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Guerre mondiale (1914-1918) Militaires

Les natifs de La Romagne mobilisés en 1914-1918 (M-Z)


Affiche de la Compagnie des chemins de fer de l'Est pour les Ardennes françaises.
Affiche de la Compagnie des chemins de fer de l’Est pour les Ardennes françaises.

Macquin, Brice Adolphe, menuisier puis épicier, classe de mobilisation 1900, n° matricule du recrutement 1013[1], né le 8 mai 1884 à La Romagne, fils de François Aristide Macquin et de Marie Sidonie Brodier.

Brice Adolphe Macquin a été maintenu à son emploi de temps de paix au titre des sections de chemins de fer de l’Est. Il a fait une campagne contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 20 mars 1919. Il n’a pas sollicité la carte de combattant.


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 185 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Le 16e régiment de dragons a occupé la caserne Jeanne-d'Arc à Reims jusqu'en 1914.
Le 16e régiment de dragons a occupé la caserne Jeanne-d’Arc à Reims jusqu’en 1914.

Macquin, Joseph Emile, cultivateur, classe de mobilisation 1906, n° matricule du recrutement 157[1], né le 27 mars 1890 à La Romagne, fils de François Aristide Macquin et Marie Sidonie Brodier.

Joseph Emile Macquin est au 16e régiment de dragons puis au 9e de dragons, avant de rejoindre le 1er groupe de remonte. Il est touché à la joue gauche et au thorax par éclats d’obus le 9 janvier 1918 : « Grenadier d’élite, blessé à son poste qu’il a occupé avec beaucoup de décision et courage sous un bombardement très violent (certificat n°21/4 par ordre du régiment n°27 au 1er février 1918) ». Il a fait une campagne contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 29 mai 1919.


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 234 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Portrait en uniforme de Paul Eugène Macquin, parti le 12 novembre 1895 au 161e régiment d'artillerie (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur Raphaël Lacaille).
Portrait de Paul Eugène Macquin, parti le 12 novembre 1895 au 161e régiment d’artillerie (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Raphaël Lacaille).

Macquin, Paul Eugène, vannier, classe de mobilisation 1891, n° matricule du recrutement 1882[1], né le 1er mars 1874 à La Romagne, fils d’Antoine Jude Macquin et de Marie Elvire Devie.

Paul Eugène Macquin est mobilisé au 46e régiment territorial d’infanterie. Il effectue une campagne contre l’Allemagne du 1er août 1914 au 22 novembre 1914. Il est libéré des obligations militaires comme père de six enfants. Il sera rappelé le 5 mars 1915 au 46e régiment d’infanterie territoriale mais sera renvoyé dans ses foyers à la même date.

Le monument aux Morts des 132e, 332e et 46e d’infanterie a été transféré en 1933 place-Léon Bourgeois.
Le monument aux Morts des 132e, 332e et 46e d’infanterie a été transféré en 1933 place Léon-Bourgeois à Reims.

[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1201 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Pendant la première guerre mondiale, le cheval ardennais est très sollicité pour tirer les chariots d'artillerie (photographie d'illustration).
Pendant la première guerre mondiale, le cheval ardennais est très sollicité pour tirer les chariots d’artillerie (photographie d’illustration).

Marandel, Célestin Alfred, maréchal-ferrant, classe de mobilisation 1890, n° matricule du recrutement 403[1], né le 28 octobre 1870, fils de Jean Louis Marandel et de Marie Ernestine Millet.

Célestin Alfred Marandel est convoqué dès la mobilisation à la commission de réquisition des chevaux et voitures du camp de Châlons, puis libéré le 12 août 1914. Il reste ensuite en pays envahi pendant toute l’occupation allemande.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1159 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Grade de caporal ou brigadier.
Grade de caporal ou brigadier.

Marandel, Ernest Florentin, classe de mobilisation 1894, boulanger (« sait cuire »), n° matricule du recrutement n° 1896[1], né le 4 janvier 1874 à La Romagne, fils de Jean Louis Marandel et de Marie Ernestine Millet.

Ernest Florentin Marandel, caporal depuis le 1e décembre 1897, est mobilisé à la 6e section de COA[2], passe ensuite à la 1ère section de COA le 1er février 1916, puis à la 17ème section de COA le 16 mars 1917. Il effectue une campagne contre l’Allemagne du 3 août 1914 au 10 janvier 1919.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1201 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.

[2] Commis et ouvriers militaires d’administration.


Affiche de la Compagnie des chemins de fer de l'Est pour la destination de Charleville.
Affiche de la Compagnie des chemins de fer de l’Est pour la destination de Charleville.

Mauroy, Frédéric Henri, manœuvrier, classe de mobilisation non indiquée, n° matricule du recrutement 239[1], né le 31 octobre 1887 à La Romagne, fils de Louis Alfred Mauroy et de Marie Léonie Devie.

Frédéric Henri Mauroy est maintenu dans son emploi de temps de paix au titre des sections des chemins de fer de campagne du 2 août 1914 au 23 octobre 1919.


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 207 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


L'Agence internationale des prisonniers de guerre est un service du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) fondé en 1914.
L’Agence internationale des prisonniers de guerre est un service du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) fondé en 1914.

Mauroy, Henri Alphonse, menuisier en voitures puis charron carrossier, industriel, permis de conduire 8178 (toutes voitures) classe de mobilisation 1900, n° matricule du recrutement 1001[1], né le 28 juin 1884 à La Romagne, fils de Napoléon Mauroy et d’Irma Varlet. 

Henri Alphonse Mauroy est mobilisé au 5e régiment d’artillerie à pied. Il est fait prisonnier à Givet[2] le 26 août 1914 et passe sa captivité à Konigsbrück. Il est rapatrié le 28 décembre 1918 puis rejoint le 5e régiment d’artillerie en janvier 1919. Il a fait une campagne contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 18 mars 1919.


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 185 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne. Voir aussi les archives départementales des Ardennes, 3R2 160 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 3R = anciens combattants et victimes de guerre].

[2] Le dossier d’ancien combattant dit « à Longwy ».


Un entonnoir (ici sur la crête des Éparges) est une cavité artificielle creusée par des mines ou des obus.
Un entonnoir (ici sur la crête des Éparges) est une cavité artificielle creusée par des mines ou des obus.

Mauroy, Louis Emile, couvreur puis plombier, conducteur d’automobiles, classe de mobilisation non indiquée, n° matricule du recrutement 356[1], né le 9 mai 1881 à La Romagne, fils de Napoléon Mauroy et d’Irma Varlet.

Louis Emile Mauroy est mobilisé au 132e Régiment d’infanterie. Caporal le 24 mars 1915, il est détaché à la maison Barthe à Toulouse le 10 mars 1916. Il passe au 23e régiment d’artillerie le 1er juillet 1917. Il est détaché une seconde fois le 25 février 1918 dans une fabrique de Pont-de-Claix (Isère). Il passe le 28 février au 147e régiment d’infanterie. Il, est blessé aux Éparges le 5 avril 1915 par balle au coude gauche. Son congé de démobilisation date du 2 mars 1919.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1272 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6347738, Historique du 37e régiment territorial d'infanterie pendant la guerre 1914-1918, Nancy ; Paris ; Strasbourg : Berger-Levrault, [19..], 18 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2012-179772, consultable en ligne sur Gallica.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6347738, Historique du 37e régiment territorial d’infanterie pendant la guerre 1914-1918, Nancy ; Paris ; Strasbourg : Berger-Levrault, [19..], 18 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2012-179772, consultable en ligne sur Gallica.

Mauroy, Louis Paul, garçon charcutier, classe de mobilisation 1896, n° matricule du recrutement 392[1], décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze, né le 13 juillet 1876 à La Romagne, fils de Pierre Evangéliste Mauroy et de Marie Léa Bolle.

Commémoration philatélique du centenaire de la croix de guerre.
Commémoration philatélique du centenaire de la croix de guerre 1914-1918.

Louis Paul Mauroy est mobilisé au 37e territorial d’infanterie. Ensuite, il passe au 204e régiment d’infanterie le 28 janvier 1915, puis au 27e régiment d’infanterie territoriale le 17 juin 1917. Il a été blessé le 14 juin 1915 à Notre-Dame-de-Lorette (plaies par éclats d’obus). Il a été cité à l’ordre du régiment n° 131 en date du 21 octobre 1917. Son congé de démobilisation date du 27 janvier 1919.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1220 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6347911, Historique du 6e escadron du train des équipages militaires. Campagne 1914-1918, Châlons-sur-Marne : Impr. A. Robat, 1922, 24 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2012-181186, consultable en ligne sur Gallica.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6347911, Historique du 6e escadron du train des équipages militaires. Campagne 1914-1918, Châlons-sur-Marne : Impr. A. Robat, 1922, 24 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2012-181186, consultable en ligne sur Gallica.

Mauroy Paulin Pierre, charpentier, classe de mobilisation 1898, n° matricule du recrutement 2190[1], né le 19 avril 1878 à la Romagne, fils de Pierre Evangéliste Mauroy et de Marie Léa Bolle.

La garde mobile de la Marne est l'ancêtre de l'infanterie territoriale développée pendant la première guerre mondiale.
La garde nationale mobile est l’ancêtre de l’infanterie territoriale développée pendant la première guerre mondiale.

Paulin Pierre Mauroy rejoint tout d’abord le 6e escadron du train, puis est détaché auprès de la maison A. Masson : matériel de guerre du génie, rue Preuilly à Auxerre. II passe au 46e régiment d’infanterie le 1er juillet 1917. Il est en congé de démobilisation le 27 février 1919. Il a effectué une campagne contre l’Allemagne du 4 août 1914 au 1er décembre 1915.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1 R 1246 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6216971, 9e Régiment du génie : historique de la compagnie 6/1 pendant la guerre 1914-1918, Nancy ; Paris ; Strasbourg : Imprimerie Berger-Levrault, [19..], 16 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2011-320394, consultable en ligne sur Gallica.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6216971, 9e Régiment du génie : historique de la compagnie 6/1 pendant la guerre 1914-1918, Nancy ; Paris ; Strasbourg : Imprimerie Berger-Levrault, [19..], 16 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2011-320394, consultable en ligne sur Gallica.

Millet, Irénée Alfred, ouvrier agricole, classe de mobilisation 1890, n° matricule du recrutement 400[1], né le 21 avril 1870, fils de François Xavier Millet et d’Elisabeth Esther Deville.

Irénée Alfred Millet a été mobilisé, alors que son pays était envahi. Il rejoint le 9e régiment de génie le 7 septembre 1914. Il est renvoyé dans ses foyers en décembre 1914, mais est rappelé toujours au 9e régiment du génie à partir d’avril 1915. Il passe ensuite au 1er puis au 5e avant d’être affecté au 37e régiment d’infanterie en novembre 1917, pour être ensuite détaché agricole compagnie B à la préfecture de Troyes (Aube). Il est renvoyé dans ses foyers le 1er décembre 1918. Il a effectué des campagnes contre l’Allemagne du 3 août 1914 au 12 décembre 1914 puis du 1er Avril au 26 août 1917.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1159 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6253889, 6e Groupe d'artillerie à pied d'Afrique : historique du corps pendant la campagne contre l'Allemagne 1914-1919, Alger : impr de Imbert, [19..], 76 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2011-320980, consultable en ligne sur Gallica.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6253889, 6e Groupe d’artillerie à pied d’Afrique : historique du corps pendant la campagne contre l’Allemagne 1914-1919, Alger : impr de Imbert, [19..], 76 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2011-320980, consultable en ligne sur Gallica.

Millet, Edmond Abel, ouvrier agricole, classe de mobilisation 1895, n° matricule du recrutement 736[1], né le 27 février 1877 à La Romagne, fils de François Xavier Millet et d’Elisabeth Esther Deville.

Edmond Abel Millet a d’abord été mobilisé au 5e régiment d’artillerie à pied. Il passe ensuite au 6e groupe d’artillerie à pied d’Afrique puis au 10e régiment d’artillerie à pied. Son congé de démobilisation commence le 31 janvier 1919.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1232 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Le lundi 21 février 1916 à 7 h 15, un déluge de feu s'abat sur Verdun.
Le lundi 21 février 1916 à 7 h 15, un déluge de feu s’abat sur Verdun.

Noël, Jean-Baptiste Hubert, ouvrier agricole puis mécanicien sur locomotive, classe de mobilisation non indiquée, n° matricule du recrutement 127[1], décoré de la croix de guerre, carte du combattant n° 11388 délivrée le 28 mars 1935, né le 7 juin 1885 à La Romagne, fils de Pierre Emile Noël et de Clémence Mauroy.

Le fort de Vaux est aujourd'hui un lieu mémoriel (jeton frappé par la Monnaie de Paris).
Le fort de Vaux est aujourd’hui un lieu mémoriel (jeton frappé par la Monnaie de Paris).

Jean Baptiste Hubert Noël est mobilisé au 19e régiment de chasseurs (le 3 août 1914). Ensuite, il passe au 10e régiment de chasseurs (le 17 février 1915), au 4e régiment des chasseurs d’Afrique (le 31 juillet 1915), au 97e régiment d’infanterie (le 7 septembre 1915), au 152e régiment d’infanterie (le 9 novembre 1916), et enfin au 68e régiment d’artillerie (le 18 septembre 1917). Il est cité à l’ordre du 152e régiment d’infanterie n° 100 en date du 14 juin 1917 : « Fusilier mitrailleur d’un courage et d’un sang-froid au-dessus de tout éloge. S’est distingué d’une façon toute particulière le 28 mai 1917 pendant l’attaque et au moment de la contre-attaque ». Il a été blessé par éclats d’obus à Vaux (Meuse).


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 193 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.

Barrette Dixmude de la croix de guerre 1914-1918.
Barrette Dixmude de la croix de guerre 1914-1918.

Carte illustrée allemande de 1914-1918 par Wilhelm-Rögge (1870-1946).
Carte postale allemande du dessinateur de presse Wilhelm-Rögge (1870-1946).

Pagnié, Antoine Elie, cultivateur, classe de mobilisation non indiquée, n° matricule du recrutement 192[1], né le 16 février 1888 à La Romagne, fils de Jules Pagnié et de Marie Adeline Alixe Noiret.

Antoine Elie Pagnié été convoqué à la mobilisation générale puis renvoyé dans ses foyers le 18 août 1914. Rappelé le 7 novembre 1914, il n’a pas rejoint son régiment : il est présumé être resté en pays envahi, pris dans les lignes allemandes à La Romagne le 28 août 1914 (selon l’avis de la gendarmerie de Chaumont-Porcien en date du 1er mai 1919).


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 215 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Archives municipales de Toulouse, 16Fi22/63, vue intérieure du bâtiment de l'usine de produits explosifs, dite la Poudrerie nationale, photographie consultable en ligne.
Archives municipales de Toulouse, 16Fi22/63, vue intérieure du bâtiment de l’usine de produits explosifs, dite la Poudrerie nationale, ouvrières en habit de travail blanc avec coiffe, photographie numérisée consultable en ligne.

Pagnié, Frédéric Lucien, cultivateur puis propriétaire éleveur, classe de mobilisation 1897, n° matricule du recrutement 315[1], né le 24 septembre 1885 à La Romagne, fils de Jules Pagnié et de Marie Adeline Noiret.

Frédéric Lucien Pagnié est mobilisé au régiment d’infanterie de Toulouse (ville dans laquelle il réside alors). Il est ensuite au 57e régiment d’artillerie, puis détaché à la poudrerie de Toulouse avant d’être au 14e régiment d’infanterie (le 1er juillet 1917). Il est démobilisé le 4 avril 1919.


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 193 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.

Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6216904, Historique du 14e régiment d'infanterie, Toulouse : Imprimerie et librairie Edouard Privat, 1920, 110 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2011-324147, consultable en ligne sur Gallica.
Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6216904, Historique du 14e régiment d’infanterie, Toulouse : Imprimerie et librairie Edouard Privat, 1920, 110 p., texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2011-324147, consultable en ligne sur Gallica.

La Fondation des aveugles de guerre redonne l'espoir aux victimes de confits qui ont perdu la vue.
La Fondation des aveugles de guerre redonne l’espoir aux victimes de confits qui ont perdu la vue.

Petitti, François Désiré, patron boulanger, classe de mobilisation non indiquée, n° matricule du recrutement 2288[1], né le 18 septembre 1884 à La Romagne, fils de Bernard Petitti et de Marie Angèle Dupont.

François Désiré Petitti, borgne de l’œil droit, est tout d’abord exempté par la commission de réforme mais, le 26 mai 1917, il doit rejoindre la 22e section COA[2]. Il est placé ensuite en sursis du 15 janvier au 30 juin 1918. Mais ce sursis est annulé et il rentre au corps le 13 avril 1918. Il est démobilisé en mars 1919.


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 186 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.

[2] Commis et ouvriers militaires d’administration.


Médaille des 46e, 132e et 332e régiments d'infanterie.
Médaille des 46e, 132e et 332e régiments d’infanterie.

Roncin, Calixte Sulpice, maréchal-ferrant, classe de mobilisation 1894, n° matricule du recrutement 1887[1], né le 2 novembre 1874, fils de Chrysostome Sulpice Roncin et de Stéphanie Fressencourt.

Calixte Sulpice Roncin, mobilisé au 46e territorial d’infanterie, est libéré le 20 août 1914. Il a effectué une campagne contre l’Allemagne du 3 août 1914 au 20 août 1914. Il est décédé le 15 août 1917 à Labry (Meurthe et Moselle).


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 1R 1201 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Croix de guerre 1914-1918 (revers).
Croix de guerre 1914-1918 (revers).

Sinet, Jules, ouvrier agricole, classe de mobilisation non indiquée, n° matricule du recrutement 17[1], décoré de la croix de guerre avec une citation à l’ordre du régiment, carte du combattant n° 10158, né le 24 mai 1879 à La Romagne, fils de Paulin Sinet et de Marie Olive Lelong.

Chemin de fer industriel de la plaine Saint-Denis et d'Aubervilliers.
Chemin de fer industriel de la plaine Saint-Denis et d’Aubervilliers.

Jules Sinet est mis en sursis d’appel (prolongé jusqu’au 31 janvier 1917) au titre de la société anonyme du chemin de fer industriel de la plaine Saint-Denis et d’Aubervilliers. Il est ensuite détaché au 19e régiment de chasseurs à cheval, puis au 72e régiment d’infanterie comme éclaireur monté. Il est démobilisé le 30 janvier 1919. Il a obtenu une citation : « A, sous un bombardement d’une extrême violence, assuré la liaison avec un bataillon engagé dans des circonstances particulièrement difficiles ».


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 149 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.


Le Souvenir français est une association créée en 1887 qui entretient la mémoire des soldats morts pour la France.
Le Souvenir français entretient la mémoire des soldats morts pour la France.

Vuilmet, Lucien Hubert, vannier, classe de mobilisation non indiquée, n° matricule du recrutement 1009[1], né le 18 mai 1884 à La Romagne, fils de Pierre Marcellin Vuilmet et d’Appolline Adoxie Noël.

Lucien Hubert Vuilmet a été maintenu dans son emploi de temps de paix au titre des sections des chemins de fer de l’Est. Il a effectué une campagne contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 20 mars 1919.


[1] Archives départementales des Ardennes, 1R 185 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 1R = préparation militaire et recrutement de l’armée, mobilisation, recensement des classes], registre matricule consultable en ligne.

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L’école de La Romagne et l’affirmation de la laïcité


La Romagne (Ardennes), église et école, carte postale ancienne d’Augustin Wilmet, photographe-éditeur à Rethel.
La Romagne (Ardennes), église et école, carte postale ancienne d’Augustin Wilmet, photographe-éditeur à Rethel.

Jusqu’en 1789, l’enseignement primaire est globalement assuré dans les diverses paroisses du Porcien et tout particulièrement à La Romagne mais, avec les troubles révolutionnaires, on assiste momentanément à sa régression.

Les décrets des 30 mai 1793 et 29 frimaire an II (1er décembre 1793) cherchent à réorganiser l’enseignement primaire, et donc à le soustraire aux «  tenants du fanatisme et de la superstition », autrement dit aux religieux. Le décret du 27 brumaire an III, qui prévoit dans chaque département une école pour 1000 habitants, change l’organisation de l’enseignement dans les petits villages.

On en a la confirmation lors de la séance tenue le 11 nivôse an IV à Rocquigny, où l’administration signale qu’il n’y aura désormais plus que quatre écoles pour le canton. La  première se trouve à Rocquigny, chef-lieu du canton. La deuxième est à Rubigny et regroupe les enfants de La Hardoye, Vaux et Wadimont. La troisième, à Mainbressy, accueille les élèves de Mainbresson. La dernière se situe à Librebois (nom donné à Saint-Jean-aux-Bois sous la Révolution) pour les écoliers de ce village, de Montmeillant et de La Romagne.

Le blason communal de Rocquigny est de gueules au chevron accompagné en chef de deux besants et en pointe d'une mâcle le tout d'or.
Le blason communal de Rocquigny est de gueules au chevron accompagné en chef de deux besants et en pointe d’une mâcle le tout d’or.

A la suite de cette décision, l’agent communal de La Romagne fait remarquer que « les élèves de la commune sont dans l’impossibilité de se rendre à Librebois en raison du mauvais état des chemins » et demande qu’un « sous-instituteur » (ce que l’on appellerait de nos jours un instituteur adjoint) soit établi dans la commune. Cette solution est adoptée quelque temps plus tard.

La Révolution n’institue pas la gratuité de l’école, ce qui est un frein considérable pour l’instruction : chaque élève allant en classe doit payer au maître une rétribution annuelle de 25 livres moitié en valeur métallique et moitié en assignats[1], ce qui représente pour certaines familles une somme considérable.

L’assignat est une monnaie mise en place sous la Révolution française.
L’assignat est une monnaie mise en place sous la Révolution française.

Vers 1807, on retrouve à La Romagne une situation identique à celle de l’époque prérévolutionnaire[2], puisque le maître d’école « faute de local réunit les enfants des deux sexes jusqu’à l’âge de 12 ou 13 ans » chez lui.

En 1829, le maire du village François Merlin adresse une lettre au recteur de l’académie de Metz, en réponse à sa demande de renseignements sur les moyens de prouver l’instruction donnée aux enfants de la paroisse de La Romagne. On apprend qu’à cette date le village n’a toujours pas de « maison d’école » mais qu’il en loue une pour la somme annuelle de 50 francs. On y découvre en outre  que «  les filles et les garçons sont séparés pour recevoir cette instruction conformément à l’ordonnance du 27 janvier 1808 [3] ». En 1833, sur les 478 communes que comptait le département, quatre-vingts n’ont pas encore d’école, alors qu’en 1855 Il comptera 428 écoles mixtes.

Le blason communal de Metz est mi-partie d’argent et de sable.
Le blason communal de Metz est mi-partie d’argent et de sable.

[1] Archives départementales des Ardennes, L 1336 [série L = administration et tribunaux de la période révolutionnaire (1790-1800), cotes L 1336-1337 = canton de Rocquigny, délibérations, an IV-1819, fonds concernant les hôpitaux, prisons, affaires cantonales et municipales].

[2] Archives départementales de la Moselle, 29J 370 [série J = archives privées, sous-série 29J = évêché de Metz (1093-1999)].

[3] Archives départementales des Ardennes, 7J 43  [série J = archives d’origine privée (entrées par voie d’achat, don, legs ou dépôt), sous-série 7J = collection Guelliot, érudit local].


La première école du village fut construite en 1843 et prit par la suite la dénomination d’école de garçons, puisqu’en 1866, à la suite d’un décret impérial, une école de filles devait ouvrir. Contrairement au cas de Rocquigny, où il y a une école de filles tenue par les religieuses de la Divine Providence de Reims, La Romagne veut absolument avoir deux écoles laïques.

Mademoiselle Marie Eugénie Devie (née le 3 septembre 1833 à La Romagne, décédée le 10 septembre 1864 à Reims), religieuse d’une congrégation féminine enseignante[1], fille de Jean-Baptiste Devie et de Marguerite Virginie Devie, va changer radicalement la situation. Son legs[2] à La Romagne d’une maison située rue Basse (avec ses dépendances), des objets mobiliers qu’elle contient, et d’une rente annuelle de 300 francs, fait l’objet d’une disposition testamentaire[3] très précise : la commune ne pourra disposer des biens qu’à la condition expresse que « la maîtresse choisie devra pratiquer les devoirs de la religion », ce qui ne veut pas dire qu’elle doit être entrée dans les ordres. Mais la frontière est mince…

Sur cette carte postale ancienne de l'église et de la rue Basse, il est possible d'apercevoir la maison léguée par Mademoiselle Marie Eugénie Devie.
Sur cette carte postale ancienne de l’église et de la rue Basse, il est possible de voir la maison léguée par Mademoiselle Marie Eugénie Devie.

Au départ, le conseil municipal ne semble pas s’en réjouir : il craint que ce don ne génère pour la commune des dépenses importantes. Mais, à la suite d’une intervention du sous-préfet, les édiles réexaminent leur position, tout en ayant connaissance des protestations du frère de la donatrice, qui se sent spolié.

Finalement, et après avoir reçu quelques aides départementales en vue de l’équipement de cette école, les élus décident d’accepter cette donation, mais insistent pour que l’institutrice soit laïque. Sur ce point, la municipalité aura gain de cause. Des travaux sont engagés afin que cette maison soit appropriée à sa nouvelle fonction. Le financement en est assuré par la vente du mobilier légué en même temps que le bâtiment. Une souscription et un crédit s’y ajoutent. Compte tenu de la population scolaire dénombrée après le recensement de 1891, la création d’un tel établissement est plus que nécessaire. Cette école fonctionnera jusqu’en 1923.


[1] Les sœurs de l’Enfant-Jésus sont présentes dans le diocèse de Reims.

[2] Archives départementales des Ardennes, 3Q 1583 p. 189 et 3Q 1584 p. 74 [série Q = domaines, enregistrement, hypothèques, sous-série 3Q = enregistrement et timbre, depuis l’an VII].

[3] Archives départementales des Ardennes, 3E 14/130 (testament), 3E 14/136 et 3E 14/137 (inventaire), étude de maître Courboin, notaire à Chaumont-Porcien [série E = état civil, officiers publics et ministériels, sous-série 3E14/1-324 = archives notariales de Chaumont-Porcien et Seraincourt].


Cette carte postale ancienne de la mairie et de l'école est antérieure à la pose du monument aux morts de La Romagne.
Cette carte postale ancienne de la mairie et de l’école est antérieure à la pose du monument aux morts de La Romagne.

Au bout d’une petite quarantaine d’années d’existence, l’école de garçons a besoin de réparations malgré son entretien régulier. Sa façade la plus exposée est finalement couverte d’ardoises. Le chauffage de la classe peut incomber aux communes ou aux élèves, qui doivent alors apporter des bûches (sachant que La Romagne est tenue de fournir et de veiller à l’entretien du poêle et des tuyaux).

Durant l’occupation allemande du village pendant la première guerre mondiale, l’école reste ouverte le plus souvent possible (sauf lorsque des troupes de passage en prennent possession). Elle est fermée par ordre le 19 février 1917, puis occupée à partir du 21 par des troupes qui restent plus de 3 mois.

Ce plan de l'école de La Romagne a prévalu dans l'entre-deux-guerres (mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).
Ce plan de l’école de La Romagne a prévalu dans l’entre-deux-guerres (mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).

Il ne semble pas que l’école ait eu à subir de gros dégâts durant cette guerre. Pendant l’année 1919/1920, outre l’enseignement primaire qui s’y déroule, des cours d’adultes et des conférences populaires s’y tiennent. Une enquête en date de 1921, faite auprès de l’instituteur (monsieur Bion) et de l’institutrice (mademoiselle Sinet), permet de mieux connaître la réalité du moment.


L’inspecteur primaire, dès 1922, pense qu’il serait bon de remplacer les deux écoles par une seule qui serait mixte[1]. Ce projet est en opposition avec les vœux d’un conseil municipal, qui s’élève contre une telle décision, et qui essaie de tirer argument de certaines conditions du legs reçu, en particulier à propos de la rente.

Ce représentant de l’inspection, fort d’un arrêté ministériel approuvant la délibération du conseil départemental de l’enseignement primaire des Ardennes relative à cette suppression tient bon. Il propose que, malgré l’opposition de la mairie, une demande soit adressée au ministre pour la suppression de ces deux écoles, en échange de la création d’une école mixte à classe unique. Il souligne toutefois que « si les effectifs futurs le permettaient l’école de filles serait rouverte ».

Le blason départemental des Ardennes est d'azur à la bande d'argent accostée de deux cotices potencées et contre-potencées d'or, surchargées d'un écusson d'argent au sanglier de sable ; au chef de gueules chargé de trois râteaux d'or.
Le blason départemental des Ardennes est d’azur à la bande d’argent accostée de deux cotices potencées et contre-potencées d’or, surchargées d’un écusson d’argent au sanglier de sable ; au chef de gueules chargé de trois râteaux d’or.

Cette promesse n’est qu’un peu de baume donné à ceux qui étaient attachés au passé scolaire du village. Mais cette clause n’a aucune chance de se réaliser, compte tenu du contexte. La décision de cette suppression entraîne aussitôt un conflit entre la municipalité et une habitante, héritière présomptive et déçue, qui prétend que la commune viole les intentions de la testatrice. Le différend est porté devant le tribunal, qui réfute cet argument, et qui souligne que la volonté bien certaine de la testatrice est d’exclure ses héritiers légitimes. L’affaire s’arrête là , et la rente trouve un autre emploi : elle sert désormais à financer un cours d’enseignement ménager de deux heures hebdomadaires, comprenant un cours de cuisine élémentaire et de couture.


[1] Archives départementales des Ardennes, TSUPPL 79 [série T = enseignement général, affaires culturelles, sports, sous-série TSUPPL = fonds supplémentaires].


L'école de La Romagne se trouve dans les bâtiments de la mairie, sur la place principale.
L’école de La Romagne se trouve dans les murs de la mairie. Le conseil municipal se réunit au premier étage du bâtiment.

Quant au bâtiment de l’école des filles, il va devenir, pour un temps, le presbytère de cette paroisse. Dès 1932, la construction d’une nouvelle mairie-école mixte est sérieusement envisagée par la municipalité, mais les instances scolaires  tergiversent et ce projet n’est pas réalisé.

Les dégâts subis par le village en 1940 ont des répercussions tant sur le bâtiment que sur le fonctionnement de l’école. Celle-ci a une seule façade couverte en ardoise et des murs latéraux en torchis. Elle n’a comme seul aménagement que l’électricité. Les dégâts concernent le préau, la salle de classe et sa vitrerie. En effet, le mur mitoyen qui sépare la salle de classe et le logement de l’instituteur est largement percé. La salle du conseil municipal (qui se trouve juste au-dessus de la classe) a elle aussi assez souffert, sans parler de la toiture des toilettes qui est en partie arrachée.


Quoique l’école fonctionne normalement quant à l’enseignement dès le retour de la paix, la restauration du bâtiment n’est plus possible en raison de sa vétusté : plafonds trop bas, murs délabrés, boiseries pourries et cheminées dangereuses. De plus, sa situation à proximité du cimetière (pouvant causer des problèmes d’eau contaminée) et son inadaptation aux normes (manque d’espace par élève, etc.) sont signalées depuis longtemps.

Promesse de vente d'une parcelle de terrain pour la construction de la nouvelle école (mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).
Promesse de vente d’une parcelle de terrain pour la construction de la nouvelle école (mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).

En 1949, la décision de construire une école sur un autre emplacement est prise. Pour cela, la municipalité achète deux terrains contigus, dont l’un contient une source qui alimentera l’école en eau potable.

Plan des parcelles de la nouvelle école (mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).
Plan des parcelles de la nouvelle école (mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).

La commune confie la réalisation des plans à Robert Gauze, architecte parisien qui va privilégier la luminosité du bâtiment, en multipliant les fenêtres et les ouvertures.

La nouvelle école de La Romagne (inaugurée en 1954) est un lieu lumineux et ouvert sur le village.
La nouvelle école de La Romagne inaugurée en 1954 est un lieu lumineux et ouvert sur le village.

C’est en 1954 que la nouvelle mairie-école est inaugurée, et en 1953 que la dernière promotion d’élèves se réunit avec monsieur René Jonnart dans la cour de l’ancien bâtiment.

La dernière promotion (année scolaire 1952/1953) de l'ancienne école accompagnée de son instituteur, monsieur René Jonnart. Cette photographie de la promotion 1953 se lit de bas en haut et de gauche à droite. Première rangée : Daniel ou Maurice Lavric, Raymond Marandel, Françoise, Cugnart, Yvette Lelong, Martine Mouton, Michel Mauroy, Jean-Michel Taillette, Alain Mouton. Deuxième rangée : Georges Malherbe, [debout], François Lavric, Jean-Claude Milhau, Yves Albertini, Jean-Michel Guillaume, Alain Ravignon, Michel Lesein, Jean-Michel Milhau, Norbert Lelong. Troisième rangée : Jeannine Courtois, Colette Cugnard, Jacky Ravignon, Michel Marandel. (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Georges Malherbe).
Cette photographie de la dernière promotion (1953) de l’ancienne école de La Romagne, se lit de bas en haut et de gauche à droite. Première rangée : Georges Malherbe [debout], Daniel (ou Maurice) Lavric, Raymond Marandel, Françoise Cugnart, Yvette Lelong, Martine Mouton, Michel Mauroy, Jean-Michel Taillette, Alain Mouton [debout]. Deuxième rangée : monsieur René Jonnart, François Lavric, Jean-Claude Milhau, Yves Albertini, Jean-Michel Guillaume, Alain Ravignon, Michel Lesein, Jean-Michel Milhau, Norbert Lelong. Troisième rangée : Jeannine Courtois, Colette Cugnard, Jacky Ravignon, Michel Marandel (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Georges Malherbe).
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Patrimoine industriel

Le chemin de fer à La Romagne


La Romagne, route de la gare (carte postale ancienne).
Route de la gare de Draize – La Romagne, carte postale ancienne.

L’arrivée du rail dans les Ardennes se fait à partir de 1860 pour les grandes lignes et dès 1865/1867 pour des lignes secondaires, ce qui permet à tous de se déplacer jusqu’au chef-lieu d’arrondissement ou du département pour vaquer à leurs affaires. Désormais, ceux qui n’ont pas comme certains particuliers une carriole, un cabriolet, ou même une voiture à quatre roues, vont pouvoir connaître d’autres horizons.

L’intérêt d’une voie locale traversant la Thiérache en partant du nord du département de l’Aisne pour aboutir soit à Amagne soit à Rethel est très vite compris et va donner des débouchés aux productions agricoles et industrielles (filatures, scieries, etc.). Si l’attrait économique est indéniable, l’intérêt militaire a aussi une grande importance et se fait sentir dès la guerre de 1870, même si celle-ci met pour quelque temps un frein à ce développement des communications.


Emprise du chemin de fer de La Romagne, ligne Hirson – Amagne.
Emprise de la gare de Draize – La Romagne.

Les premières difficultés qui surgissent sont celles du tracé et du lieu d’implantation des gares. Chaque commune défend ses intérêts avec véhémence et âpreté, essayant d’attirer la plus grande attention sur elle, en faisant parfois jouer les « relations parisiennes » de certains habitants (comme ce fut le cas pour Wasigny).

La solution définitive adoptée est le trajet Hirson – Amagne en passant par Liart, Draize, La Romagne, avec une desserte vers Amagne ou Rethel. Cette ligne, qui permet de relier le nord et l’est, compte un peu moins de 61 km ponctués d’un certain nombre d’arrêts aux gares suivantes :

  • dans le département de l’Aisne : Martigny et Aubenton ;
  • pour ce qui est des Ardennes : Rumigny, Liart, Montmeillant – Saint-Jean-aux-Bois (= Le Merbion), Draize – La Romagne (au kilomètre 41,253 m), Wasigny, Novion-Porcien, Novy et Amagne.
Draize – La Romagne (au kilomètre 41,253
Plan de Draize – La Romagne au kilomètre 41,253 m (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur François Gillet).

Locomotive de l'ancienne Compagnie Lerouville-Sedan, transformée par la Compagnie des chemins de fer de l'Est.
Locomotive faisant le service des trains légers, transformée par la Compagnie des chemins de fer de l’Est.

La ligne est exploitée par la Compagnie des chemins de fer de l’Est et est déclarée d’utilité publique en 1879. A l’origine, lors des discussions de 1880, l’implantation de la gare était prévue à Draize sur la droite du village. Mais c’était sans compter sur la municipalité de La Romagne, qui entendait ne pas négliger ses propres intérêts.


Le conseil municipal s’élève en effet contre ce choix et demande que la gare soit construite « en deçà du village de Draize sur le plein de Croanne pour en faciliter l’accès et permettre un développement ultérieur[1] ». Cette situation facilite le stockage et l’expédition des bois de grume et de sciage. On peut citer l’exemple de la scierie à vapeur de Douai, installée au niveau  du quai à bois, et qui acquiert les arbres vendus par les communes de La Romagne ou de Givron. D’autre part, cette implantation aidera l’expédition des produits de la cidrerie Malherbe dans l’entre-deux-guerres. Plus tard, le train assurera le transport du courrier et des colis postaux, remplaçant les voitures qui partaient de Rethel.

Plomb de scellé ouvert à la lecture et aux identifications (Compagnie des chemins de fer de l'Est).
Plomb de scellé ouvert à la lecture et aux identifications (Compagnie des chemins de fer de l’Est).

[1] Archives départementales des Ardennes, délibérations du conseil municipal de La Romagne des 6 mai 1880 et 15 juillet 1883.


Ce choix est un argument supplémentaire pour obtenir le classement du chemin n° 34 « en chemin de grande communication » puisqu’il permet les liaisons avec Hirson. La commune pourrait ainsi obtenir des subventions sur les fonds départementaux pour son entretien[1]. La Romagne obtient gain de cause et, en 1896, le chemin d’intérêt commun n° 34 est incorporé à la gare de Draize[2]. Cela permet de relier la gare au chemin de grande communication n° 2 de Tournes à Sevigny[3].

Chemin vicinal de grande communication de Rocquigny à la gare de Draize – La Romagne (Archives municipales des Ardennes).
Plan de la station de Draize – La Romagne.

[1] Archives départementales des Ardennes, délibérations du conseil municipal de La Romagne des 15 juillet 1883 et 26 décembre 1886.

[2] « Les Moyens de transport » in Le Curieux vouzinois, Vouziers : mairie, 1982-, n°7, 1984, p. 45 et suivantes.

[3] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/MONTMEILLANT/O 5 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série MONTMEILLANT/O 5 = chemins vicinaux de Montmeillant], Chemin vicinal de grande communication de Rocquigny à la gare de Draize-la-Romagne : extrait de la carte départementale, rapport, pièce, 1886, signalée en ligne.


La Romagne (Ardennes) - Vers la gare, Augustin Wilmet, photographe-éditeur, Rethel.
Vers la gare de Draize – La Romagne, carte postale ancienne d’Augustin Wilmet, photographe-éditeur à Rethel.

La ligne de chemin de fer entre en service en 1885, après la réalisation d’importants travaux. Ces derniers nécessitent l’emploi d’une main d’œuvre nombreuse et souvent d’origine étrangère, en raison du manque de ressources locales. Ce sont surtout des Italiens que l’on retrouve dans la construction de la partie qui concerne le village. En effet, entre 1883 et 1886, on relève dans les registres d’état civil la confirmation de la présence de ces ouvriers. Les uns sont terrassiers, les autres sont poseurs de rails.

Si la plupart d’entre eux vivent avec leur famille (soit au village soit aux Houïs), d’autres, beaucoup plus jeunes, se sont mariés avec des jeunes filles du village. Leur présence n’est attestée dans les registres de la commune que sur une période de quatre à cinq ans. La plupart d’entre eux ont ensuite quitté le village.


Le tiré au bleu de la façade de la gare de Rocquigny présente le modèle-type utilisé pour toutes les stations de la ligne Hirson – Amagne.
Le tiré au bleu de la gare de Rocquigny montre un type de façade utilisé pour toutes les stations de la ligne Hirson – Amagne.

La construction de la gare de La Romagne est achevée dès 1884 et comprend :

  • un bâtiment voyageurs précédé d’une cour ;
  • un pavillon de lieu d’aisances de type A ;
  • une halle à marchandises de type n° 1 bis : ( = « ouverte avec une cour des marchandises bordée d’un quai découvert derrière lequel se trouve une grue hydraulique qui sert à peser les wagons »).
Cours des marchandises et des voyageurs de la gare de Draize – La Romagne (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur François Gillet).
Cours des marchandises et des voyageurs de la gare de Draize – La Romagne (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur François Gillet).

La voie 1 permet la circulation des trains dans le sens Hirson – Amagne à raison de quatre trains par jour[1] et s’arrête à la gare de Draize – La Romagne.

DépartHoraires d’étéDraize – La Romagne
Hirson5 h 37
11 h 20
16 h 48
21 h 35
6 h 40
12 h 26
17 h 53
22 h 37
Amagne7 h 10
9 h 43
14 h 50
18h 50
7 h 51
10 h 17
15 h 22
19 h 24
La circulation des trains à la gare de Draize – La Romagne.

Chaque convoi comporte trois employés : un chauffeur, un mécanicien et un chef de train. La voie 2 est réservée pour la circulation inverse. Elle est équipée :

  • d’une fosse « à piquer », c’est-à-dire d’une cavité permettant de recevoir les résidus des machines et de faire le nettoyage du bas de la locomotive ;
  • d’un abri voyageurs sur le quai.

Les deux voies sont à écartements normaux (soit 1,44 m). D’autres lignes secondaires ouvrent dans les alentours jusqu’à la veille de la guerre de 1914 : certains lieux ont un intérêt stratégique (comme Liart où l’on construit des quais militaires).  Avant  chaque construction de ligne, il est nécessaire de prendre l’avis de la hiérarchie militaire qui autorise soit des voies normales soit des voies plus étroites (1 m ou 0,75 m), comme c’est le cas pour le tronçon Renneville – Wasigny – Signy. Selon cette instance, ce sont des voies qui seraient plus difficilement transformables et qui ne supporteraient pas de matériel lourd. L’ennemi serait ainsi ralenti.


[1] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 26. « Chemins de fer de l’Est : service d’été 1892 », in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. 1re année, n° 1 du 31 mars 1880-35e année, n° 11991 du 25 août 1914. Charleville : [s.n.], 1880-1944, n° 4128, 2 juillet 1892, p. 4 [presse locale ancienne, vue 4/4, consultable en ligne].


Château d'eau sur tour système Monnoyer à Draize – La Romagne (collection privée, avec l'aimable autorisation de  monsieur François Gillet).
Château d’eau sur tour système Monnoyer à Draize – La Romagne (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur François Gillet).

L’alimentation en eau des machines se fait à partir de la capture d’une source située sur le pré vacher juste à côté du Pas de la vache. Elle remplit tout au moins au début un réservoir de 100m3. Ce dernier se révèle assez rapidement insuffisant, surtout dans le cas où il faudrait acheminer des troupes. C’est pourquoi, à partir de 1905, un réservoir de 200m3 fonctionnant indépendamment est adjoint au premier. Ces réservoirs sont détruits durant la première guerre, si bien qu’à la fin de 1918 et de façon provisoire, deux réservoirs de 30m3 sont installés jusqu’à la reconstruction, à partir de 1920, de deux châteaux d’eau. Il faut aussi réparer les voies dont certaines parties ont été arrachées par les troupes allemandes.


Gare de Draize – La Romagne (carte postale Librairie Nicaise, Signy-l'Abbaye).
Gare de Draize – La Romagne, carte postale ancienne.

L’après-guerre fait émerger des considérations nouvelles pour le développement et la fréquence des trains. Selon certains, c’est un argument pour faciliter le repeuplement des campagnes : le transport ferroviaire offre un moyen d’évasion aux habitants. Ces derniers peuvent aller en ville pour traiter leurs affaires ou, tout simplement, rompre avec leur quotidien le temps d’une journée.

Le café de la Gare de Draize – La Romagne, carte postale ancienne d'Augustin Wilmet, photographe-éditeur à Rethel.
Le café de la Gare de Draize – La Romagne, carte postale ancienne d’Augustin Wilmet, photographe-éditeur à Rethel.

Ces demandes ne sont pas vraiment entendues, car des transformations de ce réseau secondaire se mettent en place petit à petit. Le trafic des voyageurs sur la ligne Liart – Draize ferme le 10 octobre 1938 mais il est rétabli pour un temps dès la déclaration de guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939.

La ligne subit des dégâts durant la seconde guerre mondiale. Ceux-ci sont réparés mais, comme la gare voit son activité décliner, elle est fermée au trafic voyageurs en 1952. C’est un service de bus qui assure la liaison des villages avec les bourgades proches. Le trafic marchandises se poursuit jusqu’en 1953 pour Liart et Draize et 1979 entre Draize et Amagne[1] (en circulation en voie unique). Cette ligne est déclassée en octobre 1967 pour le tronçon Liart Draize – La Romagne et en novembre 1965 pour le tronçon allant jusque Novion-Porcien.

Le blason communal de Novion-Porcien est d’azur à la croix d’argent fleurdelysée d’or.
Le blason communal de Novion-Porcien est d’azur à la croix d’argent fleurdelysée d’or.

[1] Dumont, Pascal ; Geerinck, Olivier, Sur les rails d’Ardennes et de Gaume, Breil-sur-Roya : les Éditions du Cabri, 2004, 175 p., collection « Images ferroviaires ; 14 », p. 75-78.

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Patrimoine industriel

L’arrivée de l’électricité à La Romagne


L’électricité en France : marchés, réseaux et pouvoirs publics (1880-1940), article du Bulletin d'histoire de l'électricité n° 22 (1993), p. 187-202.
L’électricité en France : marchés, réseaux et pouvoirs publics (1880-1940), article du Bulletin d’histoire de l’électricité n° 22 (1993), p. 187-202.

L’électrification du village est envisagée dès 1922 par l’adhésion de la commune au syndicat des communes rurales des cantons de Chaumont, Rumigny, Signy-le-Petit et Rocroi. Elle ne sera effective que quelques années plus tard, après la réalisation des travaux (dans un premier temps uniquement pour le village). Le maire Alfred Malherbe et le conseil municipal s’impliquent dans cette modernisation de La Romagne, au point que les bâtiments communaux disposent de l’éclairage électrique dès 1925. L’électrification des hameaux et des fermes isolées n’est approuvée que six ans plus tard.


Installation des pylônes électriques à La Romagne.
Installation des pylônes électriques à La Romagne.

Quant à l’éclairage des rues, il est installé en 1932 par la Société rurale d’énergie électrique des Ardennes. Les rues Haute et Basse sont pourvues de lampadaires. Leur disposition est étudiée de façon à éviter des accidents pouvant survenir à proximité du gué, ce dernier n’étant protégé par aucune barrière[1]. Tout comme le reste du village, le réseau électrique subira d’importantes dégradations au cours de la seconde guerre et ne sera complètement réparé qu’en 1947.


[1] Archives départementales des Ardennes, délibération du conseil municipal de La Romagne du 21 octobre 1932.

Raoul Dufy reçoit pour l’Exposition internationale de 1937 à Paris la commande de décorations monumentales, notamment celle du mur légèrement courbe du hall du Palais de la Lumière et de l’Électricité, édifié par Robert Mallet-Stevens sur le Champ-de-Mars.
La Fée Electricité par Raoul Dufy (musée d’art moderne de la ville de Paris).
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Biens ecclésiastiques Clergé Religion

Les protestants de la Romagne


Edit de Nantes promulgué en avril 1598 par le roi de France Henri IV.
L’édit de Nantes en faveur de ceux de la religion prétendue réformée est promulgué en avril 1598 par Henri IV. Ce texte permet aux protestants d’exercer leur culte avec une certaine liberté.

Dès que les conflits opposèrent catholiques et protestants, le Porcien et la Thiérache furent deux lieux de leur violente et farouche opposition, d’autant que certaines familles locales comme les Croÿ étaient partagées entre les deux religions. Pendant toute la génération précédant la promulgation de l’édit de Nantes[1], le pays fut ensanglanté et dévasté, les terres abandonnées faute de laboureurs, car les ligueurs du duc de Guise et la domination espagnole s’étendaient sur toute la région.

L'Assassinat du duc de Guise, peinture d'histoire de Paul Delaroche, musée Condé (1834). Henri Ier de Guise, l’un des principaux ennemis des protestants lors des guerres de Religion, est mort assassiné sur l’ordre d’Henri III le 23 décembre 1588.
Henri Ier de Guise, ennemi des protestants, est mort assassiné le vendredi 23 décembre 1588 (peinture d’histoire de 1834 par Paul Delaroche, exposée au musée Condé, dans le château de Chantilly).

[1] Cet acte législatif allait permettre la pacification et donner des droits aux protestants, comme celui d’avoir leur propre cimetière (celui de Rocquigny date-t-il de cette époque ?).

Vue sur le cimetière protestant de Rocquigny.
Vue sur le cimetière protestant de Rocquigny.

A La Romagne, si on se fie au compte rendu du 2 juillet 1673 rédigé à la suite d’une visite pastorale par monseigneur Le Tellier (archevêque de Reims et frère de Louvois), il y aurait quatre ou cinq ménages protestants qui « vivent sans scandale » et qui « vont au prêche dans le diocèse de Laon », à moins qu’ils ne se rendent à celui « que la dame d’Heurcourt de La Hardoye fait tenir en son château, et auquel assistent les huguenots des villages circonvoisins[1] ».

La croix huguenote est un symbole du protestantisme.
La croix huguenote est un symbole du protestantisme.

[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 2G 252 [série G = clergé séculier, sous-série 2G = fonds de l’archevêché de Reims, cotes 2G 250-252 = administration spirituelle du diocèse, état des paroisses, visites des églises (1348-1789)].


Portrait de Charles-Maurice Le Tellier par Pierre Mignard (1691). Charles Maurice Le Tellier, archevêque-duc de Reims (1642-1710)
Portrait (1691) de Charles Maurice Le Tellier, archevêque-duc de Reims (1642-1710) par Pierre Mignard (1612-1695).

Cette tolérance de l’ecclésiastique est d’autant plus remarquable que le contexte religieux des années postérieures le conduira à prendre des mesures relativement plus rigoureuses. Ce que montrent deux de ses ordonnances, l’une sur le mariage des nouveaux convertis (28 août 1686), l’autre sur le baptême (12 septembre de la même année) :

  • « Note pour les nouveaux convertis qui diffèrent depuis un an de s’approcher des sacrements, refusent de se confesser lorsqu’ils sont sur le point de se marier et de communier avant de recevoir la bénédiction nuptiale : ordonnons aux curés que les fiancés doivent se confesser et communier dans leurs paroisses deux ou trois jours avant et non ailleurs. Défense sous peine de suspense[1] au curé de donner la bénédiction nuptiale à ceux qui auront été absous de leur hérésie mais qui ne voudront pas se préparer à recevoir le sacrement de mariage par une bonne confession et une sainte communion. Lecture de cette ordonnance au prône de la messe de paroisse et par trois dimanches consécutifs[2] ».
  • « Ne peuvent être parrain et marraine les personnes suspectes d’hérésie ou qui ne veulent pas promettre de vivre et de mourir dans la foy[3] catholique. Même défense pour ceux qui ne se sont pas confessés dans l’année et qui n’ont pas fait leur communion pascale. Sont interdits tous les nouveaux convertis qui n’auront pas communié depuis leur abjuration ou qui dans la suite ne se seront pas confessés pendant l’année et n’auront point fait leur communion pascale ou ceux qui ne voudront pas promettre de vivre et de mourir dans la foy[4] de l’Eglise catholique[5] ».

[1] Mesure de droit canonique qui consiste à suspendre un prêtre de ses fonctions (ou de l’usage de son bénéfice).

[2] Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 20720, pièce 13 [ensemble de 57 documents = XIV (mandements, ordonnances, etc. 1676-1709) de Charles Maurice Le Tellier, archevêque-duc de Reims (1642-1710)].

[3] [Sic, id est « foi »].

[4] [Sic, id est « foi »].

[5] Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, département des Manuscrits, Français 20720, pièce 20 [ensemble de 57 documents = XIV (mandements, ordonnances, etc. 1676-1709) de Charles Maurice Le Tellier, archevêque-duc de Reims (1642-1710)].


L'édit de Fontainebleau a été signé par Louis XIV le 18 octobre 1685.
L’édit de Fontainebleau signé par Louis XIV le 18 octobre 1685 révoque l’édit de Nantes et vise à interdire le culte protestant.

On se rend compte qu’au fur et à mesure du déroulement de son règne, Louis XIV entend que son royaume n’ait qu’une seule religion : pour aboutir à ce résultat, les brimades commencent. C’est ainsi que l’on va assister à des conversions d’abord sporadiques, puis plus fréquentes au cours de son règne. La majorité se déroule après la signature le 15 octobre 1685 de l’édit de Fontainebleau, qui met fin à la liberté religieuse.

La première à abjurer dont on retrouve la trace est Marguerite Crouet, native de la Romagne, qui abandonne sa religion en l’église de Rethel en 1682[1]. Cette date est très significative, car elle correspond à l’intensification des mesures décidées par le roi et son entourage pour lutter contre le protestantisme. Ces dernières sont en réalité déjà assez anciennes : depuis longtemps, le roi et le clergé encouragent les vexations et les avanies au nom du principe politique cujus regio, ejus religio exigeant que la religion du peuple soit nécessairement celle de son souverain.

Des ordonnances royales restreignent les applications de l’édit de Nantes promulgué en 1598, puisqu’elles permettent aux enfants de sept ans de se convertir, sans l’avis de leurs parents. On essaie aussi la corruption : une caisse des conversions est créée, et les nouveaux convertis peuvent toucher la somme de 6 livres (un peu moins de 180 euros actuels).

On apprend grâce aux registres paroissiaux que les conversions à La Romagne se sont déroulées pour leur majorité dans les deux années précédant la révocation de cet édit (qui fut durant 90 années environ la base de la paix civile dans le royaume, fondée sur l’acceptation de la diversité des confessions).


[1] Jailliot, Dr. J., « Le Protestantisme dans le Rethélois et dans l’Argonne jusqu’à la révocation de L’édit de Nantes (suite et fin) : XXIX les conversions dans l’Argonne et le Rethélois », in Revue d’Ardenne & d’Argonne : scientifique, historique, littéraire et artistique [publiée par la Société d’études ardennaises La Bruyère » puis, à partir de mars/avril 1895 par la « Société d’études ardennaises »], 1re année, n° 1 (novembre/décembre 1893) -22e année, n° unique (1915/1923), Sedan : imprimerie Laroche, 1893-1923, 13e année, 1905-1906, p. 216. [Nota bene : la collectivité éditrice du périodique, née en 1888 et morte dans les années 20, ne saurait être confondue avec la Société d’études ardennaises fondée le 26 janvier 1955 et devenue la Société d’histoire des Ardennes le 2 mars 2013].


Timbre commémorant l'édit de Nantes, auquel met fin celui de Fontainebleau.
Timbre du 400e anniversaire de la signature de l’édit de Nantes (1598-1998) et portrait du roi Henri IV (1553-1610).

Le 4 novembre 1683, Anne Boucquerie (femme de Pierre Crouet) abjure, tandis qu’une quinzaine de jours plus tard ce dernier fait de même. Il est bientôt suivi de Daniel et Jeanne Crouet (âgée de 90 ans) et Favet L’Escollier (nom qu’on trouve parfois orthographié Lescoyer ou Lescuyer). Ensuite, c’est le tour de Lazare Barré, Daniel de Troye, Pierre Bouquerie, Daniel L’Escholier et sa femme Marie Roland, Marie Crouet et Pierre Lanenant (plus probablement Lallement), dont la plupart réside aux Houis. Le 22 novembre 1685, on note l’abjuration de Daniel Coulon, un autre natif de La Romagne[1] (mais demeurant à L’Echelle[2]).


[1] Archives départementales des Ardennes, 49J 72 [série J = archives d’origine privée (entrées par voie d’achat, don, legs ou dépôt), sous-série 49J = collections généalogiques].

[2] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ECHELLE[L’]/E 1 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ECHELLE[L’]/E 1 = registres paroissiaux et d’état civil de l’Echelle, 1669-1717], acte d’abjuration, vue 108/334, consultable en ligne.


Après ces reniements, on retrouve des traces de l’intégration de ces anciens protestants. Lazare Barré, marié à Marçon Petitfrère, a un fils Pierre en 1694 puis une fille en avril 1697, dûment baptisés et enregistrés dans le registre paroissial. Marguerite Crouet, épouse d’Abraham Vaché (dont le prénom biblique laisse supposer d’anciens liens avec le protestantisme[1]), met au monde en 1696 un garçon, dont le parrain est « Jean-Baptiste Dehaulme en lieu et place de frère Norbert Dehaulme » (ce dernier n’étant autre que le curé de la paroisse), et la marraine Louise Duguet (épouse de messire de Canelle).

De même, lors de la rédaction du testament de Jean Pronier et de sa femme Poncette Maupin, le curé choisit Daniel L’Escholier pour l’accompagner et lui servir de témoin. Ce choix peut montrer la volonté de réintégrer au sein de la paroisse des anciens adeptes de la religion réformée. Néanmoins, et probablement malgré les efforts déployés par le curé, il reste quelques farouches religionnaires : le 13 février 1714, à l’occasion de son mariage avec Michel Lefèvre (manouvrier[2] de la paroisse de Montmeillant), Claude Barjolle (fille de Jean Barjolle et de Rachel Barré) se convertit au catholicisme juste avant la célébration de la cérémonie. La renonciation se fait en présence du prieur de Montmeillant et « de la plus grande partie de la paroisse « ensemblée[3] » [sic, id est « assemblée »], marquant ainsi une certaine solennité. Comme les deux actes se suivent dans le registre, le lien entre ces deux événements est simple à comprendre.

Après cette date, plus rien n’apparaît dans les registres qui nous sont parvenus. Tous ces exemples prouvent que le protestantisme était bel et bien répandu dans le village et formait un solide foyer qui ne résista pas aux sanctions prévues : le logement des gens de guerre à titre de rétorsion était une véritable calamité. L’influence des curés ou des autorités communales, reflets des pouvoirs religieux et royal, a également beaucoup joué…


[1] On peut s’interroger sur la sincérité de l’adhésion de ce couple au catholicisme malgré les signes extérieurs de sa conversion.

[2] Ouvrier employé à de gros travaux, notamment dans l’agriculture.

[3] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 2, [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROMAGNE[LA]/E 2 = registres paroissiaux et d’état civil de La Romagne, 1713-1721], acte d’abjuration, vue 5/34, consultable en ligne.

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Incendies à La Romagne


Les départs de feux sont assez fréquents à La Romagne jusqu’à la première guerre mondiale, compte tenu des matériaux utilisés dans la construction d’une part, et le stockage de paille et de foin d’autre part. Ils permettent également (dans l’inconscient collectif d’une société étroite) des accusations à l’encontre de personnes peu appréciées. Ces griefs ne sont pas toujours fondés, loin s’en faut, ce qui se traduit au XIXe siècle (lorsque ces affaires sont jugées devant les divers tribunaux) par un certain nombre d’acquittements, faute de preuves recevables.

Jusqu’en 1764, les habitants qui avaient le malheur d’être incendiés n’obtenaient pour tout secours que d’être exemptés de taille et de corvées de chemin pendant trois ans. A partir de cette date, l’intendant décide qu’il sera octroyé des secours pécuniaires, à condition que les bâtiments ne soient plus recouverts de paille.


Portrait de monseigneur Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord, cardinal de la Sainte Église romaine, archevêque-duc de Reims (1777-1816).
Monseigneur Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord, cardinal, archevêque-duc de Reims (1777-1816).

Concomitamment, dès 1779 dans le diocèse de Reims, on établit un bureau des incendiés composé essentiellement d’ecclésiastiques. Des quêtes sont faites plusieurs fois par an, afin de pouvoir distribuer dans les paroisses du matériel contre l’incendie (pompes, seaux, échelles, etc.). Elles permettent aussi d’accorder des indemnités pour le changement des couvertures des bâtiments, afin de rendre moins fragiles les maisons et les granges.

Armoiries de monseigneur Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord, cardinal, archevêque-duc de Reims (1777-1816).
Armoiries de monseigneur Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord.

Le 24 mars 1780, Claude Lambert, habitant de La Romagne, perd sa maison et ses meubles. La même année, Jean-Baptiste Bienfait et sa femme sont à leur tour victimes d’un incendie, dans lequel une partie de leurs meubles et effets disparaît. En 1783, ils sont exonérés de taille pour la troisième et dernière année[1]. Vers 1782, un incendié de La Romagne refuse de se conformer aux instructions du bureau des incendiés, relativement à la reconstruction de ses bâtiments : il est privé du secours auquel il avait droit.

Ce n’est pas le seul village à être touché par les incendies : Wasigny en l’espace de quelques mois en est victime deux fois (décembre 1798 et février 1799), Sery est concerné en 1807. Draize en 1832 voit disparaître douze de ses maisons, tandis qu’une dizaine brûle à Saint-Jean-aux-Bois en juillet 1833.


[1] Archives départementales de la Marne, centre de Châlons-en-Champagne, C 953 [série C =  administrations provinciales, cotes C 749-965 = intendance de Champagne, fonds concernant les finances, l’assiette et la répartition des impositions, la taille (1593-1793)].


Armoiries de monseigneur Jean-Charles de Coucy.
Monseigneur Jean-Charles de Coucy, archevêque de Reims (1817-1824).

La première caisse des incendiés née à l’initiative du diocèse avant la révolution pâtit de cette période troublée, mais une institution quelque peu semblable renaît en 1805 sous l’Empire et est renouvelée en 1818 lors de la Restauration. Elle est sous la responsabilité du préfet et sous la protection de l’archevêque de Reims. Elle comprend dans chaque canton un ou plusieurs correspondants : messieurs Beaudet (maire de Remaucourt) et Macquart (juge de paix à Saint-Jean-aux-Bois) le sont durant quelque temps.

Armoiries de monseigneur Jean-Charles de Coucy, archevêque de Reims (1817-1824).
Armoiries de monseigneur Jean-Charles de Coucy.

Tout comme précédemment, il est fait une collecte annuelle : au niveau du canton de Chaumont-Porcien la somme récoltée est d’environ 1100 francs, tout en sachant que cette somme progresse en fonction de l’intérêt croissant des habitants pour cette institution. Dans chaque commune, lorsque la collecte est terminée, l’argent recueilli est versé entre les mains du percepteur. Tout habitant qui a fait une offrande, s’il est victime d’un incendie, reçoit un secours proportionnel à son versement, à condition, s’il s’agit de l’incendie d’un bâtiment, de le recouvrir de tuiles ou d’ardoises lors des réparations. Pour La Romagne, on n’a aucun versement en 1827, mais un en 1828, qui s’élève à 14,75 francs pour 9 participants, alors qu’à Draize on notait 79 participants et 43 à Adon[1].

Les infractions en relation avec le fléau qu’était un incendie étaient dûment répertoriées et faisaient l’objet de poursuites auprès du juge de paix. Plusieurs habitants de La Romagne et de bien d’autres villages se trouvent poursuivis comme l’est un des habitants le 7 avril 1859 pour imprudence et pour « avoir circulé dans les granges avec une chandelle allumée ». Il est condamné à une amende et au paiement des frais. Il n’y a pas, heureusement, de conséquences (justice de paix du canton de Chaumont-Porcien).

Le blason communal de Chaumont-Porcien est d'azur à la croisette surmontée d'un croissant, accosté de deux fleurs de lis et soutenue d'un lion, le tout d'argent.
Le blason communal de Chaumont-Porcien est d’azur à la croisette surmontée d’un croissant, accosté de deux fleurs de lis et soutenue d’un lion, le tout d’argent.

[1] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 7J 58 [série J = archives privées, documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 7J = fonds de l’archevêché de Reims (1637-1963)].


Vers 1860, un incendie éclate un dimanche aux Houïs et l’un des habitants de ce hameau est accusé par certains de ses voisins d’en être l’incendiaire, d’autant qu’il avait souscrit une police d’assurance (ce qui était loin d’être courant à l’époque). Il est arrêté et, après un jugement en cours d’assises, il est acquitté non sans avoir passé plusieurs mois en prison.

Un important incendie entre le 4 et 5 décembre 1895 semble avoir nécessité l’aide des sapeurs-pompiers des villages voisins[1]. Un autre éclate dans la nuit du 4 au 5 janvier 1897 vers minuit et prend dans le grenier à foin d’une maison. Une remise, un cellier, et le grenier au-dessus de celui-ci sont touchés, mais l’incendie a pu être maîtrisé. Les dégâts sont importants et s’élèvent à plus de 1400 francs.

Un autre, dont la cause est inconnue, éclate à la fin de cette même année et ravage des bâtiments à usage de culture, ne laissant indemne que le corps de logis. Les pertes sont importantes (2500 francs) mais couvertes[2].


[1] Archives départementales des Ardennes, compte rendu du conseil municipal en date du 16 août 1896.

[2] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 36, « Chronique locale et régionale », in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. 1re année, n° 1 du 31 mars 1880-35e année, n° 11991 du 25 août 1914. Charleville : [s.n.], 1880-1944, n° 6058, 7 décembre 1897, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].


Pompe à bras Champenois (circa 1840) du musée des sapeurs-pompiers Lyon-Rhône.
Pompe à bras Champenois (circa 1840) du musée des sapeurs-pompiers Lyon-Rhône.

Trois mois après, c’est une tentative d’incendie criminel qui vise un Romanais, alors qu’il était absent. En effet, l’incendiaire avait placé une torche allumée dans un tas de bois près du fournil. Mais sa manœuvre est déjouée, grâce à l’intervention d’un habitant qui réussit à éteindre, seul, ce début d’incendie[1].  Un petit incendie éclate le 31 juillet 1906, entrainant la destruction d’une meule de paille appartenant à un cultivateur   qui perd ainsi une somme égale à 130 francs.

Une nouvelle fois, en septembre 1909, c’est un incendie volontaire (selon les dires d’un gamin qui a vu s’enfuir l’auteur des faits vers Draize). Deux meules de paille appartenant à l’aubergiste sont détruites[2]. Le 28 septembre 1910, débute un nouvel incendie à La Romagne. Il est d’une telle violence qu’il dure plusieurs heures, faisant disparaître un bâtiment et son contenu de foin et d’avoine avant de gagner une maison voisine qui s’enflamme à son tour, ce qui nécessite l’intervention de pompiers « étrangers » (entendons d’autres villages)[3]. En mai 1963, un début d’incendie dans l’ancienne école (devenue une salle des fêtes) est très vite éteint, ne causant que quelques dégâts mineurs.

Véhicules de lutte contre l'incendie utilisés actuellement par les sapeurs-pompiers de La Romagne (collection privée, avec l'aimable autorisation de madame Véronique Sené et de monsieur Daniel Sené).
Véhicules de lutte contre l’incendie utilisés autrefois par les sapeurs-pompiers de La Romagne (collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Véronique Sené et de monsieur Daniel Sené).

Chacun de ces incendies soulève la nécessité pour les particuliers de s’assurer. Il faudra du temps pour responsabiliser les habitants et faire évoluer les mentalités, mais aussi le concours du législateur et de particuliers, qui font désormais figurer dans des actes notariés de prêt une clause qui garantit que celui-ci est obligatoirement assuré jusqu’à l’extinction de la dette[4].

Casque tradition porté par les sapeurs-pompiers lors des cérémonies.
Casque tradition porté par les sapeurs-pompiers lors des cérémonies.

[1] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 37, « Chronique locale et régionale », in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. 1re année, n° 1 du 31 mars 1880-35e année, n° 11991 du 25 août 1914. Charleville : [s.n.], 1880-1944, n° 6157, 18 mars 1898, p.2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].

[2] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 60, « Chronique locale et régionale », in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. 1re année, n° 1 du 31 mars 1880-35e année, n° 11991 du 25 août 1914. Charleville : [s.n.], 1880-1944, n° 10211, 25 septembre 1909, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].

[3] Archives départementales des Ardennes, PERH149, L’Espoir [Texte imprimé] : journal politique, littéraire et commercial de l’arrondissement de Rethel [« puis » journal républicain], n° 10200, 1e octobre 1910, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].

[4]  Archives départementales des Ardennes, 3E14/23 [série E = État civil, officiers publics et ministériels, sous-série 3E14/1-324 = archives notariales de Chaumont-Porcien et Seraincourt].

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La Sainte-Barbe et les pompiers de La Romagne


Les incendies sont depuis toujours un véritable fléau pour les villages. C’est pour pouvoir les combattre que le premier corps des sapeurs-pompiers est organisé en 1670 à Paris. Ce n’est cependant qu’en 1755 que les premières pompes apparaissent dans les Ardennes à Sedan.

Blason communal de Sedan.
Le blason communal de Sedan est d’argent à un chêne de sinople englanté d’or, posé sur une terrasse aussi de sinople et traversé au pied d’un sanglier de sable armé d’argent, le boutoir (le groin) de gueules.

Ce corps est réorganisé par le décret du 29 décembre 1875. Les officiers sont nommés par le président de la République. On trouve dans les villes les plus importantes et les gros bourgs un capitaine et un lieutenant, dans les communes de moindre importance (comme à Château-Porcien), uniquement un lieutenant et, dans toutes les autres communes, un sous-lieutenant.

Maurice Druart, lieutenant du corps des sapeurs-pompiers de La Romagne (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Pierre Malherbe).

La date de création à La Romagne du premier corps de sapeurs-pompiers reste assez énigmatique. Mais on peut penser qu’il existe au moins depuis 1878 puisque Jean Bompart, sergent-fourrier à la subdivision de La Romagne reçoit en 1908 un diplôme d’honneur accordé à un sapeur-pompier qui « compte plus de 30 ans de service et qui a fait constamment preuve de dévouement[1] ».

Diplôme de reconnaissance décerné au corps de sapeurs-pompiers de La Romagne (mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).

[1] Archives départementales des Ardennes, DEP/ARDENNAIS 58, « Chronique locale et régionale », in Le Petit Ardennais : journal politique [« puis » journal républicain] quotidien. 1re année, n° 1 du 31 mars 1880-35e année, n° 11991 du 25 août 1914. Charleville : [s.n.], 1880-1944, n° 9921, 3 décembre 1908, p. 2 [presse locale ancienne, vue 2/4, consultable en ligne].


Jusqu’après la première guerre mondiale, et toujours à cause de la disparition de documents, il est bien difficile de donner plus d’explications en matière de lutte contre l’incendie dans la commune. Néanmoins, lors de la délibération du 11 juin 1882, le maire suggère « qu’il serait bon de rétablir la compagnie de sapeurs-pompiers », ce qui permet de confirmer qu’une unité existait antérieurement à cette date.

L’organisation générale se structure encore plus à partir de 1890. Sur la totalité des communes que compte le département, il y a 250 compagnies de pompiers. En effet, les municipalités doivent prendre les mesures nécessaires pour disposer du matériel suffisant pour lutter au plus tôt contre les incendies, et sans attendre le secours des communes voisines. Cependant, on peut s’interroger sur l’importance et la disponibilité de celle de La Romagne, lorsque des incendies éclatent dans le canton de Chaumont entre 1890 et 1895. La relation qui en est faite dans la presse (Le Petit Ardennais en particulier) ne mentionne jamais le village. Pourquoi ?

Casque de sapeurs-pompiers de Paris, modèle 1895.
Casque des sapeurs-pompiers de Paris, modèle 1895.

De plus, pour lutter plus efficacement contre les sinistres les plus graves, une inspection départementale (créée à partir de 1891) veille à l’instruction des différents corps. Son objectif est de la rendre la plus uniforme possible, pour qu’elle puisse être employée utilement lorsque plusieurs compagnies sont nécessaires pour lutter contre les incendies les plus importants.

La mission des sapeurs-pompiers d’une commune est entièrement gratuite, voire coûteuse. Ces derniers ne reçoivent aucune indemnité pour la perte de leur salaire, voire pour les chaussures ou les vêtements endommagés lors de la lutte contre l’incendie (au fil des années, ces points vont changer).


En 1905, l’effectif de la commune est de 21 hommes mais il sera porté à 23 pour diverses raisons : la pompe est difficile à manœuvrer. Et deux jeunes gens souhaitent réintégrer le corps des sapeurs-pompiers après leur service militaire. Quatre années plus tard, le conseil municipal souhaite mobiliser 25 hommes[1].

Bocquet, ArthurDevie, Alfred
Bocquet, ErnestDevie, Jean
Bompart, CharlesDouce, Henri
BONHOMME, Désiré VitalDruart, Maurice
Boudsocq, GastonLange, Pierre
Carbonneaux, AristideLegros, André
Carbonneaux, MarceauMarquigny, Henri
Carbonneaux, MauriceModeste, Fernand
Chrétien, FirminQuentin, Omer
Cugnard, AlcideTrochain, Marcel
Devie, AlbertVuilmet, Aimé
L’effectif de 22 sapeurs-pompiers est conforme à l’arrêté préfectoral du 22 mars 1923.

Pour La Romagne, comme pour les autres communes ardennaises, l’arrêté préfectoral en date du 22 mars 1923 réorganise les corps de sapeurs-pompiers. Celui du village se compose de 22 hommes (un lieutenant, un sergent-fourrier, un caporal, un clairon, un tambour et des sapeurs). L’uniforme choisi est en toile. A partir de 1925, la municipalité contracte une assurance au profit des pompiers contre les accidents et maladies qui pourraient survenir pendant le service[2].


[1] Archives départementales des Ardennes, délibérations du conseil municipal de La Romagne des 19 mars 1905 et 14 mars 1909.

[2] Archives départementales des Ardennes, délibération du conseil municipal de La Romagne du 26 février 1925.


Chaque homme recruté doit répondre à des obligations précises : une moralité et une probité reconnues, posséder les aptitudes physiques nécessaires, et s’engager pour cinq ans. En cas de rupture, le démissionnaire doit verser une somme de 50 francs qui sera utilisée lors d’un achat de matériel ou d’uniformes.

Billet de 50 francs bleu et rose type 1889 en date du 28 juillet 1923.

Tous ces hommes exercent par ailleurs une profession et, parmi eux, on trouve douze cultivateurs, deux maréchaux-ferrants, deux vanniers, un boulanger, un charpentier, un domestique, un employé, un journalier et un peintre. Cet engagement au service du village ne concerne pas uniquement des adultes, car des jeunes gens souhaitent également en faire partie et pour cela doivent avoir l’accord de leurs parents.

L’accord des parents est nécessaire pour intégrer le corps des sapeurs-pompiers de La Romagne (mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).

Quinze ans plus tard (en 1938), lorsque l’on compare les effectifs, certains sont encore présents, ce qui montre ainsi leur implication dans la vie de la commune.

Bart, JeanDudur
Bolle, A.Ledouble
BONHOMME, Désiré VitalLegros
Boudsocq, GastonLelong
Carbonneaux, AristideMalherbe
ChicheMauroy
ChrétienRaymond, Jules
Devie, AlbertVuilmet
Devie, Alfred
Douce, Henri
Druart, Maurice
Les sapeurs-pompiers de La Romagne s’engagent pour longtemps : de nombreux noms sont communs aux effectifs de 1923 et de 1938.

A cette date, le conseil municipal s’engage (sur une durée de 15 ans) à subvenir aux dépenses du service, et accorde une subvention aux sapeurs-pompiers chaque année.


Détail du casque d’Emile Sené, sapeur-pompier de La Romagne, (collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Véronique Sené et de monsieur Daniel Sené).
Casque d’Emile Sené, sapeur-pompier de La Romagne, blason et phylactère (collection privée, avec l’aimable autorisation de madame Véronique Sené et de monsieur Daniel Sené).

L’uniforme obligatoire change. Il se compose désormais d’une veste, d’un pantalon de drap, et d’une ceinture. L’entraînement, depuis la formation du corps en 1923, se fait, par diverses manœuvres, chaque premier dimanche du mois. C’est aussi l’occasion de vérifier l’état des accessoires et de la pompe qui se trouvent dans la remise jouxtant l’église. En cas d’incendie, les pompiers sont alertés par la sonnerie des cloches, tant que celles-ci seront en usage, ou par le clairon par la suite.

Les pompiers de La Romagne à l'entraînement, photographie prise par monsieur l'abbé Pierre Médéric Buché et léguée à la mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe (maire de la commune) et de monsieur Yves Albertini.
Les pompiers de La Romagne à l’entraînement (photographie prise par monsieur l’abbé Pierre Médéric Buché et léguée à la mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur Yves Albertini et de monsieur René Malherbe, maire de la commune).

Lorsqu’en 1927, la remise à pompe où était entreposé le matériel menace de s’écrouler dans la mare voisine (en raison de ses murs crevassés), la seule solution à prendre est de la démolir.

Plan de la mare et de la remise à pompe, mairie de La Romagne, avec l'aimable autorisation de monsieur René Malherbe (maire de la commune).
Plan de la mare et de la remise à pompe (mairie de La Romagne, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).

Pour la reconstruire, on utilise certains des matériaux et on confie l’exécution des travaux à M. Hayot. Le matériel dont disposent les pompiers est soigneusement répertorié, et l’inventaire dressé en 1939 permet de dire que la commune possède au moins :

  • une pompe aspirante et foulante ;
  • une pompe à bras foulante plus ancienne ;
  • des tuyaux de cuir, de toile et de caoutchouc ;
  • deux lances en cuivre ;
  • une quarantaine de seaux en toile ;
  • les valises pour les ranger ;
  • une hache et une pioche ;
  • les tenues d’officier et de sapeurs ;
  • les ceintures de feu ;
  • trois clairons, un tambour et le drapeau.

La Romagne ne disposant pas alors de bornes à incendie, les pompiers prennent l'eau dont ils ont besoin dans les mares du village, ce qui sera un souci à terme (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur René Malherbe (maire de la commune).
La Romagne ne disposant pas alors de bornes à incendie, les pompiers prennent l’eau dont ils ont besoin dans les mares du village, ce qui sera un souci à terme (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).

L’alimentation en eau est un véritable problème à partir de cette époque : les mares, au centre du village, et qui servent depuis longtemps de « réserve d’eau », voient leur niveau baisser et ont besoin d’être curées. De plus, il n’existe aucun autre réseau de distribution d’eau avec des bornes d’incendie.

Grand-rue de La Romagne, (collection privée, avec l'aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).
Grand-rue de La Romagne, (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur René Malherbe, maire de la commune).

Durant les années de guerre, le système de défense contre l’incendie sera très précaire[1]. Après la guerre, le matériel va devoir être remplacé. Pour cela, on utilise une partie des sommes consacrées aux dommages de guerre. En 1948, la commune remplace la motopompe hors d’usage (en rachetant celle que Rumigny revend et, par la suite, celle de Remaucourt).

Blason communal de Rumigny.
Le blason communal de Rumigny est d’or au double trescheur fleurdelysé et contre fleurdelysé de sinople, à la bande de gueules brochant sur le tout.

[1] Archives départementales des Ardennes, 9R 1-17 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 9R = service de défense contre les incendies, les sapeurs-pompiers, la défense passive].


A partir de 1950, c’est une bonne partie du matériel qui est racheté. Le village a un nouvel équipement constitué de lances, tuyaux, dévidoirs, etc. Ces achats s’élèvent à peu près à la somme de 483 000 francs.

Les sapeurs-pompiers sur la place de La Romagne le 14 juillet 1952 (collection privée, avec l’aimable autorisation de monsieur Pierre Malherbe).

De 1952 à 1958, ce sont de nouvelles tenues et des vestes de cuir qui viendront équiper les pompiers[1]. Les interventions pour des incendies à La Romagne s’espacent (en raison du développement de nouveaux critères de sécurité), mais l’entraînement régulier perdure.


[1] Archives départementales des Ardennes, 9R 86 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 9R = service de défense contre les incendies, les sapeurs-pompiers, la défense passive].


Afin de renforcer les liens qui existent entre les pompiers des diverses communes d’un canton, les officiers et sous-officiers forment des associations amicales, comme c’est le cas pour le canton de Chaumont-Porcien dès 1907. Elles se réunissent périodiquement, et notamment chaque 4 décembre, lors d’un banquet où ils honorent sainte Barbe[1] (la patronne de tous ceux qui travaillent avec le feu ou la foudre).

Les pompiers fêtent leur patronne sainte Barbe le 4 décembre.

[1] Nota bene : si on cite le personnage de sainte Barbe, l’adjectif « sainte » s’écrit avec une minuscule et n’est pas suivi d’un trait d’union. Si, en revanche, le nom de la sainte contribue à la dénomination d’une rue, d’un édifice, d’un ordre religieux, d’une fête, etc., majuscule et trait d’union s’imposent. Et donc, dans ce cas, on écrira « fête de la Sainte-Barbe ».

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Guerres napoléoniennes (1800-1815) Militaires

Les soldats natifs de La Romagne dans les guerres napoléoniennes (1800-1815)


Fondation Napoléon.
La Fondation Napoléon et son site d’histoire napoleon.org.

Le bicentenaire de la mort de l’Empereur sera bientôt commémoré au sein du label « 2021 année Napoléon » (soutenu par la Fondation Napoléon et le Souvenir napoléonien). En hommage à la bataille d’Austerlitz (11 frimaire an XIV, soit le lundi 2 décembre 1805), le blog laromagne.info évoque les soldats romanais qui ont participé aux guerres du Premier Empire.


Devie, Charles Louis, né à La Romagne [date inconnue], † le 22 septembre 1809 dans un hôpital de Vienne (Autriche) à la suite de fièvres, cuirassier au 7e régiment, 3e escadron, 7e compagnie[1].

Armoiries de Vienne (Autriche).
Armoiries de Vienne (Autriche).

[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 12 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROMAGNE[LA]/E 12 = registres paroissiaux et d’état civil de La Romagne, an XI-1812], acte de décès, vue 28/43, consultable en ligne.


Devie, Jacques Innocent, né le 16 juin 1784 à la Romagne, † le 13 juin 1846 à La Romagne, fils d’Antoine Devie et de Marguerite Jonet, conscrit de l’an III. Il est au 45e régiment d’infanterie de ligne du 30 septembre 1813 au 24 février 1814[1].


[1] Service historique de la Défense, SHD/GR 21 YC 390 [ensemble GR = guerre et armée de terre, série Y = archives collectives et individuelles du personnel, sous-série YC = contrôles de la troupe, section 21 YC = infanterie de ligne, 1er à 156e régiment (1802-1815)].


Napoléon à la bataille d'Austerlitz par François Gérard.
Napoléon à la bataille d’Austerlitz par François Gérard.

Devie, Pierre, né le 7 septembre 1777 à La Romagne, fils de Charles Thomas Devie et de Madeleine Vitter, dragon au 10e régiment. Ses états de service montrent qu’il a parcouru l’Europe en participant aux campagnes d’Italie (Ans IV et V), de Hollande (an VIII). Il rejoint l’armée des côtes de l’Océan (an IX) et se bat à Austerlitz, Eylau et Friedland. Il est même allé en Espagne (Benavente), où il a été blessé au bras gauche, ce qui a mis un terme à sa carrière. Il revient ensuite vivre dans son village (où il se marie) après 16 ans, 4 mois, 4 jours de service[1].

La Bataille de Friedland par Horace Vernet.
La Bataille de Friedland par Horace Vernet.

[1] Service historique de l’armée de terre [devenu le département terre du Service historique de la Défense], GR 2 YF 22041 [ensemble GR = guerre et armée de terre, série Y = archives collectives et individuelles du personnel, sous-série YF = dossiers de pensions militaires, section 2 YF = pensions (1801-1817)].


Dupont, Jean-Pierre, né à La Romagne [date inconnue], † le 7 avril 1809 à Pampelune lors de la guerre d’indépendance espagnole, fusilier de la 1e compagnie du 3e bataillon du 28e régiment d’infanterie légère.

Blason communal de Pampelune (Espagne).
Blason communal de Pampelune (Espagne).

La Bataille d'Essling par Fernand Cormon.
La Bataille d’Essling par Fernand Cormon.

Hamel, Jean-Baptiste, né le 27 février 1774 à La Romagne, fils de Robert Hamel et Marie-Nicolle Langlet, volontaire dans le 3e bataillon de la légion des Ardennes le 15 septembre 1792. Il combat aux armées du Nord et de la Moselle de 1792 à l’an II, passe le 14 pluviôse an II dans le 4e régiment de cavalerie (4e régiment de cuirassiers en l’an XI), fait avec ce nouveau corps les guerres de l’an III à l’an IX aux armées de Sambre et Meuse, de Rhin et Moselle, d’Allemagne, du Danube, du Rhin et obtient le grades de brigadier et de maréchal des logis. En garnison à Metz pendant les ans XII et XIII, il sert pendant les campagnes de 1807, 1808 et 1809. Nommé maréchal des logis le 1er mars 1807, adjudant sous-officier le 1er mars 1809, sous-lieutenant puis lieutenant les 3 juin et 1e septembre de la même année. Attaché au corps d’observation de l’Elbe en 1812, fait capitaine le 17 juin de la même année, il a combattu à Essling et a été blessé de deux balles à Wagram. Il est admis à la retraite le 19 novembre1812. Il a été promu au grade de chevalier de la Légion d’honneur à dater du 14 juin 1804[1].

Bataille de Wagram par Horace Vernet.
Bataille de Wagram par Horace Vernet.

Médaille de la Légion d’honneur (avers).
Médaille de la Légion d’honneur (avers).

[1] Archives nationales, LH1261/39 [base de données Léonore, donnant accès aux dossiers nominatifs des personnes nommées ou promues dans l’ordre de la Légion d’honneur depuis 1802 et décédées avant 1977].

Médaille de la Légion d’honneur (revers).
Médaille de la Légion d’honneur (revers).

Hamel, Jean-Baptiste, né à La Romagne [date inconnue], fils de Pierre Hamel et Marguerite Bouillard, carabinier du 1er bataillon du 24e régiment d’infanterie légère tué à Bergfried sur le champ de bataille le 3 février 1807.  Cette bataille se passe lors de la quatrième coalition (1806-1807) entre les troupes dirigées par le maréchal Ney, le maréchal Augereau et le maréchal Soult et l’arrière-garde de Bennigsen, général en chef de l’armée russe d’origine allemande.  Le 24e régiment d’infanterie légère aborde parmi les premiers l’ennemi et essuie un certain nombre de pertes. Cette bataille précède de quelques jours la bataille d’Eylau[1].

Napoléon à la Bataille d'Eylau par Antoine-Jean Gros.
Napoléon à la Bataille d’Eylau par Antoine-Jean Gros.

[1] Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, microfiche, MFICHE 8-LC20-57, Laurent, Paul, « Chronique : les Ardennais morts dans les guerres de la République et de l’Empire (1792-1815) », in Revue historique ardennaise, Paris : A. Picard et fils, 1894-1914, tome cinquième, 1898, p. 336-344. [Nota bene : ce périodique bimestriel édité entre 1894 et 1914 est un titre mort. Il ne saurait être confondu avec la Revue historique ardennaise publiée depuis 1969 à Charleville-Mézières par la Fédération des sociétés savantes des Ardennes, la Société d’études ardennaises (devenue la Société d’histoire des Ardennes) et la Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais].


Hamel, Jean-Baptiste, né à La Romagne [date inconnue], † le 13 octobre 1813 à la bataille de Leipzig lors de la sixième coalition à suite d’un coup de feu, carabinier à la compagnie du 1er régiment du train d’artillerie de la garde impériale.

Retraite des Français après la bataille de Leipzig le 19 octobre 1813 par François Louis Couché, dit Couché fils.
Retraite des Français après la bataille de Leipzig (le 19 octobre 1813), gravure de François Louis Couché, dit Couché fils.

Laroche, Jean-Baptiste, né le 2 janvier 1780 à La Romagne, † le 16 décembre 1806 à l’hôpital militaire de Split (actuelle Croatie) lors de la Campagne de Dalmatie, à la suite de fièvres, fils de Hubert Laroche et de Marie Sacré, conscrit de l’an IX, enrôlé à l’armée le 25 ventôse an XI, nommé caporal au 11e régiment d’infanterie de ligne, premier bataillon, 5e compagnie[1].

Comitat de Split-Dalmatie (Croatie).
Comitat de Split-Dalmatie (Croatie).

[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 12 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROMAGNE[LA]/E 12 = registres paroissiaux et d’état civil de La Romagne, an XI-1812], acte de décès, vue 24/43, consultable en ligne. Voir aussi Service historique de la Défense, SHD/GR 21 YC 94 [ensemble GR = guerre et armée de terre, série Y = archives collectives et individuelles du personnel, sous-série YC = contrôles de la troupe, section 21 YC = infanterie de ligne, 1er à 156e régiment (1802-1815)].


Mauroy, Jean-Baptiste, né le 26 juillet 1771 à La Romagne, fils de Jean Baptiste Mauroy et Antoinette Bolle. Il a participé aux campagnes de 1809, 1810, 1811[1].


[1] Service historique de la Défense, SHD/GR 20 YC 143 [ensemble GR = guerre et armée de terre, série Y = archives collectives et individuelles du personnel, sous-série YC = contrôles de la troupe, section 20 YC = gardes consulaire, impériale et royale (1802-1815].


Mauroy, Nicolas François, né en 1778 à la Romagne [date précise inconnue, probablement avant le 11 mars], † le 29 octobre 1810 à l’hôpital Saint-Pierre extra muros à Pampelune (Espagne) à la suite de fièvres, fils de François Mauroy et d’Anne Marie Bolle, époux de Marie Charlotte Germain, nommé caporal le 18 avril 1810 au 50e régiment d’infanterie de ligne[1].

Napoléon recevant la capitulation de Madrid le 4 décembre 1808 par Antoine-Jean Gros (1810).
Napoléon recevant la capitulation de Madrid par Antoine-Jean Gros (1810).

[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 12 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROMAGNE[LA]/E 12 = registres paroissiaux et d’état civil de La Romagne, an XI-1812], acte de décès, vue 39/43, consultable en ligne. Voir aussi Service historique de la Défense, SHD/GR 21 YC 420 [ensemble GR = guerre et armée de terre, série Y = archives collectives et individuelles du personnel, sous-série YC = contrôles de la troupe, section 21 YC = infanterie de ligne, 1er à 156e régiment (1802-1815)].


Millet, François, né le 18 août 1783 à La Romagne, † le 13 octobre 1830 à La Romagne, fils de Jean Baptiste Millet et de Marie Jeanne Hezette, marié à Marie Jeanne Alloy. Il intègre (du 15 décembre 1813 jusqu’au 23 janvier 1814) le 7e compagnie du 2e régiment d’éclaireurs [rattaché au régiment de dragons]. Puis il rejoint le bataillon des chasseurs à cheval de la ligne à compter du 21 juin 1814[1].


[1] Service historique de la Défense, SHD/GR 20 YC 155 [ensemble GR = guerre et armée de terre, série Y = archives collectives et individuelles du personnel, sous-série YC = contrôles de la troupe, section 20 YC = gardes consulaire, impériale et royale (1802-1815].


Thomas, François, né à La Romagne [date inconnue], † le 11 janvier 1810 dans un hôpital de Malines (Belgique) à la suite de fièvres, fusilier de la légion des Ardennes, 1e bataillon 8e compagnie[1].

Blason communal de Malines (Belgique).
Blason communal de Malines (Belgique).

[1] Archives départementales des Ardennes, EDEPOT/ROMAGNE[LA]/E 12 [série EDEPOT = archives communales déposées, sous-série ROMAGNE[LA]/E 12 = registres paroissiaux et d’état civil de La Romagne, an XI-1812], acte de décès, vue 32/43, consultable en ligne.

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Guerres napoléoniennes (1800-1815) Militaires

La Romagne et l’occupation russe après les guerres napoléoniennes


Armoiries de la Russie.
Blason de la Russie.

Bien que les Ardennes aient été très souvent ravagées par les conflits, le département n’a pas été un champ de bataille napoléonien. Cependant, la population locale a subi aussi bien le recrutement militaire par Napoléon Ier que l’occupation par les troupes d’Alexandre Ier de Russie. Dans les deux cas, La Romagne a payé son tribut.

Après les guerres napoléoniennes, dont le poids s’est fait sentir par des levées en masse et un moindre entretien des terres, la population endure à partir de 1814 la présence de l’armée impériale étrangère.

Portrait d'Alexandre Ier de Russie.
Portrait d’Alexandre Ier de Russie.

L’arrondissement de Rethel doit faire face au logement de la cavalerie de l’Empire russe, ce qui pose un véritable problème pour les cantons et les communes puisque, d’après le traité de Paris du 20 novembre 1815, le séjour des troupes doit durer 5 ans.

Au départ, ces dernières sont cantonnées dans différents villages (Asfeld, Doumely) et logent chez l’habitant. Cette situation ne peut pas durer, si bien que l’on établit des casernements en mettant la population à contribution : on lui demande notamment de « fournir les matériaux (principalement du bois) pour la construction des bâtiments[1] ». L’un des campements est établi à quelques kilomètres de La Romagne, non loin de Bégny.


[1] Jadart, Henri, « Mélanges : le casernement des troupes russes dans le canton d’Asfeld, en 1817 », in Revue historique ardennaise, Paris : A. Picard et fils, 1894-1914, tome neuvième, 1902, p. 300-304. [Nota bene : ce périodique bimestriel édité entre 1894 et 1914 est un titre mort. Il ne saurait être confondu avec la Revue historique ardennaise publiée depuis 1969 à Charleville-Mézières par la Fédération des sociétés savantes des Ardennes, la Société d’études ardennaises (devenue la Société d’histoire des Ardennes) et la Société d’histoire et d’archéologie du Sedanais].


Le général-comte Dupont de l'Étang, ministre de la Guerre.

Les Russes qui sont installés dans le canton de Chaumont-Porcien sont toujours présents en 1816, comme en témoigne le compte rendu établi lors d’une cérémonie de confirmation qui a lieu à Chaumont. En effet, le pro-vicaire et le curé de ce lieu, à la demande de l’évêque, se rendent auprès du lieutenant-colonel ennemi « pour le complimenter de sa part[1] ». Ces politesses induites par les autorités ecclésiastiques ne doivent pas faire oublier que, dans le même temps, le commandant de la IIe division du quartier général de Mézières adresse au ministre de la Guerre, le général-comte Dupont de l’Étang, une missive d’importance. Il s’y fait le porte-parole des souffrances des Ardennais car « les campagnes sont ruinées, les habitants battus, les autorités méconnues, avilies et courbées sous le fouet des Russes et de leurs alliés[2] ».


[1] Archives départementales de la Moselle, 29J 1355 [série J = archives privées, sous-série 29J = évêché de Metz (1093-1999)].

[2] Archives départementales des Ardennes, 7J 62 [série J = archives d’origine privée (entrées par voie d’achat, don, legs ou dépôt), sous-série 7J = collection Guelliot, érudit local].


Le IIIe corps de l’armée russe (soit environ 16 000 hommes et 800 chevaux) prend son cantonnement dans les arrondissements de Rethel, Vouziers, Sedan et Mézières. Ces troupes consomment une incroyable quantité de viande, de volailles, de fourrages et d’eau de vie : ils n’entendent pas se soumettre à des distributions réglées. Bien au contraire, ils se livrent à la rapine et au pillage !

Armoiries de l'Empire russe.
Armoiries de l’Empire russe.

Le dirigeant du cantonnement de Bégny exige que son entretien repose sur toutes les communes avoisinantes. Le maire de La Romagne, Louis Devie, reste imperméable aux diverses demandes de ce dernier, au point que le sous-préfet le menace (dans une lettre datée du 22 septembre 1817) de lui envoyer des troupes russes en cantonnement, s’il ne cède pas à son tour.

L’édile finit par obtempérer. Afin de stimuler sa coopération lors des demandes suivantes, les mêmes arguments sont employés pour que la commune participe : des voitures doivent convoyer des pierres destinées à la réalisation d’un chemin entre « la caserne et le magasin neuf » ; transporter du pain, ou encore de nombreux tonneaux d’eau de vie.

Quand ce ne sont pas des vivres qui sont réclamés, c’est du bois de chauffage qui est exigé, ou des contraintes liées à l’organisation d’un déménagement qui sont imposées (le capitaine commandant le casernement russe de Bégny devant rejoindre sa nouvelle affectation à Machault) !

Blason communal de Machault.
Le blason communal de Machault est gironné d’argent et de sable de dix pièces, chaque giron de sable chargé de trois croisettes recroisetées aussi d’argent ordonnées un deux dans le sens du giron ; au franc-quartier d’or chargé d’un lion aussi de sable, au bâton de gueules brochant en bande sur le tout.

L’année 1818 marque la fin de l’occupation russe et le déclin de la disette qui est présente dans tout l’arrondissement depuis plusieurs années, car les récoltes sont enfin abondantes dans tout le département.

Pièce de cinq roubles or de 1818 type Alexandre Ier de Russie (avers).
Aigle bicéphale russe, avers d’une pièce de cinq roubles or émise par Alexandre Ier en 1818.
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Guerre mondiale (1914-1918) Militaires

La Grande Guerre (1914-1918) à La Romagne


Le samedi 1er août 1914, à 16 heures, la guerre est déclarée. Le lendemain, tous les hommes de La Romagne en âge de l’être sont mobilisés et doivent rejoindre leurs régiments. Pour beaucoup d’entre eux, c’est le 332e régiment d’infanterie de Reims. Certains de ces mobilisés (principalement ceux qui sont cheminots à la Compagnie des chemins de fer de l’Est) se voient confirmés dans leur activité de temps de paix puisqu’ils sont affectés à l’acheminement des troupes et à l’entretien des voies ferrées de la zone des combats. Quant aux mobilisés les plus âgés, ce sont des territoriaux ; ils gardent les ponts, les gares.

Médaille de la Compagnie des chemins de fer de l’Est par Jean Vernon, 41 mm, avers (femme aux seins nus assise sur une locomotive, jetant des grains de la main gauche et tenant une corne d’abondance de la main droite).

L’entrée en guerre se fait au moment des moissons, ce qui inquiète la population du village, essentiellement paysanne. Dans son manifeste, le gouvernement français demande « de faire la moisson et de se mettre à la culture » mais on peut imaginer les difficultés que cela représente avec le bouleversement des cultures, du fait de l’absence d’une grande partie de la main-d’œuvre masculine. Désormais, les travaux agricoles vont être confiés aux femmes ou aux hommes non mobilisables (donc âgés de plus de 48 ans).

Dès le lendemain (2 août), des trains de troupes et de matériel passent en gare de Liart en direction de la frontière. En même temps, les chevaux sont réquisitionnés pour l’armée française, mais lorsque les Allemands envahissent la région rethéloise, ces derniers procèdent à de nouveaux prélèvements parmi les chevaux qui restaient.


Le blason communal de Givet est coupé au premier de gueules au sautoir d'or, au fusil du même brochant en pal, la gâchette à dextre, au deuxième d'azur à trois tours d'or, maçonnées de sable, ajourées du champ, celle du milieu ouverte d'argent, celles des flancs ouvertes du champ, rangées et posées sur une terrasse de sinople.
Le blason communal de Givet est coupé au premier de gueules au sautoir d’or, au fusil du même brochant en pal, la gâchette à dextre, au deuxième d’azur à trois tours d’or, maçonnées de sable, ajourées du champ, celle du milieu ouverte d’argent, celles des flancs ouvertes du champ, rangées et posées sur une terrasse de sinople.

Très rapidement la Belgique (quoique neutre) est envahie. Des combats sont livrés et c’est aux environs du fort de Charlemont (près de la frontière belge), à Givet ( dans les Ardennes), qu’Henri Alphonse Mauroy est fait prisonnier avant d’être envoyé en captivité à Königsbrück (Saxe) en Allemagne. Il ne sera rapatrié qu’en décembre 1918. Le récit des combats, fait par une population belge qui fuit les troupes allemandes, sème l’affolement parmi les habitants des villages ardennais qui avaient déjà subi l’invasion de 1870. C’est ainsi que le village de Fraillicourt voit arriver une masse de réfugiés dans le courant du mois d’août 1914.

Blason communal de Königsbrück.

L’étude de la cartographie en ce début de guerre renseigne sur la position des troupes françaises et allemandes. On peut noter que, du côté français, le 274e régiment d’infanterie se trouve, à la date du 13 août 1914, entre Novion-Porcien et Faissault, que le 239e est dans le secteur de Signy-l’Abbaye et Poix-Terron. Les troupes allemandes sont à Signy- l’Abbaye le 28 août et vont englober dans les jours suivants tout le secteur qui s’étend de Signy à Novion en passant par La Romagne, Ecly, etc.

Alors que la bataille entre Signy et Rethel est proche, le curé Aubenton de Fraillicourt voit arriver vers 8 heures du soir le doyen de Chaumont et le curé de La Romagne. Quelque temps après, ils décident (comme le calme est un peu rétabli) de rentrer dans leur village respectif. Ce ne sont pas les seuls à avoir été troublés en cette journée puisque, dans le même temps, « La Romagne » s’en va à Wadimont tandis que des personnes de la rue Gibourdelle (Rocquigny) vont coucher à la Hardoye. D’autres, très nombreuses, partent de Chaumont[1].

La population est terrorisée et ne sait quel parti prendre. Dès que cette première effervescence est passée, les uns et les autres regagnent leur village[2] où ils découvrent des réfugiés du Nord ou de l’Aisne. Un couple originaire d’Aguilcourt (Aisne) passe ainsi toute la durée de la guerre à La Romagne. Les registres de l’état civil témoignent de cette présence par l’inscription d’une naissance.

Durant toute la période de la guerre, le curé reste dans sa paroisse et peut apporter du réconfort à ses paroissiens. Il ne connait pas le sort peu enviable qui est celui du curé de Rocquigny[3]. Arrêté en 1915, puis retenu d’abord à Hirson il est envoyé dans un camp de prisonniers en Westphalie[4].

Blason régional de la Westphalie (Allemagne)
Blason régional de la Westphalie (Allemagne).

[1] Lefebvre, Marie, « Journal d’une jeune fille de Rocquigny pendant la première guerre mondiale », in Terres ardennaises, Charleville-Mézières : Fédération des œuvres laïques, 1982- , n° 64, octobre 1998, p. 6 et suivantes.

[2] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 25J 6 [série J = documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 25J = fonds du grand séminaire de Reims (an XII-1945)].

[3] Archives départementales des Ardennes, 1J 534, Miette-Mermoz, Roland, A travers 3 guerres ou les souvenirs d’un Ardennais [série J = archives d’origine privée (entrées par voie d’achat, don, legs ou dépôt), sous-série 1J = pièces isolées et petits fonds d’origine privée].

[4] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 25J 6 [série J = documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 25J = fonds du grand séminaire de Reims (an XII-1945)].


Le 27 août, les tunnels des environs sautent, tandis que la ville de Rethel est incendiée le 1er septembre 1914.  Dès le 30 août 1914, le village est traversé par des troupes allemandes (une compagnie cycliste) qui ne s’arrêtent pas. Ce ne sera pas la seule fois. Le dernier jour du mois, le département tout entier est placé dans la « zone des armées » et, à ce titre, des laissez-passer sont désormais nécessaires pour les déplacements dans toutes les Ardennes. L’isolement va se poursuivre avec l’installation de troupes allemandes dans les villages et leur mainmise sur la vie des habitants.

La ville de Rethel, détruite par un incendie le 1er septembre 1914, est toujours en ruines en 1922.

La Romagne reçoit des ordres allemands de Liart, Signy-l’Abbaye et Rethel, puis est rattaché à la Kommandantur de Chaumont-Porcien (ou Kommandantur d’étapes, comme dans tous les chefs-lieux de canton) qui est installée à partir du 19 octobre1914 dans les locaux de la mairie, avant d’être transférée à Rocquigny[1] à partir de décembre 1915 (ou Kommandantur de rattachement, qui contrôle plusieurs villages).

Les réquisitions commencent et sont de plus en plus fortes. Tout est saisi : chevaux, vaches, moutons, porcs, blé, avoine, œufs, lait et même les groseilles qui doivent être ramassées et apportées[2]. Toutes les cultures doivent être obligatoirement déclarées ainsi que les surfaces cultivées et c’est une véritable occupation agraire qui se met en place avec une politique agricole dictée par l’occupant. Durant toute la guerre, le canton de Chaumont-Porcien est occupé intégralement.

Il faut rappeler que le département des Ardennes est le seul en France à être occupé en totalité par les Allemands. De ce fait, tout ce qui y est produit est razzié, réquisitionné en quantité fixée à l’avance et une administration allemande (Etappen-Inspektion) organise tout au long de ces quatre années la production au profit de l’occupant[3]. Ce dernier ira jusqu’à emmener toutes les vaches laitières restant dans les villages.

Ces réquisitions posent le problème de la nourriture des habitants et de leur ravitaillement car les produits de première nécessité manquent. Le conseil municipal décide de participer à « un syndicat intercommunal » formé entre les communes des Ardennes qui adhèrent aux statuts du « Syndicat ardennais de ravitaillement pour la région de Rethel » et fixe la première année la part contributive à 30 francs par habitant, part qui augmentera régulièrement tout au long des hostilités pour atteindre dans les derniers mois de la guerre le montant de 100 f.

Maquette du billet de 100 francs créé le 2 janvier 1908 par Luc-Olivier Merson (peintre), Romagnol (gravure) ; Frédéric Florian (filigrane).
Maquette du billet de 100 francs créé le 2 janvier 1908 par Luc-Olivier Merson (peintre), Romagnol (gravure), Frédéric Florian (filigrane).

[1] La Revue rémo-ardennaise : paraissant le 25 de chaque mois. Reims : [s.n.], 1915-1919, n° 1 (25 août 1915) – n° 40 (25 mars 1919), n° 19, 25 février 1917, p. 302, à propos de Rocquigny : « Le presbytère a été pillé à peu près complètement. Le tribunal et un ‘casino’ y sont établis ». Le périodique donne régulièrement des « nouvelles du clergé en pays envahi ».

[2] Archives de la Marne, centre de Reims, 25J 6 [série J = documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 25J = fonds du grand séminaire de Reims (an XII-1945)].

[3] BDIC [Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, établissement désormais nommé La contemporaine], dossier Bx.009, Ardennes : réponses au questionnaire sur le territoire occupé par les armées allemandes. [Enquête du 24 mai 1920 au 10 juin 1920, 122 pièces]. Cote du carton à indiquer : F° Ä 1126 / 5. Voir la description du fonds par Battaglia, Aldo, La Guerre dans le ressort de l’Académie de Lille. 1914-1920, Nanterre : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, août 2002, 115 p., p.59, consultable en ligne.


Les Allemands s’installent dans la commune en mars 1915, sans escarmouches ni combats, et sans qu’il n’y ait tout au long de cette occupation des actes de barbarie ou de sauvagerie. Si les troupes ennemies font preuve de suffisance, on ne signale que deux comportements inadmissibles : l’un, d’un officier allemand (pris d’ébriété) qui rudoie et menace un vieillard romanais ; l’autre, consistant en une gifle donnée par un soldat à un gamin.

Néanmoins, les contraintes sont nombreuses pour la population : entre août et octobre 1915, les habitants des lieux isolés du village proprement dit (hameaux du « Bois Diot », de la « Cour Avril » et du « Mont de Vergogne ») sont obligés de quitter leurs maisons et doivent vivre obligatoirement à La Romagne.

Dès leur installation, les Allemands imposent une contribution des habitants aux frais de l’armée allemande. La toute première, de 2500 francs (or, argent et billets de banque), date de novembre 1914 et est exigée par le commandant allemand de Chaumont-Porcien. La municipalité est obligée d’emprunter cette somme pour satisfaire à cette demande.

1 Mark Wilhelm II type grand aigle (avers)
1 Mark Wilhelm II type grand aigle (avers).

Les contributions suivantes (demandées chaque année) sont encore plus exorbitantes. Par exemple, les autorités allemandes réclament à toutes les communes composant le syndicat de Rethel la somme de 2 100 000 marks. La commune (comme toutes les autres qui sont dans le même cas) n’a pas le choix et accepte le projet d’émission de bons intercommunaux pour solder solidairement cette contribution. A la fin de la guerre la commune est exsangue.

1 Mark Wilhelm II type 2 grand aigle (revers).
1 Mark Wilhelm II type 2 grand aigle (revers).

Il est à noter que l’administration française (civile et militaire) ne fait pas preuve d’une grande perspicacité à l’égard des jeunes gens des classes 1915 et suivantes : étant dans l’impossibilité de répondre à la conscription en raison de l’occupation du village et de son classement en « pays envahi », ils sont déclarés insoumis. Or, ils sont en fait dans l’incapacité de répondre à tout appel. Sans être exhaustif, on peut citer Jules Henri Douce ou Axile Fernand Modeste pour avoir connu cette situation. On peut se demander quel en a été l’impact sur les familles et les intéressés, d’autant que le premier a vu son frère disparaître dans cette guerre. La mention qui figure sur leur fiche matricule est rectifiée pour ces deux-là, assez tardivement (en avril et août 1918), et transformée en « insoumis à tort » puisque « le recensement n’avait pu être fait en temps utile par suite d’un cas de force majeure ».

Les plus anciens mobilisés (comme Pierre Lange, né le 29 août 1867 ; Jules Alcide Lelong né le 16 octobre1869 ; Célestin Marandel, né le 28 octobre 1870) ont été libérés le 2 septembre 1914. Mais ils ont été pris dans les lignes allemandes et sont restés en pays envahi, comme l’attestent des avis de la gendarmerie de Chaumont-Porcien. Deux autres soldats natifs du village (Jean-Baptiste Alfred Devie et Antoine Elie Pagnié) se sont retrouvés prisonniers civils :

  • le premier à la fin août 1914, à l’issue d’un congé de convalescence ;
  • le second en octobre de la même année : après avoir tout d’abord été renvoyé dans ses foyers le 18 août, il ne peut répondre à son rappel par l’armée en novembre, en raison de la situation du village occupé.

Dans les Kommandanturen, on recense les hommes qui n’ont pas été mobilisés et on les convoque en groupe ou individuellement à se présenter à un endroit convenu pour que les autorités allemandes constatent leur présence. Ce genre de réunion se déroule au moins deux fois par mois si ce n’est plus. Les Allemands prennent des otages (sur une liste établie par les autorités occupantes) dans les villages du canton de Chaumont et les envoient à Liart où ils restent trois mois. Au bout de ce délai, ils regagnent leurs villages et sont remplacés par d’autres[1]. La docilité de la population est ainsi acquise. Ils réquisitionnent également dans le village des habitants et des habitantes pour former chaque jour la « colonne » ; ils sont contraints d’effectuer des journées de plus de 10 heures d’un dur labeur.

Tout d’abord, ce sont les élèves des écoles (tant en 1917 qu’en 1918) qui, à partir de 12 ans, sont contraints au travail : ramassage d’orties, destruction de chardons, fenaison, cueillette de mûres, etc. Ces jeunes manifestent leur aversion de plusieurs manières : en se tenant à l’écart des troupes de passage lorsque celles-ci veulent se montrer agréables aux enfants, en travaillant le moins  et le plus mal possible, ou en jetant à l’eau tout ce qu’il trouvent appartenant aux soldats (armes ou cartouches, etc.). Ensuite, ce sont des habitants valides qui n’ont pas été mobilisés soit en raison de leur situation militaire comme Alfred Devie ou Théophile Bocquet (réformés), soit à cause de leur jeune âge, comme pour André Carbonneaux[2]. Décrit comme jeune et fort, il décède à la veille de ses 18 ans après avoir reçu quelques soins d’un infirmier allemand et avoir été contraint de travailler alors qu’il était malade. Les femmes ne sont pas épargnées non plus.

La population subit une très forte pression psychologique car elle est sans cesse menacée d’amendes ou d’emprisonnement. De plus, il lui est interdit de communiquer avec les villages voisins ou de correspondre avec les siens. Il semblerait qu’un léger adoucissement ait été apporté à partir de 1916 puisque l’Allemagne permet que « fussent envoyés de l’intérieur des télégrammes transmis par la Croix-Rouge ». Mais bon nombre de ces messages n’ont jamais atteint les destinataires[3].

Ce vitrail de l’ossuaire de Douaumont (monument à la mémoire des soldats de la bataille de Verdun), réalisé par le peintre George Desvallières et le maître-verrier Jean Hébert-Stevens, représente une infirmière de la Croix-Rouge.
Ce vitrail de l’ossuaire de Douaumont, réalisé par le peintre George Desvallières et le maître-verrier Jean Hébert-Stevens, représente une infirmière de la Croix-Rouge.

[1] Archives départementales des Ardennes, 1J 534, Miette-Mermoz, Roland, A travers 3 guerres ou les souvenirs d’un Ardennais [série J = archives d’origine privée (entrées par voie d’achat, don, legs ou dépôt, sous-série 1J = pièces isolées et petits fonds d’origine privée].

[2] Archives départementales des Ardennes, 3R 3-4 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 3R = anciens combattants et victimes de guerre].

[3] Archives départementales de la Marne, centre de Reims, 25J 6 [série J = documents entrés par voie extraordinaire, sous-série 25J = fonds du grand séminaire de Reims (an XII-1945)].


L’infanterie allemande passe le mois de février 1916 à La Romagne, Montmeillant et ses environs. A partir du 6 juin 1916, arrivent à La Romagne des pontonniers et des fantassins allemands venant de Verdun. On fait aussitôt des logements pour les chevaux d’artillerie et les hommes en proportion[1]. La vie est particulièrement difficile avec les restrictions de toutes sortes mais, en 1917, s’ajoute à tout cela un hiver rigoureux.

Le blason communal de Verdun est d’azur à une cathédrale avec quatre flèches, derrière laquelle s’élève un beffroi, entouré de murailles, le tout d’or, maçonnée de sable.

En octobre 1918, deux ordres mettent en émoi le village : le premier est interprété comme « l’enlèvement de jeunes gens pour les conduire en Belgique » (et même peut-être plus loin) et le second comme « l’enlèvement de 26 jeunes femmes et jeunes filles ». En réalité les premiers sont de retour quelques jours après. Quant aux jeunes femmes, elles ont été conduites à Marlemont, où elles restent deux semaines pour faire le terrassement d’un champ d’aviation.

Portrait du général Adolphe Guillaumat.

Des offensives sont lancées à partir de juillet 1918 pour arracher dans une lutte acharnée la ligne Hindenburg mais surtout les défenses de la Hundig Stellung qui bordait la rive occidentale de l’Oise, de Mont-d’Origny jusqu’au confluent de la Serre. Les 31e, 116e et 149e régiments d’infanterie qui, pour certains, comprennent des troupes coloniales sénégalaises, participent aux combats pour ouvrir un passage sur l’Aisne. Le 31e, après avoir livré bataille à Nizy-le-Comte, libère Saint-Quentin-le-Petit, Sevigny et atteint Maranwez le 7 novembre avant de cantonner dans le secteur de Saint-Jean-aux-Bois. Le 6 novembre 1918, Chaumont-Porcien et Rethel sont enlevés par le général Guillaumat, aidé du premier corps d’armée américain.


[1] Lefebvre, Marie, « Journal d’une jeune fille de Rocquigny pendant la première guerre mondiale » in Terres ardennaises, Charleville-Mézières : Fédération des œuvres laïques, 1982- , n° 64, octobre 1998, p. 5-68 ; n° 65, décembre 1998, p. 1-75.


Les Français arrivent à La Romagne très exactement le 7 octobre 1918 à 7 heures du matin et progressent successivement dans cette même journée à Wasigny et Novion-Porcien, avant de se diriger sur Renwez. En parallèle, il faut noter dans ce secteur les interventions de certaines compagnies (les 5/1, 5/3 du 21e régiment du génie), chargées d’ouvrir la voie en détruisant les réseaux puis de rétablir des communications entre Sevigny-Waleppe, Renneville, Wadimont et Rocquigny (des routes étaient coupées par des entonnoirs de mines)[1].


[1] Bibliothèque nationale de France, document numérique, NUMM-6440036, Campagne 1914-1918. Historique des 1er et 21e régiments du génie, Versailles : Imprimeries Jupas et Machard, [19..], 199 p., p. 44, texte numérisé d’après le document original du Service historique de la Défense, 2011-320108, consultable en ligne sur Gallica.


Le conflit prend fin le 11 novembre 1918 mais ses traces dans les esprits ne disparaîtront jamais. Des rumeurs de « fraternisation » circulent et atteignent principalement des femmes. Sept habitants mobilisés trouvent la mort durant ces combats. Ils figurent sur le monument aux morts (ainsi qu’une victime civile, René Dubois). Quant à ceux qui en sont revenus et qui ont été blessés parfois à plusieurs reprises, ils restent hantés par d’horribles visions, dont ils n’ont pas toujours pu parler leur vie durant.

La joie de l’armistice du 11 novembre 1918 fait oublier temporairement aux soldats les traumatismes subis.

Ensuite, il faut dresser un bilan des pertes matérielles tant pour le village que pour les particuliers. C’est l’architecte de l’arrondissement de Rethel qui est chargé de procéder à l’estimation des dommages de guerre aux immeubles communaux. Quant à l’enquête de la commission cantonale de Chaumont-Porcien, elle fait apparaître que la commune de La Romagne a subi la somme de 560 122 francs de dommages agricoles et que toutes les exploitations avaient été touchées par des dégâts dont la moyenne était d’environ de 25 à 40%[1].

Médaille de la Compagnie des chemins de fer de l’Est par Jean Vernon, 41 mm, revers (train roulant dans un paysage vallonné.

La ligne de chemin de fer est endommagée dès le début de la guerre. Des réparations[2] sont nécessaires en divers points du territoire de La Romagne : c’est le cas des deux ponts qui permettent le passage au-dessus de la ligne pour les communications de La Romagne et Givron avec Draize et Wasigny et la voie le long de La Bouloie, aux Minières et au ruisseau Commelet. A l’issue de ce conflit, des enquêtes diligentées par le juge d’instruction de Rethel demandent aux diverses gendarmeries et en particulier pour les villages du canton de dresser un bilan des comportements individuels et économiques des habitants. Il en ressort que « dans les 20 communes du canton » (parmi lesquelles La Romagne est incluse), aucune personne n’a été désignée comme « ayant fait commerce avec l’ennemi en échangeant de l’or, des billets de banque ou des valeurs contre des bons de monnaie moyennant une certaine prime[3] ».


[1] Archives départementales des Ardennes, 10R 81 [série R = affaires militaires, organismes de temps de guerre, sous-série 10R = services temporaires de la période de guerre 1914-1918].

[2] Archives départementales des Ardennes, 9O 21 [série O = administration et comptabilité communales, sous-série 9O = reconstruction et urbanisme].

[3] Archives départementales des Ardennes, 5U 470 [série U = justice, sous-série 5U = tribunal de première instance de Rethel].


Bien que l’armistice soit effectif, la démobilisation ne va pas se faire immédiatement, même pour ceux qui habitent les régions envahies et qui n’ont pas pu durant ces quatre ans retrouver les leurs. Seuls les mobilisés des classes 1887 à 1889 peuvent rentrer chez eux dès la fin novembre 1918. Pour les autres, le retour a lieu entre le premier et le troisième trimestre de 1919. Cela a été très certainement une période compliquée à vivre pour ceux qui venaient de passer des mois et des années difficiles et éprouvants loin de leur foyer, d’autant qu’ils souhaitaient reprendre leur vie d’avant.

Blason régional de la province de Haute-Silésie (Allemagne).
Blason régional de la province de Haute-Silésie (Allemagne).

Il reste que les hommes des classes 1916, 1917 et 1918 doivent accomplir néanmoins un service militaire de trois ans et c’est ainsi que des jeunes gens de ce village se trouvent impliqués dans les conséquences de ce conflit, ne serait-ce que par leur participation au cours de leur service à l’occupation de la Haute-Silésie et de la Rhénanie (Marcel Carbonneaux) ou dans la Sarre (Albert Victor et Paul Emile Devie).

Blason de la Rhénanie du Nord-Westphalie (Allemagne)

Cette occupation se veut dissuasive. Elle a pour but d’empêcher les Allemands de reprendre les armes. Mais elle met à jour bien d’autres sentiments (tant chez les occupés que chez les occupants qui, pour certains, rêvent de vengeance et de loi du talion) quand elle ne fait pas découvrir d’autres façons de vivre.

Blason régional de la Sarre (Allemagne).

Un autre problème surgit encore : c’est celui des prisonniers de guerre. Certes, leur rapatriement est imposé par l’article 10 des clauses de l’armistice, mais leurs souffrances sont masquées voire niées puisqu’ils sont assimilés à des non-combattants. Il leur faudra attendre une bonne dizaine d’années pour qu’ils soient enfin reconnus à l’égal des combattants et puissent percevoir, comme ces derniers, des primes compensatrices…

A l'occasion des cérémonies commémoratives de l'armistice du 11 novembre 1918, les communes pavoisent les édifices publics.
A l’occasion des cérémonies commémoratives de l’armistice du 11 novembre 1918, La Romagne pavoise ses édifices publics.