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Les premiers cadastres de La Romagne (1791-1835)


Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1835, TA [tableau d'assemblage] de La Romagne, Montmeillant et Rocquigny, plan parcellaire, hors format, consultable en ligne, vue 1/2.
 
Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1835, TA [tableau d’assemblage] de La Romagne, Montmeillant et Rocquigny, plan parcellaire, hors format, consultable en ligne, vue 1/2.

Sous l’Ancien Régime, si la France est déjà cartographiée dans son ensemble au XVIIIe siècle grâce aux cartes de Cassini, il n’existe aucun cadastre couvrant tout le pays, même s’il existe, à cette époque, des terriers, pouillés ou cartulaires, attestant la possession de terres par les seigneurs ou les abbayes. 


Archives départementales des Ardennes, La Romagne A1 1835, le Bois d’Apremont et les Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne A1 1835, le Bois d’Apremont et les Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

Louis XIV, par des édits en 1690 et 1702, crée et règle la profession d’arpenteur royal ; Louis XV investit, en 1763, le contrôleur général Bertin[1] dans la mission de cadastrer le royaume mais :

  • l’ampleur de la tâche ;
  • le manque d’instruments et de personnes compétentes ;
  • les différentes mesures ayant cours dans les diverses provinces ;
  • les moyens nécessaires pour sa réalisation ;
  • les oppositions à ce projet ;

n’en ont pas permis la réalisation, en dehors de l’intendance de Paris. Ces rois ne sont donc pas parvenus à obtenir une meilleure fiscalité.


[1] Henri Léonard Jean-Baptiste Bertin (1720-1792) exerce les fonctions de contrôleur général des finances du 23 novembre 1759 au 13 décembre 1763.



Archives départementales des Ardennes, La Romagne A2 1835, Bois d’Apremont et Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne A2 1835, Bois d’Apremont et Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

Au moment de la réunion des états généraux, la province de Champagne est l’une des plus taxées, et il est bon d’examiner les divisions administratives ayant formé les circonscriptions électorales en 1789.

Ainsi, La Romagne[1], Givron[2], Montmeillant[3] dépendent du bailliage secondaire de Sainte-Menehould[4], alors que Draize[5], Rocquigny[6], Rubigny[7] relèvent du bailliage principal de Reims[8].

Seuls subsistent les cahiers de doléances[9] des seconds, ce qui permet d’affirmer que les trois villages cités se sont prononcés, tout comme Asfeld et bien d’autres, pour que les biens-fonds possédés par le clergé, la noblesse et le tiers-état soient assujettis, et ce, de façon égalitaire, aux mêmes impositions.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[6] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[7] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[8] Commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.

[9] Archives départementales des Ardennes et École normale mixte des Ardennes (éd.), Cahiers de doléances ardennais en 1789 : état des cahiers de doléances des villes et villages ardennais qui ont été conservés, Charleville-Mézières, Archives départementales, 1989, 647 p., pp. 37, 171, 413, passim. Exemplaire consulté : ouvrage conservé dans la collection personnelle de l’auteure.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne A2 1835, Bois d’Apremont et Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, détail, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne A2 1835, Bois d’Apremont et Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, détail, consultable en ligne.

En 1790, l’Assemblée constituante, dans sa séance du 11 septembre, institue un impôt sur toutes les propriétés foncières bâties ou non bâties, ce qui donne lieu à la naissance de plusieurs projets, dont celui qui vise, en 1791, à ce que cette nouvelle contribution foncière soit plus égale et plus juste.

C’est pour cela que la confection d’un cadastre[1] est indispensable, et ce, d’autant que la propriété est ébranlée par l’émigration, la confiscation, la vente des biens du clergé, l’identification des biens communaux que les communes ont acquis.


[1] « Ensemble des documents où, à partir d’un relevé topographique, l’on a consigné la quantité et la valeur des biens-fonds d’une commune, et qui servent de base à l’assiette de l’impôt foncier. Le cadastre se compose d’un plan détaillé, d’une matrice énumérant les parcelles appartenant à chaque propriétaire, et d’un répertoire qui permet la consultation du plan. Par extension. Le cadastre, l’administration fiscale chargée de conserver et tenir à jour ces documents. Les employés du cadastre. Par métonymie. Local où est installé un des services de cette administration. Aller au cadastre. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.



Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

L’Assemblée nationale vote la création d’un bureau du cadastre, à la tête duquel Gaspard de Prony[1] est nommé directeur le 5 octobre 1791. Son projet comporte trois étapes :

  • une carte ou plan au 1/20000, où apparaîtrait la triangulation[2] de Cassini ;
  • une carte au 1/2500 ou plan de masse, avec les limites communales, les chemins et l’hydrographie ;
  • un plan au 1/666, où figureraient toutes les propriétés.

[1] Gaspard-Clair-François-Marie Riche de Prony (1755-1839), ingénieur et mathématicien français, est le fils d’un magistrat du parlement des Dombes. Après des études classiques, il entre à l’École des ponts et chaussées en 1776. Nommé sous-ingénieur en 1780, puis inspecteur en 1787, il devient ingénieur en chef en 1791 et se voit confier, la même année, la direction du cadastre. Il est nommé directeur de l’École des ponts et chaussées en 1798, fonction qu’il exerce jusqu’à sa mort. Il enseigne également la mécanique à l’École polytechnique et devient membre de l’Académie des sciences.

[2] « Méthode qui, par des mesures d’angles et la résolution de triangles, permet de déterminer la position exacte d’un point ou d’estimer précisément une distance ; le fait d’utiliser cette méthode, notamment à des fins cartographiques. La triangulation est une application de la trigonométrie. Recourir à la triangulation pour déterminer la position d’un navire. Un réseau de triangulation. Base de triangulation, distance entre deux points de la surface terrestre, à partir de laquelle on effectue des mesures géodésiques. La première triangulation de la France fut mise en œuvre par les Cassini père et fils au XVIIIe siècle. », selon le Dictionnaire de l’Académie française. La triangulation est utilisée en géographie et géodésie.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire, détail de la rue Haute, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire, détail de la rue Haute, consultable en ligne.

Ferme Merlin et place du village de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle met en relation le bâti, l’espace de circulation et les aménagements de la place. Elle propose une évocation du cadre architectural et paysager de la commune. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Ferme Merlin et place du village de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle met en relation le bâti, l’espace de circulation et les aménagements de la place. Elle propose une évocation du cadre architectural et paysager de la commune. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire, détail de la rue Basse, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire, détail de la rue Basse, consultable en ligne.

L’envergure de ce projet, en pleine période révolutionnaire, n’en permet pas la réalisation. L’adoption, en 1795 et 1797, des systèmes métrique et décimal, est un apport positif pour la réalisation d’un cadastre. Cependant, malgré l’amélioration qu’apporte l’adoption d’un système unique de mesure, unifié et normé, la modification du projet en 1797 n’a pas plus de succès.

Cependant, à La Romagne, la délibération du 31 janvier 1791 permet de retrouver un document indiquant les limites du terroir. Il s’agit du premier « cadastre » établi par les membres de la municipalité de l’époque : Legros, maire, Lepinois, Langlet et Letellier, municipaux, et Davaux, greffier.

En effet, un décret de l’Assemblée nationale demandait à chaque municipalité d’établir, d’après les connaissances de la consistance du territoire de la communauté de La Romagne, une division de celui-ci en sections. La municipalité découpe donc le terroir en dix-neuf sections, toutes désignées par une lettre de l’alphabet, et un nom de lieu-dit.


Premier cadastre établi par la municipalité de La Romagne (Ardennes). Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le 11 messidor an X[1], une commission propose la confection de ces plans. Son exécution est fixée par un arrêté du 12 brumaire An XI[2].

Pour cela, dans un arrondissement, des communes témoins servent de modèle pour des relevés qui sont confiés à des géomètres en chef, aidés de géomètres secondaires. L’on calcule ensuite le revenu moyen d’un hectare de chaque nature de culture, et l’on applique ce prix moyen aux contenances des autres communes de l’arrondissement, pour obtenir le revenu imposable total par commune.

Le territoire ne présente pas de divisions des propriétés en détail, mais les terrains cultivés de la même manière, sans tenir compte du nombre de propriétaires de parcelles à l’intérieur de cette masse. Ce système présente des défauts, car il est fondé sur la déclaration exclusive de chaque propriétaire, sans que des vérifications aient lieu sur le terrain.

De nombreux propriétaires loyaux sont désavantagés, en raison des fausses déclarations de certains, car la différence entre les contenances estimées par l’administration, et celles fournies par les propriétaires, sont réparties entre tous[3].


[1] Soit le mercredi 30 juin 1802.

[2] Soit le mercredi 3 novembre 1802.

[3] Maurin, André, Le cadastre en France : histoire et rénovation, nouvelle édition mise à jour, préface de Jean-Louis Bergel, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1992, 427 p., pp. 33-35. Exemplaire consulté : Archives départementales des Ardennes, BE 137.



Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, détail, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, détail, consultable en ligne.

Pour le département des Ardennes, la réalisation des plans par masse de culture se déroule entre 1803, avec trois communes (Avançon[1], Joigny[2], Sévigny-la-Forêt[3]) et 1811, avec une seule commune (Les Mazures[4]). De 1804 à 1807, cent deux plans voient le jour, dont quarante-six pour la dernière année.

Dans les cinq cent vingt-trois communes, dont les plans du cadastre ancien (dit cadastre napoléonien) se trouvent aux archives départementales des Ardennes, seuls cent six villages possèdent un cadastre par masse de culture, soit 20 % environ. Dans le canton de Chaumont-Porcien[5], sur les quatorze communes qu’il compte, seuls les villages de La Romagne et de Rocquigny en ont un.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Joigny-sur-Meuse. Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Mare aux grenouilles des Houis Hauts, lieu-dit de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle représente l’étendue d’eau au sein d’un espace herbeux bordé d’arbres et de végétation de berge. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Mare aux grenouilles des Houis Hauts, lieu-dit de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle représente l’étendue d’eau au sein d’un espace herbeux bordé d’arbres et de végétation de berge. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le plan de La Romagne est terminé le 10 février 1807, et a été réalisé par le géomètre en chef Vairon et Aimé Demeaux, géomètre secondaire. L’observation des deux feuilles constituant ce plan montre une forte présence de bois :

  • au Bois d’Apremont (section A), constitué d’une futaie sur taillis ;
  • aux Houis ;
  • au « Bois Guyot[1] » (section C).

Pour ce qui est de la section B, elle est nettement moins fournie en bois, même si l’on observe, au milieu des terres, des emplacements boisés, résidus probables des anciens défrichements.

Le lieu-dit du Village (section C) présente les habitations et les bâtiments ruraux, avec une abondance de jardins et vergers. Dès que l’on s’en éloigne, ils font place à des prés, tout d’abord, puis à des terres labourables. Cette même répartition apparaît au Mont de Vergogne.


[1] Lire « le Bois Diot ».


Archives départementales des Ardennes, La Romagne B2 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne B2 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.

Comme ce cadastre n’offre pas tout ce que l’on attendait de lui pour la répartition des impôts, il est suspendu. Napoléon décide alors qu’un cadastre parcellaire sera réalisé, de manière à fixer correctement les limites des propriétés. Son origine se trouve dans la loi de finances du 15 septembre 1807.

Composée de neuf membres nommés par le ministre, une commission, délibère du 7 au 17 novembre 1807 sur l’exécution des plans parcellaires des communes. Durant cette période, elle élabore un projet de règlement. Celui-ci est approuvé par l’Empereur, et sera à la source du « Recueil méthodique des lois, décrets, règlements, instructions et décisions sur le cadastre de la France[1] », selon lesquels le cadastre parcellaire sera exécuté.

L’administration des contributions est chargée de l’ensemble du cadastre. Le directeur guide les arpentages, entend les réclamations des communes pour la séparation des territoires, gère les dépenses liées à l’arpentage (en 1832, cette dépense s’élève à 78000[2] francs pour les cantons ardennais qui ont été cadastrés), et occupe une vingtaine de géomètres de première ou deuxième classe.

Par ailleurs, il rend compte des opérations au préfet. Les travaux reposent essentiellement sur un géomètre en chef, un délimitateur des communes, un triangulateur, et des arpenteurs en nombre variable.


[1] Hennet, Albert-Joseph-Ulpien, Recueil méthodique des lois, décrets, règlemens, instructions et décisions sur le cadastre de la France, Paris, Imprimerie impériale, 1811, 400-[2]-8 p. Exemplaire consulté : Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Tolbiac, rez-de-jardin, magasin, cote F-21977. Version numérisée disponible sur Gallica, document NUMM-9647500.

[2] Annuaire statistique du département des Ardennes, publié avec l’autorisation du préfet par Alfred Lavoine, chef de la première division des bureaux de la préfecture, Mézières, Ryembault jeune, libraire, 1832-1835, 4 vol., ill. (cartes), in-12, 1ere année (1832). Exemplaire consulté : Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Tolbiac, rez-de-jardin, magasin, cote 8-LC30-30. Reproduction numérique consultable sur le site des Archives départementales des Ardennes, PERH43 22, p. 128 (pagination imprimée), vue numérique 71/124.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire consultable en ligne.

Les travaux commencent dès 1808, avec le partage de la France en douze divisions cadastrales, auxquelles sont attachés douze inspecteurs généraux, qui surveillent les opérations dans les départements[1]. Dans les Ardennes, les travaux commencent en 1809 et se terminent :

  • en 1838 pour le cadastre dit napoléonien et ses cinq cent vingt-trois mille hectares ;
  • en 1847 pour les communes qui ont entrepris d’en établir un second.

Cinq cent vingt-trois communes ardennaises ont leurs plans cadastraux parcellaires conservés aux archives départementales et, si l’on analyse les seize pages récapitulant ces villages, il apparaît que quatre cent quinze ne disposent que d’un unique cadastre ancien, tandis que cent huit en ont fait dresser deux.


[1] Dreux, Th., Le cadastre et l’impôt foncier, Paris, Léon Eyrolles, éditeur, 1933, 315 p. (Encyclopédie industrielle et commerciale). Exemplaire consulté : Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Tolbiac, rez-de-jardin, magasin, cote 4-F-2851. Version numérisée disponible sur Gallica, document NUMM-9763544.


Proportion des communes ardennaises avec un ou deux cadastres anciens. Graphique de type « secteurs ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Proportion des communes ardennaises avec un ou deux cadastres anciens. Graphique de type « secteurs ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Cette présence s’explique par la réalisation assez précoce du premier, et la difficulté d’inscrire les mutations successives après une trentaine d’années. Le conseil général en souhaite alors le renouvellement, mais certaines communes ardennaises n’ont pas attendu une loi pour en faire exécuter un second. C’est le cas de Sery[1], dont les cadastres datent de 1812 et 1844.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Répartition de la confection des premiers cadastres parcellaires dans le département des Ardennes. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Grâce à ce tableau, l’on constate un net ralentissement entre 1814 et 1818, et un quasi-arrêt en 1820-1821. Cela correspond pour les premières années à une période de difficultés politiques, avec le passage de l’Empire à la Restauration, marquée par un retour de la royauté et une occupation étrangère.

La seconde période implique un changement du financement. Alors que celui-ci était assuré par l’Etat, il passe à cette époque au département. En 1822, la reprise est nette, avec une franche accélération à partir de 1830.

En ce qui concerne le canton de Chaumont-Porcien, qui comporte quatorze villages, la réalisation des cadastres des communes le constituant s’étend sur neuf ans, avec une année cruciale : 1835.


Réalisation du cadastre du canton de Chaumont-Porcien (Ardennes). Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Lorsqu’il est question de réaliser le cadastre de La Romagne, le maire de la commune, François Merlin, accompagné des maires des villages limitrophes et du géomètre, effectue le tour du territoire de la commune afin de le délimiter, pour qu’il soit découpé tout d’abord en sections, nommées selon l’ordre alphabétique.


Surfaces imposées et non imposées des quatre sections du cadastre de La Romagne (Ardennes). Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le cadastre ancien (ou napoléonien) de La Romagne, tout en donnant les mesures selon le système métrique, rappelle néanmoins les mesures anciennes, qui variaient parfois d’une commune à une autre.

Ainsi, à la Romagne, bien que le cadastre exprime les distances au moyen du système métrique, les mesures employées avant la Révolution sont rappelées en première de couverture : il s’agit de la verge linéaire de vingt-deux pieds et demi et onze pouces, convertie en 6,6994 mètres[1]. L’arpent vaut lui quarante-quatre ares et quatre-vingt-neuf centiares, soit un peu moins d’un demi-hectare.

Ce plan comporte quatre sections, désignées par les lettres A à D, chacune représentée sur deux feuilles (A1 et A2, par exemple), au format Grand Aigle[2]. Sur chaque feuille, un cadre tracé à l’encre noire délimite l’espace à l’intérieur duquel doit s’inscrire la section correspondante. Toutefois, en raison de leur configuration, les sections A2, C2 et D1 ne respectent pas cette règle.

Un cartouche, de forme ovale, présente le nom de la commune en majuscules. Tout le reste est écrit en cursive (épaisse pour les sections, et fine pour les lieux-dits). Une rose des vents indique l’orientation. Ces plans parcellaires sont à l’échelle de 1/2500, mais les lieux détachés sont agrandis à l’échelle de 1/1250, ainsi que le montre la section D1, avec la mise en valeur du Bois Diot.


[1] A noter, la conversion ne s’arrête pas à la deuxième décimale. Ce degré de précision, qui peut paraître excessif pour un lecteur contemporain, traduit en fait une volonté de déterminer les surfaces au plus juste. Le système métrique était alors encore très nouveau.

[2] Les dimensions de ce dernier ont pu légèrement varier au fil du temps. Aujourd’hui normalisé, il correspond à 75 × 105 cm.



Archives départementales des Ardennes, La Romagne C2 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne C2 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire consultable en ligne.

Ces plans ne comportent pas de légende. Celle-ci est implicite, car fixée règlementairement. Ainsi, l’on distingue la séparation entre deux communes par un trait rose épais de quelques millimètres, et un lieu-dit par un trait légèrement plus fin et jaune. Les ruisseaux, selon leur largeur, sont indiqués par un trait surmonté d’une petite flèche, indiquant leur direction, ou par un trait bleu accompagné de leur hydronyme[1].

Les chemins sont marqués de deux manières : soit par une double ligne de petits tirets, soit par une double ligne continue, entre laquelle est inscrit son odonyme[2]. Les surfaces relevant du domaine public (abreuvoirs , prés, église, cimetière, etc.) sont en gris bleuté, les maisons et bâtiments agricoles en rouge-brun. Les haies sont représentées par une succession de minuscules ronds non fermés.


[1] Un hydronyme est un nom propre désignant un cours d’eau, une étendue d’eau ou, plus généralement, une entité hydrographique. L’hydronymie désigne l’étude de ces dénominations, de leur origine et de leur évolution.

[2] Un odonyme est un nom propre attribué à une voie de communication. L’odonymie désigne l’étude de ces dénominations, de leur origine et de leur évolution.


Maison de Belair, hameau de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle met en valeur la structure à pan de bois, le soubassement maçonné et la toiture à deux versants de cette habitation rurale. La végétation environnante souligne son inscription dans le paysage du hameau. La datation du bâtiment et l’analyse précise de ses caractéristiques architecturales nécessiteraient une étude complémentaire. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Maison de Belair, hameau de La Romagne (Ardennes). L’aquarelle met en valeur la structure à pan de bois, le soubassement maçonné et la toiture à deux versants de cette habitation rurale. La végétation environnante souligne son inscription dans le paysage du hameau. La datation du bâtiment et l’analyse précise de ses caractéristiques architecturales nécessiteraient une étude complémentaire. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

À l’intérieur de chaque section, les lieux-dits sont désignés par des toponymes vernaculaires[1], issus de l’usage local et transmis au fil des générations. Or, en étudiant le dossier notarié concernant la vente en 1860 d’un ensemble agricole nommé « la Ferme », propriété de Pierre Jules Berquet et de sa femme Marie Célina Coindéroux, l’on peut remarquer que l’acte atteste des dénominations non inscrites dans le cadastre de 1835.

Il en est ainsi de la pièce n° 5 à la « Côte des Bonhomme », la parcelle n° 8 au lieu-dit « le Chevet », le n° 15 à Belair et à « la Pointe », ou encore le n° 31 désigné comme « la Pluteau[2] ». Enfin, les parcelles appartenant aux différents propriétaires sont numérotées.


[1] Un toponyme est un nom propre désignant un lieu géographique, qu’il s’agisse d’un espace naturel, d’un élément du relief, d’un lieu habité ou d’un territoire. La toponymie désigne l’étude de ces dénominations, de leur origine, de leur signification et de leur évolution.

[2] Lire « la Puteau ».


Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

Une matrice cadastrale est ajoutée aux plans en 1831, ce qui permet de connaître les propriétaires successifs d’une pièce de terre, et la répartition des éléments imposés ou non, la répartition entre le bâti et le non bâti, les terres cultivées, les jachères, les prés, etc.

Elle propose, en outre, le tarif par hectare, par nature de culture, et par classe, en fonction de la nature et de la fertilité des sols. Ces derniers sont répartis en cinq classes à La Romagne. Les propriétés bâties sont assorties de leur valeur locative. Chaque année, cette matrice est mise à jour et, lorsqu’une parcelle est divisée, les indications sont portées sur le plan sans, pour cela, être très précises.


Répartition du terroir de La Romagne (Ardennes) en fonction de l’occupation du sol et de la section. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Outre les plans par section, le cadastre comporte un plan d’ensemble pour les trois villages de La Romagne, Montmeillant et Rocquigny, tout en présentant les liens territoriaux avec les communes voisines de Givron, Signy-l’Abbaye[1], Saint-Jean-aux-Bois[2], Chaumont-Porcien. Il est réalisé sous l’autorité du directeur des contributions et de messieurs Endol (ingénieur géomètre), Véron et Pinsart (géomètres de première classe).

Ce plan comporte également dans son cartouche l’échelle au 1/10000, l’appartenance de la commune au canton (Chaumont-Porcien), à l’arrondissement (Rethel[3]) et au département (Ardennes).

Il fait aussi mention des noms du préfet de l’époque (le baron de Lascours) et de deux maires : monsieur Harbonville, à Montmeillant, et monsieur François Merlin, à La Romagne. La dernière information trouvée dans l’état actuel de la recherche concerne les dates d’achèvement des plans : respectivement, les 5 juillet et 1er septembre 1835.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Église Saint-Jean-l’Évangéliste de La Romagne (Ardennes). L’édifice religieux apparaît au-delà d’un écran végétal, dont les feuillages laissent entrevoir le clocher et une partie de la toiture. Le traitement vaporeux de l’aquarelle restitue l’atmosphère brumeuse caractéristique des paysages ardennais et souligne l’intégration de l’église dans son environnement villageois. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Église Saint-Jean-l’Évangéliste de La Romagne (Ardennes). L’édifice religieux apparaît au-delà d’un écran végétal, dont les feuillages laissent entrevoir le clocher et une partie de la toiture. Le traitement vaporeux de l’aquarelle restitue l’atmosphère brumeuse caractéristique des paysages ardennais et souligne l’intégration de l’église dans son environnement villageois. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le cadastre ancien répond avant tout à une finalité fiscale, en permettant notamment de délimiter les parcelles afin de prévenir les litiges fonciers. Il constitue également une première représentation cartographique du territoire de La Romagne. À ce titre, il revêt un intérêt historique indéniable, puisqu’il permet de restituer l’organisation et l’aspect du village à une époque donnée.

Cependant, alors que l’intégralité de ce cadastre n’est pas achevée, ses faiblesses apparaissent déjà, et la nécessité de le modifier est actée. Des réflexions, des décrets, des lois verront le jour tout au long de la seconde moitié du XIXe siècle et des premières décennies du XXe siècle, avec la création d’une seconde matrice en 1882, puis la mise en chantier, à partir de 1930, d’un cadastre révisé. Ce dernier prendra en compte en particulier les modifications liées au développement des réseaux routiers ou ferroviaires, et de l’industrie.


Le Closiau, lieu-dit de La Romagne (Ardennes). Au pied d’un arbre dépouillé de son feuillage, une croix se détache dans un paysage rural ouvert. L’aquarelle met en valeur ce symbole de dévotion populaire et la silhouette de l’arbre, dont la présence structure la composition et souligne l’inscription du patrimoine religieux dans le paysage. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Le Closiau, lieu-dit de La Romagne (Ardennes). Au pied d’un arbre dépouillé de son feuillage, une croix se détache dans un paysage rural ouvert. L’aquarelle met en valeur ce symbole de dévotion populaire et la silhouette de l’arbre, dont la présence structure la composition et souligne l’inscription du patrimoine religieux dans le paysage. Vue d’artiste. Aquarelle de l’auteure sur papier Canson. Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Au-delà de sa vocation fiscale, le cadastre révèle bien davantage qu’un partage de la terre : il donne à voir un territoire, ses usages, ses équilibres, et les traces de son passé. La Romagne passe ainsi progressivement d’un espace nommé et parcouru à un territoire mesuré, classé et imposé.

Pourtant, les plans ne disent pas tout : certains noms échappent à leur nomenclature, les limites évoluent et les usages se transforment.

Le cadastre apparaît ainsi comme une photographie du territoire à un moment donné, autant que comme un instrument de pouvoir, précis dans ses mesures, mais nécessairement incomplet dans ce qu’il restitue.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne D2 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D2 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.

Archives départementales des Ardennes, La Romagne D2 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire, détail, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D2 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire, détail, consultable en ligne.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, consultable en ligne, vue 1/2.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, consultable en ligne, vue 1/2.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, consultable en ligne, vue 2/2.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, consultable en ligne, vue 2/2.

Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, détail, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne-1807, plan par masse de culture géométrique quadrillé, détail, consultable en ligne.

Catégories
Agriculteurs Agriculture Cultures

Les lieux-dits de La Romagne, éléments de toponymie


La densité des noms de parcelles et de lieux-dits autour de La Romagne est beaucoup plus forte entre le Moyen-Age et la fin de l’Ancien Régime que de nos jours. En témoignent les actes notariés qui font allusion à des dénominations que l’on ne peut plus localiser : les Rouages, par exemple, tenaient au chemin qui conduit à Montmeillant et à celui de Saint-Jean-aux-Bois (d’après la vente en 1719 d’une pièce de pré entre Gérard Merlin et Robert Bechet).


Les lieux-dits de La Romagne peuvent tirer leurs noms d'arbres, comme le Grand Poirier ou le Gros Faux (hêtre).
Les lieux-dits de La Romagne peuvent tirer leurs noms d’arbres, comme le Grand Poirier ou le Gros Faux.

Par la suite, les plans cadastraux ont découpé le terroir avec une certaine rigueur. L’absence de terriers[1] ne permet pas de pousser plus loin l’étude comparative. Néanmoins, les relevés qui ont pu être faits dans le passé montrent une grande richesse et mettent en valeur :

  • des noms de propriétaires ;
  • l’aspect des lieux (mont, fosse ou vallon, partie basse ou fond) ;
  • la nature du sol (cailloux, pierre) ;
  • l’humidité de l’endroit ;
  • les plantes (arbres fruitiers et autres, plantes utiles) ;
  • les jardins (courtils) ;
  • les voies ou moyen de communication (chemin, voie ou son diminutif « voyette », pont) ;
  • les carrières ;
  • l’industrie ou le commerce (mines, moulins, briqueterie) ;
  • la religion (la croix, qui peut tout aussi bien désigner un calvaire qu’un carrefour).

[1] Dans les registres nommés terriers, on indiquait les limites des fiefs et des censives, les redevances dues, les services à rendre, les usages locaux. Les terriers de La Romagne ont disparu.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne A1 1835, Le bois d'Apremont et les Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne A1 1835, le bois d’Apremont et les Houis Bas, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

Bois, arbres divers et végétation

  • Bois d’Apremont, Bois Promsy, Bois Foissier, Bois de la Cense Longueval, Bois de la Paternotte,  Bois de la Tachette, Bois du Grand Sart, Bois des Ribourés, Bois de la Queue de l’Etang, Bois de la Plaine ;
  • Le Bochet, le Bochet Croët, le Buisson Peautelet, la Haye Colin ;
  • Les Plants, le Plant Foucault, le Gros Faux, le Grand Poirier, les Bruyères.
Fau (faux) vient du latin Fagus sylvatica, le nom scientifique du hêtre commun (planche tirée de la flore médicale de Pierre François Chaumeton, 1817).
Fau (faux) vient du latin Fagus sylvatica, le nom scientifique du hêtre commun (planche tirée de la flore médicale de Pierre François Chaumeton, 1817).

Le pou ou pouil est l'ancien nom du coq (Gallus gallus domesticus). L'ardennaise dorée est une race de poule belge et française.
Le pou ou pouil est l’ancien nom du coq (Gallus gallus domesticus). L’ardennaise dorée est une race de poule belge et française.

Présence d’eau

  • La Fontaine Roger, la Fontaine aux Pous, la Fontaine aux Grues, le Long Ruisseau.
Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, MHNT.ZOO.2010.11.65.5, œuf de grue cendrée (Grus grus), collection oologique de Jacques Perrin de Brichambaut (photographie de Roger Culos).
Muséum d’histoire naturelle de Toulouse, MHNT.ZOO.2010.11.65.5, œuf de grue cendrée (Grus grus), collection oologique de Jacques Perrin de Brichambaut (travail personnel du photographe Roger Culos, 2019).

Nature du sol

  • La Petite Marnière, la Pierre, les Groettes, Les Minières, les Cailloux.

Le chêne pédonculé (Quercus robur) est, avec le hêtre commun, une essence feuillue courante en Champagne-Ardenne.
Le chêne pédonculé (Quercus robur) est une essence courante des Ardennes.

Terre

  • Les Terres de Belair, les Terres Jacques, la Grosse Terre, la Terre Martin, les Terres du Grand Chemin, les Terres de la Cense Longueval, les Terres de la Tachette, les Terres de la Pierre, la Rouge Terre, La Terre Grand-mère, les Longues Terres de la Huée, les Terres du Pré Mellier, les Terres des Hayes, les Terres des Veaux, les Terres Madame, les Terres de la Grosse Soule, la Terre aux Chênes, la Terre du Berger, la Ronde Terre
Le chêne rouvre ou sessile (Quercus petraea) est aujourd'hui utilisé par la Tonnellerie de Champagne-Ardenne.
Le chêne rouvre ou sessile (Quercus petraea) est aujourd’hui utilisé par la Tonnellerie de Champagne-Ardenne.

Planche Deyrolle d'enseignement agricole sur les plantes fourragères des prairies naturelles.
Planche Deyrolle d’enseignement agricole sur les plantes fourragères des prairies naturelles.

Pré

  • Le Pré Agnant, le Pré Agnant sous la Voye Libert, le Pré Potier, le Pré des Roises, le Pré Montagne, le Pré de la Biche, le Pré des Guitons, le Pré de la Houette, le Pré des Moisnes, le Pré Haut du Moulin Garot, le Pré du Chat Noyé, le Pré Merlin, la Huée du Pré Mellier, le Pré de la Passe, les Prés du Grand Sart, le Pré Hudrot, le Pré de la Voyette de Chaumont, le Pré de l’Etang.

Le courtil est un jardin paysan, généralement clos.
Le courtil est un jardin paysan, généralement clos.

Courtil (petit jardin)

  • Le Courtil Monnois, le Courtil Noirette, le Courtil Macheterre, le Courtil Jadin, le Courtil Habert, le Courtil Jean Rousseau, le Courtil Doré, le Courty Rogier.
Le courtillage est un petit jardin potager et, par métonymie, la production de ce dernier.
Le courtillage est un petit jardin potager et, par métonymie, la production de ce dernier.

Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne C1 1835, le village et le Mont de Vergogne, cadastre ancien, plan parcellaire consultable en ligne.

Elévation

  • Le Mont Ballot, le Mont de Vergogne, etc. ;
  • La Côte Monnois, la Côte du Petit Moulin, la Côte de Montmeillant, la Côte de la Rouge Cotte, la Côte du Chat Noyé, la Côte Herbin, la Côte Hamel, la Côte au Saint Foin, la Côte des Cayotiers.
Le sainfoin (Onobrychis viciifolia) est une plante des prairies pauvres autrefois cultivée comme fourrage.
Le sainfoin (Onobrychis viciifolia) est une plante des prairies pauvres autrefois cultivée comme fourrage.

La fauchée était la quantité d'herbe qu'un agriculteur pouvait couper en un jour.
La fauchée était la quantité d’herbe qu’un agriculteur pouvait couper en un jour.

Mesures

  • Les Quatre Arpents, les Dix Quartels, la Fauchée Robin.

Contrairement à ceux de La Romagne, disparus, le moulin de Librecy, hameau de la commune de Signy-l'Abbaye a pu être restauré (sa partie meunerie date de 1604). La FFAM (Fédération française des associations de sauvegarde des moulins) et la FDMF (Fédération des moulins de France) tentent de préserver ce patrimoine.
Contrairement à ceux de La Romagne, disparus, le moulin de Librecy, hameau de la commune de Signy-l’Abbaye a pu être restauré (sa partie meunerie date de 1604). La FFAM (Fédération française des associations de sauvegarde des moulins) et la FDMF (Fédération des moulins de France) préservent ce patrimoine.

Lieux anciens

  • Le Fossé du Château, le Grand Fief et le Petit Fief, la Cense Longueval, le Moulin à Vent, le Petit Moulin à Vent, la Croix Renaud, le Pont Cannel, la Briqueterie, la Queue de l’Etang.
Catégories
Biens ecclésiastiques Clergé Industrie Religieux Sciences Travailleurs

La Romagne et l’exploitation du sous-sol


La Romagne est bâtie sur un contrefort entre deux petites vallées assez encaissées, tout en étant agrémentée de quelques forêts. Le sous-sol du village remonte au Crétacé inférieur et a été étudié à la fin du XIXe siècle, non seulement pour sa formation géologique, mais aussi pour la présence de fossiles.

Fossile de Geesops sparsinodosus gallicus trouvé dans la réserve naturelle nationale de Vireux-Molhain (Ardennes).
Fossile de Geesops sparsinodosus gallicus trouvé dans la réserve naturelle nationale de Vireux-Molhain (Ardennes).

Roche siliceuse (quartzite) à Roc-la-Tour (forêt domaniale de Château-Regnault sur les hauteurs de Monthermé, dans les Ardennes).
Roche siliceuse (quartzite) à Roc-la-Tour, forêt domaniale de Château-Regnault, sur les hauteurs de Monthermé (Ardennes).

Les versants des petites vallées sont constitués de roche siliceuse, de calcaire argileux bleuâtre et d’oolithes ferrugineuses. Ces roches oxfordiennes sont surmontées de gaize[1].

La gaize est une roche d'origine sédimentaire siliceuse formée en terrain argileux.
La gaize produit des reliefs typiques des Ardennes.

C’est « une des roches les plus légères ; elle est tendre, argileuse, siliceuse, et contient une assez forte proportion de silice gélatineuse soluble dans les alcalis ; on y remarque quelques grains de glauconie ; elle se délite à l’air avec une grande facilité, et donne des terres qui sont le plus souvent sableuses et sèches ; dans les endroits où elle est riche en argile, le sol est compact, peu perméable[2] ».

La glauconie est composée de minéraux argileux situés entre le groupe des micas et celui des smectites.
Les ions ferreux contenus dans la glauconie lui donnent sa couleur verte.

La présence de cette gaize sous une couche de terre variant de 0,5 à 1,5 m est attestée lors de l’exploitation de carrières à ciel ouvert tant au Courtil Mouriau [cadastre section B n° 639] qu’au Pré des Roizes (idem, section B n° 629 et 630] ou au Fossé du Château [idem, section B n° 555[3]].


[1] La gaize est une roche sédimentaire composée de silice, particulière aux Ardennes. Ce substantif féminin s’applique dans la région à un grès très fin, en partie détritique, en partie d’origine chimique, généralement entre gris et verdâtre, souvent poreux et léger.

[2] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-5435, Bestel, M., « Compte rendu de l’excursion géologique du 28 avril à Draize et Wasigny », in Bulletin de la Société d’histoire naturelle des Ardennes, 1re année, n° 1 (octobre 1893/juillet 1894)- = tome 1-, Charleville-Mézières : Société d’histoire naturelle des Ardennes, deuxième année, série 1, tome 2, 1895, p. 44, texte numérisé d’après un exemplaire original de la Société d’histoire naturelle des Ardennes, consultable en ligne sur Gallica.

[3] Archives départementales des Ardennes, O 22 [série O = administration et comptabilité communales depuis 1800].


Le calcaire argileux (nommé improprement calcaire marneux) est une roche sédimentaire, mélange de calcaire et d'argile.
Le calcaire argileux (nommé improprement calcaire marneux) est une roche sédimentaire, mélange de calcaire et d’argile.

La marne crayeuse, qui date du Cénomanien[1], « forme plusieurs îlots (124 hectares) aux points les plus élevés ; notamment entre le Mont Vergogne et la Blaisotterie : elle contient quelques nodules de phosphate de chaux. Une vingtaine de sources disséminées sur le territoire[2] ».

Le sol est en général assez pauvre, ce que confirme le mémoire des intendants qui couvre les années 1659 à 1665, et dans lequel le terroir est ainsi décrit : « Le territoire de ce lieu est de petite étendue et situé en mauvais pays ne consistant qu’en mauvaises terres maigres et partie stériles et en quelques bois qui donnent moyen aux habitants de gagner leur vie néanmoins avec peine. »

De son côté, l’enquête de Terwel[3] présente ce terroir comme « médiocre et de mauvaises terres ». Ceci est confirmé jusque dans les rapports établis au début XIXe siècle  pour le canton de Chaumont-Porcien. Ils notent que la culture y est difficile. Cela reste vrai, jusqu’à ce que les exploitations du canton se tournent vers l’élevage : les terres qui le composent sont en effet « fortes, humides et propres aux prairies[4] ».


[1] Le Cénomanien est le premier étage stratigraphique du Crétacé supérieur.

[2]  Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LK4-2408, Meyrac, Philippe Albert, Géographie illustrée des Ardennes, Charleville : E. Jolly, 1900, p. 389.

[3] Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, microfiche, MFICHE 8-LC20-57, Graffin, Roger ; Jadart, Henri ; Laurent, Paul, « Les notices cadastrales de Terwel sur les villages de la frontière de Champagne en 1657 », in Revue historique ardennaise, Paris : A. Picard et fils, 1894-1914, tome neuvième, mai-août 1902, p. 97-256. [Nota bene : ce périodique bimestriel édité entre 1894 et 1914 est un titre mort. Il ne saurait être confondu avec la Revue historique ardennaise publiée depuis 1969 à Charleville-Mézières par la Fédération des sociétés savantes des Ardennes, la Société d’études ardennaises (devenue la Société d’histoire des Ardennes) et la Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais].

[4]  Archives départementales des Ardennes, 3W 18 [série W = archives publiques entrées par voie ordinaire hors état civil, officiers publics et ministériels, postérieures au 10 juillet 1940].


Les oolithes ferrugineuses sont composées d'hydroxyde de fer.
Les oolithes ferrugineuses sont composées d’hydroxyde de fer.

Dans le sous-sol environnant, on note que sont disséminées des oolithes[1] ferrugineuses, parfois abondantes, au point de constituer un minerai à gangue argileuse. Ce fer est exploité des XVIe au XIXe siècles comme l’attestent certains documents.

Concernant l’abbaye de Chaumont, ils relatent les différends de celle-ci avec quelques locataires des censes qui se trouvent sur le terroir de La Romagne : des actes notariés, les registres de tailles ou plus tardivement quelques statistiques du canton de Chaumont-Porcien permettent d’en savoir plus.


[1] Calcaire formé de grains sphériques.


Amas ferrugineux
Amas ferrugineux.

Le mémoire de 1649 de l’abbaye indique que les religieux permettent à leurs fermiers de la Paternotte et de la Bouloi de « tirer de la mine de fer des terres les moins labourables et de la vendre aux maîtres de forge du voisinage ».

De plus, ils octroient à leurs fermiers « le droit de toquage [1] » contre le versement d’une redevance : son maximum est de 60 livres mais elle s’élève en 1675 seulement à quelque 29 livres, et n’est plus que de 14 livres pour l’année 1695.


[1] Le toquage est un droit accordé pour tirer du minerai de fer d’une terre dans les Ardennes.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835],  cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne B1 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

Est-ce la diminution de revenus, qui éveille les soupçons des religieux ? En tout cas, ils se montrent très vite inquiets de constater que leur fermier de la Bouloi laisse aux maîtres de forges du Hurtault le droit de tirer de la mine sans leur en avoir référé.

Aussitôt, ils adressent une requête à l’intendant. Comme celle-ci reste sans réponse, ils consultent un avocat rémois qui répond que c’était défendu car cela participait à la dégradation du fonds. Les religieux sont donc selon lui en droit de se pourvoir en dommages et intérêts contre leur fermier, sans parler de l’interdiction de cette exploitation.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne B2 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835],  cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne B2 1835, le Houis haut et la Boulois [orthographe de 1835], cadastre ancien, plan parcellaire, consultable en ligne.

On ne sait ce qui s’est passé après cet avis, mais le problème ressurgit une quarantaine d’années plus tard : cette fois, il met en cause Marie Peltier, qui continue de tenir, depuis la mort de son mari Philippe Jadart, la cense de la Paternotte. Aidée de Pierre Jadart, de Jean et de Robert Bréart, elle exploite la castine[1].

La réaction des religieux est extrêmement rapide et fait vraisemblablement cesser l’exploitation. Pour se protéger de tout nouveau désagrément, et s’assurer de cette interdiction d’exploitation par les censiers, ils en font une clause dans le contrat de location des censes de la Bouloi et de la Paternotte signé en 1745 avec Jean Soret.


[1] Pierre calcaire blanchâtre ou carbonate de chaux impur qu’on additionne à certains minerais de fer contenant trop d’argile ou de soufre, pour les aider à fondre.


Nodules ferrugineux dans du calcaire.
Nodules ferrugineux inclus dans du calcaire (roche sédimentaire).

L’extraction et le transport du minerai demandent de la main-d’œuvre. C’est ainsi qu’à La Romagne on dénombre huit tireurs de mine dont les noms apparaissent dans le rôle des tailles 1702 (Jean et Hugues Gouverneur, Toussaint Pagnier, Jean Langlet le Jeune, Berthélemy Pronier, Antoine Hénin, Remy Noiville et Hubert Meunier).

Les effectifs diminuent (probablement en raison de la surveillance accrue des religieux) et l’on note la présence de 1725 à 1732 de Jean Barré et de Louis Camuseaux comme voituriers de mine, ainsi que de Pierre Goulard comme dernier tireur de mine.


Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l'échelle 1/1250, consultable en ligne.
Archives départementales des Ardennes, La Romagne D1 1835, la Cour Avril et le Bois Diot, cadastre ancien, plan parcellaire avec une partie développée à l’échelle 1/1250, consultable en ligne.

Après ces dates, plus aucune mention à la mine n’apparaît avant 1842, date à laquelle l’exploitation du fer est de nouveau attestée dans le sous-sol de la commune : on y extrait encore le minerai et on précise « qu’il y avait depuis fort longtemps des forges à bras »[1].

On peut penser que l’exploitation n’a jamais cessé malgré les restrictions posées par les moines, d’autres lieux étant riches en fer, comme les abords du Bois Diot et des Houis ainsi que le secteur de la Cour Avril.

Ce minerai suscite-t-il des convoitises à une époque où la plupart de la population est pauvre ? Ce pourrait être une des explications du tragique fait divers vécu par un homme originaire de la Besace, assassiné 14 février 1767 « tandis qu’il était occupé à tirer et laver de la mine dans le bois de La Cour Avril[2] ».


[1] Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LK4-79, Dubois, E. (chef du secrétariat de la préfecture), Statistique du département des Ardennes, Charleville : impr. de L. Garet, 1842, 208-8 p.

[2] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 5 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROMAGNE[LA]/E 5 = registres paroissiaux et d’état civil de La Romagne, 1763-1772], acte de décès, vue 19/46, consultable en ligne.


Les forges du Hurtault (Signy-l'Abbaye) ont appartenu aux prémontrés jusqu'à la Révolution de 1789 (plan de 1832).
Les forges du Hurtault se trouvent à proximité de Signy-l’Abbaye (plan de 1832).

Le minerai est exploité à l’époque à proximité de son extraction. Si les forges du Hurtault situées sur le ban et la paroisse de Signy sont assez anciennes et font émerger  une dynastie de fondeurs comme les Bienfait, cette industrie et les profits que l’on peut en tirer accélèrent la volonté de tout moderniser.

Firmin de Canel (de la Cour Avril) et Philippe Lemaire, maître de forges et sieur de Seraincourt investissent quelque 3000 livres dans un projet « de rétablissement et construction de la masse du fourneau du Mirbion » [sic, c’est-à-dire Merbion] et consacrent de l’argent aux

« achapts des bois de siage qu’il conviendra pour les appentis d’iceluy et à la construction d’une halle et maison, une roue et soufflets, faire tout ce qu’il conviendra afin de mettre ledit fourneau en état de travailler ».

Archives départementales des Ardennes, E 1367 [série E = seigneuries, familles, état civil, notaires, cotes E 801-1745 = minutes notariales, documents E 1360-1375 = fonds concernant l’étude Guillaume Pellerin à Mézières, 1768-1777].

Grande rue menant de Lalobbe à Signy (carte postale ancienne).
Grand-rue menant de Lalobbe à Signy (carte postale ancienne).

A côté de ce travail du « fer et des matières pour le service du roi », ainsi que l’on nomme la production du Hurtault, il se développe dans les villages environnants et principalement à Lalobbe un autre artisanat, représenté par des potiers en fer.


Le phosphate de calcium est un solide blanchâtre utilisé dans la fabrication d'engrais.
Le phosphate de calcium est un solide blanchâtre utilisé dans la fabrication d’engrais.

Outre les nodules ferrugineux dans le sous-sol de La Romagne, il faut également noter la présence de quelques nodules de phosphate de chaux[1] que l’on va exploiter par la suite pour « marner les terres », c’est-à-dire les amender. La chimie permet d’améliorer les sols que La Romagne a reçus de la nature.


[1] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-5398, Barrols, Charles, « Mémoire sur le terrain crétacé des Ardennes et des régions voisines », in Annales de la Société géologique du Nord, Lille : Six-Horemans, 1875-, tome V, 1877-1878, p. 288, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, 2009-23200, consultable en ligne sur Gallica.