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La Romagne, Montmeillant et le monument du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797)


[1] le 30 avril 1737 à Montmeillant[2], Pierre Jadart du Merbion, général en chef de l’armée d’Italie et des Alpes jusqu’en 1794, décède[3] dans ce même village, le 25 février[4].


[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 2 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 2 = baptêmes, mariages, sépultures 1691-1754, page non foliotée, vue 134/202, consultable en ligne [Nota bene : certains cahiers sont en mauvais état, notamment pour 1691-1692. Les années 1693, 1704 et 1710 sont manquantes. Pour 1706, 1709 et 1713, la minute et la grosse sont conservées ; en 1714, la grosse est incomplète. La période 1718-1726 est très fragmentaire : minutes tronquées ou incomplètes, grosses partielles (dont une rédigée en 1731), et un cahier de grosse couvrant l’ensemble de la période.]

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 6 [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 6 = décès 1793-1812, en mauvais état de l’an VII à 1812.], page non foliotée, vue 18/77, consultable en ligne.

[4] 7 ventôse An V.


Dalle funéraire de Pierre Jadart du Merbion, père du général du même nom, inhumé dans l’église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Dalle funéraire de Pierre Jadart du Merbion, père du général du même nom, inhumé dans l’église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Alors que son père[1] repose sous une dalle funéraire à l’intérieur de l’église du village, il est inhumé dans le petit cimetière qui l’entoure, et y reste enseveli jusque dans les années 1860[2], date à laquelle, à l’initiative du jeune curé de la paroisse, son exhumation est décidée.


[1] Portant le même nom, Pierre Jadart du Merbion, et exerçant également la carrière militaire, né et mort dans le même village, il ne s’en distingue que par ses dates de naissance et de décès (1692-1759).

[2] Meyrac, Albert, « Montmeillant & le général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5656, mardi 20 octobre 1896, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.


Gisant de l’abbé Eugène Miroy – René de Saint-Marceaux (1845‑1915), bronze, 33 x 202 x 90 cm, 1872, musée des Beaux-Arts de Reims (numéro d’inventaire D.2012.1.2). Commandé par la Ville de Reims après l’exécution de l’abbé Miroy par les Prussiens en 1871, ce gisant réaliste représente l’instant fatal de sa mort, symbolisant courage et fidélité. L’original est conservé au musée, tandis que des copies en résine se trouvent au cimetière du Nord de Reims et à Cuchery, village où il exerçait son ministère.
Gisant de l’abbé Eugène Miroy – René de Saint-Marceaux (1845‑1915), bronze, 33 x 202 x 90 cm, 1872, musée des Beaux-Arts de Reims (numéro d’inventaire D.2012.1.2). Commandé par la Ville de Reims après l’exécution de l’abbé Miroy par les Prussiens en 1871, ce gisant réaliste représente l’instant fatal de sa mort, symbolisant courage et fidélité. L’original est conservé au musée, tandis que des copies en résine se trouvent au cimetière du Nord de Reims et à Cuchery, village où il exerçait son ministère.


L’abbé Eugène Miroy[1], souhaite rendre hommage à ce militaire en procédant à une nouvelle inhumation, et en érigeant un monument à sa mémoire. En attendant la réalisation de ce projet, les ossements du général sont exhumés, conservés dans une petite caisse en bois déposée au presbytère. Une souscription est ouverte, mais elle ne recueille pas l’intérêt du public[2].


[1] L’abbé Eugène Miroy, né le 24 novembre 1828 à Mouzon (Ardennes), est fusillé par les Prussiens le 12 février 1871 à Reims. À l’issue d’une visite au musée des Beaux-Arts de Reims (Marne), Catherine Drouin, professeur-relais au service des publics, a communiqué à l’auteure, par courriel du jeudi 4 mai 2017, des informations sur la sculpture de René de Saint-Marceaux représentant le gisant de l’abbé Miroy, ainsi que des photographies à titre documentaire.

[2] Sergines, « Trente ans dans un grenier » [les échos], in Les Annales politiques et littéraires : revue populaire paraissant le dimanche, Paris : [s.n.], 1883-1939, n° 2212, 15 novembre 1925, page 504, vue 4/28. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-5269, consultable en ligne sur Gallica, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, FOL-LC2-4214.


Acte de décès du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 6  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 6 = décès 1793-1812, en mauvais état de l’an VII à 1812.],  page non foliotée, vue 18/77, consultable en ligne.
Acte de décès du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 6  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 6 = décès 1793-1812, en mauvais état de l’an VII à 1812.],  page non foliotée, vue 18/77, consultable en ligne.

Le projet n’a toujours pas abouti en 1865, faute d’argent au moment où l’abbé Eugène Miroy est nommé pour quelques années curé de Joigny-sur-Meuse[1], avant de rejoindre ensuite la cure de Cuchery[2].


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département de la Marne, en région Grand Est.


Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant. – Maison natale du général du Merbion ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant. – Maison natale du général du Merbion ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

« La maison natale de Du Merbion est encore debout. Elle est en dehors du village, de l’autre côté du chemin de fer, au lieudit Beauchamp, nom que prit un oncle de notre illustre compatriote, Jean Jadart, mort commandant en Louisiane C’est une demeure des plus modestes ; une toiture d’ardoise remplace le chaume rustique qui abrita plusieurs générations. »

Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach Matot‑Braine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 370. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

Signature de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach Matot‑Braine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 374. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.
Signature de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach Matot‑Braine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 374. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

Les ossements sont relégués dans le grenier presbytéral, et y restent jusqu’à la fin du XIXe siècle, et ce d’autant plus, qu’entre temps, la guerre franco-prussienne de 1870-1871 a éclaté, et que le village de Montmeillant en a souffert.


Carte postale ancienne colorisée, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion. – Porte le nom du chevalier du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) le 30 avril 1737. – Lieutenant au bataillon des milices de Rethel. – Capitaine de grenadiers à l’époque de la Révolution. – Colonel au 91e régiment d’Infanterie. – Général de brigade en 1792. – Général de division en 1793. – Général en chef de l’armée d’Italie. – La Convention, en lui accordant sa pension de retraite, ajouta cette déclaration honorable à son décret : Du Merbion est non seulement un général républicain, mais encore un des généraux les plus instruits de la France ». Décédé à Montmeillant le 25 février 1797 ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Carte postale ancienne colorisée, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion. – Porte le nom du chevalier du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) le 30 avril 1737. – Lieutenant au bataillon des milices de Rethel. – Capitaine de grenadiers à l’époque de la Révolution. – Colonel au 91e régiment d’Infanterie. – Général de brigade en 1792. – Général de division en 1793. – Général en chef de l’armée d’Italie. – La Convention, en lui accordant sa pension de retraite, ajouta cette déclaration honorable à son décret : Du Merbion est non seulement un général républicain, mais encore un des généraux les plus instruits de la France ». Décédé à Montmeillant le 25 février 1797 ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Jadart, Henri, Le général Pierre Jadart du Merbion: 1737-1797: documents sur son origine, sa famille et ses états de services. Rethel : G. Beauvarlet, 1892. 20 p., p. 3. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Jadart, Henri, Le général Pierre Jadart du Merbion: 1737-1797: documents sur son origine, sa famille et ses états de services. Rethel : G. Beauvarlet, 1892. 20 p., p. 3. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion (91e régiment d’Infanterie) . – Porte le nom du général du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) 1737-1797, d’abord capitaine des grenadiers sous la Révolution, puis commandant en chef de l’armée d’Italie ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Mézières. – Caserne du Merbion (91e régiment d’Infanterie) . – Porte le nom du général du Merbion, né à Montmeillant (Ardennes) 1737-1797, d’abord capitaine des grenadiers sous la Révolution, puis commandant en chef de l’armée d’Italie ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Ce général n’est cependant pas tombé dans l’oubli. Le ministre de la Guerre[1], en 1887, pour redonner quelque fierté à la population après la défaite de Sedan[2], survenue le 1er septembre 1870, décide que les établissements militaires des Ardennes recevront de nouveaux noms.

Ainsi, la caserne B de Mézières[3] reçoit celui de caserne du Merbion[4], tandis que le conseil municipal, après en avoir délibéré le 22 août 1891, décide de donner à l’une des rues macériennes le nom de ce général[5].


[1] Le général Boulanger est ministre de la Guerre du 7 janvier 1886 au 18 mai 1887 ; le général Ferron lui succède du 30 mai au 4 décembre 1887.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Charleville-Mézières, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Jadart, Henri, Le général Pierre Jadart du Merbion: 1737-1797: documents sur son origine, sa famille et ses états de services. Rethel : G. Beauvarlet, 1892. 20 p., p. 3. (Exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

[5] En 2016, elle est rebaptisée « rue du 3ᵉ Génie » par décision du maire Boris Ravignon, sur proposition du colonel Charles Michel.


Plaque toponymique de la rue Général du Merbion. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plaque toponymique de la rue Général du Merbion. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le monument, installé en 1898, est représenté sans sa grille de protection (réalisée après 1911) et avant la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914 1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument sont peu visibles sur le cliché. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes) : monument érigé à la mémoire du général du Merbion ». Cachet postal au verso : 11 septembre 1911. Librairie-photographie Nicaise (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Le monument, installé en 1898, est représenté sans sa grille de protection (réalisée après 1911) et avant la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914‑1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument sont peu visibles sur le cliché. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes) : monument érigé à la mémoire du général du Merbion ». Cachet postal au verso : 11 septembre 1911. Librairie-photographie Nicaise (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

En 1997, à Montmeillant, lors de la préparation du bicentenaire de sa mort, deux habitants demandent que la rue principale soit officiellement nommée rue du Merbion, appellation déjà consacrée par l’usage. Le conseil municipal accepte, sous réserve de l’accord des autorités compétentes, qui est donné[1].


[1] Consultation sur place en mairie des délibérations du conseil municipal de 1988 à nos jours, avec l’aimable autorisation de Raphaël Lacaille, maire de Montmeillant [documents non cotés.]

Lieu-dit du Merbion (détail). [Charleville-Mézières-Sedan], n° 78, Feuille 43e. Carte générale de la France, gravée par Nicolas Chalmandrier, lettres par Le Roy le jeune, sous la direction de César François Cassini de Thury. France : dépôt de la guerre, 1759-1760. Échelle 1:86 400. Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-53095169, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE FF-18595 (78), document numérique, consultable en ligne sur Gallica.
Lieu-dit du Merbion (détail). [Charleville-Mézières-Sedan], n° 78, Feuille 43e. Carte générale de la France, gravée par Nicolas Chalmandrier, lettres par Le Roy le jeune, sous la direction de César François Cassini de Thury. France : dépôt de la guerre, 1759-1760. Échelle 1:86 400. Bibliothèque nationale de France, document numérique, IFN-53095169, image reproduite d’après l’exemplaire original de la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, GE FF-18595 (78), document numérique, consultable en ligne sur Gallica.

La « translation des restes mortels[1] » de ce général a lieu un siècle plus tôt, le jeudi 3 décembre 1896[2], après plusieurs décennies d’oubli. Elle est célébrée par le curé de la paroisse[3], l’abbé Perlier.


[1] Cet événement est relaté dans plusieurs journaux :

  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-septième année, cinquième série, n° 3571, samedi 5 décembre 1896, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.
  • « Translation des restes mortels du général du Merbion » [chronique] in Revue de Champagne et de Brie : histoire, biographie, archéologie, documents inédits, bibliographie, beaux-arts, dir. Léon Frémont, deuxième série, tome IX, vingt-et-unième année (Paris : H. Menu, 1897 ; Arcis-sur-Aube : L. Frémont, impr., 1884–1901), page 61, vue 67/984, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-12775, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC19-116.
  • « Cérémonie patriotique à Montmeillant » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5701, samedi 5 décembre 1896, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.

[2] Un auteur indique de façon erronée la date du 3 novembre. Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 371. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

[3] « Montmeillant. » [chronique locale] in Bulletin du diocèse de Reims : revue religieuse, historique et littéraire, vingt-neuvième année, n° 50, samedi 12 décembre 1896, page 614, vue 598/1023. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-10685, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 8-LC11-842 (7).


Vestiges du Merbion, lieu-dit de Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le lundi 22 novembre 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vestiges du Merbion, lieu-dit de Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le lundi 22 novembre 2021. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les édiles et la population se rassemblent pour accompagner la dépouille, portée par trois sous-officiers d’artillerie et un sous-officier de sapeurs-pompiers de Montmeillant, précédés du drapeau tricolore.


Cette photographie est postérieure au dimanche 4 octobre 1925 (date de la pose commémorative des soldats morts pour la France en 1914 1918). Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Le monument au général du Merbion (1737-1797), érigé en 1899, et la plaque commémorative aux morts 1914-1918, inaugurés le 4 octobre 1925 ».  A. Wilmet, éditeur Photographe, Rethel (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Cette photographie est postérieure au dimanche 4 octobre 1925 (date de la pose commémorative des soldats morts pour la France en 1914‑1918). Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Le monument au général du Merbion (1737-1797), érigé en 1899, et la plaque commémorative aux morts 1914-1918, inaugurés le 4 octobre 1925 ».  A. Wilmet, éditeur Photographe, Rethel (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Quelques conseillers municipaux[1] tiennent les cordons du poêle[2], tandis que monsieur Jaillot, sous-lieutenant de chasseurs à pied, et alors ingénieur agricole de la ferme du Bois de Château[3], porte le sabre d’honneur[4] du général Merbion, sur laquelle est gravée sa devise : « Je suis ferme comme une roche[5] ».


[1] Il s’agit de messieurs Onézime Lelièvre (un des vice-présidents du comité d’initiative), Philogène Lantenois, messieurs Ernest Lelièvre et Pâté-Lelièvre.

[2] « Drap mortuaire noir ou violet dont on couvre le cercueil lors des cérémonies funèbres. Expr. Tenir les cordons du poêle, naguère, tenir les cordonnets reliés à ce drap et, aujourd’hui, marcher à côté du cercueil ou immédiatement derrière. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] Aujourd’hui, domaine du Bois de Château, sur la D 56, à Montmeillant.

[4] D’après un auteur, celui-ci est entre les mains de « M. Charles Merlin de Reims », tandis que son « sabre de combat » aurait été donné par la « citoyenne Merlin, nièce de du Merbion », au général Marès, qui, alors jeune officier, a été l’ aide de camp du général durant la campagne d’Italie. Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 371.

[5] Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 371.


Onézime Lelièvre souligne, à propos du discours de monsieur Merlin que ce dernier, l’un de ses descendants, « est venu vous retracer mieux que je n’aurais pu le faire la brillante carrière du général du Merbion[1] ».

A ce propos, une remarque s’impose : Pierre Jadart du Merbion est resté célibataire et n’a pas eu de descendance connue. Monsieur Merlin, apparenté à sa famille, n’est donc pas un descendant direct mais un parent collatéral.


[1] « Cérémonie patriotique à Montmeillant » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5701, samedi 5 décembre 1896, page 3, vue 3/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.


Cette photographie date d’avant novembre 1898, représentant le monument en chantier avec trois blocs de pierre, sans inscriptions, sans grille, et sans plaque commémorative. Le trophée militaire révolutionnaire et le soldat de la République sont déjà représentés sur le monument. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée, « Montmeillant. – Monument commémoratif. Erigé à la mémoire du général du Merbion, né le 30 avril 1737 à Montmeillant. Commandant en chef de l’armée d’Italie (1737-1797). Un trophée composé d’attributs militaires du temps de la Révolution surmonte ce monument où un soldat de la République vient y déposer la palme du Vainqueur ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Cette photographie date d’avant novembre 1898, représentant le monument en chantier avec trois blocs de pierre, sans inscriptions, sans grille, et sans plaque commémorative. Le trophée militaire révolutionnaire et le soldat de la République sont déjà représentés sur le monument. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée, « Montmeillant. – Monument commémoratif. Erigé à la mémoire du général du Merbion, né le 30 avril 1737 à Montmeillant. Commandant en chef de l’armée d’Italie (1737-1797). Un trophée composé d’attributs militaires du temps de la Révolution surmonte ce monument où un soldat de la République vient y déposer la palme du Vainqueur ». Charpentier-Richard, édition, Mézières (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

Deux mois plus tard, le 25 février 1897, l’on célèbre le centenaire de sa mort[1], occasion pour la presse locale de publier des éléments biographiques sur lui[2]. Le projet d’élever un monument à sa gloire ressurgit. Des comités se forment depuis quelque temps, pour organiser une souscription publique[3], qui va rencontrer cette-fois un grand succès.


[1] La transcription des discours a été publiée dans l’article « Centenaire du général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5785, samedi 27 février 1897, pages 2 et 3, vues 2/4 et 3/4, consultables en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] « Montmeillant. – Centenaire de la mort du général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5772, dimanche 14 février 1897, pages 1 et 2, vues 1/4 et 2/4, consultables en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[3] Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-septième année, cinquième série, n° 3563, jeudi 26 novembre 1896, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.


Cette photographie est postérieure à 1925, présentant le monument après la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914 1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument restent partiellement lisibles. La grille de protection, installée avant 1925, est visible. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Monument du général du Merbion, sur lequel on a placé la plaque commémorative de la Grande Guerre 1914-1918 ». Mention manuscrite au verso : « Gendarme Chassin René – Prévôté d’étapes – Secteur postal n° 2. Bons souvenirs, et amical bonjour de Montmeillant (Ardennes) ». Librairie Dernelle, Signy-l’Abbaye (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).
Cette photographie est postérieure à 1925, présentant le monument après la pose de la plaque commémorative des soldats morts pour la France en 1914‑1918. Les inscriptions gravées sur le socle et les faces du monument restent partiellement lisibles. La grille de protection, installée avant 1925, est visible. Carte postale ancienne en noir et blanc, légendée « Montmeillant (Ardennes). – Monument du général du Merbion, sur lequel on a placé la plaque commémorative de la Grande Guerre 1914-1918 ». Mention manuscrite au verso : « Gendarme Chassin René – Prévôté d’étapes – Secteur postal n° 2. Bons souvenirs, et amical bonjour de Montmeillant (Ardennes) ». Librairie Dernelle, Signy-l’Abbaye (exemplaire conservé dans la collection personnelle de l’auteure).

A l’initiative de l’élévation de ce monument se trouve Paul Laurent (1860‑1935), archiviste-paléographe affecté au département des Ardennes, et directeur de la Revue historique ardennaise. Il est d’ailleurs l’auteur d’une notice établie en grande partie grâce aux documents en possession de la famille Merlin[1].


[1] Laurent, Paul, « Notes inédites sur le général du Merbion et la famille militaire Jadart », in Revue historique ardennaise, tome II, année 1895, revue bimestrielle, Paris, A. Picard et fils, 1895, p. 105-169, vue 61/178 et suivantes, consultables en ligne. Archives départementales des Ardennes, PERH2 2.


Église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes), vue extérieure. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Église Saint-Roch à Montmeillant (Ardennes), vue extérieure. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 11 novembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dès le 3 décembre, après la cérémonie de réinhumation du corps du général, la décision est entérinée, ainsi que la création de deux comités. Le premier à voir le jour est le comité local, ou comité d’initiative, dont Alfred Merlin est le président, tandis que son frère Paul et son fils Charles en sont membres.

Les degrés de parenté qui lient la famille Merlin au général Pierre Jadart du Merbion sont les suivants :

  • Marie-Jeanne Merlin (née le 5 mai 1753 à La Romagne) : fille de Prudence Jadart Merlin, la sœur du général = nièce ;
  • François Merlin[1] (né le 11 janvier 1782 à La Romagne), fils naturel de la nièce = petit-neveu = neveu au second degré ;
  • Jean-Baptiste Merlin (né le 16 novembre 1818 à La Romagne) : fils du petit-neveu = arrière-petit-neveu = neveu au troisième degré ;
  • Paul (né le 30 juillet 1846 à La Romagne) et Alfred Merlin (né le 3 décembre 1855) : fils de l’arrière-petit-neveu = arrière-arrière-petits-neveux = neveux au 4ᵉ degré ;
  • Charles Merlin (né le 20 novembre 1881 à Warnécourt[2]) : fils de l’arrière-arrière-petit-neveu = arrière-arrière-arrière-petit-neveu = neveu au 5ᵉ degré.

[1] La date et le lieu de son décès n’apparaissent pas dans les registres. Certains auteurs ont pu le confondre, à cause d’une homonymie, avec François Merlin (1715‑1787), né le 5 avril 1715 à La Romagne et décédé le 5 août 1787 dans la même localité.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.



Des échanges épistolaires attestent par ailleurs les liens entre la famille Merlin et le général du Merbion, comme le rapportent Paul Laurent et Albert Baudon dans l’article qu’ils consacrent chacun à ce général, et dans lequel ils publient de larges extraits d’une lettre du 28 brumaire an III[1] que ce dernier adresse de Nice (armée d’Italie)[2] à sa sœur Marie-Anne habitant Montmeillant.

Il envoie, dans ce courrier, « mille amitiés à Merline[3] » (surnom hypocoristique[4]) qui est désignée dans les notes de bas de page[5] comme étant celui de sa soeur Prudence, épouse de François Merlin de La Romagne.

Or, il ne peut être question de celle-ci, puisqu’elle est décédée le 29 avril 1791 à La Romagne, et que la lettre date de 1794. Il pourrait donc s’agir plutôt de sa nièce Marie-Jeanne[6], célibataire vivant dans ce village, et dont il est à la fois l’oncle et le parrain, et sur laquelle il aurait reporté son affection.


[1] Soit le 18 novembre 1794.

[2] Nice, commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

[3] Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 373. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.

[4] « Se dit d’une forme ou d’une tournure qui exprime une intention tendre, affectueuse. « Fifille » est un exemple de redoublement hypocoristique. Les suffixes de « sœurette » et de « frérot » ont une valeur hypocoristique. « Bijou », « chou » ont des emplois hypocoristiques. Subst. Un hypocoristique. « Margot », « Jeannot », etc., sont des hypocoristiques. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[5] « Depuis son mariage avec François Merlin [le 28 janvier 1744], Prudence Jadart fut appelée familièrement Merline, surtout par sa sœur Marie-Anne ». Cf. Laurent, Paul, « Notes inédites sur le général du Merbion et la famille militaire Jadart », in Revue historique ardennaise, tome II, année 1895, revue bimestrielle, p. 105-169, Paris, A. Picard et fils, 1895, page 110, vue 64/178, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, PERH2 2.

[6] Marie-Jeanne, née le 5 mai 1753, et décédée le 23 janvier 1829 à La Romagne (Ardennes).


Le comité d’initiative est chargé d’organiser le projet et de recueillir les souscriptions (monsieur Baudrillard, instituteur à Montmeillant, en est le secrétaire-trésorier[1]). Il comprend plus de cent cinquante personnes, dont une douzaine est originaire de La Romagne[2].


[1] « Montmeillant. – Hirson. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5542, vendredi 15 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] La publication des participants s’étale sur quatre numéros du Petit Ardennais :

  • « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5747, mercredi 20 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.
  • « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5751, dimanche 24 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.
  • « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5756, vendredi 29 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.
  • « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. – Quatrième et dernière liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5761, mercredi 3 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

Il prévoit de se réunir symboliquement le jeudi 25 février 1897, date du centenaire du décès de Pierre Jadart du Merbion[1]. Il est rappelé dans la presse locale que « le ministre de la Guerre vient d’accorder une subvention de 500 fr. en faveur du monument du général du Merbion, et d’autoriser MM. les officiers en garnison dans les Ardennes à participer individuellement à cette œuvre patriotique[2] ».


[1] « Montmeillant. – Le monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5778, samedi 20 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5779, dimanche 21 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.



Le second comité est en voie de constitution lors de cette première réunion. Il est sous le patronage de représentants du département et de notabilités civiles et militaires, à savoir le préfet, les sénateurs du département, le député de l’arrondissement de Rethel, le conseiller général du canton.

A ces personnalités, s’ajoutent des comités consacrés par les ministres de l’Intérieur et de la Guerre. De plus, des sous-comités communaux voient le jour afin d’élargir la prospection. C’est ainsi que de nombreux habitants du canton de Chaumont-Porcien participent.


Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME. 
Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME

L’on peut remarquer la générosité des Romanais, probablement favorisée par le dynamisme de la famille Merlin. Trente et un souscripteurs ont pu être identifiés, pour une somme totale de 187,50 francs[1], le reste de la somme (soit 96 francs) pouvant correspondre à des dons anonymes, au produit de quêtes effectués lors d’un mariage, à une décision du conseil municipal.

C’est ainsi que, le mercredi 11 novembre 1896, Montmeillant vote la somme de 50 francs pour l’érection d’un monument à la gloire du général[2].


[1] Ce moment a pu être déterminé à partir de trois listes parues dans la presse :

  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-huitième année, cinquième série, n° 3791, vendredi 13 août 1897, page non paginée, vue 1/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.
  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-huitième année, cinquième série, n° 3792, samedi 14 août 1897, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.
  • Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-huitième année, cinquième série, n° 3801, mercredi 25 août 1897, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.

[2] « Montmeillant. – Subvention. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-septième année, n° 5677, mercredi 11 novembre 1896, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 34.


Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Graphique de type « histogramme groupé ». Crédits iconographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME

Les dons ne proviennent pas uniquement des villes ou villages du canton, mais aussi d’autres communes ardennaises : Wasigny[1], Rethel[2], Mézières, Herbigny[3], La Férée[4], Aouste[5], Jandun[6]. Ils peuvent être originaires d’encore plus loin, de Paris[7] ou de Nice par exemple.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est. Cf. « Wasigny. – Souscription en faveur du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5783, jeudi 25 février 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[3] Justine-Herbigny, commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[4] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[5] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[6] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[7] Actuellement, chef-lieu de la région Île-de-France et siège de la Métropole du Grand Paris.


Lorsqu’il s’agit de faire exécuter le monument, plusieurs solutions sont examinées par les comités lors d’une réunion. Pour les membres présents, l’ouverture d’un concours aura certainement pour conséquence l’envoi de projets d’artistes réputés, tandis que l’absence d’une telle proposition fait courir le risque d’avoir des œuvres plus ordinaires, et d’artistes moins confirmés.


Les comités doivent également tenir compte du coût de cette opération, les ressources demeurant limitées, malgré les fonds accordés par le conseil municipal du village et ceux provenant des nombreux souscripteurs ayant répondu à ce projet. Les sommes recueillies s’élèveraient à environ 15 000 francs.


Lors de ces débats, monsieur Merlin fait part d’une proposition qu’il a reçue du sculpteur ardennais Aristide Croisy[1] : celui-ci se chargerait de l’exécution de l’œuvre à titre gratuit en ce qui concerne son temps et ses honoraires. Seuls seraient à payer « le montant des débours[2] pécuniaires[3] ».

Après un vote, on écarte l’idée d’un concours, pour que monsieur Croisy puisse donner de plus amples renseignements, et ce d’autant plus que l’on souhaite choisir un artiste de la région.


[1] Aristide Croisy (1840-1899), né et décédé à Fagnon Ardennes). Il est connu pour avoir réalisé la statue du général Chanzy à Nouart (Ardennes), le monument aux morts de Sedan après la guerre de 1870.

[2] « Surtout au pluriel. Argent déboursé pour un paiement, une avance. On lui a payé ses débours. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5980, samedi 18 septembre 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 36.


 ED.. RACINE ARCHITECTE » correspond très probablement à la formule latine « edificavit » (ou sa variante orthographique « aedificavit »), signifiant « a fait édifier ». Elle indique que l’architecte Racine a conçu et supervisé la construction du monument. Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
 ED.. RACINE ARCHITECTE » correspond très probablement à la formule latine « edificavit » (ou sa variante orthographique « aedificavit »), signifiant « a fait édifier ». Elle indique que l’architecte Racine a conçu et supervisé la construction du monument. Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Parallèlement, une commission d’architecture réunit quelques membres de la commission du patronage[1], qui habitent pour la plupart Charleville et Mézières. Elle se réunit le 25 avril 1898, et désigne finalement le sculpteur Alphonse Colle[2] et l’architecte Jean Racine[3] pour la réalisation du monument.


[1] Cette commission comprend sept personnes parmi lesquelles se trouvent le préfet des Ardennes, le conseiller général du canton de Chaumont-Porcien, un agent voyer du département, un architecte honoraire du département, un ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et l’archiviste Paul Laurent.

[2] Alphonse Théodore Charles Colle (1857, Charleville – 1935, Paris), élève d’Aristide Croisy, est un sculpteur français connu pour ses bustes de personnalités ardennaises et ses monuments aux morts à Charleville et Mézières, et cofondateur en 1887 de l’Union artistique des Ardennes, destinée à promouvoir la création artistique locale.

[3] Jean François Jules Racine (1827, Metz – 1902, Charleville) fut architecte diocésain à Metz avant de devenir architecte départemental des Ardennes, où il signa plusieurs bâtiments publics et églises.


D’une hauteur de huit à neuf mètres, le monument, posé sur un socle à emmarchement de plan rectangulaire, est à la fois commémoratif et figuratif. Il s’inspire d’un monument funéraire antiquisant en forme d’obélisque tronqué. Il n’est pas réalisé en marbre, comme cela avait été suggéré, mais en pierre de provenances différentes.


L’abréviation « A. COLLE SCULPTR » indique qu’Alphonse Colle est l’auteur de la sculpture du monument du général du Merbion, « sculptr. » étant l’abréviation de « sculptor », signifiant « a sculpté ». Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
L’abréviation « A. COLLE SCULPTR » indique qu’Alphonse Colle est l’auteur de la sculpture du monument du général du Merbion, « sculptr. » étant l’abréviation de « sculptor », signifiant « a sculpté ». Inscription du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Pour les parties massives, de la base jusqu’au sommet, on a retenu la pierre de Lérouville[1], essentiellement utilisée dans les ouvrages de maçonnerie. La sculpture du soldat est quant à elle taillée dans des blocs de pierre de Lavoux[2].C’est une pierre blanchâtre qui se patine au fil du temps en raison du calcin[3].


[1] Commune française située actuellement dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département de la Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine.

[3] « Pellicule de calcaire qui se forme à la surface des pierres de taille exposées à la pluie. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Aucun portrait du général du Merbion n’existe, uniquement quelques descriptions dans des fiches administratives. C’est ainsi que l’on sait qu’il mesure selon l’une cinq pieds cinq pouces et demi[1], et une autre cinq pieds et six pouces[2].

Il a des cheveux gris, des sourcils blonds ( avec le sourcil gauche marqué d’une cicatrice), un front haut, des yeux bleus, un nez aquilin, une bouche moyenne, un menton rond et un visage ovale, long et marqué par la petite vérole[3].


[1] Soit un mètre soixante-dix-huit.

[2] Soit un mètre soixante-dix-neuf.

[3] Laurent, Paul, « Notes inédites sur le général du Merbion et la famille militaire Jadart », in Revue historique ardennaise, tome II, année 1895, revue bimestrielle, Paris, A. Picard et fils, 1895, p. 105-169, Paris, A. Picard et fils, 1895, pages 136-137, vue 77/178. Archives départementales des Ardennes, PERH2 2


Gorgonéion. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Gorgonéion. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.


Ce monument met en valeur des attributs militaires, les armoiries du général, ses soldats, ses campagnes et ses victoires. Au sommet du monument, se trouve une cuirasse héroïque, ornée d’un médaillon central ou gorgonéion[1], dont la valeur apotropaïque[2] est censée repousser le mal et paralyser l’ennemi.

D’inspiration romaine[3], le trophée est surmontée d’un bonnet phrygien, marquant ainsi la fidélité de ce général à l’Etat et à la Nation.


[1] Représentation frontale de la tête de Méduse, parfois ornée de serpents, en sculpture ou gravure.

[2] « Qui conjure le mauvais sort, protège contre toute influence mauvaise. Un rite, une formule apotropaïques. Chez les Grecs, la paire de grands yeux qui ornaient la coque des navires de guerre avait une fonction apotropaïque. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] L’on pense à la statue d’Auguste dite de Prima Porta.



Des drapeaux attachés chacun à sa hampe, dotés d’un ruban, et surmontés d’un fer de lance, se déploient au second plan. Des boulets de canon évoquent la puissance de l’artillerie et la guerre, tandis qu’un glaive figure l’autorité et le commandement militaire.


Trois boulets. [Nota bene : la balistique historique, science auxiliaire de l’histoire militaire étudie les projectiles anciens (boulets, balles, grenades), leur fabrication, leur typologie, leur emploi et leurs effets.] Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Trois boulets. [Nota bene : la balistique historique, science auxiliaire de l’histoire militaire étudie les projectiles anciens (boulets, balles, grenades), leur fabrication, leur typologie, leur emploi et leurs effets.] Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Armes de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) : d’azur, avec deux fers de lance d’or en chef et un marteau du même en pointe. [Nota bene : l’héraldique, science auxiliaire de l’histoire, étudie les blasons, armoiries et symboles héraldiques, leur signification, leur composition et leur usage dans les familles, les villes ou les institutions.]
Armes de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) : d’azur, avec deux fers de lance d’or en chef et un marteau du même en pointe. [Nota bene : l’héraldique, science auxiliaire de l’histoire, étudie les blasons, armoiries et symboles héraldiques, leur signification, leur composition et leur usage dans les familles, les villes ou les institutions.]

Armoiries, sabre recourbé et feuilles de chêne. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Armoiries, sabre recourbé et feuilles de chêne. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La partie médiane présente les armoiries de la famille, inscrites dans un médaillon entouré de volutes, flanqué à gauche d’un sabre recourbé et à droite de feuilles de chêne[1]. Les armes sont d’azur, avec deux fers de lance d’or en chef et un marteau du même en pointe[2].


[1] Dans l’armée, ses feuilles symbolisent la puissance du commandement. Cf Cadario, Gervais. Le chêne, Revue historique des Armées, n° 202, mars 1996, pp. 138‑139. Consultable en ligne sur Persée.

[2] « les deux fers de lance étaient une brisure de l’écusson : d’azur à trois marteaux d’or que portaient les Foulon ». Cf. Baudon, Albert, « Au pays du général Jadart du Merbion », in Almanach MatotBraine des trois départements de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, historique, littéraire, administratif, commercial, année 1909, p. 368‑375, ill. en noir, Montmeillant (Ardennes, France) : Matot‑Braine, 1908, 8º, p. 374. Archives départementales de la Marne, PERE1 41.


Pierre Jadart du Merbion participa à plusieurs campagnes avant la Révolution, notamment en Allemagne lors de la guerre de Hanovre, dans des opérations sur mer liées aux déplacements et missions militaires, et en Amérique entre 1765 et 1772, où il accomplit des missions de garnison et de soutien. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Pierre Jadart du Merbion participa à plusieurs campagnes avant la Révolution, notamment en Allemagne lors de la guerre de Hanovre, dans des opérations sur mer liées aux déplacements et missions militaires, et en Amérique entre 1765 et 1772, où il accomplit des missions de garnison et de soutien. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les faces latérales gauche et droite rappellent les victoires de ce général. Sur la première sont gravées les campagnes d’Allemagne, sur mer, et d’Amérique. L’autre comporte les victoires de la campagne d’Italie[1] et des Alpes[2].


[1] Pierre Jadart du Merbion a commandé l’armée d’Italie du 8 août 1793 au 20 novembre 1794.

[2] Victoires de l’armée française, 1214‑1885. Paris : Imprimerie nationale, 1886. In‑4°, 44 ff. Couverture imprimée : « ministère de la Guerre », consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6562710, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 4-LH1-50.


Pierre Jadart du Merbion fut lieutenant-colonel puis colonel en 1792, avant de commander des opérations en Italie de 1792 à 1794, participant à la campagne alpine et aux combats de Saorgio, Garessio et Cairo, consolidant les positions françaises face aux armées austro-sardes. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Pierre Jadart du Merbion fut lieutenant-colonel puis colonel en 1792, avant de commander des opérations en Italie de 1792 à 1794, participant à la campagne alpine et aux combats de Saorgio, Garessio et Cairo, consolidant les positions françaises face aux armées austro-sardes. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La prise de Nice, le 7 vendémiaire an I (28 septembre 1792), marque l’annexion du comté de Nice par la France républicaine. Christophe Saliceti, député corse à la Convention, François Joseph Ritter, général de la Révolution, et Louis Turreau de Linières, général de division, tous trois représentants du peuple, soulignent dans un rapport de novembre 1794 le rôle de Pierre Jadart du Merbion dans la conquête de Saorgio. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La prise de Nice, le 7 vendémiaire an I (28 septembre 1792), marque l’annexion du comté de Nice par la France républicaine. Christophe Saliceti, député corse à la Convention, François Joseph Ritter, général de la Révolution, et Louis Turreau de Linières, général de division, tous trois représentants du peuple, soulignent dans un rapport de novembre 1794 le rôle de Pierre Jadart du Merbion dans la conquête de Saorgio. Inscriptions du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les inscriptions gravées sur chacune de ces faces font référence, pour la première, à une phrase extraite d’une lettre envoyée au général Rochon et, pour la seconde, à un extrait du rapport des représentants du peuple[1] en date de novembre 1794.


[1] Antoine Christophe Saliceti (1757‑1809), François Joseph Ritter (1758‑1809), Louis Turreau de Linières (1761‑1797).


Vue rapprochée du haut-relief représentant un soldat. Monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vue rapprochée du haut-relief représentant un soldat. Monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les interprétations du personnage en façade sont variables. Il représenterait un grenadier, un jeune volontaire de la Révolution, ou « un vieux soldat de la campagne d’Italie »[1]. Elles sont, quoi qu’il en soit, toutes compatibles avec la carrière du général.

En effet, en 1780, il était capitaine d’un régiment de grenadiers. Il sert la Révolution après avoir servi le roi, et commande un certain nombre d’opérations comme général en chef de l’armée d’Italie, avant de demander sa retraite en 1794.  


[1] Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], soixante-neuvième année, cinquième série, mardi 26 avril 1898, n° 4011, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.


Giberne. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Giberne. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Si l’on observe ce personnage en haut-relief[1], mesurant environ deux mètres soixante, et qui se détache d’un mur rectangulaire, l’on remarque qu’il porte des bottes recouvertes jusqu’aux genoux de guêtres boutonnées, une giberne[2], des bandoulières[3] ou des baudriers[4] croisés dans le dos.

L’uniforme comporte des basques retroussées, des épaulettes aux aiguilles serrées, et des manches avec parements. Il est ouvert sur un gilet boutonné.


[1] Relief en saillie qui adhère à un fond plat. Les formes représentent plus de la moitié du volume réel d’un corps, sans excéder les trois quarts de son volume. Bras, jambes et tête n’ont que quelques points de contact. Cf. Baudry, Marie-Thérèse, avec la collaboration de Dominique Bozo. Sculpture : méthode et vocabulaire. Nouvelle éd. Paris : Éditions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2022. 1 vol. (765 p.) : ill. en coul., 31 cm. Bibliogr. p. 707‑734, glossaire, index, p. 500 et suivantes.

[2] « Boîte recouverte de cuir dans laquelle les soldats mettaient les cartouches et les menus objets nécessaires à l’entretien des armes. Expr. fig. Enfant de giberne, enfant de troupe. Avoir le bâton de maréchal dans sa giberne, de simple soldat pouvoir atteindre à la plus haute dignité militaire et, par extension, être promis à un bel avenir. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[3] « Bande de cuir ou d’étoffe, passée comme une écharpe d’une épaule à la hanche opposée pour porter un objet. Le fusil en bandoulière. Un sac, une gibecière, un cartable en bandoulière. », selon le Dictionnaire de l’Armée française. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[4] « Bande de cuir ou de toile, portée en écharpe sur l’épaule, et qui sert à soutenir l’épée, le sabre, un tambour ou simplement le ceinturon. Être ceint d’un baudrier. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.




Visage du soldat. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Visage du soldat. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le visage présente des traits burinés, des arcades sourcilières un peu proéminentes, une moustache à la gauloise[1] bien fournie, une mouche[2] sur la lèvre inférieure et un nez aquilin. Les cheveux longs, ramenés derrière la tête, sont attachés à la nuque en un catogan enroulé.


[1] Au XVIIIe siècle, cette moustache était fréquente chez les officiers et à la fin du XIXe elle devient, particulièrement en sculpture, un marqueur identitaire et patriotique après la défaite de 1870-1871.

[2] « Vieilli. Petite touffe de barbe qu’on laisse croître sous la lèvre inférieure. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.


Bicorne, cocarde et plumet. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Bicorne, cocarde et plumet. Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

De la main gauche, le soldat tient un bicorne avec cocarde. De la main droite, il tend une palme de la victoire, de laquelle l’extrémité de la dernière feuille pointe vers la base des armes de la famille Jadart du Merbion.


La branche sculptée représente très probablement du laurier (laurier noble, Laurus nobilis). Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La branche sculptée représente très probablement du laurier (laurier noble, Laurus nobilis). Détail du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Traditionnellement, le chapeau appelé bicorne est orné d’une cocarde et d’un plumet[1]. C’est la coiffure des officiers supérieurs et des généraux dans l’armée royale. En le mettant dans la main d’un soldat, le sculpteur rend hommage au général du Merbion pour sa longue carrière militaire, ses victoires, et l’attention qu’il portait à ses troupes.


[1] La couleur du plumet variait selon le grade et l’arme.


Ce monument est monté et installé en novembre 1898[1], non sur la tombe du général, comme prévu initialement dans le projet de l’abbé Eugène Miroy, puis confirmé par une décision prise lors de la cérémonie de réinhumation[2], mais sur un « terrain voisin de la rue principale de Montmeillant[3] », en faveur duquel le conseil municipal a émis un vœu le jeudi 16 septembre 1897. Il ne reste plus, à ce moment-là, qu’à y graver les inscriptions.


[1] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-neuvième année, n° 6394, mardi 15 novembre 1898, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 38.

[2] « Montmeillant. – Liste des membres du comité d’initiative du monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5747, mercredi 20 janvier 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.

[3] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5980, samedi 18 septembre 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 36.


Le conseil municipal de la commune prévoit et vote des fonds pour l’organisation de la cérémonie, distincts des dépenses consacrées au monument lui-même[1]. En plus des dispositions particulières, sont envisagées les mesures suivantes : l’arrêt exceptionnel de trains et l’organisation d’un banquet.

Il est convenu qu’Alfred Merlin, membre très actif du comité, et héritier de la famille du général, expose des objets lui ayant appartenu : son sabre d’honneur, une montre en or, une boussole, un cachet et divers documents.


[1] « Montmeillant. – Monument du général du Merbion. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, dix-huitième année, n° 5868, mercredi 26 mai 1897, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 35.


Le ministère de la Guerre a envisagé que ce soit Arthur Chuquet[1] qui préside la cérémonie. Or, elle n’a pas lieu, pour des raisons non élucidées à ce jour. Elle se déroule finalement en 1925, après la fin de la Première Guerre mondiale[2].


[1] Arthur Maxime Chuquet (1853‑1925), historien militaire français, spécialiste de la Révolution et des guerres napoléoniennes.

[2] « Montmeillant. – Inauguration du monument du général du Merbion et de la plaque commémorative 1914-1918. » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, quarante-cinquième année, n° 13895, mercredi 7 octobre 1925, page 2, vue 2/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 91.


Certains Montmeillanais s’émeuvent, en 1911, que la statue soit exposée aux « injures des passants », et signalent qu’une clôture serait la bienvenue[1]. La grille est réalisée quelque temps avant la cérémonie.

Elle est encore présente en 1997, lors du bicentenaire, ce qui est attesté par une décision du conseil municipal qui prévoit d’en réparer les barreaux et de la repeindre. Elle disparait dans le premier quart du XXIe siècle.


[1] Le Courrier des Ardennes. Charleville : s.n., 1849-1921, [Département des Ardennes. – Arrondissement de Rethel. – Montmeillant.], quatre-vingt-deuxième année, dimanche 18 & lundi 19 juin 1911, page non paginée, vue 2/4, consultable en ligne sur Gallica. Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-27427, texte reproduit d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JO-12733.


Au souvenir du général du Merbion s’ajoute celui des morts pour la France de 1914-1918[1]. Une plaque de marbre honore ainsi la mémoire de dix-neuf habitants de Montmeillant[2]. Prévoyant son scellement, la commune constate que le monument a besoin de quelques réparations.


[1] Dès 1920, le conseil municipal envisage une souscription pour un monument aux morts, consignée dans le registre des délibérations (14 novembre 1920, folio 6, n° 44 ; 22 mai 1921, folio 10, n° 74 ; 14 août 1921, folio 10, n° 86). Le projet est finalement abandonné au profit du scellement d’une plaque de marbre sur le monument du général du Merbion. Faute de moyens, la commune plante deux sapins de part et d’autre pour célébrer « la Victoire et le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France ». Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/D 5 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série D = documents administratifs ou séries locales autres que l’état civil ; sous-série D 5 : registres des délibérations du conseil municipal de 1919 à 1929.]

[2] Ces derniers sont également évoqués dans un cadre accroché à un mur de l’église.


Pour cela, le sculpteur se déplace et constate dans une lettre[1] envoyée à la mairie que ces dernières sont peu importantes. Il indique que le temps a simplement noirci le monument, ce qui lui donne « un caractère de poudre ».


[1] Monument commémoratif du Général Du Merbion. – Modification et réparation : projet [dossier de 1924]. Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/M 2 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série M = dossiers sur les monuments et constructions publiques, archives de travaux municipaux ou projets spéciaux ; sous-série M 2 : monuments commémoratifs ou militaires.]


Plaque commémorative en hommage aux morts pour la France lors des guerres de 1914-1918 et 1939-1945, scellée sur le monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plaque commémorative en hommage aux morts pour la France lors des guerres de 1914-1918 et 1939-1945, scellée sur le monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le dimanche 4 octobre 1925 ont lieu en même temps l’inauguration du monument et la pose de la plaque commémorative. La cérémonie se déroule en présence du préfet, de sénateurs et de députés des Ardennes.

Paul Laurent, l’archiviste à l’origine de la souscription pour l’érection du monument, est également là et y prononce une allocution[1]. Malheureusement, les trois représentants de la famille Merlin, très impliqués dans ce projet, sont décédés entre temps[2].


[1] « Montmeillant. – La famille, la biographie et le monument du général du Merbion » [chronique locale et régionale] in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. Charleville : [s. n.], 1880-1944, quarante-cinquième année, n° 13898, dimanche 4 octobre 1925, page 3, vue 3/4, consultable en ligne. Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 91.

[2] Ce destin tragique a touché les bienfaiteurs de la famille Merlin :

  • Alfred Merlin, né le 3 décembre 1855 à La Romagne, est décédé le 1er septembre 1906 à Reims. Cf. Archives communales de Reims, 1E/483, acte n° 1704, vue 447/712, consultable en ligne [série E = archives communales déposées, sous-série 1E = registres d’état civil, cote 1E483 = dates de décès du 19 juillet au 30 décembre 1906 (de l’acte n°1332 au n°2448 sexter.]
  • Son frère aîné, Paul Merlin, né le 30 juillet 1846 à La Romagne, est mort à Reims le 15 décembre 1909 (Archives communales de Reims, 1E/504, acte n° 2349, vue 615/708 [série E = archives communales déposées, sous-série 1E = registres d’état civil, cote 1E504 = dates de décès du 22 juillet au 31 décembre 1909 (de l’acte n°1383 bis au n°2453). Table annuelle.
  • Charles Merlin, fils d’Alfred et neveu de Paul, est né à Warnécourt (Ardennes) le 20 mars 1881 et est décédé le 12 juillet 1916 à Dugny-sur-Meuse (Meuse).


Cadre commémoratif en hommage aux morts pour la France 1914-1918, conservé dans l’église Saint-Roch de Montmeillant. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Cadre commémoratif en hommage aux morts pour la France 1914-1918, conservé dans l’église Saint-Roch de Montmeillant. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La matinée est à la tristesse et au recueillement avec un cortège musical de Signy-L’Abbaye[1], une délégation du 91e régiment, dans lequel Pierre du Merbion a été lieutenant-colonel en février 1792, puis colonel quelques mois plus tard. Une foule nombreuse rassemblant les habitants du village et des villages voisins se presse à cet évènement, relaté dans toute la presse ardennaise.

Dans le défilé se trouvent les parents des soldats morts en 1914-1918, les enfants des écoles, les pompiers de Montmeillant, mais aussi ceux de Draize[2] et de La Romagne.


[1] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

[2] Commune française située actuellement dans le département des Ardennes, en région Grand Est.


Brevet de général de division de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) conservé à la mairie de Montmeillant (Ardennes), avec l’aimable autorisation de monsieur Raphaël Lacaille, maire de la commune. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Brevet de général de division de Pierre Jadart du Merbion (1737-1797) conservé à la mairie de Montmeillant (Ardennes), avec l’aimable autorisation de monsieur Raphaël Lacaille, maire de la commune. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 11 décembre 2025. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Cette journée s’achève sur des discours émouvants, rappelant le sacrifice des jeunes hommes du village, et sur un rappel historique de la carrière du général du Merbion. Quant à monsieur Douce conseiller général et membre du comité du patronage, il remet officiellement le monument à monsieur Varlet, maire de Montmeillant, qui l’accepte au nom du village.


Vue générale du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vue générale du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dès le mois d’avril 1996, le conseil municipal de Montmeillant se prépare à célébrer le bicentenaire du général du Merbion. Il reçoit le soutien du 3e régiment du Génie, stationné à la caserne du Merbion.

Celui-ci participe au nettoyage du monument, et organise avec la commune une prise d’armes, ainsi qu’un défilé du bas de l’église[1] jusqu’au monument le samedi 26 avril 1997[2].


[1] La tombe a fait l’objet de travaux de réfection. Avec le temps, les gravures s’étaient effacées et la fragilité de la pierre interdisait toute intervention directe. Une nouvelle plaque en granit noir a donc été posée et gravée à l’identique.

[2] Fabien Marc Lendo, commandant dans l’Armée de Terre, le major Jean-Pierre Garnier et Quentin Hascher, réserviste citoyen de l’Armée de Terre au 3ᵉ régiment du Génie, ont indiqué que cet événement n’avait fait l’objet d’aucune couverture médiatique au-delà de la presse locale. Ils ont renvoyé au périodique Cercle des collectionneurs de Signy-L’Abbaye, hors-série n° 1, intitulé « Pierre Jadart du Merbion dit Dumerbion : une gloire de Montmeillant » (1er trimestre 1997), dirigé par Christine Albert. Publié à Signy-L’Abbaye par la mairie et le Cercle des collectionneurs de Signy-L’Abbaye, ce périodique de 55 pages comprend un article rédigé par le major Jean-Pierre Garnier, lequel a transmis à l’auteure une version amendée de son texte.


D’autres cérémonies se déroulent en 2011, puis en 2022, au cours desquelles sont rappelés la gloire de ce général, et le sacrifice des jeunes Montmeillanais durant les deux conflits mondiaux.


Sous l’Ancien Régime, les grades dans l’armée royale sont indiqués par des signes distinctifs portés sur l’uniforme, notamment les épaulettes. Musée de l’Armée – hôtel des Invalides. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 8 janvier 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Sous l’Ancien Régime, les grades dans l’armée royale sont indiqués par des signes distinctifs portés sur l’uniforme, notamment les épaulettes. Musée de l’Armée – hôtel des Invalides. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le jeudi 8 janvier 2026. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Quant aux objets qui ont appartenu au général du Merbion, aucun ne figure à l’inventaire du musée de l’Armée – hôtel national des Invalides[1]. Contrairement à ce qui avait été prévu dans le projet initial, ils n’ont pu être exposés à aucun moment : le sabre d’honneur aurait disparu pendant la Première Guerre mondiale, les autres objets et les papiers restants auraient fait l’objet d’un don par un des membres de la famille Merlin au 91e régiment d’infanterie.

Celui-ci est dissous en 1962. Les objets seraient alors passés au musée de l’Infanterie de Montpellier, fermé en 2010. Les souvenirs du général auraient alors été transférés, mais sans y être présentés, à la salle d’honneur de l’infanterie, une structure ouverte aux écoles militaires de Draguignan. Sans aucune certitude, ils pourraient se trouver dans des caisses non inventoriées, ou en cours d’inventaire, selon des courriels échangés avec la conservatrice en charge du lieu[2].


[1] À la suite d’une recherche effectuée dans les bases de données du musée de l’Armée – Hôtel des Invalides, par le département contemporain du Service des collections et du patrimoine, aucune mention ni aucun objet attribuable au général Pierre Jadart du Merbion n’a été identifié dans les inventaires (Jordan Gaspin, chargé d’études documentaires principal).

[2] Le sous-lieutenant Delphine Thoumsin, conservatrice de la salle d’honneur de l’Infanterie et adjointe du pôle muséal des écoles militaires de Draguignan EMD / EI / DFI / SHI, a indiqué à l’auteure que les collections sont actuellement conservées en réserve externalisée et non directement accessibles, qu’un inventaire manuscrit est en cours de numérisation, et qu’aucune identification certaine du don ou des objets concernés n’a pu être établie à ce stade ; elle a par ailleurs rappelé le décalage chronologique entre la dissolution du 91ᵉ RI (1962) et la création du musée de l’Infanterie (1969), ce qui ne permet pas d’assurer que les objets concernés aient effectivement intégré les collections conservées.


Epaulettes. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Epaulettes. Détails du monument à la gloire du général du Merbion (1737-1797) à Montmeillant (Ardennes). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 3 septembre 2017. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Arc de Triomphe (Paris), pilier sud, côté avenue des Champs-Élysées – avenue Kléber : colonne 23, dédiée aux armées de Dalmatie, d’Égypte, d’Espagne, du Portugal, d’Andalousie, d’Aragon, de Catalogne et du Midi, où le général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797), figure comme quatrième nom inscrit parmi les noms gravés sous l’Arc de Triomphe, aux côtés des inscriptions des batailles.
Arc de Triomphe (Paris), pilier sud, côté avenue des Champs-Élysées – avenue Kléber : colonne 23, dédiée aux armées de Dalmatie, d’Égypte, d’Espagne, du Portugal, d’Andalousie, d’Aragon, de Catalogne et du Midi, où le général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797), figure comme quatrième nom inscrit parmi les noms gravés sous l’Arc de Triomphe, aux côtés des inscriptions des batailles.

La quête mémorielle de ce legs montre toute la difficulté de la conservation d’objets et de documents écrits, même s’ils sont déposés auprès d’institutions.

Se pose alors la question de faire perdurer plus de deux cents ans après, le souvenir d’un homme à la fois modeste et brillant, né et mort dans un petit village ardennais, qui a côtoyé et agi avec ceux qui ont marqué la Révolution, puis le Premier Empire, au point que son nom est gravé en 1836 dans le pilier sud, 23e colonne de l’Arc de Triomphe.


Acte de naissance du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 2  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 2 = baptêmes, mariages, sépultures 1691-1754,  page non foliotée, vue 134/202, consultable en ligne.
Acte de naissance du général Pierre Jadart du Merbion (1737-1797). Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/E 2  [série EDEPOT = archives communales déposées ; sous-série EDEPOT/MONTMEILLANT = fonds concernant Montmeillant ; série E = registres paroissiaux et d’état civil, baptêmes, mariages, sépultures ; sous-série E 2 = baptêmes, mariages, sépultures 1691-1754,  page non foliotée, vue 134/202, consultable en ligne.

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Anciens combattants Architecture Criminalité Guerre mondiale (1939-1945) Industrie Militaires Monuments commémoratifs Monuments commémoratifs militaires Patrimoine culturel Patrimoine industriel Victimes de guerre

Mission historique et mémorielle à Eisenhüttenstadt sur les traces de Pierre Bonhomme, natif de La Romagne, prisonnier de guerre dans le Stalag allemand III-B Fürstenberg (Oder)


8 mai 1945 – 8 mai 2025 : les soldats capturés pendant la Seconde Guerre mondiale, mémoire vive de l’histoire européenne

Panneau de la gare d'Eisenhüttenstadt (Allemagne). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Panneau de la gare d’Eisenhüttenstadt (Allemagne). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les jeudi 8 et vendredi 9 mai 2025 marquent deux anniversaires majeurs : les 80 ans de la victoire du 8 mai 1945 et les 35 ans de la Journée de l’Europe, célébrée le 9 mai. Le 8 mai s’annonce comme la dernière grande commémoration en présence des témoins directs de la Seconde Guerre mondiale : anciens combattants, rescapés des camps, requis du STO[1], incorporés de force[2]… et prisonniers de guerre[3], dont le sort particulier est relégué dans l’ombre.

Capturés en masse dès 1940, contraints au travail forcé en Allemagne, ces hommes vécurent une guerre marquée par la captivité, l’attente, et un retour difficile en France.


[1] Le Service du travail obligatoire était une contrainte imposée par le régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale, forçant les jeunes hommes français à travailler en Allemagne pour soutenir l’effort de guerre nazi.

[2] Les « malgré-nous » étaient des hommes d’Alsace-Moselle contraints par le régime de Vichy de rejoindre l’armée allemande après l’annexion de fait de ces régions par le IIIᵉ Reich en 1942.

[3] Les Stalags accueillaient les soldats et sous-officiers soumis au travail forcé (Zwangsarbeit), tandis que les Oflags étaient destinés aux officiers, qui bénéficiaient de conditions de vie relativement meilleures. La notion de Zwangsarbeit (travail forcé) pendant la Seconde Guerre mondiale peut, dans de nombreux cas, être considérée comme une forme de moderne Sklaverei (esclavage moderne), bien que ces deux concepts renvoient à des contextes historiques et juridiques différents.


Embarcadère à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Embarcadère à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Après avoir cherché les traces de Pierre Bonhomme, natif de La Romagne, prisonnier de guerre n° 53026 dans les Stalags allemands III-A Luckenwalde et III-D Berlin, une nouvelle mission historique et mémorielle s’est accomplie au Stalag III-B Fürstenberg[1] (Oder), actuellement Eisenhüttenstadt, en Allemagne) du jeudi 24 octobre au vendredi 1er novembre 2024.


[1] Fürstenberg-sur-Oder, commune située actuellement dans l’arrondissement de l’Oder-Spree et le Land de Brandebourg, en Allemagne, ne doit pas être confondue avec Fürstenberg-Havel, qui se trouve également dans le Land de Brandebourg, mais dans l’arrondissement de la Haute-Havel.


Ce déplacement a compris plusieurs rendez-vous avec des historiens, archivistes, bibliothécaires, documentalistes, libraires, etc., dont :

  • plusieurs rencontres avec Erich Opitz, historien local engagé dans la préservation de la mémoire du quartier de Fürstenberg (Oder). Président d’une association culturelle[1], membre du conseil municipal, il a publié plusieurs ouvrages[2] et articles[3] sur Eisenhüttenstadt. Il est par ailleurs collectionneur d’archives sur la Seconde Guerre mondiale (tracts, photographies, cartes postales, etc.) ;
  • des échanges électroniques[4] avec Axel Drieschner, historien de l’art et historien, conservateur au musée Utopie et vie quotidienne[5] (qui regroupe le Centre de documentation[6] sur la vie quotidienne en RDA[7] et des archives d’artistes[8] au château de Beskow[9]), impliqué dans les projets d’exposition et le développement des collections, co-directeur de publication avec Barbara Schulz de Stalag III-B Fürstenberg (Oder) : Kriegsgefangene im Osten Brandenburgs 1939-1945, Berlin : Metropol Verlag, 2006, 212 p. (Beiträge zur Geschichte Eisenhüttenstadts, cahier 4). [10] ;
  • une inscription à la bibliothèque municipale[11], dont le fonds documentaire actuel et varié comprend plusieurs ouvrages d’histoire locale. La délivrance d’une carte de lectrice à l’auteure a autorisé le prêt « à domicile[12] » de la monographie citée supra[13], dans le cadre d’une procédure spécifique ;
  • une consultation aux archives municipales[14]. Un exemplaire du titre référencé ci-dessus étant déjà conservé dans les fonds, la directrice a exceptionnellement autorisé, à titre dérogatoire et dans un cadre strictement non renouvelable, la remise d’un doublon à l’auteure ;
  • une visite du musée municipal[15], ancienne maison d’armateur, au style Art nouveau, arborant une façade décorée de motifs maritimes. Ses collections portent sur l’histoire locale d’Eisenhüttenstadt, et une salle en particulier est dédiée au Stalag III-B Fürstenberg (Oder) ;
  • des passages à l’office de tourisme[16], qui propose sur présentoir des périodiques, des monographies sur l’histoire locale, ainsi que des reproductions de cartes anciennes. Il met également à disposition, gratuitement, des dépliants[17], un livret d’accueil[18] et un itinéraire de découverte de la ville[19] ;
  • un tour à la librairie Thalia[20], qui comprend un rayon sur l’histoire locale, et qui vend des plans de la ville, ainsi que des cartes topographiques[21] de la région ;
  • une correspondance informatique avec la mairie[22] ;
  • une découverte de la galerie d’art de Fürstenberg (Oder)[23], qui organise un dépôt-vente d’ouvrages et d’un lot de cartes postales[24].

[1] Bürgervereinigung Fürstenberg (Oder) e.V., Fellertstraße 31, 15890 Eisenhüttenstadt.

[2] Parmi lesquels un recueil de photographies du vieux Fürstenberg (Oder) : Gansleweit, Klaus-Dieter ; Opitz, Erich ; Schieche, Manfred, Das alte Fürstenberg (Oder), Erfurt : Sutton Verlag, 2016, 136 p.

[3] Erich Opitz a notamment rédigé la partie I (pp. 20-55) d‘une chronologie (Zeitafel) de Fürstenberg (Oder), du moyen-âge à nos jours, avec Klaus-Dieter Gansleweit, dans l’article « Fürstenberg (Oder) im Wandel der Zeiten » (« Fürstenberg-sur-Oder au fil du temps »), paru dans Gansleweit, Klaus-Dieter (dir.), Festschrift zur 750-Jahr-Feier von Fürstenberg (Oder), Heimatkalender Eisenhüttenstadt und Umgebung, 23e année, édition spéciale, 1e édition, Eisenhüttenstadt : Bürgervereinigung Fürstenberg (Oder) e. V., 2005, 284 p. Erich Opitz a ensuite co-signé avec Klaus-Dieter Gansleweit, ou signé seul, les parties II à VI dans les volumes 1 (2011, 248 pages, pp. 17-42), 2 (2017, 224 pages, pp. 6-24), 3 (2020, 216 pages, pp. 6-43), 4 (2022, 203 pages, pp. 6-41), 5 (2024, 228 pages, pp. 6-37) de la revue Ganslweit, Klaus-Dieter (dir.), Fürstenberger Blätter : Beiträge zur Geschichte von Fürstenberg (Oder) und Umgebung, Eisenhüttenstadt: Bürgervereinigung Fürstenberg (Oder) e. V.

[4] Étant donné qu’Axel Drieschner était en déplacement professionnel à cette période, l’auteure n’a pas pu le rencontrer en personne.

[5] Museum Utopie und Alltag (DOK-Zentrum), Erich-Weinert-Allee 3, 15890 Eisenhüttenstadt.

[6] Dokumentationszentrum Alltagskultur der DDR, organisme soutenu par le ministère des Sciences, de la Recherche et de la Culture du Land de Brandebourg, l’arrondissement de l’Oder-Spree et la ville d’ Eisenhüttenstadt.

[7] République démocratique allemande.

[8] Museum Utopie und Alltag (Kunstarchiv), Breitscheidstraße 7, 15848 Beeskow.

[9] Commune située actuellement dans l’arrondissement de l’Oder-Spree et le Land de Brandebourg, en Allemagne.

[10] Ce livre a joué un rôle essentiel dans la rédaction de cet article, et demeure une référence incontournable pour tout lecteur germanophone s’intéressant au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Bien que les citations complètes n’aient pas été intégrées, l’auteure reconnaît l’importance capitale de cette œuvre dans ses recherches. Elle a constitué une ressource clé pour l’analyse, et sa mention explicite dans le texte s’inscrit dans les pratiques académiques, attestant ainsi de son apport déterminant.

[11] Stadtbibliothek, Lindenallee 2a, 15890 Eisenhüttenstadt.

[12] En fait, à l’hôtel, qui, en tant que lieu d’hébergement temporaire, ne revêt pas le statut de domicile légal et ne peut, dans le cadre d’un voyage touristique, être considéré comme une adresse officielle.

[13] Ce titre est épuisé. Publié en édition monolingue allemande, il n’a à ce jour pas été traduit en français, en anglais ni en russe.

[14] Stadtarchiv Eisenhüttenstadt, Am Trockendock 1a, 15890 Eisenhüttenstadt.

[15] Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt.

[16] Touristinformation, Lindenallee 25, 15890 Eisenhüttenstadt.

[17] Erlebnisreich Eisenhüttenstadt : die Vielfalt Eisenhüttenstadts erleben (Eisenhüttenstadt, riche en événements : découvrez la diversité d’Eisenhüttenstadt) ; Filmreich Eisenhüttenstadt : die Filmkulisse Eisenhüttenstadts erkunden (Eisenhüttenstadt, riche en films : découvrir les coulisses cinématographiques d’Eisenhüttenstadt) ; Fürstenberg (Oder) Eisenhüttenstadt : Spaziergang durch die historische Altstadt (Eisenhüttenstadt : promenade dans la vieille ville historique) ; Kunstreich Eisenhüttenstadt : Kunstwerke im öffentlichen Raum entdecken (Eisenhüttenstadt, riche en art : découvrir des œuvres d’art dans l’espace public) ; Naturreich Eisenhüttenstad t: Eisenhüttenstadt für Naturliebhaber (Eisenhüttenstadt, riche en nature : Eisenhüttenstadt pour les amoureux de la nature).

[18] Willkommen in Eisenhüttenstadt : Informationsbroschüre für Bürgerinnen, Bürger und Gäste unserer Stadt (Bienvenue à Eisenhüttenstadt : brochure d’information destinée aux citoyens et aux visiteurs de notre ville).

[19] Eisenhüttenstadt : die Planstadt zu Fuß entdecken (Eisenhüttenstadt : découvrir la ville planifiée à pied). Par « ville planifiée », on entend une ville conçue selon un plan d’urbanisme cohérent, élaboré dans le contexte politique de la RDA, l’État socialiste des années 1950.

[20] Lindenallee 7-9, 15890 Eisenhüttenstadt.

[21] Les feuilles L3952 et L3954 de la carte topographique du Brandebourg, à l’échelle 1 : 50 000 [deux centimètres sur la carte ≙ un kilomètre dans la réalité], couvrent Eisenhüttenstadt. Elles sont éditées par le Service topographique et d’information géographique du Brandebourg (Landesvermessung und Geobasisinformation Brandenburg).

[22] Stadt Eisenhüttenstadt, Zentraler Platz 1, 15890 Eisenhüttenstadt.

[23] Kunsthof Fürstenberg (Oder), Lindenplatz 4, 15890 Eisenhüttenstadt.

[24] Historische Brückeansichten von Fürstenberg/Oder (Vues historiques du pont de Fürstenberg/Oder).


Eisenhüttenstadt, ville palimpseste : entre ruines visibles et silence enfoui



Le voyage a aussi été l’occasion de découvrir Fürstenberg (Oder), le centre historique de la ville d’Eisenhüttenstadt, mentionné pour la première fois en 1286, et qui conserve quelques traces de la Seconde Guerre mondiale :

  • le quartier des pêcheurs[1] ;
  • l’église catholique Saint-Nicolas[2] (nommée d’après le patron des marins, référencée dès 1450, plusieurs fois détruite et reconstruite) ;
  • un remblai sur le canal Oder-Spree, utilisé depuis 1890 comme lieu de stockage et d’amarrage, rénové en 2008 avec la construction de pontons modernes, d’un embarcadère, et d’une promenade[3] ;
  • une « échelle céleste[4] », en fait un escalier étroit au fort dénivelé reliant le quartier de Kietz à l’Oderstraße ;
  • un monument[5] érigé en 1949 en l’honneur des vingt-trois membres de la flottille du Dniepr, tombés au combat au printemps 1945, lors des combats à Fürstenberg (Oder) ;
  • Un ancien embarcadère[6] : au lieu du pont sur la digue, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, un bac à câble actionné à la main a permis le passage jusqu’en 1996 ;
  • le cimetière protestant de Fürstenberg (Oder)[7], qui comprend une stèle en l’honneur de prisonniers de guerre décédés en 1939-1945, dont neuf Français[8] ;
  • le cimetière juif[9] ;
  • des pierres commémoratives[10] posées[11] en l’honneur d’Emma et Siegfried Fellert[12] ;
  • des vestiges de l’ancien pont sur l’Oder (qui a été détruit), visibles du côté polonais[13] ;
  • un ancien chantier naval[14], devenu aujourd’hui un immeuble d’habitation.
  • une fortification médiévale inachevée[15], potentiellement liée à l’empereur Charles IV du Saint-Empire romain germanique (1316-1378) ;
  • l’ancien hôtel de ville et la caserne de pompiers désaffectée[16], bâtiment construit en 1835 et rénové en 1900 dans le style néo-Renaissance ;
  • un château d’eau[17] de 1930, monument historique de style expressionniste ;
  • un musée des sapeurs-pompiers et des techniques de lutte contre l’incendie[18], achevé en 1992 ;
  • une écluse à sas double[19], mise en service en 1929.

[1] Kietz.

[2] Nikolaikirche, Kirchbüro, Oderstraße 1, 15890 Eisenhüttenstadt.

[3] Bollwerk.

[4] Himmelsleiter.

[5] Roßplatz (place des Chevaux).

[6] Ehemaliger Fährplatz.

[7] Fürstenberger evangelischer Friedhof, Kastanienstraße 15b, 15890 Eisenhüttenstadt.

[8] Ce lieu funéraire a été visité en compagnie d’Erich Opitz, reconnu pour ses recherches sur les sépultures oubliées, et pour sa connaissance de l’histoire des cultes des morts sous le national-socialisme à l’échelle régionale. Voir Opitz, Erich, Für Führer, Volk und Vaterland : zum regionalen Totenkult im Nationalsozialismus, Eisenhüttenstadt : Bürgervereinigung Fürstenberg (Oder) e. V., 2019, 188 p.

[9] Jüdischer Friedhof.

[10] Stolpersteine.

[11] Königstraße 61, 15890 Eisenhüttenstadt.

[12] Les deux victimes du nazisme ont été fusillées le 13 février 1945. Leurs corps ont été retrouvés au Stalag III-B Fürstenberg (Oder), mais le lieu exact de leur assassinat demeure incertain. Depuis 1946, la Prinz-Carolath-Straße n’existe plus et a été renommée Fellertstraße en leur honneur.

[13] Słubice est située juste de l’autre côté de la frontière, séparée de l’Allemagne par la rivière Oder. Elle est la voisine directe de Francfort-sur-l’Oder (Frankfurt an der Oder), commune située actuellement dans l’arrondissement de Francfort-sur-l’Oder et le Land de Brandebourg, en Allemagne.

[14] Ehemaliges Reedereigebaüde.

[15] Brauhebbel ou Burghebbel.

[16] Altes Rathaus und Feuerwache. Ce bâtiment a servi aux pompiers jusqu’à la mise en service, en 2022, de la nouvelle caserne centrale : Zentrale Feuerwache, Oderlandstraße 18, 15890 Eisenhüttenstadt.

[17] Wasserturm.

[18] Feuerwehr- und Technikmuseum, Heinrich-Pritzsche-Straße 26, 15890 Eisenhüttenstadt.

[19] Zwillingsschachtschleuse, Unterschleuse 1, 15890 Eisenhüttenstadt.


Pour ce qui est de sa partie moderne, Eisenhüttenstadt, qui est jumelée avec Drancy[1] depuis 1963, compte un théâtre[2], un cinéma[3], et a été le décor de plusieurs films en rapport avec la RDA[4]. La ville offre d’autre part au regard plus d’une centaine d’œuvres d’art dans les espaces publics, dont certaines en relation avec la Seconde Guerre mondiale, comme :

  • la place autrefois nommée « place de l’Amitié germano-soviétique[5] », et actuellement « place du Souvenir[6] », qui accueille un mémorial dédié aux prisonniers soviétiques du Stalag III-B Fürstenberg (Oder) (Les corps, déplacés lors de la construction de l’aciérie d’Eisenhüttenstadt, reposent sous un obélisque en granit, initialement destiné aux projets nazis pour Berlin[7], et réutilisé dans les années 1950) ;
  • la mosaïque murale[8] « Amitié entre les peuples[9] » de Walter Womacka ;
  • La peinture murale « Travailler pour la paix[10] » de Walter Womacka ;
  • La sculpture « Germania[11] Barbarica » d’Eckhard Herrmann.

[1] Commune située actuellement dans le département de la Seine-Saint-Denis, en région Île-de-France, faisant partie de la Métropole du Grand Paris. Le camp de Drancy fut le principal centre de transit des juifs arrêtés en France entre 1941 et 1944. Plus de soixante-trois mille personnes y furent internées avant d’être déportées, surtout à Auschwitz. Administré d’abord par la police française, puis par la Gestapo (abréviation de Geheime Staatspolizei, soit « police secrète d’État »), le camp fut libéré en août 1944. Il est aujourd’hui un lieu de mémoire de la Shoah en France.

[2] Friedrich-Wolf-Theater, Lindenallee 23, 15890 Eisenhüttenstadt.

[3] Filmpalast, Werkstraße 2a, 15890 Eisenhüttenstadt.

[4] En 2018, Das schweigende Klassenzimmer (La Révolution silencieuse), qui raconte comment des lycéens dénoncent la répression soviétique lors de l’insurrection de Budapest, a été partiellement tourné à Eisenhüttenstadt pour recréer l’atmosphère de la RDA des années 1950. En 2019, Und der Zukunft zugewandt (sorti en France sous le titre anglais Sealed Lips), qui raconte l’histoire d’une communiste allemande accusée d’espionnage en URSS, a également été filmé dans la ville.

[5] Platz der deutsch-sowjetischen Freundschaft.

[6] Platz des Gedenkes.

[7] Germania était un projet de « ville planifiée » conçu par Adolf Hitler pour transformer Berlin en une capitale mondiale monumentale, symbole de la puissance du régime nazi. Ce programme, imaginé avec l’architecte Albert Speer, prévoyait la construction de bâtiments gigantesques, notamment une grande avenue, un arc de triomphe géant et une salle pouvant accueillir jusqu’à cent quatre-vingt mille personnes. Cependant, le chantier n’a jamais été réalisé, abandonné en raison de l’évolution de la guerre et des destructions causées par le conflit.

[8] En porcelaine de Meißen : celle-ci, créée dès le début du XVIIIe siècle, se distingue par sa qualité exceptionnelle et ses designs raffinés, devenant ainsi un symbole du luxe et de l’artisanat en Europe.

[9] Völkerfreundschaft.

[10] Arbeit für den Frieden.

[11] Germania incarne l’unité et la puissance de l’Allemagne depuis le XIXe siècle. Guerrière couronnée, armée d’une épée ou d’un bouclier, elle symbolise un nationalisme conservateur. Marianne, quant à elle, née de la Révolution française, représente la République, la liberté et la souveraineté du peuple. Coiffée d’un bonnet phrygien, elle incarne les idéaux démocratiques et laïques de la France.



En 1961, le nom de Stalinstadt disparaît au profit de celui d’Eisenhüttenstadt. La « ville sidérurgique[1] », pensée comme la « première ville socialiste d’Allemagne[2] », doit incarner le renouveau de la RDA.

En 2001, la transformation d’une partie de la ville en zone industrielle donne lieu à des fouilles d’archéologie préventive[3] .


[1] Traduction littérale d’Eisenhüttenstadt.

[2] Anton, Wolfgang ; Arbeitsgruppe Stadtgeschichte (Eisenhüttenstadt), Eisenhüttenstadt : erste sozialistische Stadt Deutschlands, Berlin : BeBra Verlag GmbH, 1999, 247 pages.

[3] Rettungsgrabung (fouille de sauvetage).


Bouleau sur voie désaffectée à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Bouleau sur voie désaffectée à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

En 2024, les vestiges témoignent discrètement d’un passé longtemps occulté. Tout a presque totalement disparu, englouti par une nature luxuriante et exubérante, qui a repris ses droits depuis des décennies. La plupart du temps, les rares ruines affleurant à la surface sont difficiles à lire et à interpréter.

Vestiges d'un lampadaire en bordure de voie ferrée et d'un soubassement à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vestiges d’un lampadaire en bordure de voie ferrée et d’un soubassement à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le Stalag III-B Fürstenberg (Oder), un camp au cœur de la machine militaire nazie

Blocs érigés en souvenir du Stalag III-B à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Blocs érigés en souvenir du Stalag III-B à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dès 1929, dans Fürstenberg (Oder), le NSDAP[1] affronte de manière paramilitaire[2] les communistes[3] et les sociaux-démocrates[4]. En mars 1933, Adolf Hitler consolide son pouvoir avec plusieurs événements clés. Le 5 mars, les élections législatives renforcent son soutien, mais sans majorité absolue.

Le 27 février, l’incendie du Reichstag permet d’adopter un décret répressif. Le 23 mars, la loi des pleins pouvoirs[5] lui donne le pouvoir de légiférer sans le Reichstag, établissant ainsi sa dictature et mettant fin à la démocratie de la République de Weimar.


[1] Le NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei) était le parti dirigé par Adolf Hitler, qui a gouverné l’Allemagne sous le régime nazi à partir de 1933.

[2] Le parti politique nazi n’était pas en soi une organisation paramilitaire, mais il s’est entouré de groupes paramilitaires pour assurer sa protection, intimider ses adversaires, et soutenir l’ascension du régime nazi. Parmi les exemples les plus emblématiques figurent les SA (Sturmabteilung) ou « chemises brunes », les SS (Schutzstaffel) à la sinistre tête de mort (Totenkopf), ainsi que les Jeunesses hitlériennes (Hitlerjugend ou HJ, littéralement la Jeunesse hitlérienne).

[3] En riposte, les communistes utilisaient le RFB (Rotfrontkämpferbund), ou Union des combattants du front rouge, qui visait à protéger les ouvriers et à lutter contre les nazis.

[4] Pour se défendre, les sociaux-démocrates s’appuyaient sur le Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold (Bannière noire-rouge-or) , une organisation destinée à défendre la République de Weimar contre l’extrême-droite.

[5] Ermächtigungsgesetz.


Fürstenberg (Oder) tombe sous la coupe des hitlériens. Dès lors, des mesures de terreur sont instaurées dans la ville et ses alentours, et les opposants politiques sont, soit enfermés dans des centres de détention, soit envoyés dans des camps de concentration[1].


[1] Les camps de concentration ont été créés dès 1933 pour détenir les opposants politiques et d’autres groupes « indésirables ». Les camps d’extermination, ouverts en 1941, étaient spécifiquement destinés à l’assassinat de masse, principalement des juifs.


« Les deux blocs de granit utilisés ici ont été récupérés en 2011 sur les rives du canal Oder-Spree à Eisenhüttenstadt. Ils y avaient survécu comme vestiges d’un stock de pierres constitué pendant la Seconde Guerre mondiale pour un projet de construction de la Wehrmacht prévu par Hitler à Berlin, à savoir le nouveau quartier général de l’armée avec la ‘halle des soldats’. Afin de stocker des pierres naturelles de haute qualité pour ce projet de construction, une installation portuaire a été spécialement construite à partir de 1940, juste au sud du Stalag III-B. Un commando de juifs français du camp de prisonniers de guerre a été utilisé pour creuser le bassin portuaire de 400 mètres de long. Environ 20 000 mètres cubes de gros blocs de pierre ont été empilés sur le site portuaire, dont du granit provenant de Scandinavie et des carrières de la SS, où les détenus des camps de concentration étaient soumis à un travail forcé dans des conditions inhumaines. Après la fin de la guerre, les forces d’occupation soviétiques ont notamment utilisé ces réserves de pierres pour construire le mémorial de Berlin-Treptow et la place du Souvenir à Eisenhüttenstadt. »

Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

« Les deux blocs de granit utilisés ici ont été récupérés en 2011 sur les rives du canal Oder-Spree à Eisenhüttenstadt. Ils y avaient survécu comme vestiges d'un stock de pierres constitué pendant la Seconde Guerre mondiale pour un projet de construction de la Wehrmacht prévu par Hitler à Berlin, à savoir le nouveau quartier général de l'armée avec la 'halle des soldats'. Afin de stocker des pierres naturelles de haute qualité pour ce projet de construction, une installation portuaire a été spécialement construite à partir de 1940, juste au sud du Stalag III-B. Un commando de juifs français du camp de prisonniers de guerre a été utilisé pour creuser le bassin portuaire de 400 mètres de long. Environ 20 000 mètres cubes de gros blocs de pierre ont été empilés sur le site portuaire, dont du granit provenant de Scandinavie et des carrières de la SS, où les détenus des camps de concentration étaient soumis à un travail forcé dans des conditions inhumaines. Après la fin de la guerre, les forces d'occupation soviétiques ont notamment utilisé ces réserves de pierres pour construire le mémorial de Berlin-Treptow et la place du Souvenir à Eisenhüttenstadt. »

Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le bellicisme d’Adolf Hitler se manifeste à travers la préparation de la guerre, notamment avec l’action de la Wehrmacht[1]. Dès août 1938, le commandement de cette dernière se voit chargé de planifier l’installation de camps de prisonniers, en prévision des invasions de la Tchécoslovaquie (le 15 mars 1939) et de la Pologne (le 1er septembre 1939).

Ces instructions incluent la construction des camps, ainsi que des directives sur le traitement des prisonniers, notamment la surveillance, l’hébergement, le ravitaillement et le travail.


[1] Cette « force de défense » (traduction littérale en français), créée en 1935 à partir de la Reichswehr (armée nationale), comprenait l’Heer (armée de Terre), la Kriegsmarine (Marine) et la Luftwaffe (armée de l’Air). La Wehrmacht a été dissoute en 1946 après la défaite de l’Allemagne.


„Hier befand sich während des Zweiten Weltkriegs das sogenannte Mannschafts- Stammlager Stalag III B. Das Lager diente der Deutschen Wehrmacht während ihrer Angriffskriege zur Aufnahme gefangener gegnerischer Soldaten und zu ihrer Weiterführung in die regionale Kriegswirtschaft. Über das Gebiet des Deutschen Reichs waren etwa siebzig Lager gleicher Funktion und Größenordnung verteilt.

Das Stalag III B war zur Unterbringung von maximal 10 000 Kriegsgefangenen ausgelegt. Dazu wurden vierzig Baracken entlang einer zentralen Erschließungsstraße errichtet.   Während des Krieges, durchliefen etwa 100 000 Gefangene das Stalag III B. Sie stammten aus Polen, Frankreich, Belgien, den Niederlanden, Jugoslawien, der Sowjetunion, den USA und aus Italien. Die Gefangenen wurden, je nach ihrer nationalen Herkunft, sehr unterschiedlich behandelt. Gegenüber den Soldaten der westlichen Alliierten beachtete man weitgehend die Grundsätze des Völkerrechts. Die italienischen Gefangenen dagegen wurden, da ihr Land das Bündnis mit Deutschland verlassen hatte, als „Verräter“ bezeichnet und schlechter gestellt.

Absolut menschenverachtend war die Behandlung der sowjetischen Gefangenen. Gemäß der rassistischen NS-Ideo!ogie, die sie zu „Untermenschen“ erklärte, verweigerten die Deutschen ihnen eine lebenserhaltende Ernährung, Hygiene und Medizinische Versorgung.

Mehr als 4000 sowjetische Gefangene verhungerten, deshalb im Stalag III B oder starben an Seuchen. Weitere Rotarmisten, insbesondere solchen jüdischen Glaubens, wurden zur sofortigen Ermordung an Konzentrationslager überstellt.

Das Gebeine der sowjetischen Gefangenen wurden zunächst in Massengräbern verscharrt. Bei Errichtung des Eisenhüttenwerks 1951 umgebettet, ruhen sie heute auf dem Platz des Gedenkens in Eisenhüttenstadt. 80 weiterer Opfer verschiedener Nationalität wurden auf dem Friedhof der evangelischen Kirchengemeine im Ortsteil Fürstenberg, Kastanienstraße 15 b, beigesetz.“

Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

A la mi-septembre 1939, il apparaît que les lieux initialement prévus ne suffisent pas, si bien que la construction de nouveaux camps tels que le Stalag III-B Fürstenberg (Oder) se révèle indispensable aux yeux des autorités allemandes. Ce Stalag est intégré dans le Wehrkreis[1] III Berlin Brandebourg[2].


[1] Abrégé en WK. Les Wehrkreise (circonscriptions militaires) étaient des régions militaires allemandes créées sous la République de Weimar pour le recrutement et la formation des troupes. Elles ont été renforcées par le IIIᵉ Reich pour l’organisation de la Wehrmacht.

[2] Cette zone englobait les provinces de Berlin et de la Marche de Brandebourg, avec son quartier général situé à Berlin-Grunewald.


Le site de Fürstenberg (Oder) est choisi dès le 23 septembre 1939[1] par le lieutenant-colonel[2] Paul May, nommé commandant du camp de 1939 à 1940[3], après que le Dulag[4] D Amtitz[5], implanté à proximité de Guben[6] (et qu’il dirigeait) a été dissous.

Il reconnait les lieux en compagnie de représentants de l’autorité civile et du directeur de l’Office du travail[7]. Le terrain sélectionné, long de deux kilomètres, et large de cinq cents à sept cent cinquante mètres, est plat, sec, et recouvert de bruyères sur un sol sableux[8].


[1] Il existe officiellement à partir du 6 décembre 1939.

[2] Oberstleutnant (code OTAN OF-4 selon le document STANAG 2116).

[3] Lagerkommandant.

[4] Le Dulag (Durchgangslager) était un camp de transit, à travers lequel passait tout prisonnier de guerre pour enregistrement, mais aussi pour vérifier son état médical.

[5] La localité, située dans la région de Gubin, est aujourd’hui connue sous le nom de Gębice, en Pologne, dans la voïvodie de Lubusz. Avant 1945, Amtitz faisait partie de l’Allemagne, mais après les accords de Potsdam, la région est devenue polonaise. Gubin, proche de Gębice, est une ville polonaise située à la frontière allemande.

[6] Commune située actuellement dans l’arrondissement de Spree-Neisse et le Land de Brandebourg, en Allemagne. Traversée par la Neisse, elle est séparée de la ville polonaise de Gubin par la frontière germano-polonaise établie après la Seconde Guerre mondiale, conformément aux accords de Potsdam en 1945.

[7] Arbeitsamt, organisme officiel responsable de la gestion du travail et de la main-d’œuvre.

[8] Pour un usage militaire, une telle terre présente l’avantage d’être sèche, bien drainée et aisée à aménager, ce qui permet l’installation rapide d’un camp. Bien qu’inexploitable sur le plan agricole ou économique, elle offre néanmoins deux atouts majeurs : un accès relativement aisé à l’eau et une desserte efficace par le chemin de fer et la route.


Plan du Stalag III-B à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plan du Stalag III-B à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le camp[1] est prévu au départ pour dix mille prisonniers[2] mais, à la fin de 1939, aucune baraque n’est encore construite pour les héberger. Les prisonniers passent donc le premier hiver de leur captivité sous des tentes, par un froid rigoureux. Les baraques, souvent construites par les prisonniers eux-mêmes, ne sont achevées qu’en août 1940. C’est à cette période que de nombreux prisonniers français y sont internés[3].


[1] Sur le plan organisationnel, il est directement issu du camp de transit d’Amtitz.

[2] Dans les faits, le Stalag III-B Fürstenberg (Oder) a connu une surpopulation extrême, accueillant jusqu’à cinquante mille prisonniers de guerre à son apogée, soit cinq fois sa capacité. Cette surcharge a entraîné des conditions de détention très difficiles : promiscuité, manque d’hygiène, pénurie de soins et de nourriture.

[3] L’augmentation du nombre de prisonniers français dans les Stalags en 1940 est le résultat de la défaite rapide de la France face à la Blitzkrieg (guerre éclair) allemande lors de la bataille de France, en mai-juin.


Le Stalag III-B Fürstenberg (Oder) comprend plus d’une quarantaine de baraques d’hébergement, qui ont accueilli pendant la Seconde Guerre mondiale au moins quatre-vingt mille prisonniers, toutes nationalités confondues (Américains, Belges, Français, Italiens, Néerlandais, Polonais, Soviétiques, Yougoslaves, etc.).


L’avant-camp[1] est agrémenté de parterres de fleurs et de jardins. Il regroupe les maisons des gardes du camp[2]. Elles sont à colombages[3]. Le 1er septembre 1943, le colonel[4] Albrecht Blau, commandant du camp[5], inaugure une stèle commémorative et fait planter un chêne[6], près de la voie d’accès au Stalag III-B Fürstenberg (Oder)[7].


[1] Vorlager, c’est-à-dire la zone située devant le camp.

[2] Ce sont des Unterkunftsbaracken (« baraques d’hébergement » ou « baraques de logement ») et plus exactement des Stabsbaracken (« baraques du personnel », ou « baraques du commandement »). Datant de la Seconde Guerre mondiale, elles comptent parmi les rares encore conservées. Elles sont aujourd’hui utilisées par un refuge pour animaux, plus précisément un chenil : Tierheim/Tierpension Eisenhüttenstadt e.V., Oderlandstraße 3b, 15890 Eisenhüttenstadt.

[3] « Mur en charpente dont les vides sont remplis de briques, de torchis ou de plâtre. Par extension. Les parties visibles de cette charpente. Une maison alsacienne, normande, à colombages. », selon le Dictionnaire de l’Académie française.

[4] Oberst (code OTAN OF-5 selon le document STANAG 2116).

[5] Il l’a dirigé du 15 avril 1943 au 25 février 1945. Son cadavre a été retrouvé le 30 août 1945 au Gamskarkogel, sommet de 2 467 mètres dans le massif de l’Ankogel, en Autriche.

[6] Tous les deux sont encore visibles actuellement. Une allée de bouleaux reliait d’autre part le tronçon de route entre les troupes et le camp de prisonniers, et quelques-uns de ces arbres subsistent.

[7] Lagerzufahrt . Dans le contexte d’un camp nazi comme un Stalag, ce terme désigne généralement la route d’accès principale utilisée pour les transports de prisonniers, de matériel ou de personnel.


Défilé de soldats allemands dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).
Défilé de soldats allemands dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).

Cette entrée[1], tournée vers la ville, est dominée par une tour de guet[2] en briques, très massive, alors que les autres miradors de surveillance sont en bois. Elle regroupe les bureaux de la Kommandantur[3], de l’Abwehr[4], de la poste, des bâtiments (pour la désinfection ou le stockage de combustible),  et des ateliers[5]. Le camp est entouré extérieurement d’une double clôture de barbelés, dont les poteaux sont enterrés d’au moins cinquante centimètres.


[1] Lagereingang.

[2] Wachturm.

[3] Le terme Kommandantur désigne les services de commandement militaires allemands, le bâtiment où ils sont installés, ainsi que le territoire qu’ils administrent. Dans certains contextes, il peut être traduit par PC (poste de commandement), notamment lorsqu’il se réfère à l’endroit où les autorités militaires exercent leur commandement.

[4] L’Abwehr (défense, riposte, parade), service de renseignement militaire allemand, a été fondée le 1er janvier 1921, en succession du Service IIIb (Abteilung ou Sektion IIIb, soit section IIIb) de la Première Guerre mondiale. Chargée du Gegenspionage (contre-espionnage), du Auslandsnachrichtendienst (renseignement extérieur) et du Sabotage (sabotage), elle est dirigée par l’amiral Wilhelm Canaris à partir de 1935. En conflit croissant avec la SS (Schutzstaffel, escadron de protection), accusée de trahison, elle est dissoute par Adolf Hitler le 18 février 1944.

[5] Les locaux non destinés à l’habitation sont désignés comme Lagerbaracken (baraques de stockage) ou Lagerflächen (zones ou surfaces de stockage).


Le miroir routier ou miroir de sécurité qui se voit à gauche a pour but d’améliorer la visibilité dans les zones où le champ de vision est réduit, notamment aux intersections.  Entrée du Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).
Le miroir routier ou miroir de sécurité qui se voit à gauche a pour but d’améliorer la visibilité dans les zones où le champ de vision est réduit, notamment aux intersections. Entrée du Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).

Cette structure du camp est identique à celle du Stalag III-A Luckenwalde[1] ou du Stalag XVII-B Gneixendorf[2], où Pierre Bonhomme a été prisonnier de guerre, ainsi qu’à de nombreux autres camps[3]. Il est à noter que ce camp n’a pas d’hôpital mais de simples infirmeries jusqu’en 1944[4].


[1] Commune située actuellement dans l’arrondissement de Teltow-Fläming et le Land de Brandebourg, en Allemagne.

[2] Village rattaché à Krems an der Donau (Krems-sur-le-Danube), commune située actuellement dans le district (Bezirk) de Krems et le Land de Basse-Autriche, en Autriche.

[3] Les Stalags II-A Neubrandenburg, III-A Luckenwalde, IV-B Mühlberg, VII-A Moosburg, IX-A Ziegenhain, X-B Sandbostel et XVII-B Gneixendorf sont tous construits sur le même modèle. Au Stalag VIII-A Görlitz, le plan a été légèrement modifié.

[4] Cette année-là, une annexe du camp de concentration de Sachsenhausen fut établie au sein de la nouvelle verrerie.


Baraques des gardes du Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).
Baraques des gardes du Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).

A l’intérieur du camp, d’autres clôtures divisent l’espace en fonction des nationalités. Chaque enclos compte en général cinq baraques, chacune ayant une capacité approximative de deux cent cinquante hommes.

Leur comptage se fait dans le sens des aiguilles d’une montre : celles numérotées de 5 à 24 se trouvent à l’ouest, tandis que celles de 25 à 44 sont à l’est. La partie française regroupe notamment les baraques 6 et 8, tandis que la baraque 41 accueille des Français employés au service du camp.


Maquette d'un baraquement du Stalag III-B au musée municipal d'Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l'aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Maquette d’un baraquement du Stalag III-B au musée municipal d’Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l’aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La cuisine est dans un bâtiment de soixante-sept mètres de long sur treize de large, séparé par des barbelés des hébergements. L’endroit comprend des locaux à ordures, des espaces pour le stockage des denrées alimentaires, et une zone de lavage des ustensiles de cuisine.


Lagerstraße (route du camp) du Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).
Lagerstraße (route du camp) du Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).

Extérieurement, les baraquements sont des constructions en briques. Intérieurement, ils sont divisés en plusieurs parties :

  • deux dortoirs respectivement de vingt-cinq et trente mètres, chacun comportant plus de cent prisonniers. Ces derniers ne disposent que d’une surface de deux mètres carrés cinquante. Elle est réduite à un mètre carré soixante-dix en cas de surpopulation[1].
  • Un espace central réservé aux salles d’eau : la première, destinée à l’hygiène corporelle ; la deuxième, au lavage du linge ; la troisième, probablement au séchage.

[1] Le camp a pu être plus peuplé que la ville elle-même.


Maquette d'un baraquement et du plan du Stalag III-B au musée municipal d'Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l'aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Maquette d’un baraquement et du plan du Stalag III-B au musée municipal d’Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l’aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Ce Stalag sert d’accueil, de centre administratif pour les prisonniers de guerre qui y arrivent. Ils sont enregistrés et, après la quarantaine habituelle, transférés dans des commandos de travail à l’extérieur des camps.

Lorsque la main-d’œuvre du Wehrkreis III Berlin Brandebourg est détachée du Stalag III-B Fürstenberg (Oder), elle est rattachée administrativement au Stalag III-D Berlin, et répartie dans des camps secondaires disséminés en dehors de la capitale[1].


[1] Plusieurs Schattenlager (camps satellites, ou « camps de l’ombre ») ont été installés à Berlin et dans ses environs pendant la Seconde Guerre mondiale.


L’évacuation du Stalag III-B Fürstenberg (Oder) commence avec l’avancée des troupes soviétiques dans de très mauvaises conditions, avec le froid, le manque d’eau et de nourriture. Le 4 février 1945, le pont sur l’Oder est détruit, lors de la retraite allemande. Le 9 février, l’évacuation des habitants de Fürstenberg (Oder) est ordonnée.

„An der Stelle der am 23.04.1945 gesprengten Brücke entstand in den Jahren 1995/96 diese „Neue Deichbrücke“. Ermöglicht wurde der Wiederaufbau durch Gelder des Landes Brandenburg, der Stadt Eisenhüttenstadt und vieler Bürger aus Fürstenberg/Oder, die nach Ende des 2. Weltkrieges für diese Brücke spendeten.“

Photographie en couleurs, prise de vue effectuée à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder) le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La Guerre sacrée, en Russie de 1941 à 1945, fait référence à l'appel patriotique lancé par le gouvernement soviétique pour mobiliser la population contre l'invasion nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le samedi 26 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La Guerre sacrée, en Russie de 1941 à 1945, fait référence à l’appel patriotique lancé par le gouvernement soviétique pour mobiliser la population contre l’invasion nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le samedi 26 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Désertée, la ville est prise par la 33e armée (URSS)[1] le 24 avril 1945. Les prisonniers sont dirigés sur le Stalag III-A Luckenwalde. Quant aux captifs soviétiques, fragilisés par leurs conditions de détention, beaucoup trouvent la mort.


[1] 33-я армия (СССР), unité de l’Armée rouge durant la Grande Guerre patriotique.


Une rencontre symbolique entre historiens locaux français et allemands à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prises de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Une rencontre symbolique entre historiens locaux français et allemands à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prises de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Les baraques, bien que situées sur la ligne de front à Fürstenberg (Oder), sont épargnées[1]. Jusqu’à l’automne 1947, elles sont occupées par l’Armée rouge, avant d’être habitées par la population locale. La Wehrmacht a creusé des tranchées et posé des champs de mines le long du canal Oder-Spree.

Des démineurs sont désignés par les Soviétiques parmi les habitants de Fürstenberg (Oder), une dizaine d’hommes, ainsi que six adolescents, membres des Jeunesses hitlériennes, perdent la vie dans des explosions.


[1] La ville a connu des combats isolés et des tirs d’artillerie, mais n’a pas subi de destructions majeures.


„Ewiger Ruhm den Helden die im Kampf für die Freiheit und Unabhängigkeit unserer Heimat gefallen sind.“

Photographie en couleurs, prise de vue effectuée à Eisenhüttenstadt (Allemagne) le samedi 26 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Après la création de la RDA le 7 octobre 1949, la décision de construire un combinat sidérurgique est prise lors du IIIe congrès du SED[1] en juillet 1950. Le terrain du Stalag III-B Fürstenberg (Oder) est transformé au sud en un complexe industriel (usine de ciment, extension de voies ferrées[2] publiques ou privées[3], etc.).

Il se trouve plus tard intégré dans la création d’une « ville nouvelle », Stalinstadt[4], dont Fürstenberg (Oder) est désormais un simple quartier.


[1] Sozialistische Einheitspartei Deutschlands (Parti socialiste unifié d’Allemagne).

[2] Dès le milieu du XIXe siècle, Krupp fournissait des produits en acier moulé pour l’industrie ferroviaire en plein essor. Le nom du conglomérat industriel allemand apparaît sur certains rails d’Eisenhüttenstadt.

[3] Les embranchements particuliers (EP sous une forme abrégée en France) désignent des sections de voie ferrée raccordées au réseau principal, et utilisées par des entreprises pour leurs besoins logistiques.

[4] Ou « ville de Staline », appelée ainsi de 1953 à 1961, sur le modèle de Stalingrad, qui porta ce nom de 1925 à 1961 avant d’être rebaptisée Volgograd.


Vue sur une zone industrielle depuis l'emplacement du Stalag III-B, à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Vue sur une zone industrielle depuis l’emplacement du Stalag III-B, à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

En 1940, la société allemande Degussa[1] acquiert auprès de la municipalité un terrain convoité par Siemens & Halske AG[2], situé à proximité du camp. Elle y implante un complexe chimique destiné à la production de sodium, de formaldéhyde et d’autres substances utilisées dans la fabrication d’explosifs.


[1] Fondée en 1873, Degussa (Deutsche Gold- und Silberscheideanstalt vormals Roessler) était à l’origine spécialisée dans le raffinage des métaux précieux en Allemagne. Avant 1933, elle dominait ce secteur, puis elle s’est progressivement diversifiée, devenant un acteur important de la chimie industrielle et d’autres domaines liés à l’industrie lourde.

[2] Ou Siemens-Halske


La sculpture « Germania Barbarica » d'Eckhard Herrmann se trouve en plein air, pour éveiller les consciences des passants. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée à Eisenhüttenstadt (Allemagne) le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
La sculpture « Germania Barbarica » d’Eckhard Herrmann se trouve en plein air, pour éveiller les consciences des passants. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée à Eisenhüttenstadt (Allemagne) le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Lors de la deuxième phase d’extension, la production de carbure de calcium est introduite, suivie, dans une troisième phase, de la fabrication d’acétylène, de peroxyde de sodium, de cyanure de sodium, d’acide cyanhydrique, d’examéthylènetétramine, d’acétaldéhyde, d’ester acétique, d’acétone et d’acétone-cyanhydrine.


Près de deux mille prisonniers de guerre ont été employés pour transformer la ville en site d’armement. Or, selon les conventions de Genève, le travail dans des usines produisant des substances pour l’effort de guerre, comme des explosifs, constitue une violation flagrante du droit international humanitaire.


« Frieden den hier ruhenden Kriegsgefangenen. 42 Polen, 1 Chinese, 4 Amerikaner, 9 Franzosen, 4 Serben, 2 Jugoslaven, 2 Tschechen, 38 Italiener, 2 Unbekannter Nation, 1 Hollander (Paix aux prisonniers de guerre qui reposent ici. 42 Polonais, 1 Chinois, 4 Américains, 9 Français, 4 Serbes, 2 Yougoslaves, 2 Tchèques, 38 Italiens, 2 de nationalité inconnue, 1 Hollandais.) » Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
« Frieden den hier ruhenden Kriegsgefangenen. 42 Polen, 1 Chinese, 4 Amerikaner, 9 Franzosen, 4 Serben, 2 Jugoslaven, 2 Tschechen, 38 Italiener, 2 Unbekannter Nation, 1 Hollander (Paix aux prisonniers de guerre qui reposent ici. 42 Polonais, 1 Chinois, 4 Américains, 9 Français, 4 Serbes, 2 Yougoslaves, 2 Tchèques, 38 Italiens, 2 de nationalité inconnue, 1 Hollandais.) » Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

En janvier 1941, deux cent dix hommes travaillent sur le chantier de Degussa, et de nombreux prisonniers de guerre les rejoignent par la suite. La société exploite la main-d’œuvre bon marché fournie par les victimes de guerre. Elle n’est pas seule : en 1943, cinq cents juifs polonais déportés sont employés non seulement pour cette entreprise, mais aussi sur le chantier de construction d’une centrale électrique MEW[1], près de Vogelsang[2].


[1] Märkisches Elektrizitätswerk.

[2] Commune située actuellement dans l’arrondissement de l’Oder-Spree et le Land de Brandebourg, en Allemagne.


Après la Seconde Guerre mondiale, l’usine Degussa est démantelée, et l’extraction du lignite reprend à Schönfließ[1]. Les machines et installations sont démontées, puis transportées par bateau comme réparations de guerre. Les bâtiments détruits sont déblayés, et les décombres sont mis à la disposition des habitants pour le programme de reconstruction et de réaménagement du sol.


[1] Schönfließ était à l’origine un village indépendant, devenu en 1961 un quartier historique d’Eisenhüttenstadt. Il a connu une activité industrielle dès la découverte de lignite en 1847, avec le début de son exploitation en 1858. Après une relance temporaire de l’extraction en 1947, à la suite de la Seconde Guerre mondiale, l’exploitation a finalement cessé de façon définitive en 1952.


Entrée du musée municipal d'Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l'aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Entrée du musée municipal d’Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l’aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le Stalag III-B Fürstenberg (Oder) sert de réservoir de main-d’œuvre pour les secteurs industriel, minier, agricole et sylvicole. Cependant, les prisonniers y restent rarement plus de six à huit semaines, le temps nécessaire pour les formalités administratives et la quarantaine.


Ils sont ensuite répartis dans divers commandos de travail, selon le lieu, la taille de l’entreprise et les compétences requises. Les conditions de vie varient considérablement d’un endroit à un autre. Par ailleurs, les besoins en travailleurs dépassent souvent largement les capacités du camp, malgré le grand nombre de prisonniers de guerre disponibles.

Le ministère du Travail du Reich[1] constate ainsi que la Wehrmacht n’a pu fournir que vingt mille des vingt-huit mille prisonniers demandés par le Wehrkreis III, mettant en péril la récolte des betteraves.


[1] Reichsarbeitsministerium.


Groupe de prisonniers au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).
Groupe de prisonniers au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).

Depuis 1940-1941, les employeurs de prisonniers français (principalement issus de l’armée de Terre) sont satisfaits de leur travail, et ne souhaitent pas les remplacer par des prisonniers soviétiques, malgré les propositions faites à cet effet. En effet, l’état de faiblesse de ces derniers les rend inaptes au travail, et non « rentables ».

Les prisonniers de guerre français sont employés essentiellement dans la production d’armement, tandis que les projets de construction d’autoroutes, pour lesquels ils avaient été initialement affectés, sont abandonnés.


Groupe de prisonniers au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).
Groupe de prisonniers au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).

Le commandant du Stalag est en théorie responsable de l’application des conventions de Genève, tant dans les camps principaux que dans leurs satellites. Le Stalag III-B Fürstenberg (Oder) faisant partie du Wehrkreis III Berlin Brandebourg, son territoire correspond avec celui de l’Office du travail du Land de Brandebourg et de la région métropolitaine de Berlin-Brandebourg.

Il a pour attribution le gouvernement de l’arrondissement de Francfort-sur-l’Oder, dans le Land de Brandebourg. Néanmoins des changements interviennent par la suite après la création du Stalag III-D Berlin et du Stalag III-E Kirchhain[1].


[1] Doberlug-Kirchhain, commune située actuellement dans l’arrondissement de l’Elbe-Elster et le Land de Brandebourg, en Allemagne.


Roßplatz, monument commémoratif à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Roßplatz, monument commémoratif à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La Wehrmacht viole de plus en plus les règles des conventions de Genève. En pratique, le traitement des prisonniers varie selon leur nationalité, en fonction de la position politique de leur pays d’origine, et de critères ouvertement racistes. Les plus maltraités sont les Soviétiques.

Dépliant en russe sur le Stalag III-B au musée municipal d'Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l'aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dépliant en russe sur le Stalag III-B au musée municipal d’Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l’aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

À partir de 1943, le Stalag III-B Fürstenberg (Oder) fait l’objet de visites du Comité international de la Croix-Rouge, chargé de veiller au respect des conventions de Genève. Toutefois, ce contrôle reste très limité.

Livraison de colis par la Croix-Rouge au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).
Livraison de colis par la Croix-Rouge au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).

Si des inspections sont autorisées dans les camps où sont détenus des prisonniers de guerre occidentaux (français, britanniques, américains), les représentants de la Croix-Rouge sont tenus à l’écart des zones de détention réservées aux prisonniers soviétiques, que l’Allemagne nazie ne reconnaît pas comme protégés par ces conventions.

Dépliant en anglais sur le Stalag III-B au musée municipal d'Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l'aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dépliant en anglais sur le Stalag III-B au musée municipal d’Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l’aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

L’envoi de colis et les visites, strictement encadrés, ne permettent qu’une intervention restreinte, souvent instrumentalisée par le régime à des fins de propagande.

Groupe de prisonniers, dont des joueurs d'accordéon, au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).
Groupe de prisonniers, dont des joueurs d’accordéon, au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).

Façade principale de la gare (partie ancienne) à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographies en couleurs, prises de vue effectuées le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Façade principale de la gare (partie ancienne) à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographies en couleurs, prises de vue effectuées le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Dans les premiers temps de détention au Stalag III-B Fürstenberg (Oder), des prisonniers français mettent fin à leurs jours[1]. Après le choc de la défaite, la capture, puis les transferts successifs — d’un Frontstalag[2] à un Dulag, puis à un Stalag, souvent entassés dans des wagons à bestiaux —, ils arrivent épuisés, affamés, sans nouvelles de leurs proches.


[1] Six suicides ont été recensés par le bureau d’état civil d’Eisenhüttenstadt.

[2] Abréviation de l’allemand Front-Stammlager, « camp principal de front », ce terme désigne un camp de prisonniers de guerre installé par l’armée allemande à proximité du front, notamment en France occupée, pendant la Seconde Guerre mondiale.


Façade arrière de la gare (partie ancienne) à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographies en couleurs, prises de vue effectuées le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Façade arrière de la gare (partie ancienne) à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographies en couleurs, prises de vue effectuées le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

À la gare de marchandises de Fürstenberg (Oder), il leur reste encore plusieurs kilomètres à parcourir à pied, généralement dans l’obscurité. Face à l’incertitude, à l’isolement, à la douleur physique et à la souffrance morale, certains ne supportent plus cette accumulation d’épreuves.


Certains prisonniers français trouvent un peu d’espoir dans la culture, grâce à une partie de baraque transformée en bibliothèque, salle de lecture et de classe, tandis que d’autres se tournent vers la religion, avec une chapelle aménagée dans une autre section de baraque.

Salle de lecture et de classe au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).
Salle de lecture et de classe au Stalag III-B Fürstenberg (Oder). Photographie ancienne en noir et blanc, virage sépia, tirage argentique (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Erich Opitz).

Tous endurent des années de privations, de peur et de violences jusqu’à la libération du camp par les Soviétiques à la fin du mois d’avril 1945.

« Вечная слава героям — морякам Краснознаменной ордена Ушакова Днепровской флотилии, павшим в боях за честь, свободу и независимость Советской Родины.

17 апреля 1945 года

Лейтенанты: Ткачёв И.Е., Лосев А.Д.

Старшина I статьи: Черенков И.А.

Старшие краснофлотцы: Ивлев И.Г., Мичник Г.А.

Краснофлотцы: Боровых Д.Т., Бельтиков А.Л., Богданов Е.И., Вандышев Ю.В., Гоголев В.Н., Дорофеев А.Д., Заливин А.М., Каприилов Ф.М., Кузнецов В.Н., Новожилов В.А., Ножаев Н.Х., Половенко Л.Я., Смаковой С.Я., Смирнов И.М., Трофимчук В.Н., Уфумов Ф.Д., Шишкин Е. А., Костылевский Ю.Д. »

Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

17 апреля 1945 года

Лейтенанты: Ткачёв И.Е., Лосев А.Д.

Старшина I статьи: Черенков И.А.

Старшие краснофлотцы: Ивлев И.Г., Мичник Г.А.

Краснофлотцы: Боровых Д.Т., Бельтиков А.Л., Богданов Е.И., Вандышев Ю.В., Гоголев В.Н., Дорофеев А.Д., Заливин А.М., Каприилов Ф.М., Кузнецов В.Н., Новожилов В.А., Ножаев Н.Х., Половенко Л.Я., Смаковой С.Я., Смирнов И.М., Трофимчук В.Н., Уфумов Ф.Д., Шишкин Е. А., Костылевский Ю.Д. »

17 avril 1945

Lieutenants[4] : Tkachov I.E., Losev A.D.

Maître de 1e classe[5] : Tcherenkov I.A.

Matelots-chefs[6] : Ivlev I.G., Mitchnik G.A.

Matelots[7] : Borovykh D.T., Beltikov A.L., Bogdanov E. I., Vandychev Iou.V., Gogolev V. N., Dorofeev A.D., Zalivin A.M., Kapriilov F.M., Kouznetsov V.N., Novojilov V.A., Nojlev N. Kh., Polovenko L. Ia., Smakovoi C. Ia., Smirnov I. M., Trofimtchouk V. N., Ufumov F. D., Chichkine E. A., Kostylevskiï Iou. D. »


[1] La flottille du Dniepr a été rétablie le 20 mars 2024, dans le cadre de la Marine russe.

[2] L’ordre de l’Étoile rouge (Орден Краснoй Звезды), décoration militaire soviétique, a été instituée par décret le 6 avril 1930.

[3] L’ordre d’Ouchakov (Орден Ушакова), distinction honorifique navale, a été créée en Union soviétique le 3 mars 1944. Elle rend hommage à Fiodor Fiodorovitch Ouchakov, un amiral russe du XVIIIe siècle.

[4] Лейтенант (« lieutenant »). Ce grade est approximativement équivalent à « enseigne de vaisseau de première classe » dans la Marine française (code OTAN OF-1 selon le document STANAG 2116).

[5] Старшина 1-й статьи (« maître de première classe »).  Ce grade est approximativement équivalent à « maître » dans la Marine française (code OTAN OR-6 selon le document STANAG 2116).

[6] Старший краснофлотец (« marin rouge de première classe »). Ce grade est approximativement équivalent à « quartier-maître de première classe » dans la Marine française (code OTAN OR-4 selon le document STANAG 2116).

[7] Краснофлотец (« marin rouge »). Ce grade est approximativement équivalent à « matelot de deuxième classe » dans la Marine française. Le terme a été remplacé en 1946 par « матрос » (matelot), dénomination plus classique (code OTAN] OR-1 selon le document STANAG 2116).

« Gloire éternelle aux héros, marins de la flottille du Dniepr[1] décorée de l'Ordre de l'Étoile rouge[2] et de l'Ordre d' Ouchakov[3], tombés au combat pour l'honneur, la liberté et l'indépendance de la patrie soviétique.

17 avril 1945

Lieutenants[4] : Tkachov I.E., Losev A.D.

Maître de 1e classe[5] : Tcherenkov I.A.

Matelots-chefs[6] : Ivlev I.G., Mitchnik G.A.

Matelots[7] : Borovykh D.T., Beltikov A.L., Bogdanov E. I., Vandychev Iou.V., Gogolev V. N., Dorofeev A.D., Zalivin A.M., Kapriilov F.M., Kouznetsov V.N., Novojilov V.A., Nojlev N. Kh., Polovenko L. Ia., Smakovoi C. Ia., Smirnov I. M., Trofimtchouk V. N., Ufumov F. D., Chichkine E. A., Kostylevskiï Iou. D. »

[1] La flottille du Dniepr a été rétablie le 20 mars 2024, dans le cadre de la Marine russe.

[2] L’ordre de l’Étoile rouge (Орден Краснoй Звезды), décoration militaire soviétique, a été instituée par décret le 6 avril 1930.

[3] L'ordre d'Ouchakov (Орден Ушакова), distinction honorifique navale, a été créée en Union soviétique le 3 mars 1944. Elle rend hommage à Fiodor Fiodorovitch Ouchakov, un amiral russe du XVIIIe siècle.

[4] Лейтенант (« lieutenant »). Ce grade est approximativement équivalent à « enseigne de vaisseau de première classe » dans la Marine française (code OTAN OF-1 selon le document STANAG 2116).

[5] Старшина 1-й статьи (« maître de première classe »).  Ce grade est approximativement équivalent à « maître » dans la Marine française (code OTAN OR-6 selon le document STANAG 2116).

[6] Старший краснофлотец (« marin rouge de première classe »). Ce grade est approximativement équivalent à « quartier-maître de première classe » dans la Marine française (code OTAN OR-4 selon le document STANAG 2116).

[7] Краснофлотец (« marin rouge »). Ce grade est approximativement équivalent à « matelot de deuxième classe » dans la Marine française. Le terme a été remplacé en 1946 par « матрос » (matelot), dénomination plus classique (code OTAN] OR-1 selon le document STANAG 2116).

Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mardi 29 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Barbelés du Stalag III-B au musée municipal d'Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l'aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Barbelés du Stalag III-B au musée municipal d’Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l’aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La présence du camp est bien connue de la population locale, et ce d’autant plus qu’une route, le long de laquelle se promènent les habitants, borde les barbelés du Stalag III-B Fürstenberg (Oder).


Avant 1945, Fürstenberg (Oder) fait partie de la province de Brandebourg, qui intègre le royaume de Prusse, puis l’État libre de Prusse sous la République de Weimar et le Troisième Reich. Après la guerre, les Alliés dissolvent officiellement la Prusse en 1947, redistribuant son territoire entre de nouvelles entités administratives.

L'écriture gothique, conservée dans certains contextes, évoque un lien avec l'histoire, le patrimoine culturel et une certaine nostalgie du passé. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
L’écriture gothique, conservée dans certains contextes, évoque un lien avec l’histoire, le patrimoine culturel et une certaine nostalgie du passé. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le vendredi 25 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

L’État militaire prussien, fondé sur une armée disciplinée, joue un rôle clé dans l’unification de l’Allemagne sous Bismarck au XIXe siècle. Bismarck utilise les guerres pour créer l’Empire allemand.

Plus tard, Adolf Hitler radicalise ce militarisme pour mener des guerres d’agression[1] et commettre des atrocités durant la Seconde Guerre mondiale. Le procès de Nuremberg met en lumière la fois la continuité et la rupture entre ces deux périodes.


[1] Invasions menées par l’Allemagne nazie et ses alliés pour étendre leur territoire et imposer leur idéologie.


Quelques vestiges du Stalag III-B se voient le long de l'Oderstraße à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Quelques vestiges du Stalag III-B se voient le long de l’Oderstraße à Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le général Hermann Reinecke (1888-1973), chef de l’Office général de la Wehrmacht[1], acteur central de la politique répressive à l’égard des prisonniers de guerre et du travail forcé[2], est jugé pour cela puis a vu sa peine réduite[3].


[1] L’AWA (Allgemeines Wehrmachtamt, ou Office général de la Wehrmacht) était un service central de l’Oberkommando der Wehrmacht (OKW), le haut commandement militaire du IIIe Reich. Il gérait les affaires administratives générales des forces armées, dont l’organisation, la législation militaire, le personnel et la coordination entre les différentes armes.

[2] Le procès de Nuremberg s’est tenu du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946 au palais de justice de Nuremberg. Ce tribunal militaire international a jugé les principaux responsables nazis pour leurs crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes contre la paix.

[3] Condamné à la réclusion à perpétuité en 1948 pour crimes de guerre, il a été libéré en 1954, dans le contexte du réarmement de la RFA (République fédérale d’Allemagne). Il incarne pourtant le type du général étroitement lié au régime nazi.



Dépliant en allemand sur le Stalag III-B au musée municipal d'Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l'aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Dépliant en allemand sur le Stalag III-B au musée municipal d’Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Avec l’aimable autorisation du Städtisches Museum & Galerie, Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Pour de nombreux autres officiers de la Wehrmacht impliqués dans la gestion des camps de prisonniers, les poursuites ne sont pas à la hauteur de ce qu’elles auraient dû être, ces derniers occupant, quelques années après la Seconde Guerre mondiale, des postes importants dans la Bundeswehr[1].


[1] La Bundeswehr est l’armée nationale, créée en 1955 après la Seconde Guerre mondiale pour défendre la RFA dans le cadre de l’OTAN.


Archives municipales. Stadtarchiv Eisenhüttenstadt, Am Trockendock 1a, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleur, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Archives municipales. Stadtarchiv Eisenhüttenstadt, Am Trockendock 1a, 15890 Eisenhüttenstadt. Photographie en couleur, prise de vue effectuée le mercredi 30 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La loi Dreher du 1er octobre 1968 entraîne l’arrêt de nombreuses procédures judiciaires pour crimes nazis, en fixant un délai de prescription à vingt ans, empêchant ainsi de juger de nombreux responsables.


Quant au Stalag III-B Fürstenberg (Oder), il demeure aujourd’hui absent de l’espace public : aucune signalétique, aucun transport en commun ne permet d’y accéder, et les brochures touristiques l’ignorent totalement.

Baraque envahie par la végétation. Am Kanal 23, 15890 Eisenhüttenstadt. Vestige du Stalag III-B ? Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le lundi 28 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Baraque envahie par la végétation. Am Kanal 23, 15890 Eisenhüttenstadt. Vestige du Stalag III-B ? Photographie en couleurs, prise de vue effectuée le lundi 28 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Enfoui sous des friches industrielles ou dissimulé sous la terre, il semble littéralement effacé du paysage – comme enseveli sous une chape de béton, matérielle et mémorielle. Cette disparition interroge : comment un site d’une telle importance historique a-t-il pu être relégué au silence spatial et symbolique ?

Ruines de soubassement du Stalag III-B ? Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographies en couleurs, prises de vue effectuées le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Ruines de soubassement du Stalag III-B ? Eisenhüttenstadt (Allemagne), dans le quartier de Fürstenberg (Oder). Photographies en couleurs, prises de vue effectuées le dimanche 27 octobre 2024. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

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Anciens combattants Guerre mondiale (1939-1945) Militaires Monuments commémoratifs Monuments commémoratifs militaires Patrimoine culturel Patrimoine industriel Religieux Religion Travailleurs Victimes de guerre

Mission historique et mémorielle à Berlin sur les traces de Pierre Bonhomme, natif de La Romagne, prisonnier de guerre dans les Stalags allemands


C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français – exposition temporaire à Berlin du vendredi 28 octobre 2022 au mercredi 31 mai 2023

Edition bilingue allemand-anglais du catalogue offert lors de la rencontre à Berlin (Allemagne) du mardi 28 mars 2023 au Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors) par Roland Borchers, commissaire de l'exposition Vergessen und vorbei ? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = Past and forgotten ? The Lichterfelde Camp and the French Prisoners of War = C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français. (collection personnelle de l’auteure).

Edition bilingue allemandanglais du catalogue offert lors de la rencontre à Berlin (Allemagne) du mardi 28 mars 2023 au Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors) par Roland Borchers, commissaire de l’exposition Vergessen und vorbei ? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = Past and forgotten ? The Lichterfelde Camp and the French Prisoners of War = C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français. (collection personnelle de l’auteure).


Le Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors) organise du vendredi 28 octobre 2022 au 31 mai 2023 une exposition trilingue (en allemand, français, anglais) intitulée C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français[1].


[1] Vergessen und vorbei ? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = Past and forgotten ? The Lichterfelde Camp and the French Prisoners of War.


Vidéo Eröffnung Vergessen und vorbei? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen (C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français), consultable en ligne sur Youtube pour la chaîne Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit (Centre de documentation sur le travail forcé nazi).

Cette initiative a suscité une mission historique et mémorielle à Berlin et ses environs du dimanche 26 mars au dimanche 2 avril 2023 sur les traces de Pierre Bonhomme, natif de La Romagne, prisonnier de guerre n° 53026 dans les Stalags allemands III A Luckenwalde, , III B Fürstenberg, et III D Berlin. Affecté à l’AKdo 407 (Arbeitskommando[1] n° 407), il a dû travailler sous la contrainte pendant ses cinq ans de captivité.


[1] Commando de travail.


Vidéo Zur Zukunft des historischen Ortes ehemaligen Kriegsgefangenenlager Lichterfelde-Süd (Sur l’avenir du site historique de l’ancien camp de prisonniers de guerre de Lichterfelde-Süd), consultable en ligne sur Youtube pour la chaîne Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit (Centre de documentation sur le travail forcé nazi).

Partant d’un destin individuel spécifique, la démarche a consisté à développer une méthodologie archivistique et historienne globale pour trouver un prisonnier de guerre français en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale.

Edition bilingue allemand-français du catalogue offert à la suite de la rencontre à Berlin (Allemagne) du mardi 28 mars 2023 au Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors) par Roland Borchers, commissaire de l'exposition Vergessen und vorbei ? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = Past and forgotten ? The Lichterfelde Camp and the French Prisoners of War = C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français. (collection personnelle de l’auteure).

Edition bilingue allemandfrançais du catalogue offert à la suite de la rencontre à Berlin (Allemagne) du mardi 28 mars 2023 au Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors) par Roland Borchers, commissaire de l’exposition Vergessen und vorbei ? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = Past and forgotten ? The Lichterfelde Camp and the French Prisoners of War = C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français. (collection personnelle de l’auteure).



Entrée des expositions temporaires du Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Entrée des expositions temporaires du Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Ce déplacement a donc compris plusieurs rencontres avec des historiens, archivistes, bibliothécaires, documentalistes, une quête des vestiges de 1939-1945 et des lieux de mémoire, une exploration urbaine[1] de sites abandonnés et en cours de destruction, dont :

  • un entretien personnalisé de deux heures avec Roland Borchers[2] au Centre de documentation du travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors) à Berlin-Schöneweide[3], suivi d’une visite privée de la baraque 13[4] et de son abri antiaérien. Une autorisation exceptionnelle de rester sur place après la fermeture du lieu, en présence du seul agent de sécurité, a permis d’effectuer des photographies au milieu des baraquements et des cartels de l’exposition Vergessen und vorbei ? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = Past and forgotten ? The Lichterfelde Camp and the French Prisoners of War = C’est le passé, on oublie ?, à l’exclusion de toute autre personne. Enfin, trois catalogues ont été offerts sur place et un quatrième[5], l’édition bilingue allemandfrançais de l’exposition, a été envoyé par la poste dès sa parution début mai 2023.
  • un trajet à Luckenwalde, à cinquante kilomètres de Berlin[6], avec un passage au musée d’histoire locale (HeimatMuseum) et au cimetière des sépultures de guerre (Friedhof Kriegsgräberstätte) du Stalag III A.
  • un rendez-vous de deux heures au domicile de monsieur Reinhard Pohlke[7] et sa femme madame Annette Pohlke[8], vice-présidente et webmestre de l’association mémorielle Initiative KZ-Außenlager Lichterfelde e.V. (un contact préalable par mail avait été établi avec monsieur Thomas Schleissing-Niggemann, président du conseil d’administration).
  • une rencontre personnalisée de deux heures avec monsieur Christian Kurzweg, archiviste référent, en quelque sorte responsable de l’ORB[9], et une stagiaire en sciences de l’information au service des utilisateurs (Benutzerzentrum) des archives fédérales (Bundesarchiv) de Berlin-Lichterfelde, département du centre de ressources documentaires (Abteilung BE = Bereitstellung)[10].
  • Un déplacement aux archives fédérales (Bundesarchiv) de Berlin-Tegel[11], département des renseignements personnels sur les soldats de la Première et Deuxième Guerre mondiale (Abteilung PA = Personenbezogene Auskünfte zum Ersten und Zweiten Weltkrieg). L’accès direct aux salles de lecture n’ayant pas été possible, le remplissage d’un formulaire administratif en allemand a débouché sur une réponse. Madame Claudia Müller, archiviste référente, fournit la précision suivante : « Les dossiers du Bureau allemand des états de service[12]WASt[13] concernant les anciens prisonniers de guerre français détenus par l’Allemagne ont été saisis en avril 1945 et pris en charge par une commission d’officiers alliés. » Elle renvoie donc au secrétariat d’Etat aux anciens combattants[14] et aux archives des pays d’origine respectifs des prisonniers de guerre. Cet échange de documents sur les prisonniers de guerre est conforme à la convention de Genève.
  • Une action de conservation curative légère[15] sur la plaque commémorative (Gedenktafel) du siège du commandement (Kommandantur) régissant le Stalag III D Berlin aujourd’hui disparu.
  • Une reconnaissance sur le terrain dans le sud-est de Berlin de pistes sur l’Arbeitskommando n°407 (dépendant du Stalag III D Berlin, dans lequel Pierre Bonhomme a été contraint de travailler). La classe 400 le rattachant possiblement à l’arrondissement de Neukölln, les quartiers traversés en priorité ont été Berlin-Britz, Berlin-Buckow, Berlin-Gropiusstadt, Berlin-Neukölln et Berlin-Rudow.
  • La quête d’anciens abris antiaériens dans le sud-est de Berlin[16], dans la mesure où Pierre Bonhomme aurait pu (sous réserves) réaliser des coffrages en bois pour des casemates[17].
  • Un reportage photographique « de guerre » sur les terrains vagues du camp de Berlin-Lichterfelde, patrimoine industriel en péril.

« Les dossiers du Bureau allemand des états de service – WASt concernant les anciens prisonniers de guerre français détenus par l’Allemagne ont été saisis en avril 1945 et pris en charge par une commission d’officiers alliés. »

Madame Claudia Müller, archiviste référente aux archives fédérales de Berlin-Tegel, département des renseignements personnels sur les soldats de la Première et Deuxième Guerre mondiale


[1] Urbex.

[2] Chercheur à l’Institut d’Europe de l’Est de l’Université libre de Berlin (chaire d’histoire de l’Europe centrale et orientale), coordinateur du projet Mémoire et identité en Cachoubie, auteur d’une thèse de doctorat Mémoires du travail forcé : l’exemple de la Pologne.

[3] Schöneweide est le nom simplifié des deux quartiers Berlin-Niederschöneweide et Berlin-Oberschöneweide dans l’arrondissement Treptow-Köpenick de Berlin (Allemagne).

[4] Où des internés militaires italiens et des travailleurs civils ont été hébergés entre 1944 et 1945.

[5] Glauning, Christine 1963- ; Borchers, Roland 1980- ; Stiftung Topographie des Terrors Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit Berlin-Schöneweide ; [et al.], Vergessen und vorbei ? : das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = Past and forgotten ? : the Lichterfelde Camp and the French prisoners of war, édition bilingue allemandanglais Berlin : Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors, 2022, 191 pages, cartes, plans. Glauning, Christine 1963- ; Borchers, Roland 1980- ; Stiftung Topographie des Terrors Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit Berlin-Schöneweide ; [et al.], Vergessen und vorbei ? : das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français, édition bilingue allemandfrançais, Berlin : Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors, 2023, 191 pages, cartes, plans. Glauning, Christine 1963- ; Stiftung Topographie des Terrors Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit Berlin-Schöneweide, Le Travail forcé au quotidien 1938-1945 : catalogue de l’exposition éponyme, édition monolingue en français, Berlin : Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors, 2020, 277 p., cartes, plans. Bücking, Heribert 1940- ; Glauning, Christine 1963- ; Stiftung Topographie des Terrors Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit Berlin-Schöneweide, Die Zwangsarbeit von Zofia und Rolland : Kupferstich-Collagen : eine Begleitbroschüre zur Sonderausstellung im Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit vom 20. Januar 2023 bis 21. Mai 2023, édition monolingue en allemand, Berlin : Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors, 2023, 32 p.

[6] D’où la locution proverbiale « Luckenwalde, Luckenkien, 50 Kilometer vor Berlin ».

[7] Né en 1966, il enseigne dans un établissement secondaire berlinois le latin, le grec, le fait religieux, les technologies de l’information.

[8] Née en 1967, elle a étudié l’histoire, le latin et la théologie protestante à l’Université libre de Berlin. Elle est aujourd’hui enseignante et auteure indépendante.

[9] Orientation et recherche bibliographique.

[10] Finckensteinallee 63, 12205 Berlin.

[11] Am Borsigturm 130, 13507 Berlin.

[12] Deutsche Dienstelle.

[13] Wehrmachtauskunftstelle für Kriegerverluste und Kriegsgefangene = Service de renseignements de la Wehrmacht sur les pertes de guerre et les prisonniers de guerre.

[14] Ce dernier a en fait été intégré au ministère de la Défense et n’existe plus en tant que tel. Les documents remis par l’Allemagne se trouvent donc plutôt au Service historique de la défense, division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC)rue Neuve du Bourg l’Abbé, 14037 Caen cedex. Les Archives nationales possèdent également un fonds sur les prisonniers de guerre français (voir sous-série F9 = affaires militaires et 72AJ = Seconde Guerre mondiale).

[15] Décollage, dans le cadre d’une préservation du patrimoine urbain, des restes d’un autocollant apposé de façon intempestive, et constituant un acte de vandalisme susceptible d’abîmer la surface à terme.

[16] Bunker transformé en Musikbunker, Steinträgerweg 5, 12351 Berlin (Allemagne). Un autre situé Selgenauer Weg, 12355 Berlin (Allemagne) a été intégré dans un projet immobilier.

[17] Ces réduits d’un fort, généralement souterrains, sont à l’épreuve des bombes et des obus.


Les archives fédérales et régionales de Berlin



Les pièces d’archives personnelles antérieures à 1945 sont d’une manière générale conservées aux archives fédérales (Bundesarchiv) de Berlin.

Le Bureau allemand des états de service – WASt, dont les documents étaient conservés initialement aux archives fédérales de Berlin-Reinickendorf[1], a vu le 1er janvier 2019 ses missions intégrées aux archives fédérales de Berlin-Tegel en tant que département des renseignements personnels sur les soldats de la Première et Deuxième Guerre mondiale[2]. Le délai de traitement peut atteindre plusieurs mois avant que la demande n’aboutisse.

Les dossiers médicaux des prisonniers de guerre se trouvaient autrefois à l’Office régional de la santé et des affaires sociales[3] à Berlin. Dans la mesure où cela ne relevait pas vraiment de ses missions, ils ont été transférés le 1e juillet 2007 au Bureau allemand des états de service – WASt, puis à Berlin-Tegel, au titre de son habitude de la gestion des données individuelles.

Le centre de ressources documentaires est pour sa part à Berlin-Lichterfelde, tandis que certains documents concernant l’armée sont aux archives fédérales de Fribourg (Allemagne), département des affaires militaires[4]. Monsieur Daniel Schneider, archiviste référent de cette institution, indique : « Seuls sont conservés les dossiers matériels des institutions allemandes à propos du système des prisonniers de guerre, mais pas les dossiers personnels des prisonniers de guerre. »


« Seuls sont conservés les dossiers matériels des institutions allemandes à propos du système des prisonniers de guerre, mais pas les dossiers personnels des prisonniers de guerre. »

Monsieur Daniel Schneider, archiviste référent aux archives fédérales de Fribourg (Allemagne), département des affaires militaires.


[1] Eichborndamm 179, 13403 Berlin (Allemagne).

[2] PA = Personenbezogene Auskünfte.

[3] Landesamt für Gesundheit und Soziales (LAGeSo), Versorgungsamt – Kundencenter, Sächsische Straße 28, 10707 Berlin (Allemagne).

[4] Bundesarchiv, Abteilung Militärarchiv, Wiesentalstraße 10, 79115 Freiburg (Allemagne).


Il est important d’autre part de ne pas confondre les archives fédérales (Bundesarchiv) et les archives régionales[1] (Landesarchiv) de Berlin. Après la fin de la guerre, les documents que le Bureau allemand des états de service – WASt avait conservés sur les prisonnier de guerre détenus par l’Allemagne ont été confisqués et remis aux pays d’origine des prisonniers de guerre.


[1] Eichborndamm 115-121, 13403 Berlin (Allemagne).


Il est possible de repérer les noms des victimes de guerre sur le portail des Arolsen Archives[1] International Center on Nazi Persecution (archives Arolsen centre international sur les persécutions nazies). Toutefois, il ne s’agit pas d’une requête complète. De nombreux documents conservés ne sont pas encore accessibles en ligne. Il faut donc contacter les archivistes. 50 millions de fiches présentent des informations sur 17,5 millions de personnes. Madame Martina Paul, membre du service international de recherche[2], a ainsi retrouvé et envoyé une fiche de la mission de liaison à Berlin (Français de toutes les zones) concernant Pierre Bonhomme.

Toute demande de renseignements auprès du CICR [3] sur une personne détenue pendant la Seconde Guerre mondiale relève d’un quota trimestriel. Le service reprendra le lundi 22 mai 2023, puis le lundi 25 septembre 2023 à 8 h 00 heure de Genève (Suisse).


[1] Große Allee 5-9, 34454 Bad Arolsen.

[2] ITS = International Tracing Service/ Service international de recherches se présente depuis le 21 mai 2019 sous son nouveau nom.

[3] Comité international de la Croix-Rouge.


Le Stalag III A Luckenwalde, le musée d’histoire locale et le cimetière des sépultures de guerre


A Luckenwalde, il ne subsiste plus aucun vestige matériel du camp, si ce n’est le cimetière des sépultures de guerre (Friedhof Kriegsgräberstätte) du Stalag III A Luckenwalde[1], divisé en plusieurs carrés selon la nationalité des prisonniers enterrés. Nombreux sont ceux qui ont été inhumés dans des fosses communes (en particulier des Russes[2]). Une croix est élevée, et marque à tout jamais l’emplacement de la partie française du cimetière.  Chaque année se déroule une cérémonie du souvenir.


[1] Zum Stalag-Friedhof, 14943 Luckenwalde.

[2] A cette époque, tous les Russes sont des Soviétiques, mais tous les Soviétiques ne sont pas des Russes. L’appellation retenue ici est celle qu’employaient les prisonniers de guerre.


Un poste de travail permet de consulter des dossiers d’archives. Sur un écran interactif, il est possible de feuilleter plus de 9 000 documents concernant 3 900 détenus russes du camp.


Le Stalag III A se situait à 2,5 km de Luckenwalde, ville de 27 000 habitants à quelque 50 km du sud de Berlin dans la 3e région militaire allemande[1], dans la région de la Fläming, au cœur du Land[2] de Brandebourg. C’est une région montueuse, argileuse et caillouteuse, recouverte de bois et d’étangs. La pauvreté du sol ne permet comme cultures essentielles que le seigle ou la pomme de terre[3]. L’horizon en est borné par une végétation assez haute de résineux et de bouleaux, qui dégagent une grande tristesse. La toponymie est d’ailleurs explicite : « Luch[4] im Walde[5] » signifie « bois marécageux ». Le paysage actuel n’a pas vraiment changé, et dégage une impression sinistre.


[1] Wehrkreis III (WK III). Sous le IIIe Reich, cette division administrative comprenait pour la Wehrmacht une partie de la Nouvelle-Marche et le Brandebourg.

[2] État fédéré.

[3] Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, NAF 17280, Croix-Rouge française, L’Âme des camps, I Chronique des Stalags I B, II D, II E, III A et III C, Paris : Croix rouge française, Comité central d’assistance aux prisonniers de guerre en captivité, 1944, page 82, vue 173/350, consultable en ligne sur Gallica.

[4] « Luch » désigne un marais dans le dialecte brandebourgeois.

[5] « Im Walde » signifie mot à mot « dans la forêt ».


Monument commémoratif à la gloire des militaires du carré yougoslave †. Cimetière de sépultures de guerre du Stalag III A (Friedhof Kriegsgräberstätte Stalag III A), prise de vue effectuée le mercredi 29 mars à Luckenwalde (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Monument commémoratif à la gloire des militaires du carré yougoslave †. Cimetière de sépultures de guerre du Stalag III A (Friedhof Kriegsgräberstätte Stalag III A), prise de vue effectuée le mercredi 29 mars 2023 à Luckenwalde (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La plupart du temps, les soldats prisonniers des Stalags sont placés dans un Arbeitskommando[1], ce qui n’est pas le cas pour les officiers des Oflags[2]. En raison de la convention de Genève, ils ne peuvent être officiellement employés que dans l’agriculture ou dans des tâches sans aucun lien avec l’effort de guerre. C’est souvent loin d’être le cas.  Au commando de Topschin, faisant partie du Stalag III A, les prisonniers sont ainsi employés dans une usine de munitions, d’obus, de bombes, de torpilles et de tanks[3]. Ils sont donc bel et bien contraints de participer à l’industrie d’armement allemande.

La construction du camp a été planifiée avant l’invasion de la Pologne en septembre 1939. Il était prévu pour accueillir au départ 10 000 hommes. Sa structure a servi de modèle[4] pour les autres camps.


[1] Commando ou unité de travail.

[2] Abréviation d’Offizierslager (camps d’officiers).

[3] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-9759499 < Tome 39  >, Tribunal militaire international (Nuremberg, Allemagne), Procès des grands criminels de guerre devant le tribunal militaire international [Texte imprimé] : Nuremberg, 14 novembre 1945 – 1er octobre 1946 : [documents et autre matériel de preuve], texte officiel, édition française, Nuremberg : Tribunal militaire international, 1947-1949, tome XXXIX, page 172, vue 188/660, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, 2000-282739.

[4] Le mot Musterlager désigne un stock d’échantillons dans le civil, et un camp modèle dans le langage militaire. Le régime nazi avait son propre vocabulaire.


A partir de l’été 1940, des prisonniers hollandais[1] et français sont arrivés dans ce camp. Les premiers sont libérés quelques semaines plus tard, tandis que les seconds, qui forment le groupe le plus important, y sont affectés.

Le séjour dans ce camp précède souvent l’intégration dans des commandos de travail à Berlin ou dans ses environs. Les conditions de vie y sont très difficiles.

Les prisonniers de guerre qui ont travaillé dans la région du Brandebourg ou à Berlin ont atteint le chiffre de 22 000. Une partie de ces derniers était des prisonniers transformés[2].


[1] Tous les Hollandais sont des Néerlandais, mais tous les Néerlandais ne sont pas des Hollandais. L’appellation retenue ici est celle qu’employaient les prisonniers de guerre.

[2]  Il s’agit de rendre à l’état de civil certains prisonniers de guerre, et d’en faire des travailleurs forcés.


Alors que dans ce camp, les instituteurs et professeurs étaient dispensés au départ de travail (car ils animaient une vie culturelle), les autres prisonniers essayaient de se rapprocher par origine régionale. Ils étaient astreints à des journées de 12 à 14 heures. Les commandos percevaient des vivres (toujours en quantité insuffisante) de la Croix-Rouge. Mais cela ne compensait que difficilement la pénibilité du travail : le commando n° 206, où étaient employés 300 prisonniers, extrayait de la tourbe, le n° 211 (qui en comprenait 20) exploitait du minerai, tandis que les n° 282 et 283 étaient des commandos agricoles.

Par la suite, ce camp a hébergé des prisonniers serbes et russes, dont le nombre n’a cessé d’augmenter.  Durant l’hiver 1941-1942, 2 500 de ces derniers y sont décédés. Temporairement, il y a eu également des Italiens, vers la fin, des Roumains et des Anglais[1].


[1] Tous les Anglais sont des Britanniques, mais tous les Britanniques ne sont pas des Anglais (certains sont des Écossais, des Gallois ou des Nord-Irlandais). L’appellation retenue ici est celle qu’employaient les prisonniers de guerre.

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Le Stalag était aussi organisé du point de vue religieux, tant catholique que protestant. Les prêtres dans ce camp étaient au nombre de quarante-quatre pour tout le Stalag dont trois pour le camp, deux pour l’hôpital. Tous les autres étaient affectés aux commandos.  Selon les secteurs religieux (au nombre de 42), ceux-ci comptaient de dix à soixante commandos. Le camp comprenait aussi des séminaristes que les aumôniers pouvaient emmener avec eux. L’approvisionnement liturgique était assuré par l’Aumônerie générale de Paris en vin de messe, hosties et livres.

Le culte était autorisé en dehors des heures de travail. Les prêtres munis d’un Ausweis[1] avaient le droit de circuler librement dans leur secteur. Bien souvent, ils disaient au moins trois messes au cours de la journée, tandis que les commandos étaient massés sur un point central (où se trouvait un local convenable pour dire la messe).

Les prêtres n’avaient pas le droit de prêcher et, en cas d’impossibilité de confesser, ils prononçaient une absolution générale. Ils assuraient, outre les messes du dimanche, les communions des détenus en cellule et les enterrements au cimetière du camp.

Pour les besoins religieux et spirituels, les confrères étaient autorisés à se rencontrer.

Lorsque le camp a été libéré le 27 avril 1945, les prisonniers ont été rendus à la vie civile, envoyés en permission pendant quinze jours, avant de vaquer à leurs occupations.


[1] Pièce d’identité.

Le Stalag III B Fürstenberg


Le Stalag III B Fürstenberg est, lui aussi, un camp de prisonniers de guerre. Il avait le statut de Dulag[1]. Il se situe également dans la 3e région militaire allemande. La campagne y est sablonneuse avec des bois de pins. Il se trouvait à Fürstenberg-sur-Oder.

Il semblerait que ce camp n’avait que très peu de liens avec l’administration de la ville. Les archives municipales disposent aujourd’hui des dossiers de Fürstenberg-sur-Oder, devenu un quartier d’Eisenhüttenstadt.

Des noms de prisonniers français s’y trouvent. Celui de Pierre Bonhomme n’y figure malheureusement pas, selon madame Gabriele Urban, archiviste référente, du département des services aux citoyens (Fachbereich Bürgerdienste), Musée municipalGalerieMusée des pompiersArchives de la ville (Städtisches MuseumGalerieFeuerwehrmuseumArchiv) [2].

Le musée d’histoire locale[3] évoque l’ancien camp de prisonniers de guerre, grâce à l’initiative de monsieur Axel Drieschner. Avec sa femme, madame Barbara Schulz, il a publié un livre sur le Stalag III B Fürstenberg[4].

Devant le site de l’ancien camp, il y a une pierre commémorative qui doit rappeler tous les prisonniers et leur souffrance.


[1] Durchgangslager, c’est-à-dire un camp de transit.

[2] Stadt Eisenhüttenstadt • Zentraler Platz 1 • 15890 • Eisenhüttenstadt.

[3] Löwenstraße 4, 15890 Eisenhüttenstadt (Allemagne).

[4] Drieschner, Axel, Schulz, Barbara, Stalag III B Fürstenberg (Oder) : Kriegsgefangene im Osten Brandenburgs 1939-1945, Berlin : Metropol, 2006, 212 p., illustrations (Beiträge zur Geschichte Eisenhüttenstadts 4).


Bibliothèque universitaire Saint-Charles (Montpellier), 940.547 2 DOC, Ministère de la Guerre, État-major de l'armée, 5e bureau, Documentation sur les camps de prisonniers de guerre : secret, Paris : Ministère de la Guerre. Etat-major de l'armée, [1945], 1 volume, 493 p., [14] cartes en couleurs, page 52.
Bibliothèque universitaire Saint-Charles (Montpellier), 940.547 2 DOC, Ministère de la Guerre, État-major de l’armée, 5e bureau, Documentation sur les camps de prisonniers de guerre : secret, Paris : Ministère de la Guerre. Etat-major de l’armée, [1945], 1 volume, 493 p., [14] cartes en couleurs, page 52.

A l’époque, il comprend une cinquantaine de baraques, dont seules huit sont occupées par des Français. Réparties de part et d’autre d’une route cimentée, celles-ci hébergent chacune de trois cents à trois cent soixante prisonniers. Les travaux qui leur sont confiés sont épuisants. Nombre d’entre eux manient la pelle et la pioche comme ceux du commando n° 406 pour les mines de charbon, du n° 648 pour les mines de lignite, du n° 728 pour les mines de tourbe. Sinon, ils étaient employés dans des usines de guerre.

Au moment du repli du Stalag III B Fürstenberg, les prisonniers de guerre furent occupés jusqu’à la fin avril à effectuer des travaux de terrassements des tranchées, et à transporter des bombes d’avions. Il est même arrivé que des commandos aient effectué des travaux sous la première ligne de feu de l’artillerie russe. Malgré des réclamations, le colonel commandant le Stalag III B Fürstenberg reste sourd aux réclamations de la Croix-Rouge genevoise (Suisse).

Quant à l’homme de confiance, ce dernier signale que la durée du travail journalier était dans de nombreux cas excessive, en particulier dans les mines et les usines (12 heures). Elle pouvait monter jusqu’à quinze heures dans la culture pendant la période d’été.

Alors qu’il devait y avoir un repos de vingt quatre heures toutes les trois semaines, le repos hebdomadaire n’était pas souvent observé. En outre, l’homme de confiance principal du Stalag a signalé que des coups étaient portés sur des prisonniers français. Il y a une mauvaise foi évidente dans l’application de la convention de Genève dans ce camp.


Fin 1944, les Allemands ont décidé de déplacer ce camp à Buchenwald[1], à côté de Weimar[2]. Au début de février 1945, l’Armée rouge a pris pied sur la rive occidentale de l’Oder à Fürstenberg[3].

La campagne a retrouvé son aspect d’antan et nombre de citoyens allemands actuels en ignorent de manière feinte ou réelle l’existence.


[1] D’après Buche (hêtre) et Wald (forêt), Buchenwald signifie hêtraie (bois de hêtres).

[2] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-25677, Commissariat régional de la République à Montpellier, Bulletin officiel du Commissariat régional de la République à Montpellier, 1re année , n° 1 (septembre 1944) – ? Montpellier : [s.n.], 1944-, 2e année, n° 107 du vendredi 23 février 1945, page 521, vue 1/4, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original des archives départementales de l’Hérault, PAR 3215.

[3] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMP-14232 <  1937-1948 >, Aragon, Louis (1897-1982), directeur de publication ; Bloch, Jean-Richard (1884-1947), directeur de publication, Ce soir : grand quotidien d’information indépendant, 1re année, n° 1 (2 mars 1937)-17e année, n° 3537 (2 mars 1953), Paris : [s.n.], 1937-1953 [n’a pas paru du 26 août 1939 à août 1944], n° 1059 du jeudi 8 février 1945, page 1 [non paginée], vue 1/2, consultable en ligne sur Gallica, texte numérisé d’après l’original de la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, JOD-109.


Le Stalag III D Berlin et la Kommandantur[1]


[1] Kommandanturen au pluriel. Ou « kommandanturs », en romain et
avec une minuscule (ou une majuscule), selon un usage français variable. En général, « Les mots, expressions, citations donnés dans une langue étrangère et non francisés se composent en italique dans un texte français en romain » selon le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale. Mais « de très nombreux termes étrangers, adoptés par l’usage, se composent cependant en romain comme ces exemples appartenant au langage courant : condottiere, conquistador, leitmotiv, match, sketch, week-end ». Pour éviter d’établir une distinction artificielle entre les mots germaniques recensés dans les dictionnaires français (stalags) et ceux, plus spécialisés, qui n’y sont pas (Dulags), il a été décidé par convention de considérer tous les mots employés par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale comme étrangers, et donc de les écrire avec une majuscule et en italique.


Vidéo Französische Kriegsgefangene in Berlin | Lager, Arbeit und Alltag (Prisonniers de guerre français à Berlin | camp, travail et vie quotidienne, consultable en ligne sur Youtube pour la chaîne Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit (Centre de documentation sur le travail forcé nazi).

Le Stalag III D se situait à Berlin, et dépendait de la 3e région militaire allemande comme les deux précédents. De très nombreux prisonniers français ayant été enfermés au camp de Berlin-Lichterfelde, il se confond un peu pour les historiens francophones avec le Stalag III D Berlin.

C’est là une perspective remise en cause par les chercheurs allemands. Le Stalag III D Berlin est en réalité une entité administrative qui repose sur des camps satellites disséminés sur tout Berlin : 3000 camps couvraient la ville. Certes, une majorité de Français s’est retrouvée à Berlin-Lichterfelde ou à Falkensee[1]. L’approche de la réalité historique est cependant plus complexe.


[1] Falkensee est une ville d’Allemagne située dans le Land du Brandebourg.


Plaque commémorative (Gedenktafel) du siège du commandement (Kommandantur) régissant le Stalag III D Berlin, prise de vue effectuée le jeudi 30 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Plaque commémorative (Gedenktafel) du siège du commandement (Kommandantur) régissant le Stalag III D Berlin, prise de vue effectuée le jeudi 30 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Un siège du commandement (Kommandantur) gère le travail des prisonniers du Stalag III D Berlin dans des commandos de travail (Arbeitskommandos) répartis en fonction de leur classe dans tous les points cardinaux à Berlin ou alentour :

  • 100 Stadtzentrum[1]
  • 200 Norden[2]
  • 300 Osten[3]
  • 400 Südosten[4]
  • 500 Süden[5]
  • 600 Südwest[6]
  • 700 Westen[7]
  • 800 Nordosten[8]

L’édifice[9], qui se trouvait rue de la Belle-Alliance [10], a totalement disparu, rasé et remplacé par un parking, à proximité de la Bibliothèque commémorative américaine (Amerika-Gedenkbibliothek)[11]. Il ne reste plus à son emplacement qu’une plaque commémorative (Gedenktafel)[12] en plastique tellement discrète qu’il a été plutôt difficile de la localiser (les bibliothécaires du lieu avoisinant ont eux-mêmes rencontré des difficultés pour la trouver).


[1] Centre-ville.

[2] Nord.

[3] Est.

[4] Sud-est.

[5] Sud.

[6] Sud-ouest.

[7] Ouest.

[8] Nord-est

[9] Belle-Alliance-Straße 106-107. Aujourd’hui, Mehringdamm, Berlin (Allemagne).

[10] Ce nom de Belle-Alliance est une autre façon de désigner la bataille de Waterloo (Belgique) en 1815.

[11] Blücherplatz 1, 10961 Berlin (Allemagne)

[12] Blücherplatz 1, 10961 Berlin (Allemagne).


Pierre Bonhomme, affecté à l’Arbeitskommando n° 407


Bibliothèque universitaire Saint-Charles (Montpellier), 940.547 2 DOC, Ministère de la Guerre, État-major de l'armée, 5e bureau, Documentation sur les camps de prisonniers de guerre : secret, Paris : Ministère de la Guerre. Etat-major de l'armée, [1945], 1 volume, 493 p., [14] cartes en couleurs, page 72.
Bibliothèque universitaire Saint-Charles (Montpellier), 940.547 2 DOC, Ministère de la Guerre, État-major de l’armée, 5e bureau, Documentation sur les camps de prisonniers de guerre : secret, Paris : Ministère de la Guerre. Etat-major de l’armée, [1945], 1 volume, 493 p., [14] cartes en couleurs, page 72.

Un bureau de censure postale (Postzensur[1]) contrôlait la correspondance et les colis échangés entre les prisonniers de guerre et leurs proches. Les photographies et livres autorisés de Pierre Bonhomme étaient frappés du tampon « Stalag III D 75 geprüft » ou « Stalag III D 96 geprüft »[2], « Freigegeben Stalag III D[3] » ou « Freigegegeben zur Heimsendung M.-Stammlager III D[4] ».

Des ajouts manuscrits par les Allemands ont permis d’identifier que Pierre Bonhomme avait été affecté à l’Arbeitskommando n° 407 lors de son internement au Stalag III D Berlin.


[1] Tempelhofer Ufer (codes postaux 10961 et 10963), dans l’arrondissement berlinois de Friedrichshain-Kreuzberg, s’étend de la Schöneberger Straße au Landwehrkanal.

[2] Geprüpft = validé, contrôlé. Ce tampon correspond à la censure postale.

[3] Validé [par l’administration du] Stalag III D.

[4] Libéré pour rapatriement du Stalag III D. La lettre M. est une abréviation pour Mannschaft [troupe]. Stammlager désigne un centre de détention. Le Kriegsgefangenen-Mannschafts-Stammlager est donc un camp de concentration pour les prisonniers de guerre, destiné aux hommes du rang ou aux sous-officiers. C’est ce que les Français connaissent sous son abréviation Stalag = Stammlager.


Vidéo Das Stalag III D | Kriegsgefangene in Berlin (Le Stalag III D | Prisonniers de guerre à Berlin) consultable en ligne sur Youtube pour la chaîne Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit (Centre de documentation sur le travail forcé nazi).

Il a été impossible de trouver des renseignements sur ce commando de travail, ce qui arrive souvent selon les historiens allemands. Il est simplement identifié sans aucune mention supplémentaire sur une liste militaire française[1] des « principaux Kommandos » :

  • n° 402 : Reidow[2] (98 P. G.[3]), usine aviation.
  • n° 407
  • n° 412 : Reidow[4] (555 P. G.), usine aviation.
  • n° 413 : Franfurt-sur-Oder[5] (600 P. G.), usine de munitions.
  • n° 415
  • n° 419 : Berlin (transformé) (88 P. G.), fleuriste.
  • n° 420 : (44 P. G.), usine Krupp[6].
  • n° 424 : Reidow[7] (6 P. G.), usine aviation.
  • n° 425 : Britz[8] (1767 P. G.) (transformé), une noyade fin 1943, bon abri.
  • n° 427 : composé de punis.
  • n° 431
  • n° 483 : Ludwigsfeld[9] (600 P. G.), usine aviation Daimler-Benz[10].

[1] Bibliothèque universitaire Saint-Charles (Montpellier), 940.547 2 DOC, Ministère de la Guerre, État-major de l’armée, 5e bureau, Documentation sur les camps de prisonniers de guerre : secret, Paris : Ministère de la Guerre. Etat-major de l’armée, [1945], 1 volume, 493 p., [14] cartes en couleurs, page 75.

[2] Transcription fautive. Lire Berlin-Rudow, quartier de l’arrondissement de Neukölln.

[3] Prisonniers de guerre.

[4] Voir n° 402.

[5] Lire Francfort-sur-l’Oder (Allemagne), ville du Land de Brandebourg.

[6] Fried. Krupp AG est un conglomérat industriel dans le secteur de l’acier fondé par Friedrich Krupp (1787-1826). Il est appelé couramment Krupp.

[7] Voir n° 402.

[8] Berlin-Britz, quartier dans l’arrondissement de Neukölln.

[9] Transcription fautive. Lire Ludwigsfelde, une ville du Land du Brandebourg dans l’arrondissement de Teltow-Fläming.

[10] Il s’agit des usines automobiles de Ludwigsfelde (Automobilwerke Ludwigsfelde), devenues en 1936 le siège pour la production de moteurs d’avion Daimler-Benz Motoren GmbH.


Plaque commémorative à la gloire des « anciens prisonniers de guerre du Stalag III D à leurs camarades décédés en captivité » † exposée au Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plaque commémorative à la gloire des « anciens prisonniers de guerre du Stalag III D à leurs camarades décédés en captivité » † exposée au Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

On ne peut donc qu’émettre des conjectures sur le n° 407 par rapport aux positions du commando n° 406 (Neukölln) et du n° 408 (Berlin-Lichtenrade). Ce dernier avait sous sa garde 39 prisonniers de guerre, d’après une liste allemande Commandos de travail sans les Italiens (Arbeitskommandos ohne Italiener)[1] établie par Thomas Irmer, historien, politologue, spécialiste de l’histoire du travail forcé sous le régime nazi.

D’après son hypothèse d’une « répartition géographique possible » (« mögliche geographische Gliederung »), les camps de la classe 400 se situeraient dans le sud-est (Südosten) de Berlin. Les données restent fragmentaires :

  • n° 401
  • n° 402 : 98 Kgf.
  • n° 403 : 58 Kgf.[2], Metall[3]
  • n° 404 : Briten[4] ?
  • n° 405 : Britz[5], Gaubschat-Fahrzeugwerke[6], 118-179 Kgf.
  • n° 406 : Neukölln[7]
  • n° 408 : Obsch.[8] Lichtenrade[9], 39 Kgf.
  • n° 410 : 50-72 Kgf. Floristen[10]
  • n° 411 : 21 Kgf.
  • n° 412 : Rudow[11], 555 Kgf., Luftfahrindustrie[12]
  • n° 413
  • n° 415 : Rudow, 55 Kgf., Industrie
  • n° 416 : 55 Kgf.
  • n° 418
  • n° 419 : 72 Kgf.
  • n° 421 : 52 Kgf.
  • n° 423 : Elektrolux[13], 65 Kgf.
  • n° 425 : Britz[14]
  • n° 427, 428, 429 Zernsdorf bei KW[15] (n° 428 : 144 Briten[16])
  • n° 430 Neukölln[17], Lazarett[18]

[1] Ce document de travail inédit, qui se présente sous forme d’une photocopie, a fait l’objet d’un dépouillement systématique.

[2] Selon les contextes, abréviation pour Kriegsgefangene (prisonniers de guerre) ou Kriegsgefangener (prisonnier de guerre).

[3] Métal.

[4] Britanniques.

[5] Berlin-Britz, quartier dans l’arrondissement de Neukölln.

[6] Usine de véhicules Gaubschat. La société Gaubschat Fahrzeugwerke GmbH a été fondée par Fritz Gaubschat en 1904 à Rixdorf, ville intégrée dans Berlin (Allemagne) en 1912 et renommée Berlin-Neukölln. Elle a fait faillite en 1975. Elle était impliquée au départ dans la construction de véhicules utilitaires.

[7] Quartier (Ortsteil) de Berlin-Neukölln ou arrondissement (Bezirk) de Neukölln.

[8] Abréviation pour obscheinlich (apparemment).

[9] Berlin-Lichtenrade, dans l’arrondissement de Tempelhof-Schöneberg

[10] Fleuristes.

[11] La société Flugzeugreparaturwerk Rudow GmbH s’occupait de réparation d’avions à Berlin-Rudow, quartier dans l’arrondissement de Neukölln.

[12] Industrie aéronautique.

[13] L’orthographe a été germanisée. Electrolux est une entreprise suédoise d’électroménager créée en 1910.

[14] Voir n° 405.

[15] Zernsdorf près de Königs Wusterhausen. Depuis 2003, ce village fait partie de cette ville. Il est situé dans l’arrondissement de Dahme-Spreewald (Dahme-Forêt-de-Spree) du Land (État fédéré) de Brandebourg (Allemagne).

[16] Voir n° 404.

[17] Voir n° 406.

[18] Hôpital militaire.


Pierre Bonhomme aurait d’après un récit personnel travaillé du « bois de mine ». Ce qui serait logique : avant d’être militaire comme pontonnier, il était charpentier. De fait, il aurait pu être éventuellement boiseur, chargé du soutènement et de la réparation dans des galeries. Monsieur Ronny Maylahn, du comité de direction (Führungskoordination) de la société de recherche et de documentation sur les constructions souterraines Berliner Unterwelten e.V.[1] n’a pas pu nous renseigner sur le sujet.


[1] Brunnenstraße 105, 13355 Berlin (Allemagne). Berliner Unterwelten peut se traduire selon les cas « les souterrains de Berlin », « les sous-sols de Berlin », voire « les bas-fonds de Berlin » et même dans certains contextes « les enfers de Berlin ».


L’hôpital militaire principal de Berlin-Neukölln et l’Arbeitskommando n° 430


Hopital militaire de Berlin-Neukölln. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Hopital militaire de Berlin-Neukölln. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Plusieurs hôpitaux militaires[1] peuvent soigner les prisonniers de guerre. Le plus important était établi à Berlin-Neukölln dans un établissement scolaire[2]. Il était lié à l’Arbeitskommando n° 430. Il a repris ses fonctions premières. Un centre d’épouillage se trouvait à Berlin-Lichterfelde, ce qui a permis de limiter les risques de typhus.


[1] Lazarett [latsaˈrɛt], neutre <Lazarette̸s; Lazarette>.

[2] Donaustraße 122, 12043 Berlin.


Les baraquements redécouverts du camp de Berlin-Lichterfelde


Vidéo Vergessen und vorbei? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen (C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français), consultable en ligne pour la chaîne Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit (Centre de documentation sur le travail forcé nazi).

L’ensemble des baraquements de Berlin-Lichterfelde a été retrouvé au moment où devait se dérouler dans ce lieu une opération immobilière. Il avait été ouvert dès 1938, avant donc le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale le 1ᵉʳ septembre 1939.

A l’origine, la Reichsbahn[1] y a installé un camp pour 1 400 travailleurs allemands de la région des Sudètes (Tchéquie) à l’angle d’Osdorfer straße et du Lanweg. En 1939, la Wehrmacht a loué une partie de ce site pour accueillir des prisonniers tout d’abord polonais.

A partir du mois d’août 1940, ce camp est affecté aux prisonniers français : en janvier 1941, plus de 18 000 prisonniers qui y vivaient étaient français. Les baraques construites grossièrement avec des parpaings ont remplacé parfois les premières, en bois, qui ont brûlé lors d’attaques aériennes en 1942/1943. Chacune mesurait 38 m de long sur 16 de large, et devait être occupées par 96 hommes environ. Le grand nombre de prisonniers a fait que leur occupation a été plus importante dans les faits.


[1] Société des chemins de fer allemands.


La mise au jour de ce camp tient à un projet de construction d’appartements.  L’association Initiative KZ-Außenlager Lichterfelde e.V. (un collectif citoyen)[1] et l’Office d’État des monuments historiques de Berlin (Landesdenkmalamt Berlin)[2] tentent de sauver des baraques situées dans le quartier[3] et identifiées formellement en 2017 comme ayant fait partie du camp de Berlin-Lichterfelde. Une est classée monument historique, les autres sont plus ou moins délabrées et à l’abandon, en cours de destruction, après avoir connu après la Seconde Guerre mondiale divers usages.


[1] Président du conseil d’administration : Thomas Schleissing-Niggemann. Vice-présidente : Annette Pohlke.

[2] Klosterstraße 47, 10179 Berlin (Allemagne).

[3] Landweg 3, 12007 Berlin (Allemagne).


Le gardien chargé du terrain en friche refuse d’orienter le promeneur (les bâtiments se trouvent pourtant à moins de cent mètres de sa guérite). Les passants qui s’arrêtent font mine de ne rien comprendre aux explications données dans un allemand très clair. Les habitants du quartier ignorent ce qui se passe à quelques dizaines de mètres de leur maison. Une exploration urbaine[1] « sauvage » du site permet de mesurer la désolation du lieu, squatté occasionnellement et bombé à la peinture. Une captation d’images permettra à terme d’étudier les lieux à travers le prisme de la culture visuelle.

A peu près quatre-vingts ans après la capitulation du Troisième Reich, l’historien affronte moins un négationnisme agressif qu’une parfaite indifférence et un total désintérêt.


[1] Urbex.


Les dix grands baraquements qui restent sont du même modèle que ceux du camp du quartier de Berlin-Schöneweide[1]. Ce lieu se révèle être un camp de travailleurs forcés, où étaient internés notamment des Italiens, tant militaires que civils, mais aussi des hommes et des femmes originaires d’Europe de l’Ouest et l’Est.


[1] Le lieu a été identifié comme un camp en 1994 alors qu’il se trouvait au milieu d’immeubles et qu’il servait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale à diverses activités comme la chaudronnerie.


Les prisonniers sont répartis dans différents commandos de travail. Il existe un homme de confiance qui a le droit d’aller les visiter. Les tâches confiées à ces prisonniers sont simples, mais physiquement très pénibles. Pour ce travail, le prisonnier reçoit un faible salaire, alors que les entreprises remportent de gros bénéfices grâce à cette main-d’œuvre bon marché.


L'enduit qui s'abîme avec le temps laisse entrevoir le parpaing d'origine. Camp de Berlin-Lichterfelde, prise de vue effectuée le jeudi 30 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

L’enduit qui s’abîme avec le temps laisse entrevoir le parpaing d’origine. Camp de Berlin-Lichterfelde, prise de vue effectuée le jeudi 30 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.


La dégradation du mur le fait paradoxalement revenir à un état premier : le temps destructeur peut être aussi conservateur, en rendant visible l’invisible. Camp de Berlin-Lichterfelde, prise de vue effectuée le jeudi 30 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La dégradation du mur le fait paradoxalement revenir à un état premier : le temps destructeur peut être aussi conservateur, en rendant visible l'invisible. Camp de Berlin-Lichterfelde, prise de vue effectuée le jeudi 30 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le camp de Berlin-Schöneweide et l’abri antiaérien de la baraque 13


Au camp de Berlin-Schöneweide, les conditions de vie y auraient été semble-t-il relativement meilleures que dans d’autres. Cette donnée reste cependant à relativiser en fonction des nationalités : les Russes emprisonnés ont par exemple subi des traitements pires que celui des Italiens.


Plan d'orientation du camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Plan d’orientation du camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le Centre de documentation du travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), ouvert en 2006, est situé sur ce site historique[1].


[1] Britzer Straße 5, 12439 Berlin (Allemagne).


Les baraquements de pierre ont été construits en 1943 sous la direction d’Albert Speer, premier architecte du IIIe Reich inspecteur général des travaux pour la capitale du Reich (Generalbauinspektor für die Reichshauptstadt)[1].


[1] Abrégé en GBI.


Une exposition permanente inaugurée en 2013, Quotidien du travail forcé 1938–1945, montre à quel point le nazisme s’appuyait sur la main-d’œuvre sous contrainte.

Les travailleurs invités[1], en provenance de pays amis de l’Allemagne n’y étaient pas soumis. L’historiographie allemande englobe sous le concept général de travailleurs forcés :

  • les prisonniers de guerre[2]
  • les travailleurs civils[3]
  • les travailleurs de l’Est[4]
  • les déportés, traités comme des esclaves.

D’un point de vue davantage français, les anciens combattants ne goûtent guère d’être confondus avec les membres du STO[5]. En France, ces derniers ont le droit au titre de « victimes du travail forcé en Allemagne nazie[6] ». Mais les dernières décisions de justice leur interdisent celui de « déportés du travail[7] ». La « transformation » de certains en travailleurs « libres » étant en lien avec la Relève, dispositif mis en place en 1942 par le régime de Vichy, il s’agit là encore d’une question sensible.


[1] Gastarbeitnehmer.

[2] Militärinternierte (internés militaires).

[3] Zivilarbeiter.

[4] Ostarbeiter.

[5] Service du travail obligatoire.

[6] Par décret du 16 octobre 2008.

[7] Refus le 28 mars 2011 par la Cour de cassation.


Edition monolingue en français du catalogue offert lors de la rencontre à Berlin (Allemagne) du mardi 28 mars 2023 au Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors) par Roland Borchers, commissaire de l’exposition Vergessen und vorbei ? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = Past and forgotten ? The Lichterfelde Camp and the French Prisoners of War = C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français. (collection personnelle de l’auteure).

Edition monolingue en français du catalogue offert lors de la rencontre à Berlin (Allemagne) du mardi 28 mars 2023 au Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors) par Roland Borchers, commissaire de l'exposition Vergessen und vorbei ? Das Lager Lichterfelde und die französischen Kriegsgefangenen = Past and forgotten ? The Lichterfelde Camp and the French Prisoners of War = C’est le passé, on oublie ? Le camp de Lichterfelde et les prisonniers de guerre français. (collection personnelle de l’auteure).


[1] Zwangsarbeiter.


Depuis leurs balcons, les habitants pouvaient voir tout ce qui se passait dans le camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Depuis leurs balcons, les habitants pouvaient voir tout ce qui se passait dans le camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

La baraque 13, qui a accueilli des prisonniers de guerre italiens, est la mieux conservée[1].


[1] Köllnische Straße 17, 12439 Berlin (Allemagne).


Vue extérieure de la baraque 13 du camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Vue extérieure de la baraque 13 du camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.


Mur en parpaing avec lequel la baraque 13 du camp de Berlin-Schöneweide a été construite. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Mur en parpaing avec lequel la baraque 13 du camp de Berlin-Schöneweide a été construite. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le baraquement se compose d’un couloir central et de douze dortoirs de part et d’autre (destinés chacun à seize prisonniers), d’une seule pièce d’eau avec une fontaine, des latrines[1] et des urinoirs publics.

Chaque prisonnier a un châlit avec un sac de paille, une couverture, une gamelle, un gobelet et des couverts. La distribution de la nourriture varie selon les nationalités. Toujours manquante et de mauvaise qualité, elle l’est encore plus pour les prisonniers russes, qui sont davantage affamés, épuisés, et soumis aux mauvais traitements.


[1] A peine plus confortables que les feuillées de la vie militaire.


Entrée de l'abri antiaérien de la baraque 13 du camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Entrée de l’abri antiaérien de la baraque 13 du camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Pièces de l'abri antiaérien de la baraque 13 du camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.
Pièces de l’abri antiaérien de la baraque 13 du camp de Berlin-Schöneweide. Centre de documentation sur le travail forcé nazi de la fondation Topographie de la terreur (Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit der Stiftung Topographie des Terrors), prise de vue effectuée le mardi 28 mars 2023 à Berlin (Allemagne). Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Le plus souvent, une cave se trouve sous le baraquement. Elle est aménagée en abri antiaérien avec de petites cellules. Les prisonniers s’y réfugient lors des nombreux bombardements.


Porte blindée en métal hermétique avec valve de l'abri antiaérien de la baraque 13. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Porte blindée en métal hermétique avec valve de l’abri antiaérien de la baraque 13. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.


Sortie de l'abri antiaérien de la baraque 13. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.

Sortie de l’abri antiaérien de la baraque 13. Crédits photographiques : © 2020 laromagne.info par Marie-Noëlle ESTIEZ BONHOMME.


En conclusion de cette mission historique et mémorielle à Berlin


Cette mission historique et mémorielle à Berlin met en lumière l’évolution des lieux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Certains bâtiments ont connu une reconversion, d’autre une conservation comme patrimoine industriel[1], les derniers enfin une destruction. Des historiens allemands s’évertuent à témoigner du sort de millions d’hommes asservis sous le nazisme, tandis qu’une nouvelle génération semble se faire à l’idée d’une lente et inexorable disparition, que le déni parfois précipite…


[1] Le camp de Berlin-Schöneweide est répertorié dans le parcours d’ERIHEuropean Route of Industrial Heritage e.V. (Route européenne du patrimoine industriel).

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Le monument aux morts de La Romagne


Après la première guerre mondiale, la municipalité de La Romagne élève un monument aux morts contre le mur de l’école limitant la cour de récréation et la place du village. Une simple liste gravée sur pierre repose sur un obélisque. Elle est ornée de la croix de guerre et de palmes, dont l’une avec ses feuilles très serrées symbolise la victoire et le sacrifice.

Le monument aux morts de la Romagne se trouvait autrefois sur le mur de la mairie-école.
Le monument aux morts de la Romagne se trouvait autrefois sur le mur de la mairie-école.

En 1929, à la suite de la demande d’un des conseillers, une délibération du Conseil municipal prévoit de placer un coq (emblème de la nation et du patriotisme) à son sommet. Cette réalisation n’a semble-t-il pas vu le jour. Ce monument aux morts est donc d’une très grande simplicité. Contrairement à celui d’autres villages, où les éléments commémoratifs sont déposés dans l’église, lui a été dissocié de la sphère religieuse pour se trouver au centre de l’espace villageois.

Aux enfants de la Romagne morts pour la patrie (1914-1918 et 1939-1945) !
Aux enfants de la Romagne morts pour la patrie (1914-1918 et 1939-1945) !

En 1957, à la suite de la construction de la nouvelle mairie-école, la plaque a été déplacée et apposée sur le mur de ce bâtiment qui fait face à la rue principale. Les passants peuvent y découvrir les enfants de La Romagne tombés pour la patrie lors des guerres de 1914-1918 et de 1939-1945.


Les fiches ci-dessous sont, en ce jour de commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918, toutes issues de la base des morts pour la France de la première guerre mondiale présente sur le site Mémoire des hommes.

Les illustrations des fiches sont toutes issues de la base des morts pour la France de la première Guerre mondiale et du site Mémoire des hommes.

Carbonneaux, Adolphe Alfred Edmond, classe 1898, né le 17 avril 1878 à La Romagne, mort pour la France le 26 septembre 1915 dans les tranchées du bois 402, soldat du 150e régiment d’infanterie. Dès le début septembre 1915, cette unité militaire se trouve dans  le secteur de Saint-Hilaire-le-Grand. Le 26 de ce même mois, l’ennemi est repoussé sur les crêtes qui dominent la vallée de la Py.

Portrait d'Adolphe Carbonneaux
Adolphe Alfred Edmond Carbonneaux (1878-1915), photographie ancienne (collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Marie-Helène Beltrami Albertini).

Début octobre, le régiment attaque à L’Épine. La bataille est rude, nombre d’hommes sont tués mais le régiment se maintient sur le terrain conquis tout en étant au contact des défenses ennemies. Il est inhumé par le 94e régiment d’infanterie territoriale à Mourmelon-le-Grand.

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Les illustrations des fiches sont toutes issues de la base des morts pour la France de la première Guerre mondiale et du site Mémoire des hommes.

Créquy, Marcel Jean, classe 1908, né le 28 juin 1888 à Sévigny-Waleppe, mort pour la France le 6 juillet 1916 à Revigny, caporal au 41e régiment d’infanterie. Son régiment se trouve à Verdun le 24 juin 1916. Le lendemain, il est dans le secteur de Fleury, entre Souville et Froideterre.

Le surlendemain, malgré un violent bombardement, le régiment se met en position de récupérer le village de Fleury. La reprise est un échec malgré des assauts multiples jusqu’au 5 juillet 1916 qui occasionnent de multiples pertes. Marcel Jean Créquy succombe à ses blessures de guerre le lendemain. Ce même 6 juillet, le régiment est relevé afin de se retirer jusqu’au 20 juillet à Pargny-sur-Saulx.


Les illustrations des fiches sont toutes issues de la base des morts pour la France de la première Guerre mondiale et du site Mémoire des hommes.

Davenne, Léon, classe 1916, né le 9 mai 1896 à Condé-lès-Herpy, mort pour la France le 9 juillet 1915 à Aix-Noulette, soldat de 2e classe, puis cavalier de 2e classe de l’escadron du 2e hussard, il est tué à l’ennemi. Ce régiment se retrouvera à Beauval, Givenchy-le-Noble, etc. C’est à cette époque que les Allemands font usage pour la première fois  de  gaz asphyxiants.

Le 20 juin 1915, c’est le départ pour aller sur la Somme à Villers-Mareuil. Dès le début juillet, le 2e hussard se retrouve dans un secteur beaucoup plus dur à Neuville-Saint-Vaast et à Aix-Noulette (lieu-dit de la « fosse 10 »). Les tranchées sont bouleversées. Les soldats n’ont aucun abri contre la pluie.

Les pertes de l’escadron s’élèvent rapidement : pour les périodes du 8 au 11 juillet 1915 et du 13 au 21, le Journal des marches et opérations (JMO) du 2e régiment de hussards [1] mentionne 44 blessés et 13 morts, dont Léon Davenne. Le soldat tué à l’ennemi a été cité à l’ordre de la 4e division de cavalerie.


[1] Service historique de la Défense, 26N 894/10 [série N (1871-1940), sous-série 26N = JMO (Journal des marches et opérations des corps de troupes), cotes 26N 571 à 1370 = JMO des régiments et des bataillons, JMO du 2e régiment de hussards [cavalerie], 1er avril 1915-31 décembre 1916, consultable en ligne sur le site Mémoire des hommes].


Les illustrations des fiches sont toutes issues de la base des morts pour la France de la première Guerre mondiale et du site Mémoire des hommes.

Douce, Jean-Baptiste Emile, classe 1910, né le 21 novembre 1890 à La Romagne, mort pour la France le 1er juin 1917, au mont Cornillet, soldat de 2e classe au 166e régiment d’infanterie, 6e compagnie. Cette unité militaire relève à la fin du mois de mai 1917 le 9e régiment territorial dans le secteur du mont Blond (massif de Moronvilliers).

L’ennemi a d’excellentes troupes et une forte artillerie. Les positions françaises sont soumises début juin à de violents bombardements et tirs ininterrompus. Mais le secteur est conquis. C’est au cours d’un de ces combats que Jean-Baptiste Emile sera tué dans une  tranchée.


Les illustrations des fiches sont toutes issues de la base des morts pour la France de la première Guerre mondiale et du site Mémoire des hommes.

Dubois, Victor Gabriel, classe 1916, né le 19 avril 1896 à Bazeilles, mort pour la France le 31 mai 1918 à Blanzy-lès-Fismes, soldat au 14e régiment d’infanterie, porté disparu, réputé mort à cette date à la suite par un jugement du tribunal de Sedan rendu le 6 décembre 1921.


Fortin, Henri Louis Adalbert, classe 1909, né le 16 juillet 1889 à Sermaize-les-Bains, marié avec Marie Rose Varlet le 2 mai 1914 à La Romagne, mort pour la France le 13 janvier 1917 à Fère-en-Tardenois dans l’ambulance 3/69, sous-lieutenant au 161e régiment d’infanterie. Louis Henri Fortin est décédé à la suite d’une maladie contractée au front, d’après l’acte transcrit le 14 février 1919.


Les illustrations des fiches sont toutes issues de la base des morts pour la France de la première Guerre mondiale et du site Mémoire des hommes.

Quentin, Stéphane Gaston, classe 1910, né le 6 février 1890 à Sery, marié le 23 février 1914 avec Marie Elisa Mauroy, mort pour la France le 17 juillet 1916 au lieu-dit « la  Maisonnette » devant Biaches, caporal au 164e régiment d’infanterie. Dès le 6 juillet 1916, cette unité militaire est cantonnée à La Neuville-lès-Bray et doit se porter sur Herbécourt, où elle s’établit dans des tranchées.

A partir du 9 juillet, elle tente d’enlever des tranchées allemandes. C’est là que Stéphane Quentin trouve la mort à la mi-juillet.  Cité à l’ordre de son régiment le 27 juillet 1916 n° 252, il est décrit comme un soldat très dévoué a été tué à son poste de combat après avoir fait preuve du plus grand courage. Il est décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze.

 Il a été inhumé « au coin est de la Maisonnette ». Ce lieu était une propriété située au sud-est de Biaches et dominant Péronne.


Les illustrations des fiches sont toutes issues de la base des morts pour la France de la première Guerre mondiale et du site Mémoire des hommes.
Une recherche sur la base des morts pour la France de la première guerre mondiale permet d’accéder aux fiches des soldats tombés au champ d’honneur en 1914-1918.
Croix de Maurice Trochain, caporal 230e RI, mort pour la France le 16 octobre 1918.

Trochain, Maurice Albert, classe 1898, né le 29 avril 1878 à Grandrieux, marié en 1902 à La Romagne avec Berthe Emma Mauroy, mort pour la France le 16 octobre 1918 à proximité du lieu-dit « bois de la Sarthe » à Olizy-Primat, caporal au 230e régiment d’infanterie. Son décès est transcrit à Revin le 22 février 1921. Il est inhumé à la nécropole nationale de Chestres dans la tombe n° 515, où il repose au milieu de 2484 soldats Français.

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Guerre mondiale (1914-1918) Militaires Monuments commémoratifs Monuments commémoratifs militaires Patrimoine culturel

Le carré militaire allemand du cimetière communal de La Romagne


Un plan tiré au bleu, coté H3 (série « clergé régulier ») des Archives départementales des Ardennes, montre les tombes de 28 soldats allemands inhumés dans le cimetière communal de La Romagne (celle qui est non numérotée et marquée d’un point blanc correspond à un soldat français).

Drapeau de guerre (Kriegsflagge) de l'Empire allemand.
Kriegsflagge (drapeau de guerre) du Deutsches Kaiserreich (Empire allemand).

Leurs décès sont intervenus entre le 17 octobre et le 3 novembre 1918, avec des « pointes » les 25 et 30 octobre. Ce qui montre la violence des combats lors du dernier repli ennemi.

Carré militaire allemand du cimetière communal de La Romagne [aujourd'hui disparu].

Les tombes ont été enlevées en 1923, et 27 dépouilles alors transférées de La Romagne au cimetière militaire allemand d’Asfeld (l’une d’entre elles aurait été rendue directement à la famille). En 2020, elles sont toujours sous la responsabilité du VDK (Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e. V.), connu en France sous l’acronyme SESMA (Service pour l’entretien des sépultures militaires allemandes).


Cette association à visée humanitaire, reconnue d’utilité publique, a envoyé depuis l’Allemagne à l’auteure du blog laromagne.info une liste complète des soldats allemands concernés, assortie des mentions suivantes :

  • Verlustame (nom de la victime de guerre) ;
  • Verlustvorname (prénom de la victime de guerre) ;
  • Todestag (date de la mort) ;
  • Block (bloc = division du cimetière militaire d’Asfeld) ;
  • Grab (tombe du cimetière militaire d’Asfeld avec son numéro de registre) ;
  • Erstbestattungs-Ort (premier lieu d’inhumation avant transfert) ;
  • Truppenteil (unité militaire).
Cimetière militaire allemand d'Asfeld (Ardennes).
Cimetière militaire allemand d’Asfeld (Ardennes).

Frédéric-Guillaume Ier de Prusse.
Frédéric-Guillaume Ier de Prusse, ici peint par Samuel Theodor Gericke (1665-1730), a donné son nom à un régiment de grenadiers.

Le vendredi 25 octobre 1918, temps perturbé dans les Ardennes pour le régiment de grenadiers « Frédéric-Guillaume Ier de Prusse », deuxième de Prusse-Orientale et troisième de l’Empire allemand !

Armoiries du Reich allemand entre 1889 et 1918.
Armoiries de l’Empire allemand entre 1889 et 1918.
  • Bahr, Eduard, † le 25 octobre 1918, soldat du 4. Gren. R 3 [Grenadier-Regiment n° 3 = régiment de grenadiers n° 3], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 356 bloc 6).
  • Hoffmann, Gustav, † le 25 octobre 1918, soldat du 1. Gren. R 3 [Grenadier-Regiment n° 3 = régiment de grenadiers n° 3], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 355 bloc 6).
  • Kneifel, Paul, † le 25 octobre 1918, soldat du 4. Gren. R 3 [Grenadier-Regiment n° 3 = régiment de grenadiers n° 3], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 360 bloc 6).
Armoiries du Reich allemand entre 1889 et 1918.
Armoiries de l’Empire allemand entre 1889 et 1918.
  • Wegner, Fritz, † le 25 octobre 1918, soldat du 4. Gren. R 3 [Grenadier-Regiment n° 3 = régiment de grenadiers n° 3], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 331 bloc 5).
  • Wolff, Hermann, † le 25 octobre 1918, soldat du 2. Gren. R 3 [Grenadier-Regiment n° 3 = régiment de grenadiers n° 3], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 335 bloc 5).
  • Zipprick, Gustav, † le 25 octobre 1918, soldat du 2. Gren. R 3 [Grenadier-Regiment n° 3 = régiment de grenadiers n° 3], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 333 bloc 5).

Mourir au combat entre la Toussaint et le Jour des Morts est très singulier. C’est pourtant ce qui est arrivé à cinq soldats allemands du régiment d’infanterie « Brême ».

Drapeau de Brême (Allemagne).
Brême est à la fois une ville hanséatique et un Etat fédéré d’Allemagne.

Cette unité, la première de la ligue hanséatique et la 75e de l’Empire allemand, voit tomber ses fantassins « brémois » :

  • Brandt, Friedrich, † le 1e novembre 1918, soldat du 3. IR 75 [Infanterie-Regiment n° 75 = régiment d’infanterie n° 75], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 350 bloc 6) ;
  • Mett, Friedrich, † le 31 octobre 1918, soldat du 7. IR 75 [Infanterie-Regiment n° 75 = régiment d’infanterie n° 75], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 335 bloc 6) ;
  • Scharein, Hermann, † le 31 octobre 1918, soldat du 7. IR 75 [Infanterie-Regiment n° 75 = régiment d’infanterie n° 75], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 357 bloc 6) ;
  • Stehmeyer, Hinrich, † le 30 octobre 1918, soldat du 1. IR 75 [Infanterie-Regiment n° 75 = régiment d’infanterie n° 75], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 349 bloc 6) ;
  • Wetter, August, † le 30 octobre 1918, soldat du 4. IR 75 [Infanterie-Regiment n° 75 = régiment d’infanterie n° 75], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 348 bloc 6).
Blason communal de Bremerhaven (Allemagne), dont le nom signifie « port de Brême ».
Blason communal de Bremerhaven (Allemagne), qui signifie « port de Brême » et qui en reprend les gueules à la clef d’argent.
Blason municipal de Brême.

Versöhnung über den Gräbern - Arbeit für den Frieden (réconciliation par-delà les tombes - travail pour la paix) est la devise du VDK (SESMA).
Le SESMA, représentation en France du VDK, assure l’entretien des tombes des soldats allemands inhumés dans notre pays en application de la convention franco-allemande du 19 juillet 1996 relative aux sépultures de guerre allemandes en territoire français.

Versöhnung über den Gräbern – Arbeit für den Frieden (réconciliation par-delà les tombes – travail pour la paix) est la devise du VDK (SESMA). Ce mercredi 11 novembre 2020, le blog laromagne.info la fait sienne, en présentant les soldats allemands ensevelis en terre romanaise :

  • Bahn, Heinrich, † le 3 novembre 1918, soldat du 6. RIR 237 [Reserve-Infanterie-Regiment n° 237 = régiment d’infanterie de réserve n° 237], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 342 bloc 6) ;
  • Bodenstein, Otto, † le 29 octobre 1918, soldat du 3. Fuß-AB 144 [Fußartillerie-Bataillon n° 144 = Bataillon d’artillerie à pied n° 144], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 346 bloc 6) ;
  • Habermann, Emil, † le 3 novembre 1918, soldat de la 5. F. Kp. PB 9 [Feld-Kompanie Pionier-Bataillon n° 9 = compagnie de campagne du bataillon du génie n° 9], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 334 bloc 6) ;
  • Hils, Josef, † le 2 novembre 1918, soldat du 11. Gren. R 89 [Grenadier-Regiment n° 89 = régiment de grenadiers n° 89], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 340 bloc 6) ;
Croix noires du cimetière militaire allemand d'Asfeld (Ardennes).
Croix noires du cimetière militaire allemand d’Asfeld (Ardennes).
  • Hoffmann, Walter, † le 28 octobre 1918, soldat du 11. IR 43 [Infanterie-Regiment n° 43 = régiment d’infanterie n° 43], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 345 bloc 6) ;
  • Joppe, Willi, † le 3 novembre 1918, soldat du 5. PB 9 [Pionier-Bataillon n° 9 = bataillon du génie n° 9], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 341 bloc 6) ;
  • Kieckel, Jakob, † le 3 novembre 1918, soldat du 2. MG Esk. DR 8 [Maschinengewehr Eskadron – Dragoner Regiment n° 8 = escadron de mitrailleuses du régiment de dragons n° 8], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 351 bloc 6) ;
  • Kraus, Heinrich, date de mort inconnue, soldat du 1. MGKW [Maschinengewehr Kanone Werfer = groupe de canonniers-mitrailleurs], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 334 bloc 5) ;

  • Lang, Wilhelm, † le 3 novembre 1918, soldat du 6. Bayer. RIR 23 [Bayerische Reserve-Infanterie-Regiment n° 23 = régiment d’infanterie bavaroise de réserve n° 23], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 339 bloc 6) ;
La Bavière ou État libre de Bavière est un des seize Länder allemands.
La Bavière ou État libre de Bavière est un des seize Länder allemands.

  • Maier, Oskar, † le 29 octobre 1918, unité militaire non précisée, inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 333 bloc 6) ;
  • Rehfeld, Gustav, † le 30 octobre 1918, soldat de la Flak Battr. 719 [Flak Batterie 719 = batterie antiaérienne 719], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 353, bloc 6) ;
  • Schmidhuysen Gerhard, † le 17 octobre 1918, soldat du 5. FAR 100 [Feldartillerie-Regiment n° 100 = régiment d’artillerie de campagne n° 100], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 343 bloc 6) ;
Le blason communal de La Romagne est d'argent à la feuille de marronnier de sinople, au chef d'azur chargé d’une croisette d'argent accostée de deux roses du même.
Le blason communal de La Romagne est d’argent à la feuille de marronnier de sinople, au chef d’azur chargé d’une croisette d’argent accostée de deux roses du même.
  • Schmidt, Friedrich, † le 19 octobre 1918, soldat du 10. IR 53 [Infanterie-Regiment n° 53 = régiment d’infanterie n° 53], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 344 bloc 6) ;
  • Sprekelsen, Claus † le 27 octobre 1918, soldat du 7. FR 90 [Füsilier-Regiment n° 90 = régiment de fusiliers n° 90], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 354 bloc 6) ;
  • Traber, Josef, † le 30 octobre 1918, soldat du 3. RFAR 50 : [Reserve Feldartillerie Regiment n° 50 = régiment d’artillerie de campagne de réserve n° 50], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 352 bloc 6) ;
  • Voss, Georg, † le 30 octobre 1918, soldat du 1. FR 90 [Füsilier-Regiment n° 90 = régiment de fusiliers n° 90], inhumé au cimetière communal de La Romagne, puis transféré au cimetière militaire allemand d’Asfeld (sépulture n° 332 bloc 6).
Le blason communal d'Asfeld est écartelé au premier et au quatrième de gueules à la bande cousue d'azur chargée de trois couronnes d'or et accompagnée de deux palmes du même, au deuxième et au troisième d'azur au lion naissant d'argent couronné du même, celui du troisième contourné ; sur le tout d'or aux quatre pals de gueules, le petit écu timbré d'une couronne ducale d'or au cimier d'un griffon issant du même.
Le blason communal d’Asfeld est écartelé au premier et au quatrième de gueules à la bande cousue d’azur chargée de trois couronnes d’or et accompagnée de deux palmes du même, au deuxième et au troisième d’azur au lion naissant d’argent couronné du même, celui du troisième contourné ; sur le tout d’or aux quatre pals de gueules, le petit écu timbré d’une couronne ducale d’or au cimier d’un griffon issant du même.