces-Monclin[5].

Les hommes ont très peu de munitions et ne peuvent en obtenir d’autres. Il est décidé qu’en cas d’attaque, cette troupe doit combattre sans arrêter la marche, d’autant que la partie la plus dangereuse se trouve entre Charleville (Ardennes) et Launois (Ardennes).


[1] Actuellement, Poix-Terron (Ardennes), en région Grand Est.

[2] Actuellement Launois-sur-Vence (Ardennes), en région Grand Est.

[3] Actuellement, département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Ancienne commune , actuellement localité de Saulces-Monclin (Ardennes), en région Grand Est.

[5] Actuellement, département des Ardennes, en région Grand Est.


Aux environs de 6 heures du matin, des échauffourées se produisent entre la colonne française du 13e corps d’armée[1] et les Allemands du VIe cuirassiers[2] et du XVe uhlans[3]. Ces derniers vont se fixer sur la Vence[4].

Or, un évènement peu banal survient : à la suite d’une confusion d’uniformes, des soldats du XVe uhlans[5] et des hussards français se mélangent. Les uhlans se rendent très vite compte de leur erreur, la lutte s’engage et quelques Allemands sont faits prisonniers. La colonne repart de Launois (Ardennes) vers 8 h 30.


[1] Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LH4-2304, Poirier, Jules (auteur), Le 13e corps d’armée pendant la guerre de 1870, 2e édition, Paris : G. Kleiner, 1901, in-8°, 104 p., cartes.

[2] Kürassier-Regiment Kaiser Nikolaus I. von Rußland (Brandenburgisches) Nummer 6.

[3] Schleswig-Holsteinisches Ulanen-Regiment Nummer 15.

[4] Petite rivière qui prend sa source au sud-est de Dommery (Ardennes), et qui se jette dans la Meuse à Charleville (Ardennes).

[5] « Nom que portaient les lanciers dans les armées germaniques », selon le Dictionnaire de l’Académie française. Le XVe uhlans est originaire du Schleswig-Holstein (Land d’Allemagne).


Diorama de figurines en uniforme militaire mettant en scène des artilleurs français autour de leur canon pendant la guerre franco-allemande (1870-1871). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Diorama de figurines en uniforme militaire mettant en scène des artilleurs français autour de leur canon pendant la guerre franco-allemande (1870-1871). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Attaqué une nouvelle fois à Saulces-Monclin (Ardennes), Vinoy fait déployer l’artillerie. De son côté, le général Bredow[1], voyant que sa tentative échoue, se replie. Une seconde attaque est menée par une brigade de cavalerie, alors que l’ennemi se contente de les observer.


[1] Friedrich Wilhelm Adalbert von Bredow (25 mai 1814-3 mars 1890).


Diorama de figurines en uniforme militaire mettant en scène des artilleurs prussiens autour de leur canon pendant la guerre franco-allemande (1870-1871). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Diorama de figurines en uniforme militaire mettant en scène des artilleurs prussiens autour de leur canon pendant la guerre franco-allemande (1870-1871). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Comme l’artillerie prussienne occupe le terrain de Bertoncourt (Ardennes), la colonne se détourne de l’itinéraire initial pour prendre le chemin qui conduit à Novion-Porcien (Ardennes). Elle ne subit plus que des escarmouches destinées à lui faire perdre du temps.


Paquetage du soldat français pendant la guerre franco-allemande (1870-1871). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Paquetage du soldat français pendant la guerre franco-allemande (1870-1871). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Lorsque le village de Novion (Ardennes) est atteint vers 15 heures, le général Vinoy met les troupes au bivouac, pour qu’elles se reposent et que l’on puisse s’occuper de la quarantaine de blessés.


Mannequin en uniforme militaire d'un uhlan du Ulanen-Regiment König Wilhelm I. (2. Württembergisches) Nummer 20. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes. Œuvre photographique soumises au code de la propriété intellectuelle, dont l’usage pédagogique et non lucratif a été expressément permis à l’auteure par ses détenteurs Alfred Umhey (chargé de collection) et Ludivine Huart (directrice du musée). © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Mannequin en uniforme militaire d’un uhlan du 20e régiment, 2e Wurtemberg = Ulanen-Regiment König Wilhelm I. (2. Württembergisches) Nummer 20. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes. Œuvre photographique soumises au code de la propriété intellectuelle, dont l’usage pédagogique et non lucratif a été expressément permis à l’auteure par ses détenteurs Alfred Umhey (chargé de collection) et Ludivine Huart (directrice du musée). © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Très rapidement, c’est l’affolement, la population craignant l’arrivée des uhlans. Ils occupent le village, dès le départ des Français.


Finalement, le général Vinoy décide de repartir dans la nuit du 3 septembre dans l’espoir de mettre davantage de distance avec l’ennemi. Le départ est fixé à 2 heures du matin et, pour ne pas alerter les éclaireurs de l’autre camp, des traces de vie sont laissées avec le maintien des feux allumés.

La colonne se prépare à gagner Chaumont-Porcien (Ardennes), lorsqu’une forte pluie se met à tomber. Les hommes sont trempés, la boue qui atténue cependant le bruit des roues ne facilite pas les déplacements. Successivement, la troupe traverse Mesmont[1], Bégny[2], Givron (Ardennes).


[1] Actuellement, département des Ardennes, en région Grand Est. A ne pas confondre avec Mesmont (Côte-d’Or), en région Bourgogne-Franche-Comté.

[2] Actuellement, Doumely-Bégny (Ardennes), en région Grand Est.


Les armes à feu utilisées pendant la guerre franco-allemande (1870-1871). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Or, entre Bégny et Givron, une route descend sur Ecly[1] et Château-Porcien[2], où se trouve l’ennemi. C’est là que le guide qui les conduit (et qui pourtant connait le secteur) se trompe et les engage dans la mauvaise direction[3]. Le général Vinoy s’en aperçoit, et fait rebrousser chemin à ses troupes, dans un grand désordre. Bégny (Ardennes) sera lui aussi occupé par des troupes prussiennes.


[1] Actuellement, département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Actuellement, département des Ardennes en région Grand Est.

[3] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-73265 < T. 2 >, Thoumas, Charles (auteur), Les transformations de l’Armée française : essais d’histoire et de critique sur l’état militaire de la France, Paris : Berger-Levrault, 1887, 2 vol. ; in-8°, page 420, vue 429/686, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LF195-763 (2).


Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-5499144 < Edition 2 >, Vinoy, Joseph (auteur), Campagne de 1870-1871 : siège de Paris ; opérations du 13e corps et de la troisième armée, deuxième édition, Paris : Henri Plon, 1872, 1 vol. in-8° (III-536 p.) et 1 atlas in-fol. (XV planches), page IV, vue 13/45, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LB57-46 (A,1).
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-5499144 < Edition 2 >, Vinoy, Joseph (auteur), Campagne de 1870-1871 : siège de Paris ; opérations du 13e corps et de la troisième armée, deuxième édition, Paris : Henri Plon, 1872, 1 vol. in-8° (III-536 p.) et 1 atlas in-fol. (XV planches), page IV, vue 13/45, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LB57-46 (A,1).

La colonne arrive enfin à Chaumont-Porcien (Ardennes) vers 8 heures du matin. Les soldats reçoivent un accueil chaleureux de la population. Il leur sera difficile de repartir à l’heure prévue.


Chaumont (Ardennes), vers midi, voit arriver les dragons allemands. Ils prennent position sur les crêtes à l’est du village, et y installent des batteries. Un bataillon se déploie sur la route entre Adon (Ardennes)[1] et Chaumont (Ardennes), avant que deux autres n’occupent le village, qui n’en sort pas indemne.


[1] Actuellement, commune rattaché à Chaumont-Porcien, dans le département des Ardennes, en région Grand Est. A ne pas confondre avec Adon (Loiret), en région Centre-Val de Loire.


Une nouvelle fois, le général Vinoy décide de changer de route, et de se diriger sur Seraincourt[1], Fraillicourt[2], Montcornet[3].


[1] Actuellement, département des Ardennes, en région Grand Est. A ne pas confondre avec Seraincourt (Val-d’Oise), en région Île-de-France.

[2] Actuellement, département des Ardennes en région Grand Est.

[3] Actuellement Montcornet (Aisne), en région Hauts-de-France. A ne pas confondre avec Montcornet ou Montcornet-en-Ardenne, dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Ignorant qu’elle n’était pas poursuivie par la XIIe division d’infanterie[1], la colonne française fait halte à Fraillicourt (Ardennes) et, dans un dernier effort, se remet en marche jusqu’à Montcornet (Aisne), où elle parvient à 18 heures. Le lendemain elle gagne Marle[2], puis Laon[3], pour rejoindre Paris le 9 septembre.


[1] 12. Division [Alte Armee], union des contingents du royaume de Prusse.

[2] Actuellement, département de l’Aisne, en région Hauts-de-France.

[3] Actuellement, département de l’Aisne, en région Hauts-de-France.



Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-10505633, Hadol, Paul (dessinateur), La Ménagerie impériale : composée des ruminants, amphibies, carnivores, et autres budgétivores qui ont dévoré la France pendant 20 ans, Chez Rossignol, 11 rue Taitbout ; Au bureau de l'Éclipse, 16 rue du Croissant, Paris, 30 pl., page de titre : lithographie coloriée ; 17 x 27 cm, page non paginée, vue 11/49, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, TF-387-4.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-10505633, Hadol, Paul (dessinateur), La Ménagerie impériale : composée des ruminants, amphibies, carnivores, et autres budgétivores qui ont dévoré la France pendant 20 ans, Chez Rossignol, 11 rue Taitbout ; Au bureau de l’Éclipse, 16 rue du Croissant, Paris, 30 pl., page de titre : lithographie coloriée ; 17 x 27 cm, page non paginée, vue 11/49, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, TF-387-4.

La capitulation de l’empereur Napoléon III ne met pas fin aux combats. Des groupes de francs-tireurs se forment, et n’hésitent pas à attaquer l’ennemi, qui réplique par des représailles comme à Vaux-Villaine (Ardennes), où trois habitants[1] sont fusillés le 27 octobre 1870 au matin.


[1] Jean-Baptiste Depreuve, Louis Georges et Charles Georges.


Croix de fer de 2e classe et médailles commémoratives allemandes des batailles de la guerre franco-allemande (1870-1871). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Croix de fer de 2e classe et médailles commémoratives allemandes des batailles de la guerre franco-allemande (1870-1871). Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Après la défaite, le département des Ardennes se voit imposer, dès le 8 septembre 1870, une contribution d’un million de francs pour compenser les pertes allemandes dans divers domaines, et en particulier celles infligées aux navires allemands par les vaisseaux de guerre français[1].

Dans les registres de Mainbressy (Ardennes)[2], à la date du 20 octobre 1870, le conseil municipal se soumet au paiement d’une somme de 1 800 francs pour éviter, par un refus, des mesures de rétorsion, ce qui montre la crainte ambiante.


[1] En 1870, l’Allemagne ne comptait pas du tout au rang des puissances maritimes. Notre Marine lui était alors largement supérieure.

[2] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MAINBRESSY/D 1 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série MAINBRESSY/D 1 = administration communale, registre des délibérations du conseil municipal de Mainbressy (Ardennes), 1838-1880].


Décret de la préfecture de Rethel imposant une contribution d'un million de francs au département des Ardennes, soumis à l'occupation ennemie. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Décret de la préfecture de Rethel imposant une contribution d’un million de francs au département des Ardennes, soumis à l’occupation ennemie. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Peu de temps après, Von Katte[1], qui se présente comme préfet de Rethel (Ardennes), réclame à la commune de Rocquigny (Ardennes)[2] :

  • Le 12 novembre 1870, la fourniture de 1 500 kg de paille et autant de foin, 30 quintaux métriques (soit 100 kg) d’avoine, et 1 200 kg de viande.
  • Le 6 décembre 1870, ce sont des réquisitions de literie pour le casernement de troupes prussiennes qui sont mises en œuvre. Quelques jours plus tard, ce sont 75 paires de chaussettes et des couvertures qui sont exigées, sans oublier les sommes sollicitées pour l’éclairage ou des suppléments de gages donnés aux employés des armées prussiennes.
  • Le 26 janvier 1871, divers ajouts de grains et de blé sont demandés.

[1] Ce nom appartient à une vieille famille noble brandebourgeoise.

[2] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROCQUIGNY/D 1 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROCQUIGNY/D 1 = administration communale, registre des délibérations du conseil municipal de Rocquigny (Ardennes), 2 octobre 1865-2 juin 1884].


Dans le même temps, Fraillicourt (Ardennes)[1], occupé pendant 172 jours (du 8 septembre 1870 au 26 février 1871), est exposé à des requêtes considérables, après avoir pourvu à la nourriture et au logement de troupes (un régiment de dragons et le XXVIIe régiment d’infanterie[2]).

A la fourniture de grains, de fourrages, de vin, de cidre, d’eau de vie et de liqueurs s’ajoutent des moyens de transport (voitures de maître, charrettes, chariots), des vêtements confectionnés et de la vaisselle.


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/FRAILLICOURT/D 3 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série FRAILLICOURT/D 3 = registre des délibérations du conseil municipal de Fraillicourt (Ardennes), 1838-1873].[2] Infanterie-Regiment Prinz Louis Ferdinand von Preußen ((2. Magdeburgisches) Nummer 27.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-53083071, Andriveau-Goujon, Eugène (auteur), Carte de l'invasion et de l'occupation du territoire français par l'armée allemande en 1870-1871 [Document cartographique], Paris : Eugène Andriveau-Goujon, 1871, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE C-6579.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-53083071, Andriveau-Goujon, Eugène (auteur), Carte de l’invasion et de l’occupation du territoire français par l’armée allemande en 1870-1871 [Document cartographique], Paris : Eugène Andriveau-Goujon, 1871, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE C-6579.

En 1871, tout est paralysé dans le département, puisqu’une gouvernance allemande a été mise en place, et que la poste ne fonctionne plus. A tout cela, s’ajoute la rigueur de l’hiver. La misère et la peur règnent une fois de plus sur la contrée.

Cette gestion par les Allemands disparaît après la signature des préliminaires de paix (mars 1871). L’administration française reprend alors sa place. La loi du 14 avril 1871 prescrit à cet effet un renouvellement intégral des membres des conseils municipaux.


La commune de La Romagne est imposée d’une contribution aux frais des besoins de l’armée allemande. Celle-ci s’élève à 50 francs par tête d’habitant, ce qui fait un total de 21 200 francs.

Ces derniers ne peuvent être délivrés qu’au moyen d’un appel aux contribuables les plus aisés de la commune, et d’un emprunt remboursable en 5 ans une fois la guerre terminée.

A partir de 1872, la conséquence de ces contributions est une imposition exceptionnelle. L’autorité allemande ne se contente pas de ces sommes. Elle réclame en sus environ 3000 francs, correspondant à la contribution foncière afférente à l’Etat.


De plus, la commune (tout comme d’autres villages ardennais cités plus haut) est mise en demeure de fournir, en plus de divers produits (dont on ne connaît pas la liste), une voiture de houille attelée de quatre chevaux. Celle-ci pose un certain nombre de problèmes à la municipalité, car le voiturier doit aller chercher en Belgique son chargement avant de le rapporter à Rethel (Ardennes).

Ce qui n’est pas sans risque, puisque l’on craint une confiscation à la frontière, soit par les douaniers, soit par les francs-tireurs. Une solution est arrêtée[1] : monsieur Merlin fournit la voiture et l’attelage, tandis que le village réquisitionné se porte garant du matériel prêté pour cette opération. Apparemment, cette dernière s’est bien déroulée.


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/D 1 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROMAGNE[LA]/D 1 = registre des délibérations du conseil municipal de La Romagne (Ardennes), 24 juin 1849-6 août 1893], décisions des 22 janvier 1871 et 15 octobre 1871.


Carte sur les conséquences territoriales de la défaite. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Carte sur les conséquences territoriales de la défaite. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

L’armistice général intervient le 15 février 1871 et, si le traité préliminaire de paix est signé le 26 février 1871 à Versailles[1], ce dernier proclame aussi l’unité allemande.


[1] Actuellement, département des Yvelines, en région Île-de-France.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-52503834, Vidal de La Blache, Paul (cartographe), France, frontière Nord-Est et Alsace-Lorraine, échelle au 1 : 729 000, Paris : Armand Colin, [circa 19..], 1 feuille en couleurs, 117 x 98 cm, vue 1/2, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE AA-25 (10 / 10 BIS-19..). [Note : atlas de 22 cartes murales, parlantes au recto, muettes au verso. Document cartographique n° 10].
Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-52503834, Vidal de La Blache, Paul (cartographe), France, frontière Nord-Est et Alsace-Lorraine, échelle au 1 : 729 000, Paris : Armand Colin, [circa 19..], 1 feuille en couleurs, 117 x 98 cm, vue 1/2, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE AA-25 (10 / 10 BIS-19..). [Note : atlas de 22 cartes murales, parlantes au recto, muettes au verso. Document cartographique n° 10].

En réalité, c’est le traité de Francfort-sur-le-Main du 10 mai 1871 qui met fin à cette guerre franco-allemande de 1870-1871. Cette dernière a profondément marqué les Ardennes (qui auront subi l’occupation après la défaite de Sedan, mais aussi en 1914-1918 et en 1939-1945).

Quant à la France, elle offre un nouveau visage, avec le rattachement de l’Alsace et de la Lorraine à l’Empire allemand sous le nom d’Elsaß-Lothringen.

Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-52503834, Vidal de La Blache, Paul (cartographe), France, divisions militaires, échelle au 1 : 1 100 000, Paris : Armand Colin, [circa 19..], 1 feuille en couleurs, 117 x 98 cm, vue 2/2, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE AA-25 (10 / 10 BIS-19..). [Note : atlas de 22 cartes murales, parlantes au recto, muettes au verso. Document cartographique n° 10 bis].
Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-52503834, Vidal de La Blache, Paul (cartographe), France, divisions militaires, échelle au 1 : 1 100 000, Paris : Armand Colin, [circa 19..], 1 feuille en couleurs, 117 x 98 cm, vue 2/2, consultable en ligne sur Gallica, image reproduite d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE AA-25 (10 / 10 BIS-19..). [Note : atlas de 22 cartes murales, parlantes au recto, muettes au verso. Document cartographique n° 10 bis].

Les villages reçoivent des compensations financières au titre des dommages de guerre. C’est ce qu’indique par exemple la séance extraordinaire du conseil municipal de Montmeillant (Ardennes)[1] du 20 avril 1872, qui précise que la commune se voit accorder une somme de 1 285,40 francs, versée par cinquième.


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/D 3 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série MONTMEILLANT/D 3 = administration communale, registre des délibérations du conseil municipal de Montmeillant, 1840-1888].


Pour bon nombre de communes, les archives constituées des registres de délibération des séances des conseils municipaux restent la plupart du temps muettes sur la période allant de fin juillet 1870 à l’année 1872.

C’est le cas pour les villages ardennais, en particulier pour Chaumont-Porcien (Ardennes), Givron (Ardennes), Chappes[1], Wadimont[2], Mainbresson (Ardennes), et Wasigny (Ardennes).

En ce qui concerne La Romagne, il est impossible d’en parler, car les pages des délibérations du conseil municipal sont arrachées entre 1871 et 1872.


[1] Département des Ardennes, en région Grand Est. A ne pas confondre avec Chappes (Puy-de-Dôme), en région Auvergne-Rhône-Alpes.

[2] Actuellement rattachée à Chaumont-Porcien, avec Logny-lès-Chaumont (Ardennes), en région Grand Est).


La défense du drapeau, bronze dAristide Croisy, sculpteur français né le 31 mars 1840 à Fagnon (Ardennes) et mort dans la même ville le 7 novembre 1899. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les documents subsistants apprennent cependant que quelques Romanais ont été exemptés de la guerre, soit parce qu’ils étaient instituteurs (Alexis Stévenot), ou pour raisons de santé (Théophile Adonis Larchet).

Ils attestent également que Pierre Aristide Devie a exercé sa profession de maréchal-ferrant au sein du 5e régiment de hussards de 1872 à 1877.

Ils témoignent enfin que La Romagne a été touchée par la mort au combat ou l’emprisonnement par l’ennemi de jeunes gens nés dans le village.

Médaille commémorative « Oublier ? Jamais ! » (1893), médaille commémorative « Aux défenseurs de la patrie » (1912), médaille des anciens combattants de Reims. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Médaille commémorative « Oublier ? Jamais ! » (1893), médaille commémorative « Aux défenseurs de la patrie » (1912), médaille des anciens combattants de Reims. Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Les natifs de La Romagne soldats de la guerre franco-allemande 1870-1871 (A-Z)
Pierre Chailloux[1], fils de François-Xavier Chailloux et d’Adèle Millet, est né le 7 octobre 1847 à La Romagne. Il est incorporé en juillet 1868, puis appelé à l’active dès juillet 1870. Il est soldat de 2e classe à la 2e compagnie du 2e bataillon de la garde mobile des Ardennes, et décède le 1er novembre 1870[2] à Rocroi (Ardennes) à l’hôpital militaire.

[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1007 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, articles 1R 1001-1647 = registres des états signalétiques et des services (1864-1940)].
[2] Archives départementales des Ardennes, 2E 369 5 [sous-série 2E = archives communales déposées, articles 2E 369 1-10 = registres paroissiaux et d’état civil de La Romagne, baptêmes, mariages, sépultures, cote 2E 369 5 = années 1863-1872], transcription de l’acte de décès, vue 156/177, consultable en ligne.
Alfred Léon Chéry[1], fils de Pierre Chéry et de Marie-Joséphine Ismérie Noël, est né le 10 novembre 1849 à La Romagne. Appelé en août 1870, il est fait prisonnier le 19 janvier 1871 et ne rentre en France que le 24 avril 1871. Il est définitivement licencié par la paix le 31 décembre 1872.

[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1014 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, articles 1R 1001-1647 = registres des états signalétiques et des services (1864-1940)].
Michel Célestin Dupont[1], fils de Jean Nicolas Dupont et d’Elisabeth Bonhomme, est né le 30 avril 1850 à La Romagne. Devenu volontaire le 16 août 1870, il est incorporé au 1er régiment de chasseurs à pied de Belval (Ardennes), où il est nommé trompette le 31 mai 1871.

[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1017 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, articles 1R 1001-1647 = registres des états signalétiques et des services (1864-1940)].
Pierre Millet[1], fils de Pierre Millet et de Félicité Grimplet, est né le 12 juin 1850 à La Romagne. Il est incorporé en août 1870 comme appelé des Ardennes.

[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1017 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, articles 1R 1001-1647 = registres des états signalétiques et des services (1864-1940)].
Nota bene : cette liste limitative cite uniquement les Romanais par naissance, c’est-à-dire les personnes qui sont nées à La Romagne, et non celles qui pourraient y avoir habité par la suite.

Des monnaies satiriques illustrent la légende noire du Second Empire, traitant Napoléon III de « vampire » ou de « misérable ». Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Des monnaies satiriques illustrent la légende noire du Second Empire, traitant Napoléon III de « vampire » ou de « misérable ». Collections publiques du musée Guerre et Paix en Ardennes (Novion-Porcien, Ardennes) – conseil départemental des Ardennes, prise de vue effectuée le lundi 18 septembre 2023. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Après le désarroi provoqué par la défaite de Sedan (Ardennes) et son retentissement national, la déchéance officielle de Napoléon III le 1er mars 1871, et la chute du Second Empire, la Troisième République (régime en vigueur du 4 septembre 1870 au 10 juillet 1940) mène une politique d’expansion des colonies qui aura un certain retentissement sur la vie de La Romagne.


Les natifs de La Romagne et le second empire colonial français (A-Z)
Clovis Dupont, né le 18 juillet 1855 à La Romagne, part pour l’Algérie, où du reste il meurt le 12 octobre 1879 à l’hôpital militaire de M’Sila[1].

[1] Chef-lieu de la wilaya (collectivité territoriale) de M’Sila.
Fernand Gustave Devie, né le 14 décembre 1880 à La Romagne, engagé volontaire, intègre plusieurs bataillons d’infanterie coloniale, et fait les campagnes du Sénégal entre 1901 et 1904.
Nota bene : cette liste limitative cite uniquement les Romanais par naissance, c’est-à-dire les personnes qui sont nées à La Romagne, et non celles qui pourraient y avoir habité par la suite.

C’est ainsi que quelques jeunes hommes natifs du village, lors de leur service militaire ou au cours de leur carrière, participent à la promotion du second empire colonial français[1], principalement en Afrique.


[1] Le premier empire colonial français correspond aux conquêtes de l’Ancien Régime.

Catégories
Criminalité Finances publiques Impôt Justice Métiers Professions Travailleurs

La gabelle à La Romagne et le grenier à sel de Château-Porcien


Lion d'or (avers ou droit) de Philippe VI (1328-1350) : le roi, couronné, est assis dans une stalle gothique, avec baldaquin. Il tient un sceptre long de sa main droite, un court de sa main gauche. Ses pieds sont posés sur un lion à gauche .
Lion d’or (avers ou droit) de Philippe VI (1328-1350) : le roi, couronné, est assis dans une stalle gothique, avec baldaquin. Il tient un sceptre long de sa main droite, un court de sa main gauche. Ses pieds sont posés sur un lion à gauche .

Le nom de gabelle, dans son premier sens, est donné à toute espèce d’impôt indirect, avant qu’il ne désigne la taxation spécifique sur le sel. C’est probablement l’imposition la plus détestée par le peuple, mais qui est la source d’importants revenus pour le royaume.

Le monopole du sel est établi en 1342 par Philippe VI. L’Etat seul peut vendre cette marchandise, au prix qui lui convient, et imposer la quantité à acheter. Comme dans bien d’autres cas, les nobles en sont dispensés, d’où l’importance de pouvoir faire preuve de sa noblesse pour ces derniers, et de débusquer les fraudeurs pour la royauté.

Lion d'or (revers) de Philippe VI (1328-1350) montrant une croix quadrilobée, feuillue et fleurdelisée, dans un quadrilobe tréflé cantonné de quatre couronnelles.
Lion d’or (revers) de Philippe VI (1328-1350) montrant une croix quadrilobée, feuillue et fleurdelisée, dans un quadrilobe tréflé cantonné de quatre couronnelles.

Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-9626016, page 1, vue 5/16, consultable en ligne sur Gallica, Ordonnances, reglemens et arrests justificatifs du droict de franc-salé deub aux officiers des gabelles, 8 pages, in-4°, 1624, texte numérisé d'après l'original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-23459.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-9626016, page 1, vue 5/16, consultable en ligne sur Gallica, Ordonnances, reglemens et arrests justificatifs du droict de franc-salé deub aux officiers des gabelles, 8 pages, in-4°, 1624, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-23459.

Le cas de la Champagne est assez particulier pour être signalé.  Les élections[1] de Reims et de Sainte-Menehould sont des pays de grande gabelle[2]. Le Hainaut et la principauté de Sedan constituent des « zones franches », et en sont exemptés. Quant au Rethélois, il a un régime spécial : il est pays de « franc salé ». Il bénéficie donc du droit de prendre à la gabelle une certaine quantité de sel, sans payer la taxe afférente.



[1] Division administrative d’une intendance.

[2] Le prix du sel y est élevé. Un minimum d’achat annuel est imposé. Dans les pays de petite gabelle, le sel est meilleur marché, et sa consommation plus libre.


Rijksmuseum (Amsterdam), numéro d'inventaire RP-P-1909-5787, Guillaume Vallet (1632–1704), Portrait de Louis IV de Gonzague-Nevers, gravure, papier, 304 mm × 208 mm, notice descriptive consultable en ligne.
Rijksmuseum (Amsterdam), numéro d’inventaire RP-P-1909-5787, Guillaume Vallet (1632–1704), Portrait de Louis IV de Gonzague-Nevers, gravure, papier, 304 mm × 208 mm, notice descriptive consultable en ligne.

Jusqu’à la mort du duc Louis IV de Gonzague-Nevers, la région bénéficie de ce privilège, que lui enlève le roi Henri IV. Devant les protestations de la population, il est rétabli en 1612.  En 1680, une ordonnance maintient les anciennes franchises du duché, à condition que les habitants se procurent le sel dans les magasins indiqués, soit Rethel, Donchery, Mézières (uniquement approvisionnés en sel blanc).


Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8445425, consultable en ligne sur Gallica, carte des gabelles, une feuille, 27 x 36 cm, datée du règne de Louis XVI, image numérisée d'après l'original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Cartes et plans, GED-6510.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8445425, consultable en ligne sur Gallica, carte des gabelles, une feuille, 27 x 36 cm, datée du règne de Louis XVI, image numérisée d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Cartes et plans, GED-6510.

Les quantités à acheter dépendent du lieu où l’on habite. Mais elles varient parfois aussi en fonction d’événements plus ponctuels comme l’incendie, la grêle, l’augmentation du nombre de feux[1] dans un village, etc.

Les gabelles et les traites foraines (impôt perçu sur la circulation des marchandises) sont régies par trois directeurs, dont dépendent les bureaux de Châlons, Troyes, Sedan. Ces derniers contrôlent plusieurs élections. Celui de Châlons surveille celles de Châlons, Reims, Vitry, Epernay, Sainte-Menehould, Joinville et Sézanne.


[1] « Ensemble des personnes réunies dans un même foyer. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, page non paginée, vue 13/580, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d'après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 23920, 1725, 897 pages [cotes Français 23917-23925 = états de dénombrement des ressorts des gabelles (1725-1726), division IV = directions d'Amiens, Saint-Quentin, Soissons, Châlons et Langres].
Bibliothèque nationale de France, document numérique, page non paginée, vue 13/580, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 23920, 1725, 897 pages [cotes Français 23917-23925 = états de dénombrement des ressorts des gabelles (1725-1726), division IV = directions d’Amiens, Saint-Quentin, Soissons, Châlons et Langres.]

Cette même direction de Châlons comporte neuf greniers à sel, trente-huit bureaux de traites foraines, deux bureaux et neuf entrepôts pour le tabac[1]. Les premiers se doivent de fournir la quantité de cinq cent-cinquante-six muids[2], un setier[3] et un minot[4] et demi de sel, dont le produit, par année, représente la somme de 1 230 000 livres. Ils n’ont pas tous le même statut : certains sont de « vente volontaire » : les achats peuvent s’y faire à n’importe quel moment de l’année. Les autres sont dits « d’impôt ».

Tableau comparatif des paiements de la gabelle à La Romagne, Montmeillant, Aubenton. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d'après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 23920, 1725, 897 pages [cotes Français 23917-23925 = états de dénombrement des ressorts des gabelles (1725-1726), division IV = directions d'Amiens, Saint-Quentin, Soissons, Châlons et Langres].
Tableau comparatif des paiements de la gabelle dans trois communes limitrophes : La Romagne, Montmeillant, Aubenton.

C’est à cette dernière catégorie qu’appartient celui de Château-Porcien (dont dépendent La Romagne et Montmeillant), tandis que celui d’Aubenton couvre par exemple les villages de Rocquigny et de Saint-Jean-aux-bois[5].


[1] Bibliothèque du Sénat, 3FPM0956 [Ancien 9351 selon une cotation antérieure], notice descriptive consultable en ligne sur le Catalogue collectif de France (CCFr), numéro 956, Mémoires sur diverses généralités [XVIIIe siècle, manuscrit en français sur papier, 230, 213, et 200 pages, 350 sur 240 mm, reliure en parchemin vert], tome I, Larcher, Michel, Mémoire sur la généralité de Champagne, dressé par M[ichel Larcher], 1695, 230 p.

[2] « Mesure dont on se servait autrefois pour les liquides, pour les grains et pour plusieurs autres matières, comme le sel, le charbon, le plâtre, la chaux, etc. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] « Ancienne mesure de capacité, de valeur variable suivant les époques et les régions, utilisée pour les liquides, les grains et d’autres matières comme le sel, le charbon ou la chaux. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[4] « Mesure de capacité utilisée autrefois, surtout pour les grains, et équivalant à la moitié d’une mine. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[5] Bibliothèque nationale de France, document numérique, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 23920, 1725, 897 pages [cotes Français 23917-23925 = états de dénombrement des ressorts des gabelles (1725-1726), division IV = directions d’Amiens, Saint-Quentin, Soissons, Châlons et Langres.]


La ville de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 235, vue 238/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.
La ville de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 235, vue 238/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l’édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.

Le grenier à sel de Château-Porcien remonterait à 1397, et son découpage aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il couvre une surface de mille cent km2 et comprend quatre-vingt-seize paroisses. Il est imposé dans son ensemble en 1724 à quarante-six muids et deux setiers. Il confine au midi par une pointe avec celui de Reims, au sud-ouest avec celui de Cormicy. Tous deux sont « de vente volontaire ». Au nord-ouest, il jouxte ceux de Marle et d’Aubenton, qui sont « d’impôt ». Il est alimenté en sel gris, transporté depuis la mer par la Seine, l’Oise ou l’Aisne.

Le corps des officiers du grenier à sel de Cormicy et Jean le Brun, conseiller du roi, premier grènetier au grenier à sel de Cormicy. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, p. 164, vue 167/558, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.
Le corps des officiers du grenier à sel de Cormicy et Jean le Brun, conseiller du roi, premier grènetier au grenier à sel de Cormicy. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 164, vue 167/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l’édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.

Jean Buneau, grènetier au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, p. 451, vue 454/558, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.
Jean Buneau, grènetier au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 451, vue 454/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l’édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.

Divers emplois dans les greniers à sel sont des offices que l’on achète : ces charges concernent les receveurs, les grènetiers[1], , les contrôleurs, les procureurs du roi et les greffiers. Certains de ces offices peuvent atteindre la somme de 4 000 livres, mais le montant dû est fonction de la place occupée dans la hiérarchie.


[1] « Sous l’Ancien Régime, officier au grenier à sel, qui jugeait des différends regardant la gabelle. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Philippe Bouron, contrôleur au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, p. 450, vue 453/558, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.
Philippe Bouron, contrôleur au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 450, vue 453/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l’édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.

En 1666, Antoine Delamer, avocat en Parlement, se voit octroyer par lettres patentes l’office de contrôleur alternatif au grenier à sel de Château-Porcien[1]. Il est précédé dans cette charge par Quentin Carlier. De même, Pierre Blondelot succède, sur recommandation du sieur d’Espinoy de Loonny[2], à Jacques Robin comme procureur au grenier à sel de Château-Porcien[3].


[1] Archives nationales, site de Paris, Z1A 564 n° 553 [série Z = juridictions spéciales et ordinaires, sous-série Z1 = fonds des juridictions spéciales, groupe Z1A = cour des aides de Paris, articles Z1A 524 à 1292 = minutes, cotes Z1A 524 à 633 = lettres patentes et provisions d’offices (collection reconstituée après l’incendie de 1776 pour la période 1189-1775), 1189-1789.]

[2] Conseiller à la cour du parlement de Metz.

[3] Archives nationales, site de Paris, Z1A 571 n° 876 [série Z = juridictions spéciales et ordinaires, sous-série Z1 = fonds des juridictions spéciales, groupe Z1A = cour des aides de Paris, articles Z1A 524 à 1292 = minutes, cotes Z1A 524 à 633 = lettres patentes et provisions d’offices (collection reconstituée après l’incendie de 1776 pour la période 1189-1775), 1189-1789.]


Pierre Martin Andru, procureur du roi au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 296, vue 299/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.
Pierre Martin Andru, procureur du roi au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 296, vue 299/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l’édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.

Il est important d’appartenir à un réseau relationnel pour l’obtention d’un office. Ce n’est pas le seul critère, puisque les liens familiaux jouent aussi un rôle.

Ceci apparaît bien dans la lettre de provision nommant Nicolas Sohier à l’office de conseiller-procureur à la place d’Etienne Delpierre, qui se serait démis à son profit. L’acte précise que le second est le beau-frère du premier[1].

La nomination de Pierre Antoine Devie, avocat en Parlement, montre un autre exemple de transmission entre proches : étant son seul fils et héritier, il succède à son père à l’office de conseiller du roi grènetier que celui-ci détenait[2].


[1] Archives nationales, site de Paris, Z1A 603 en date du 30 avril 1752 et du 30 septembre 1752 [série Z = juridictions spéciales et ordinaires, sous-série Z1 = fonds des juridictions spéciales, groupe Z1A = cour des aides de Paris, articles Z1A 524 à 1292 = minutes, cotes Z1A 524 à 633 = lettres patentes et provisions d’offices (collection reconstituée après l’incendie de 1776 pour la période 1189-1775), 1189-1789.]

[2] Même cote.


Claude Tenelle de Saint-Remi, commissaire examinateur enquêteur au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 452, vue 455/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.
Claude Tenelle de Saint-Remi, commissaire examinateur enquêteur au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 452, vue 455/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l’édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.

De même, le 1er janvier 1750, Jean Petit, titulaire de l’office de sergent royal au grenier à sel de Château-Porcien, le vend à Charles Mangin pour la somme de 80 livres. Six ans plus tard, la veuve de ce dernier revend cet office à Guy Gruslet, marchand, pour la somme de 400 livres[1]. Ce qui démontre que, malgré l’inflation, un office prend une certaine valeur.


[1] Archives départementales des Ardennes, C 962 et C 968, inventaires sommaires [série C = administrations provinciales avant 1790, articles C 546-2428 = suppléments à la série C, cotes C 936-1050 = administration des domaines, généralité de Châlons, bureau de Château-Porcien, contrôle des actes des notaires et sous-seings privés, tables des mainmortes et des biens nobles et insinuations laïques, centième dernier, 1710-1791.]


Le corps des officiers du grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 162, vue 165/558, consultable en ligne sur Gallica Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.
Le corps des officiers du grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 162, vue 165/558, consultable en ligne sur Gallica Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l’édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.

A Château-Porcien, le bâtiment qui porte le même nom que la division administrative se compose de trois chambres, dont deux peuvent contenir jusqu’à quatre-vingt-dix muids, et la troisième mille deux cents sacs. La distribution du sel d’impôt se fait tous les huit premiers jours de chaque quartier[1].


[1] Trimestre.


La ville d'Aubenton. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 506, vue 513/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696. XXXII Soissons, 1701-1800, manuscrit en français, 556 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32259.
La ville d’Aubenton. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 506, vue 513/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l’édit de 1696. XXXII Soissons, 1701-1800, manuscrit en français, 556 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32259.

Le grenier d’Aubenton est borné par les terres du Luxembourg, de Liège, de la principauté de Chimay, par le Hainaut français et le grenier de Vervins[1]. Il est donc très proche de la frontière.


[1] Bibliothèque nationale de France, document numérique, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 23920, 1725, 897 pages [cotes Français 23917-23925 = états de dénombrement des ressorts des gabelles (1725-1726), division IV = directions d’Amiens, Saint-Quentin, Soissons, Châlons et Langres.]


Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8604806, page non paginée, vue 1/4, consultable en ligne sur Gallica, Déclaration qui ordonne une augmentation sur chaque minot de sel qui se distribue aux officiers qui jouissent du droit de francsalé, 1745, In-4°, 3 pages, image numérisée d'après l'original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21138 (90).
Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8604806, page non paginée, vue 1/4, consultable en ligne sur Gallica, Déclaration qui ordonne une augmentation sur chaque minot de sel qui se distribue aux officiers qui jouissent du droit de francsalé, 1745, In-4°, 3 pages, image numérisée d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21138 (90).

Les ménages sont contraints d’acheter un minot de sel de cent livres pour dix ou onze personnes. Les enfants de moins de huit ans sont exclus du décompte dans les greniers à sel d’impôt. Au contraire, dans les greniers à sel de vente volontaire, un minot est imposé pour quatorze personnes. Montmeillant l’est à dix minots, Rocquigny à quarante-six minots.

La perception et la vente sont assurées au sein de chaque paroisse par des collecteurs choisis à tour de rôle parmi les chefs de famille contribuables. Ils dressent des rôles[1], qui servent d’éléments de comparaison pour contrôler les données[2], de la même manière que pour les tailles. Ces collecteurs doivent acheter le sel de leur communauté en quatre fois, et réaliser au mieux la répartition, en tenant compte des facultés et du nombre de personnes de chaque famille.


[1] Attesté au XIIIe siècle, le terme rolle (rôle en orthographe modernisée) désigne une liste, une énumération détaillée.

[2] Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC20-132, Hussenet, Jacques, « Démographie ardennaise : l’exemple du grenier à sel de Château-Porcien », in Revue historique ardennaise, Charleville-Mézières : Fédération des sociétés savantes des Ardennes, 1969-, tome XXIX, année 1994, pages 181-193 [Nota bene : ce périodique est publié depuis 1969 à Charleville-Mézières par la Fédération des sociétés savantes des Ardennes, la Société d’études ardennaises (devenue la Société d’histoire des Ardennes) et la Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais. Il ne saurait être confondu avec le bimestriel du même nom, édité entre 1894 et 1914, et qui est un titre mort.]


Louis Oudart, grènetier au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 451, vue 454/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l'édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.
Louis Oudart, grènetier au grenier à sel de Château-Porcien. Voir Bibliothèque nationale de France, document numérique, p. 451, vue 454/558, consultable en ligne sur Gallica, Hozier, Charles-René, Volumes reliés du Cabinet des titres : recherches de noblesse, armoriaux, preuves, histoires généalogiques. Armorial général de France, dressé, en vertu de l’édit de 1696. X Champagne, 1701-1800, manuscrit en français, 555 pages, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 32237.

La distribution se fait dans la deuxième huitaine du quartier, et le sel doit être payé, pour moitié six semaines après, et pour l’autre moitié au quartier suivant. En cas d’insolvabilité des contribuables, le collecteur peut faire enlever les meubles par saisie-exécution. Si lui-même est insolvable, le receveur[1] le poursuit par commandement.


[1] Bibliothèque Mazarine, fonds général, Ms. 2838 [ancienne cote Ms. 1563], XVIIIe siècle, papier, 353 × 240 mm, Procès-verbal des tournées faites dans les directions de Châlons-sur-Marne, Charleville et Langres, par M. de Villemur, fermier général, pendant les 5e et 6e années du bail de M. Jacques Forceville, 1743 et 1744, notice descriptive consultable sur Calames, le catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l’enseignement supérieur.


Musée national des douanes (Bordeaux), identifiant MND_985.36.1, anonyme (école française de peinture), Intérieur d'un grenier à sel, XVIIIe siècle, notice descriptive consultable en ligne sur la plateforme numérique Europeana.
Musée national des douanes (Bordeaux), identifiant MND_985.36.1, anonyme (école française de peinture), Intérieur d’un grenier à sel, XVIIIe siècle, notice descriptive consultable en ligne sur la plateforme numérique Europeana.

Au siège du grenier à sel, un registre sexté[1], divisé par paroisse et comportant le nom des paroissiens exemptés ou non, permet de contrôler et de connaître ceux qui n’auraient pas levé la quantité de sel prescrite.

A partir de 1710, une publication est faite dans chaque paroisse, tous les six mois, afin d’avertir les paroissiens de la quantité de sel qu’ils doivent acheter. Ils sont alors contraints de s’en acquitter dans les quinze jours, sous peine d’amende.


[1] Utilisé pour une durée de six ans.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8493188, consultable en ligne sur Gallica, carte des gabelles, image numérisée d'après l'original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Cartes et plans, GE D-15315.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8493188, consultable en ligne sur Gallica, carte des gabelles, image numérisée d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Cartes et plans, GE D-15315.

Comme la même loi ne règne pas sur toute la province, de nombreux trafics s’ensuivent, d’autant plus que les greniers de Château-Porcien et d’Aubenton sont assez proches de celui de Rethel. Pour essayer d’enrayer ceux-ci, chaque grenier à sel dispose d’une brigade ambulante, comprenant au moins une dizaine d’hommes (brigadier, sous-brigadier et gardes), qui tentent d’empêcher le faux-saunage[1].

Ce dernier est très difficile à éradiquer, quoique considéré comme un crime. A partir de 1706, on assiste même à une recrudescence de la contrebande. La troupe est appelée en renfort pour réduire les foyers de faux-saunage durant tout l’été et l’automne.


[1] Contrebande du sel.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-9791236, page non paginée, vue 1/24, consultable en ligne sur Gallica, Ordonnance du roy, pour renouveller les défenses à tous gens de guerre, sur le commerce du faux sel, du faux tabac & des marchandises de contrebande, Paris : Imprimerie royale, 1743, 23 pages, in-4°, texte numérisé d'après l'original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21805 (50).
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-9791236, page non paginée, vue 1/24, consultable en ligne sur Gallica, Ordonnance du roy, pour renouveller les défenses à tous gens de guerre, sur le commerce du faux sel, du faux tabac & des marchandises de contrebande, Paris : Imprimerie royale, 1743, 23 pages, in-4°, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21805 (50).

Les sanctions prévues ne sont pas dissuasives, malgré leur sévérité qui prend diverses formes telles :

  • les amendes, qui atteignent la somme considérable de trois cents livres, voire beaucoup plus ;
  • la flétrissure et la condamnation aux galères ;
  • le bannissement hors du royaume ;
  • une condamnation à mort en cas de récidive[1].

[1] Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Cinq cents de Colbert 251, Recueil des editz et déclarations faictes par le Roy depuis le mois de novembre 1661 jusques au dernier avril 1667, ensemble d’aucuns éditz et déclarations qui n’ont esté registrées que depuis ladite année 1661, XVIIe siècle, papier, 672 feuillets, in-folio, reliure de veau raciné, aux armes et au chiffre de Colbert, avec les colliers des Ordres, manuscrit en français, division Contre les faux-saulniers, 1664, folio 123.


Musée national de la marine (Paris), numéro d'inventaire 3 MG 2, galère ordinaire armée en réale, maquette de bateau, coque ancienne du XVIIIe siècle transformée à l'atelier du musée naval du Louvre entre 1830 et 1837, modèle au 1/16,5, notice consultable en ligne sur le portail des collections.
Musée national de la marine (Paris), numéro d’inventaire 3 MG 2, galère ordinaire armée en réale, maquette de bateau, coque ancienne du XVIIIe siècle transformée à l’atelier du musée naval du Louvre entre 1830 et 1837, modèle au 1/16,5, notice descriptive consultable en ligne sur le portail des collections.

Deux habitants de Saint-Jean-aux-Bois, Bonnefoy et Picart, connaissent la rigueur de cette répression. Ils sont condamnés le 10 juillet 1766 en la chambre criminelle du palais présidial de Reims à « servir sur les galères du roi après avoir été flétri sur l’épaule dextre d’un fer chaud à l’empreinte des lettres GAL et à 1 000 livres d’amende envers l’adjudicataire général des fermes du roi ».

Cette condamnation est donnée pour la saisie de quatre-vingt-quatre livres huit onces de faux-tabac et cent quatre-vingt-cinq livres de faux-sel saisies le 18 juin 1766. Les deux protagonistes cités font partie d’une bande de cinq individus. Le procès ne dit rien à propos des trois derniers[1].


[1] Archives départementales des Ardennes, 9J 262 [série J = archives d’origine privée (entrées par voies extraordinaires : achats, dons, legs ou dépôts), sous-série 9J = collection de Jules Lefranc, historien local et collectionneur (1869-1953), articles 9J 245-268 = documents divers concernant les communes d’Annelles (découvertes archéologiques), Attigny, Bazeilles (guerre de 1870), Charleville, Château-Regnault, l’abbaye d’Elan, Givet, Grandpré, Les Mazures, Mohon, Le Mont-Dieu, Neuvizy, Poix-Terron, Rethel, Sainte-Vaubourg, Saint-Jean-aux-Bois, Sedan, (protestantisme), la Taillette, Tourteron, Vaux-en-Champagne, Voncq et Vouziers.]


Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8601842, page 3, vue 1/2, consultable en ligne sur Gallica, Édit portant peine de mort contre les voituriers qui auront volé du sel registré en la Cour des Aydes, Paris : E. Michallet, 1696, in-4°, 4 pages, image numérisée d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21050 (34).
Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8601842, page 3, vue 1/2, consultable en ligne sur Gallica, Édit portant peine de mort contre les voituriers qui auront volé du sel registré en la Cour des Aydes, Paris : E. Michallet, 1696, in-4°, 4 pages, image numérisée d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21050 (34).

Les voituriers qui transportent ce sel sont aussi très surveillés. Lorsqu’ils sont convaincus de soustraction (après avoir décousu, déficelé ou déplombé les sacs), ils sont condamnés à être pendus et étranglés comme des voleurs domestiques. Quant à leurs biens, ils sont confisqués au profit du roi[1].


[1] Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-8601842, page 3, vue 1/2, consultable en ligne sur Gallica, Édit portant peine de mort contre les voituriers qui auront volé du sel registré en la Cour des Aydes, Paris : E. Michallet, 1696, in-4°, 4 pages, image numérisée d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21050 (34).


Bibliothèque nationale de France, document numérique IFN-8610019, page 1, vue 1/4, consultable en ligne sur Gallica, Arrêt du conseil d'Etat qui ordonne qu'à commencer au 1er janvier 1711, il sera fait diminution de trois livres par minot sur le sel d'impôt, s. l. n. d., in-4°, 4 pages, image numérisée d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21064 (128).
Bibliothèque nationale de France, document numérique IFN-8610019, page 1, vue 1/4, consultable en ligne sur Gallica, Arrêt du conseil d’Etat qui ordonne qu’à commencer au 1er janvier 1711, il sera fait diminution de trois livres par minot sur le sel d’impôt, s. l. n. d., in-4°, 4 pages, image numérisée d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21064 (128).

Parallèlement à ces mesures impopulaires, une diminution de l’imposition des greniers à sel d’impôt est décidée par le roi[1] à partir du 1er janvier 1711, la situation économique de l’époque étant assez difficile. La période est marquée par une forte mortalité, de faibles récoltes, et le terrible hiver de 1709.

En 1712, une lettre adressée à l’intendant de Champagne montre que la réduction d’un sixième, ordonnée l’année précédente, n’a pas eu l’effet escompté. Elle n’a pas été « un soulagement proportionné à l’accablement des peuples » et, afin d’obtenir une nouvelle baisse, l’auteur de la lettre met en avant les efforts que font ces derniers depuis longtemps pour « aider le roi ». Le grenier à sel de Château-Porcien, qui est imposé à deux mille deux cent seize minots, ne l’est plus qu’à mille cinq cents[2].


[1] Bibliothèque nationale de France, document numérique IFN-8610019, page 1, vue 1/4, consultable en ligne sur Gallica, Arrêt du conseil d’Etat qui ordonne qu’à commencer au 1er janvier 1711, il sera fait diminution de trois livres par minot sur le sel d’impôt, s. l. n. d., in-quarto, 4 pages, image numérisée d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, F-21064 (128).

[2] Archives nationales, site de Paris, G7 236 [série G = administrations financières et spéciales, sous-série G7 = contrôle général des finances, articles G7 71 à 531 = lettres originales adressées au contrôleur général des finances par les intendants des généralités, 1678-1747, cotes G7 223 à 238 = fonds intéressant la Champagne (Châlons-sur-Marne), 1677-1738], Extrait des dénombrements fournis par les sieurs subdélégués de la Généralité de Châlons.


Musée de la Révolution française (Vizille, Isère), établissement affectataire de l'œuvre, numéro d’inventaire 1987-107, David, Jacques Louis, Pierre-Louis Prieur, dit Prieur de la Marne ( 1756-1827), député de Châlons-sur-Marne aux Etats généraux, peinture, huile sur toile, vers 1791, 380 mm × 315 mm, notice descriptive consultable en ligne sur le portail des collections du département de l'Isère, institution propriétaire.
Musée de la Révolution française (Vizille, Isère), établissement affectataire de l’œuvre, numéro d’inventaire 1987-107, David, Jacques Louis, Pierre-Louis Prieur, dit Prieur de la Marne ( 1756-1827), député de Châlons-sur-Marne aux Etats généraux, peinture, huile sur toile, vers 1791, 380 mm × 315 mm, notice descriptive consultable en ligne sur le portail des collections du département de l’Isère, institution propriétaire.

La suppression de la gabelle est l’une des demandes les plus fréquentes dans les cahiers de doléances. Elle disparaît une première fois, à la suite d’un vote de l’Assemblée nationale constituante en 1790, sous l’impulsion du député Prieur de la Marne. Mais un impôt sur le sel est rétabli en 1806, avec une collecte unifiée, puis sporadique durant tout le XIXe siècle. Il est définitivement supprimé en 1945.